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L'application européenne de vérification d'âge sur les RS oblige tout le monde à utiliser Android ou iOS,
L'UE continue à s'appuyer sur les GAFAM pour un projet qui relève de sa souveraineté numérique

Le , par Patrick Ruiz

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Ursula Von der Leyen, la Presidente de la Commission de l’UE, vient de faire une nouvelle sortie pour annoncer la disponibilité future de ladite application pour laquelle elle souligne qu’elle servira de moyen d’authentification de l’identité des citoyens de l’UE désireux d’accéder aux réseaux sociaux ou d’y publier un contenu. L’initiative ravive un double débat : celui de l’efficacité de la vérification d’âge comme artifice de protection des enfants en ligne et celui de la souveraineté numérique de l’Europe.

Les failles de la pertinence de la vérification d’âge en ligne comme artifice de protection des enfants en ligne font surface dans la dernière sortie de la Présidente de la Commission de l’UE

« La question n'est pas de savoir si les enfants peuvent accéder aux réseaux sociaux, mais si les réseaux sociaux peuvent accéder à nos enfants », déclare Ursula Von der Leyden. La première partie de cette affirmation est vraie. Il ne s'agit pas ici des enfants. Il s'agit, comme l’ont déjà souligné de nombreuses organisations de défense des droits de l’Homme, de surveillance et de lutte contre la dissidence politique. Un État incapable de contrôler ses propres citoyens est plus dangereux qu'un État infesté de criminels. La deuxième partie n'est qu'un argument de relations publiques que les politiciens utilisent comme un slogan de campagne tout droit sorti de 1984.

« L’application ne sera pas infaillible », ajoute-t-elle suggérant ainsi que l'UE et tous les gouvernements qui poussent derrière de telles initiatives savent bien qu'interdire les réseaux sociaux aux adolescents ne les protégera pas. Lorsqu'ils sont interrogés par les journalistes sur l'utilisation des VPN pour contourner une interdiction, les responsables politiques affirment toujours que cette interdiction n'est pas une solution miracle et qu'il faudra du temps pour qu'elle porte ses fruits. En effet, le maire de Londres, Sadiq Khan, est même allé jusqu'à déclarer : « Nous savons que ce n'est pas la solution ».

En gros, l’UE s’apprête à imposer une application soi-disant « souveraine » et « respectueuse de la vie privée » pour protéger nos enfants, alors que les données, les métadonnées et les journaux seront acheminés via des serveurs soumis à la loi américaine Cloud Act

« L’application est facile à utiliser, open source et respectueuse de la vie privée », souligne la Présidente de la Commission de l’UE. L’on sait pourtant depuis la mi-parcours de l’année précédente que cette application de vérification d’âge s’appuie sur les serveurs de Google et Apple. En toile de fond, c’est entre autres l’utilisation de l'API Google Play Integrity qui est pointée du doigt. C’est, d’avis d’observateurs, une dépendance vis-à-vis des géants technologiques américains qui porte atteinte à la souveraineté numérique de l'UE.

En effet, depuis 2021, Meta, Google et autres Microsoft scannaient légalement les messages privés de 450 millions d'Européens sans mandat judiciaire, au nom de la protection de l'enfance et surtout avec l’appui de la mesure légale dénommée Chat Control 1.0. Le Parlement de l’UE a enterré cette dernière le 26 mars 2026 et vient de lui donner un nouveau feu vert au terme d’un vote controversé.

Sous sa promesse de lutter plus efficacement contre les crimes en ligne, notamment l’exploitation des mineurs, Chat Control 1.0 s’inscrit dans une tendance inquiétante où l’exception devient la norme. Avec la rhétorique protectrice vendue via Chat Control 1.0, vient la mise à mal de la vie privée de millions d’Européens.

Comment ? En permettant à Meta, Google et autres Microsoft d’effectuer un « scan volontaire des conversations », c’est-à-dire que la loi les laisse libres de décider d'analyser automatiquement et de manière préventive les contenus des messages privés pour y détecter des infractions. La mesure dont la portée ne concerne pas les messages chiffrés demeure néanmoins à controverse car considérée comme de la surveillance de masse sans mandat et sujette à erreur de millions d'Européens par des entreprises américaines.

Conclusion

Les libertés numériques sont aujourd'hui plus menacées que jamais. De nombreux gouvernements adoptent des lois qui imposent une surveillance renforcée, des restrictions de contenu, et une modération automatisée. L'objectif affiché est de protéger les enfants, mais ces lois peuvent dériver vers la censure, compromettre la confidentialité des données et fragiliser les droits fondamentaux en ligne, notamment pour les populations vulnérables ou dissidentes.

