Google plaide que Youtube n'est pas un réseau social et qu'il ne crée pas d'addictions, pendant le procès sur la dépendance aux réseaux sociauxYouTube, propriété de Google, ne se considère pas comme un réseau social et affirme ne pas créer de dépendance. Cet argument a été avancé lors de la deuxième journée des déclarations préliminaires dans le cadre d'un procès pour dépendance aux réseaux sociaux aux États-Unis. Intentée par une femme de 20 ans, cette affaire accuse Google et Meta d'avoir intentionnellement créé des environnements nocifs et addictifs. Google soutient toutefois que sa plateforme YouTube est conçue pour la consommation de contenus spécifiques et qu'elle ne manipule pas les utilisateurs. Meta affirme quant à elle que les troubles mentaux de la plaignante ne sont pas liés à Instagram. L'issue de ce procès pourrait ouvrir la voie à des affaires similaires devant les tribunaux d'État et conduire à l'adoption de nouvelles réglementations dans le secteur des médias sociaux.
Cette affaire s’inscrit dans une série de contentieux judiciaires visant les plateformes de médias sociaux. En 2023, la juge fédérale Yvonne Gonzalez Rogers a jugé que les réseaux sociaux, tels que Google, YouTube, Facebook, TikTok et Snapchat, devaient faire l'objet de poursuites pour avoir favorisé l'addiction des jeunes. Intentées par des familles, des districts scolaires et des États, ces actions évoquent les effets néfastes sur la santé mentale des enfants, notamment l'anxiété, la dépression, voire le suicide. Le litige visait notamment à obtenir des dommages et intérêts et à faire cesser les pratiques présumées fautives des défendeurs.
Dans ce contexte, le procès actuel remet directement en cause la conception même des plateformes de médias sociaux. L’avocat de la plaignante, une jeune femme de 20 ans identifiée sous le nom de Kaley G. M., affirme que Meta Platforms et YouTube ont développé des « machines à addiction » destinées à rendre les enfants dépendants, et qu'ils l'ont fait délibérément. Les deux entreprises contestent ces accusations et rejettent toute responsabilité dans les troubles allégués.
Pour défendre leur position, les avocats de Google ont déclaré que YouTube était une plateforme de divertissement, plus proche de Netflix que d'un réseau social comme Facebook. Selon eux, les utilisateurs utilisent l'application de streaming vidéo pour apprendre à cuisiner, à tricoter ou à devenir des stars de la pop, plutôt que pour faire défiler sans fin des vidéos. Au cours du procès, Luis Li, l'avocat de YouTube, a évoqué l'algorithme de recommandation vidéo de l'application et a affirmé : « Il ne cherche pas à s'immiscer dans votre cerveau et à le reprogrammer. Il vous demande simplement ce que vous aimez regarder. »
Le procès, qui se déroule devant la Cour supérieure de Californie à Los Angeles, est le premier d'une série contre Meta, Snap, TikTok et YouTube, visant à déterminer si l'utilisation des réseaux sociaux peut entraîner une addiction comparable à celle des machines à sous dans les casinos et des cigarettes.
Des adolescents, des districts scolaires et des États ont intenté des milliers de poursuites judiciaires contre les entreprises technologiques, les accusant d'avoir conçu leurs plateformes de manière à encourager une utilisation excessive. Les entreprises de réseaux sociaux ont fait valoir qu'il n'existe aucune preuve scientifique démontrant que leurs plateformes provoquent une addiction et ont invoqué une loi fédérale qui les protège de toute responsabilité quant aux publications de leurs utilisateurs en ligne.
Une victoire des plaignants pourrait ouvrir la voie à des dommages-intérêts dans le cadre de poursuites similaires, et les juges pourraient ordonner aux entreprises de modifier la conception de leurs applications.
Le PDG de YouTube, Neal Mohan, le PDG de Meta, la société mère de Facebook, Mark Zuckerberg, et le directeur d'Instagram, Adam Mosseri, font partie des dirigeants qui devraient témoigner au procès.
Quelles étaient les accusations portées contre YouTube (Google) et Meta lors du procès ?
Dans cette affaire, une Californienne de 20 ans identifiée par son prénom, Kaley, ou ses initiales, K.G.M, accuse YouTube et Instagram, propriété de Meta, d'avoir créé des applications addictives nuisibles à la santé mentale.
