L'amendement n°I-1358 au projet de loi de finances pour 2027 a été voté de justesse à l'Assemblée nationale (11 voix contre 10). Ce texte prévoit une taxe de 5,5 centimes d'euro (0,055 €) par gigaoctet (Go) de données numériques transmis aux internautes français. Porté par le député socialiste Laurent Lhardit, ce projet est encore loin d'être adopté définitivement (il doit traverser la navette parlementaire et s'est heurté à l'avis défavorable du gouvernement). La taxe cible officiellement les « producteurs de données » (plateformes de streaming, cloud, réseaux sociaux) mais aura un impact sur les prix des abonnements aux services en ligne. En cas d’adoption, même un visionnage de film sera taxé et repercuté sur l’utilisateur du service en ligne
Pour éviter d'étouffer les modèles économiques, le texte prévoit que la contribution ne peut excéder 15 % du chiffre d'affaires réalisé en France par l'entreprise ou 2 % de son chiffre d'affaires mondial.
Bien que les GAFAM (Google, Netflix, Meta, Amazon, Akamai) représentent la moitié du trafic, le gouvernement alerte sur le fait que 50 % de la taxe (environ 5 milliards d'euros) frapperait des éditeurs et fournisseurs de contenus de plus petite taille, notamment français, qui consomment de gros volumes de bande passante sans avoir les revenus des géants américains.
Bien que la taxe soit juridiquement due par les éditeurs de services et non par l'abonné, l'impact sur les prix d'abonnements risque d'être direct et immédiat. L'historique fiscal (comme la taxe GAFAM de 2019) montre que les géants de la Tech répercutent systématiquement les prélèvements sur leurs tarifs ou sur leurs annonceurs. Les abonnements de plateformes très consommatrices (Netflix, Disney+, Prime Video) subiraient de fortes pressions à la hausse.
L’impact théorique brut de la taxe est estimé à 30,5 euros par mois (soit près de 366 euros par an) pour un foyer de 4 personnes qui consomme approximativement 555 Go de données (Youtube, etc.) par mois.
On entrevoit déjà des freins à l’implémentation en France et à l’international🇫🇷🎮💰 FLASH | Télécharger GTA 6 coûterait 11,55 € de taxe 0,55 € pour League of Legends et 3,30 € pour WoW Forever, selon le député Denis Masséglia, qui ALERTE sur la NOUVELLE TAXE de 0,055 € par Go voté par l'Assemblée nationale. https://t.co/cWfHvFI25t
— Cerfia (@CerfiaFR) October 31, 2026
Le projet prévoit que les Fournisseurs d’Accès à Internet (Orange, SFR, Free, Bouygues) mesurent les flux de données anonymisées de chaque émetteur pour reconstituer l’assiette fiscale, sur un modèle similaire à la taxe sur les transactions financières (via Euroclear) sous l'égide de la DGFIP. Les opérateurs télécoms contestent fermement la faisabilité technique et le coût d'une telle infrastructure de traçage.
De plus, le principe de neutralité du net et les directives e-commerce de l'Union européenne interdisent généralement de taxer ou de discriminer les flux de données selon leur origine ou leur volume.
C’est sans compter le fait que la majeure partie du trafic internet mondial est cryptée (HTTPS, protocoles de transport sécurisés). Isoler précisément la provenance exacte de chaque gigaoctet par type de plateforme s'avère un défi d'ingénierie complexe.
Le contrôle fiscal des sociétés américaines (Google, Meta, Netflix) s'annonce particulièrement précaire. Si l'assiette est qualifiée de non délocalisable car mesurée aux frontières des réseaux français, l'administration fiscale (DGFIP) dépendra entièrement des déclarations techniques transmises par les opérateurs de télécommunications nationaux. Redresser ou auditer un géant du cloud ou du streaming américain sur la base exclusive de logs de trafic réseau s’avérera une source inépuisable de litiges juridiques internationaux.
Grosso modo, le projet de loi se heurte à des oppositions🚨 0.77€ de taxe pour regarder un film Netflix ! Ce vendredi, les députés viennent d'adopter un amendement socialiste visant à taxer les données qui circulent sur Internet à hauteur de 5,5 centimes par gigaoctet reçu en France. Ils ont complètement pété les plombs. Voici quelques exemples de ce que ça va désormais vous coûter : 🔴 Vous regardez un film Netflix de 2 heures en 4K ? Jusqu'à 0,77 € de taxe brute sur les données transmises. 🔴 Vous téléchargez un jeu vidéo de 150 Go ? 8,25 €. 🔴 Vous récupérez 200 Go de photos personnelles stockées chez Google ? 11 €. 🔴 Vous rapatriez 1 To de vos propres fichiers depuis Google Drive ? 55 €. 🔴 Vous restaurez 2 To de sauvegardes après une panne informatique ? 110 €. Ces taxes seront facturées aux plateformes américaines, qui vous vous en doutez bien, vous redescendront la facture ! Ils sont en train de construire une fiscalité qui pénalise le simple fait de transmettre de la donnée. Et ceci alors que nous sommes à l'aube d'une révolution technologique majeure avec l'IA ! Pour rester compétitifs, tous les pays doivent accélérer leur transformation numérique. Et nous en France, que trouve-t-on comme idée de génie ? UNE PUTAIN DE TAXE SUR LA DATA ! Et en plus ils ont le culot de nous la présenter comme une mesure écologique qui encouragerait à réduire les volumes de données échangées. Quelle bande de guignols. Il faut être totalement déconnecté des réalités économiques pour considérer qu'un pays peut retrouver sa prospérité en multipliant indéfiniment les prélèvements sur les activités productives. Cet amendement n'est pas encore une loi définitive, mais le simple fait qu'une telle proposition ait été adoptée à l'Assemblée nationale en dit long sur la manière dont nous sommes gouvernés. Ces fous du bus vont vraiment nous mettre au fond du ravin.
— Eric Larchevêque (@EricLarch) October 30, 2026
Le Gouvernement (via Damiel Amiel) s'oppose fermement au texte, qualifiant le dispositif de contre-productif. Selon lui, cette taxe ne pénalisera pas uniquement les GAFAM mais mettra d'abord en péril l’écosystème numérique français.
Philippe Juvin (Rapporteur général du budget) alerte sur le risque de cascade économique, expliquant que les plateformes technologiques répercuteront immédiatement ces milliards d'euros de charges sur les annonceurs, les créateurs de contenus et les consommateurs finaux.
Les promoteurs du projet pour leur part (Laurent Lhardit et le groupe Socialiste) : Ils défendent une mesure de justice fiscale visant à « rétablir une équité entre l'économie implantée et l'économie digitale mondiale qui échappe à l'impôt ». Ils mettent aussi en avant un argument écologique : selon eux, forcer le paiement au gigaoctet incitera les géants de la Tech à optimiser et compresser leurs flux, réduisant ainsi la consommation énergétique des serveurs
Source : Asssemblée Nationale
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Leurs rôle n'est-il pas de voter ? C'est dimanche, je sais bien mais bon, leurs lundi ne sont pas les nôtres non plus...