L'interdiction des réseaux sociaux pour les enfants en Australie est, pour l'essentiel, inefficace, d’après une étude. La disponibilité d'outils comme les VPN complique l’application de cette mesureL'Australie a été la première à mettre en place une interdiction nationale des réseaux sociaux pour les utilisateurs n'ayant pas atteint un certain âge, en adoptant une loi à cet effet en décembre. Quatre mois plus tard, quelle est son efficacité ? Pas grande, selon une nouvelle enquête.
L'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, une première mondiale mise en place par l'Australie, ne parvient pas à éloigner les jeunes de ces plateformes autant que le gouvernement l'espérait.
Une nouvelle étude menée par l'association caritative britannique de prévention du suicide Molly Rose Foundation (MSF) a révélé que 61 %, soit trois sur cinq, des Australiens âgés de 12 à 15 ans qui possédaient un compte sur des plateformes soumises à restriction avant l'entrée en vigueur de l'interdiction ont toujours accès à un ou plusieurs comptes.
La plupart des grandes plateformes ont conservé la majorité de leurs utilisateurs mineurs. 53 % des anciens utilisateurs de TikTok peuvent toujours accéder à leurs comptes, tout comme 53 % des anciens utilisateurs de YouTube et 52 % des anciens utilisateurs d'Instagram.
Le rapport de MSF révèle que, dans la majorité des cas où les enfants pouvaient encore accéder à leurs comptes sur les réseaux sociaux, les plateformes n'avaient pas réussi à identifier et à supprimer les comptes des moins de 16 ans, ce qui signifie que la plupart des enfants n'ont pas eu besoin de recourir à des solutions de contournement.
Près des deux tiers (64 %) des utilisateurs de YouTube, 61 % des utilisateurs de Snapchat et 60 % des utilisateurs d’Instagram et de TikTok ont déclaré que ces plateformes n’avaient pris « aucune mesure » pour supprimer ou désactiver un compte qu’ils possédaient avant l’entrée en vigueur des restrictions.
Comme pour des interdictions similaires dans d'autres pays, l'une des raisons de sa mise en place était d'améliorer la sécurité des enfants en ligne. Mais 51 % des personnes interrogées qui utilisaient les plateformes interdites avant l'interdiction affirment que la loi n'a pas changé leur sécurité en ligne, tandis que 14 % déclarent qu'elle les fait en réalité se sentir moins en sécurité.
For the first time, we’ve got major data from young Australians about how the country’s social media ban is working.
— Sky News (@SkyNews) April 13, 2026
Sky's Mickey Carroll analyses the data.
🔗 https://t.co/zp3gvDxxLR pic.twitter.com/jnerD7cllb
Désertion des sites légaux, utilisation des VPN, etc. : les internautes s’appuient sur divers moyens techniques pour contourner l’interdiction des réseaux sociaux pour les plus jeunes qui implique la vérification d’âge pour tous.
Selon une nouvelle étude, près de la moitié des adultes britanniques consommant de la pornographie en ligne ont accédé à des sites web non réglementés depuis l'entrée en vigueur, en juillet 2025, de règles plus strictes en matière de vérification de l'âge. Le sondage, réalisé par la Lucy Faithfull Foundation, a révélé que 45 % des utilisateurs ont consulté des sites risqués sans contrôle d'âge pour éviter de partager leurs informations personnelles, tandis que 29 % ont utilisé un réseau privé virtuel (VPN) pour contourner les contrôles. Les experts avertissent que cette pratique expose les utilisateurs à des contenus préjudiciables, notamment à des contenus illégaux représentant des abus sexuels sur des enfants.
Ces révélations interviennent quelques mois après un changement réglementaire amorcé à l’été 2025, lorsque le Royaume-Uni a mis en place une des mesures de vérification d'âge les plus strictes au monde pour accéder aux contenus pornographiques en ligne. Prévue par la loi sur la sécurité en ligne pour les enfants (Kids Online Safety Act, ou KOSA) de 2023 et appliquée par l'Ofcom, cette législation vise à protéger les mineurs des contenus préjudiciables en imposant une obligation rigoureuse aux sites web et plateformes concernés. Elle autorise également le régulateur à infliger de lourdes sanctions financières, voire des poursuites pénales, aux plateformes qui ne se conformeraient pas à cette législation.
D'après un récent sondage réalisé par la Lucy Faithfull Foundation, depuis la modification de la loi en juillet 2025, 45 % des 1 469 adultes qui consomment de la pornographie ont consulté des sites web sans contrôle d'âge afin d'éviter de fournir leurs informations personnelles.
L'étude a également révélé que 29 % des utilisateurs de pornographie avaient utilisé un VPN pour contourner les contrôles d'âge sur les sites web qui les exigent. Un VPN, ou réseau privé virtuel, peut être utilisé pour masquer la localisation d'un utilisateur, lui permettant ainsi de se connecter à Internet comme s'il se trouvait dans un autre pays.