Dans son exposé introductif, Mark Lanier, l'avocat de la plaignante KGM, a affirmé que des documents internes de la société mère de YouTube, Google, faisaient référence à des fonctionnalités qualifiées de « machines à sous ». Il a également souligné que des documents de Meta montraient que des employés avaient déclaré à deux reprises que ses méthodes leur rappelaient celles des fabricants de tabac.
Mark Lanier a déclaré que l'affaire KGM était « aussi simple que bonjour. Addiction, cerveaux, enfants. Ils n'ont pas seulement créé des applications, ils ont créé des pièges. Ils ne voulaient pas d'utilisateurs, ils voulaient des accros ».
Comment YouTube et Meta ont défendu leurs allégations « addictives » formulées lors du procès
L'avocat de YouTube, Luis Li, a contesté le fait que le site de streaming vidéo ait été conçu pour un défilement infini. Au contraire, les utilisateurs viennent sur le service pour des clips spécifiques, des vidéos explicatives et des moments forts, a-t-il déclaré en montrant au jury des captures d'écran d'un clip vidéo d'Ariana Grande et des moments forts d'un match de la NFL.
« Si vous n'aimez pas ça, éteignez-le, c'est aussi simple que ça. Le défilement infini n'est pas infini », a-t-il ajouté.
Il a également déclaré qu'entre 2020 et 2024, KGM avait utilisé YouTube pendant 29 minutes par jour, dont seulement quatre minutes pour regarder des vidéos qui lui avaient été automatiquement suggérées. La plupart du temps restant a été consacré à l'écoute de musique en streaming, tandis qu'une minute par jour a été consacrée au service YouTube Shorts, qui permet aux utilisateurs de faire défiler des vidéos verticales de courte durée.
Dans une déclaration, Luis Li a affirmé que son affaire démontrait que KGM « n'était pas accro à YouTube et ne l'avait jamais été ».
« Les données prouvent qu'elle passait à peine plus d'une minute par jour à utiliser les fonctionnalités mêmes que ses avocats qualifient d'addictives », a-t-il expliqué.
De son côté, l'avocat de Meta, Paul Schmidt, a déclaré que les problèmes de santé mentale de KGM étaient dus à des abus familiaux, et non à ses applications. Il a évoqué ses antécédents familiaux et souligné que ses séances de thérapie n'étaient pas liées à son utilisation des réseaux sociaux.
« Il ne fait aucun doute dans cette affaire qu'elle a connu des troubles mentaux. Était-ce dû à Instagram ou à d'autres causes ? C'est la question centrale dont nous allons discuter », a déclaré Paul Schmidt.
Un porte-parole de Meta a indiqué que la société contestait ces allégations et était « convaincue que les preuves démontreront notre engagement de longue date en faveur des jeunes ». Le porte-parole a souligné le lancement en 2024 des « comptes adolescents » sur Instagram et les discussions avec les parents et les forces de l'ordre afin de mettre en place davantage de mesures de protection.
« Nous sommes fiers des progrès que nous avons accomplis et nous nous efforçons toujours de faire mieux », a ajouté le porte-parole.
Alors que Google et Meta se défendent d'alimenter la dépendance aux médias sociaux, une récente analyse de l'évolution de ces plateformes a révélé a révélé une perte de valeur au cours de ces dernières années. Autrefois perçus comme des espaces favorisant la connexion et la diversité des opinions, Les médias sociaux seraient désormais associés à la désinformation, à la toxicité et à des addictions néfastes.
Une étude menée par l'Université d'Amsterdam, portant sur l'évolution des réseaux sociaux aux États-Unis entre 2020 et 2024, a mis en évidence une diminution notable de leur usage, particulièrement parmi les jeunes et les personnes âgées. En outre, l'étude révèle une fragmentation accrue du débat public numérique, avec une polarisation idéologique de plus en plus marquée. Alors que les utilisateurs occasionnels se détournent des plateformes, ce sont les partisans les plus engagés qui dominent la sphère en ligne, contribuant ainsi à rendre l'espace numérique plus restreint, plus polarisé et plus extrême sur le plan idéologique.
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Trouvez-vous les accusations de Kaley G.M. contre Google et Meta crédibles ou pertinentes ?Voir aussi :
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