En outre, la solution de l'UE pose une question de souveraineté, en raison de l'utilisation prévue des services de Google et (potentiellement) Apple. Ce choix technique pourrait exacerber la dépendance de l'UE aux géants technologiques américains et exposer les Européens aux violations de données.

En outre, les experts expliquent que les utilisateurs qui dépendent de plateformes alternatives doivent se préparer à une restriction potentielle de l'accès aux services numériques nécessitant une vérification de l'âge. À mesure que de plus en plus de services exigeront une preuve de l'âge sécurisée et respectueuse de la vie privée, la mise en œuvre s'étendra. Ceux qui évitent Google Play risquent d'être systématiquement exclus des applications conformes.

Et vous ?

Que pensez-vous de la vérification d’âge en ligne comme moyen de protection des enfants contre les abus en ligne ? Partagez-vous les avis selon lesquels c’est juste un prétexte des gouvernements pour instaurer une surveillance de masse sur Internet ?
Que pensez-vous de cette multiplication de projets liberticides en Europe ? Partagez-vous les avis selon lesquels l'Europe est entrain de virer vers un espace totalitaire ?

Voir aussi :

L'Union européenne a officiellement dévoilé une application conçue pour vérifier avec précision l'âge d'un utilisateur, mais ce projet fait l'objet de nombreuses critiques

L'interdiction des réseaux sociaux pour les enfants en Australie est, pour l'essentiel, inefficace, d'après une étude. La disponibilité d'outils comme les VPN complique l'application de cette mesure

L'application de vérification de l'âge de l'UE fait l'objet de critiques en raison de sa dépendance à Google, l'utilisation de l'API Play Integrity soulève un débat sur la souveraineté numérique de l'UE
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Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 15/07/2026 à 13:02
L’UE continue à s'appuyer sur les GAFAM pour un projet qui relève de sa souveraineté numérique
La "souveraineté numérique de l'UE" n'est qu'une vaste blague: De beaux discours politiques mais rien de concret!

Bel exemple avec le projet IRIS2 (Infrastructure de Résilience et d’Interconnexion Sécurisée par Satellite) qui se veut la constellation de satellites de télécom concurrente de l'américaine Starlink qui doit assurer la "souveraineté" de l'UE.

Projet lancé en 2023 avec pour objectif d'être opérationnel en 2030 avec un réseau d'environ 360 satellites en orbite...

Nous sommes en 2026 et rien n'a avancé, pas un seul satellite lancé: Ces dernières années ont été occupées à des luttes intestines entre les pays membres de l'UE et entre les grosses entreprises du domaine qui devaient participer à la réalisation du projet... Chacun a voulu tirer la couverture à soi...

Aujourd'hui, on ne parle plus que d'un réseau de 260 à 280 satellites qui devraient être opérationnels en 2032 ou plus tard alors qu'un StarLink qui voulait à l'origine disposait d'une constellation de 43 000 satellites annonce aujourd'hui en vouloir 100 000 (plus de 8 000 satellites Starlink sont actuellement opérationnels)!!!

Mais attention, l'UE n'a pas le début d'un boulon de ses satellites mais l'UE s'est déjà profilé en mode "il y en a pas comme nous, on fait dans le meilleur": A l'inverse d'un Starlink qui pollue l'observation céleste depuis la Terre, nos satellites européens seront spécialement conçus pour ne pas perturber l'observation de l'espace depuis la surface terrestre"...

Les scientifiques disent déjà merci à l'UE: Pensez 300 satellites européens qui n'illuminent pas le ciel au milieu de centaines de milliers de satellites mis en orbite par les Starlink, les Amazon et autres constellations satellitaires chinoises (comme par exemple les réseaus Qianfan ou Guowang qui prévoient eux-aussi la mise en orbites de dizaine de milliers de satellites en orbite basse) vont faire toute la différence... Cela donnera au moins l'occasion à l'UE d'expliquer les retards
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Avatar de AhyGoon
Membre du Club https://www.developpez.com
Le 15/07/2026 à 13:26
Cela donnera au moins l'occasion à l'UE d'expliquer les retards
Et ben quoi, ils ont déjà raison au moins sur ce sujet, si les satellites ne sont pas en orbite, ils ne polluent pas les observations depuis la surface
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