Des pays comme la France envisagent donc d’obliger les fournisseurs d'accès à Internet à bloquer ou à surveiller le trafic VPN
La mise en œuvre pratique de l'interdiction des réseaux sociaux en France présente d'énormes obstacles techniques, ce qui explique pourquoi les autorités envisagent de restreindre l'accès aux VPN. Les plateformes de réseaux sociaux s'appuient principalement sur les informations d'âge fournies par les utilisateurs, qui peuvent être facilement falsifiées. Les critiques affirment que « ces mesures créent souvent plus de problèmes qu'ils n'en résolvent ».
Des systèmes de vérification de l'âge plus robustes, tels que la reconnaissance faciale ou la vérification des pièces d'identité officielles, soulèvent leurs propres problèmes de confidentialité et se heurtent à la résistance des groupes de défense des libertés civiles. Les VPN compliquent davantage l'application de la loi en permettant aux internautes de donner l'impression qu'ils accèdent à des services depuis des pays qui ne sont pas soumis à cette interdiction.
La volonté de la France d'envisager une réglementation des VPN suggère un cadre réglementaire plus complet, et potentiellement plus intrusif, qui pourrait obliger les fournisseurs d'accès à Internet à bloquer ou à surveiller le trafic VPN, une proposition techniquement complexe et controversée.
Le commentaire d'un seul membre du gouvernement français ne signifie pas que la France va effectivement interdire les VPN pour toute la population. Il indique toutefois la direction que certains dirigeants du pays souhaitent prendre. Les détracteurs ont réagi aux déclarations de la ministre Anne Le Hénanff en exprimant leur inquiétude quant au fait que ces tentatives de mesures protectrices s'orientaient vers une direction autoritaire.
Grosso modo, les responsables européens et australiens ont pour objectif d’instaurer une surveillance de masse similaire à celle qui a cours dans des pays comme la Chine
C’est ce que suggère l’existence de projets de lois comme Chat Control dont l’entrée en vigueur implique que :
- toutes les conversations en ligne et tous les courriels seront automatiquement fouillés pour détecter tout contenu suspect. Rien ne reste confidentiel ou secret. Il ne sera pas nécessaire d'obtenir une ordonnance du tribunal ou d'avoir un soupçon initial pour effectuer une recherche dans les messages ;
- si un algorithme classe le contenu d'un message comme suspect, les photos privées ou intimes pourront être consultées par le personnel et les sous-traitants de sociétés internationales et les autorités policières. Ces mêmes contenus pourront être consultés par des personnes inconnues ou se retrouver entre les mains d’individus mal intentionnés ;
- les conversations intimes pourront être lues par le personnel et les sous-traitants de sociétés internationales et les autorités policières, car les filtres de reconnaissance de texte qui ciblent la "sollicitation d'enfants" signalent souvent à tort les conversations intimes ;
- des tiers pourront être faussement signalés et faire l'objet d'enquêtes pour diffusion présumée de matériel d'exploitation sexuelle d'enfants. Les algorithmes de contrôle des messages et des chats sont connus pour signaler des photos de vacances tout à fait légales d'enfants sur une plage, par exemple. Selon les autorités de la police fédérale suisse, 86 % de tous les signalements générés par des machines s'avèrent sans fondement ;
- lors d’un voyage à l'étranger, l’on peut se retrouver face à de gros problèmes. Les rapports générés par les machines sur les communications pourront être transmis à d'autres pays, comme les États-Unis, où la confidentialité des données demeure très mal encadrée, ce, avec des résultats incalculables ;
- ce serait la porte ouverte pour les services de renseignement et les pirates sur les conversations et courriels.
Source: Etude
Et vous ?
Que pensez-vous des chiffres mis en avant par cette étude ? Sont-ils cohérents avec la réalité dont vous êtes au fait ?
Les nouvelles règles de vérification d'âge sont-elles réellement efficaces pour protéger les mineurs, ou poussent-elles simplement les utilisateurs vers des méthodes de contournement qui pourraient, à terme, rendre la tâche des régulateurs plus difficile ?
L'augmentation de l'utilisation des VPN est-elle une "victoire" pour la vie privée ou une "défaite" pour la réglementation ? Voir aussi :
Les lois sur la vérification de l'âge n'empêchent pas les mineurs d'accéder aux sites pour adultes, d'après une étude publiée après le constat additionnel qu'elles portent atteinte aux droits des adultes
Réaction négative à la vérification de l'âge : les sites web conformes souffrent, les sites non conformes gagnent en trafic, ce qui soulève des questions sur l'efficacité et l'équité de ces mesures
Le Royaume-Uni va-t-il interdire les VPN pour combler les lacunes de la loi sur la sécurité en ligne ? Il examine « la manière dont les VPN sont utilisés », alimentant les craintes d'une interdiction à venir
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