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Le Congrès américain pourrait être sur le point de créer le « mauvais Internet ». Il examine des projets de loi imposant des contrôles d'identité et la censure en ligne,
Ce qui menace les libertés numériques

Le , par Mathis Lucas

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Le Congrès américain pourrait être sur le point de créer le « mauvais Internet ». Il examine des projets de loi imposant des contrôles d'identité et la censure en ligne
ce qui menace les libertés numériques

Le Congrès des États-Unis examine plusieurs projets de loi sur Internet qui, bien qu’ayant des objectifs variés, pourraient avoir des effets négatifs importants sur la vie privée et les libertés en ligne. Ils sont déjà surnommés par leurs opposants « The Bad Internet Bills » (les lois qui pourraient rendre Internet « mauvais ») parce qu'ils risquent de démolir les protections actuelles et de transformer profondément la manière dont Internet fonctionne. Les soutiens de ces lois brandissent l'argument de la protection des enfants en ligne et de la lutte contre le trafic de drogue, mais les experts affirment qu'elle menace le chiffrement et ouvrent la voie à la censure abusive.

De l'Europe aux États-Unis, les gouvernements déploient plus que jamais des efforts colossaux afin de prendre le contrôle d'Internet. La loi britannique sur la sécurité en ligne (Online Safety Bill) est entrée en vigueur le 25 juillet 2025. Entre autres, elle vise à lutter contre l'exposition des enfants aux contenus préjudiciables en ligne. Toutefois, les nouvelles dispositions de cette loi suscitent de vives inquiétudes parmi les défenseurs des libertés numériques.

Dans l'Union européenne (UE), le projet de loi Chat Control est décrit comme « une catastrophe annoncée ». La formule reflète un malaise profond. Ce texte entend instaurer « une surveillance proactive des communications numériques », y compris les messages privés chiffrés. Pour les experts de la sécurité, c’est un point de bascule. Il est perçu comme une brèche législative capable de fragiliser « l’ensemble de l’infrastructure de sécurité moderne ».


Aux États-Unis, le Congrès examine une série de projets de loi que leurs détracteurs ont qualifiés de « mauvais projets de loi sur Internet ». Les projets de loi en question ont des objectifs variés : certains visent à lutter contre le trafic de drogue, d'autres à limiter l'accès des mineurs à certains contenus en ligne, mais tous ont « le potentiel de remettre en cause les protections existantes en matière de confidentialité des données personnelles en ligne ».

India McKinney, directrice des affaires fédérales à l'Electronic Frontier Foundation, une organisation de défense des libertés civiles, estime que le Congrès s'apprête à modifier la réglementation d'Internet à rebours, car cela semble plus opportun sur le plan politique. Voici quelques projets de loi examinés par le Congrès :

Le SCREEN Act et le Cooper Davis Act

Le SCREEN Act prévoit d'instaurer une vérification de l'âge pour tout site Web que le Congrès juge « préjudiciable aux mineurs », tandis que le Cooper Davis Act obligerait tout fournisseur de services de communication électronique à signaler à la Drug Enforcement Administration (qui lutte contre le trafic de stupéfiants) toute infraction liée à la drogue dont il aurait connaissance, ce qui mettrait fin à tout service proposant un chiffrement de bout en bout.

Une des principales craintes liées SCREEN Act est que les systèmes de vérification de l'âge obligeraient les utilisateurs à fournir des données personnelles très sensibles (par exemple des pièces d’identité ou des données biométriques) pour prouver leur âge. Une fois collectées par les sites, ces données pourraient être stockées, mal utilisées ou exposées lors de violations de sécurité, augmentant les risques de vol d’identité et d’atteintes à la vie privée.

La vérification de l'âge compromet également l’anonymat en ligne, qui est une composante importante de la liberté d’expression, particulièrement pour des personnes vulnérables (lanceurs d’alerte, militants, personnes LGBTQ+, victimes de violences). En exigeant une identification systématique, ces lois pourraient dissuader ou empêcher des personnes d’accéder à des contenus légaux ou de s’exprimer librement en ligne, détruisant ainsi Internet.

Le Kids Online Safety Act (ou KOSA)

La loi sur la sécurité des enfants en ligne (Kids Online Safety Act) obligerait les plateformes à identifier les utilisateurs mineurs et à censurer toute une série de contenus et d'informations, selon les décisions des procureurs généraux des États. Selon les experts en cybersécurité, ces règles réduiraient considérablement notre capacité à utiliser les ordinateurs en toute confidentialité et contribueraient à restreindre sévèrement la liberté d'expression en ligne.

Les critiques de la loi KOSA soulignent que les définitions floues de ce qui constitue un contenu « nuisible » pourraient ouvrir la voie à une censure excessive, limitant la liberté d'expression en ligne. De plus, les startups et plateformes indépendantes pourraient ne pas avoir les moyens de se conformer aux nouvelles règles. Certains dénoncent également une surveillance intrusive des activités en ligne des utilisateurs, compromettant leur vie privée.

Citation Envoyé par India McKinney, directrice des affaires fédérales à l'EFF


Je pense que le Congrès estime que la protection de la vie privée des enfants est plus facile à mettre en œuvre parce que cela semble plus acceptable sur le plan politique, et cela signifie qu'il néglige complètement les difficultés liées à la distinction entre les enfants et les adultes, car cela a des implications considérables en matière de protection de la vie privée. Si l'un de ces projets de loi est adopté, cela n'affectera pas seulement les parents et les enfants, mais tous les utilisateurs, car si vous souhaitez accéder à un contenu controversé sur Internet, vous devrez prouver votre identité.

Une nouvelle version de la loi KOSA a été présentée cette année au Sénat américain après qu'une version antérieure ait échoué à passer les deux chambres. La sénatrice Marsha Blackburn (R-TN), qui dirige le projet de loi, a déclaré que la dynamique s'était renforcée depuis l'année dernière.

Le projet de loi STOP CSAM

Le STOP CSAM (Strengthening Transparency and Obligations to Protect Children Suffering from Abuse and Mistreatment Act) est un projet de loi bipartisan aux États-Unis visant à lutter contre la diffusion de matériel d’abus sexuels d’enfants en ligne (Child Sexual Abuse Material - CSAM). L’objectif affiché de ce projet est de renforcer la lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants sur Internet en augmentant les outils juridiques pour protéger les victimes.


Mais cette initiative menace le chiffrement de bout en bout. Le chiffrement de bout en bout signifie essentiellement que personne, à l'exception des utilisateurs qui envoient ou reçoivent une communication donnée, n'a accès au contenu de cette communication, y compris le gouvernement et la plateforme. Cette disposition relative à la confidentialité a été largement adoptée par des applications populaires comme WhatsApp, Signal, Telegram et iMessage.

Le projet de loi STOP CSAM mettrait effectivement fin à cette protection au nom de la prévention de l'hébergement ou de la distribution du CSAM. Si la prévention de la distribution du matériel pédopornographique est un objectif noble, les experts en cybersécurité affirment que la proposition actuelle reviendrait à ce que les forces de l'ordre ouvrent chaque lettre ou colis envoyé par la poste dans l'espoir d'intercepter du matériel pédopornographique.

« Il existe un mythe selon lequel il serait possible de contourner le chiffrement de manière sélective, mais ce n'est pas le cas. Soit vous disposez d'un chiffrement, soit vous n'en disposez pas », a déclaré Jenna Leventoff, conseillère politique principale à l'ACLU. Le Royaume-Uni a contraint Apple à retirer les fonctionnalités de chiffrement de bout en bout d'iCloud sur son territoire au nom de la sécurité nationale, ce qui a suscité de vives préoccupations.

Une réforme controversée du célèbre article 230

La réforme envisagée de l'article 230 de la loi sur la décence dans les communications (Communications Decency Act) pourrait rendre les plateformes légalement responsables de tout contenu publié par leurs utilisateurs. Mais l'initiative est très controversée dans la communauté. Selon les détracteurs, cette réforme détruirait les petites plateformes et garantirait que les principaux acteurs du secteur ne soient pas confrontés à une nouvelle concurrence.

Les critiques affirment qu'une réforme ou une suppression de la Section 230 pourrait amener les plateformes à supprimer davantage de contenus pour éviter d’être poursuivies en justice, ce qui aurait un « effet dissuasif » sur la liberté d’expression en ligne. Les plateformes pourraient choisir la suppression plutôt que le débat ou la nuance, car il est plus sûr légalement de retirer rapidement du contenu contesté que d’exposer la plateforme à des poursuites.

Ces lois sont qualifiées de menaces pour les libertés numériques

Dans le cas du projet de loi KOSA, sa constitutionnalité même soulève des questions juridiques. Les procureurs généraux des États deviendraient de facto des censeurs d'Internet en vertu de ce projet de loi, et cette censure s'étendrait à des discours que même les mineurs ont le droit constitutionnel de voir. Selon ses détracteurs, le projet de loi KOSA s'inscrit dans le cadre des efforts visant à mettre fin à l'anonymat sur Internet et à briser le chiffrement.

Les récentes interdictions de livres par certains États ont donné un aperçu du type de contenu que les procureurs généraux pourraient cibler. En Floride, par exemple, un comté a retiré « La Liste de Schindler » et de nombreux livres sur Anne Frank des rayons des bibliothèques. La censure pourrait également limiter l'accès à des informations susceptibles d'informer les mineurs sur les questions LGBTQ ou encore les troubles alimentaires, par exemple.

Lee Rowland, directeur exécutif de la Coalition nationale contre la censure, a dénoncé ces projets de loi qui menacent nos libertés. « Nous sommes actuellement dans un environnement où l'administration Trump a signé un certain nombre de décrets et publié des réglementations qui, par exemple, pourraient qualifier une personne de terroriste national si elle a des opinions « antiaméricaines, antichrétiennes ou anticapitalistes », a déclaré Lee Rowland.

« Nous sommes à un moment où les gens risquent réellement d'être surveillés par le gouvernement, pris pour cible et punis pour des propos pleinement protégés », a-t-il ajouté. Lee Rowland a replacé ces initiatives controversées dans le contexte des objectifs plus larges de l'administration Trump.

Conclusion

Les projets de loi examinés par le Congrès américain sont décrits par les détracteurs comme la voie menant vers un « mauvais Internet ». Bien qu’ayant des intentions affichées jugées positives par certains (comme la protection des mineurs en ligne), ils pourraient ouvrir la porte à une surveillance accrue, à la censure et à une forte érosion des protections de la vie privée sur Internet, créant ainsi un « Internet mauvais » que leurs opposants redoutent.

En Union européenne, les détracteurs du projet de loi Chat Control affirment que nous sommes face à « un désastre annoncé ». Sous sa promesse de lutter plus efficacement contre les crimes en ligne, Chat Control s’inscrit dans une tendance inquiétante où l’exception devient la norme. Derrière la rhétorique protectrice se cache un mécanisme perçu comme une brèche législative capable de fragiliser l’ensemble de l’infrastructure de sécurité moderne.

Sources : campagne « The Bad Internet Bills », SCREEN Act, Cooper Davis Act, KOSA, STOP CSAM Act

Et vous ?

Quel est votre avis sur le sujet ?
Que pensez-vous des différents projets de loi examinés par le Congrès américain ?
Selon vous, les avantages de ces initiatives l'emportent-ils sur les inconvénients ? Pourquoi ?
Que pensez-vous du projet de loi Chat Control de l'Union européenne ?

Voir aussi

Apple retire les fonctionnalités de chiffrement de bout en bout d'iCloud au Royaume-Uni après que le gouvernement l'a contraint à ajouter des portes dérobées au nom de la sécurité nationale

«Une catastrophe annoncée» : Le monde des technologies de protection de la vie privée réagit au nouveau projet de loi Chat Control. Censé protéger les mineurs, il pourrait fragiliser tout le chiffrement en UE

Les États-Unis pourraient bientôt adopter leur propre loi sur la sécurité en ligne, mais les experts alertent sur les risques de censure et de surveillance de masse, sous prétexte de protéger les enfants
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Avatar de Ryu2000
Inactif https://www.developpez.com
Le 27/01/2026 à 11:52
Certains pays occidentaux veulent mettre en place des lois digne d'une dictature, mais ils ne peuvent pas y aller franchement, ils doivent utiliser la ruse.
Parfois en utilisant le prétexte de la protection des enfants, des lois passent.

Petit à petit ça va s'aggraver, de petite loi en petite loi.

La personne la plus naïve de l'univers va trouver ça chouette qu'on protège les enfants. Parce qu'elle n'anticipe pas la suite du projet.
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Avatar de Matthieu Vergne
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 08/01/2026 à 18:08
À répéter partout et pour tout "enfants", ça sonne extrêmement fabriqué et exagéré. Quand je lis le discours, je ne vois pas la logique, mais je vois l'idéologie aveugle où tout est bon pour faire passer une mesure pour la protection des enfants. Bientôt on va nous dire que les fabricants de frigo connectés doivent passer par le site gouvernemental pour identifier les utilisateurs, sinon bloquer l'accès au frigo, pour protéger les enfants de consommer des aliments périmés.
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Avatar de Artaeus
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 27/01/2026 à 11:28
Je suis curieux de connaitre la position de ceux qui ne voyaient pas la suite logique de la "vérification d'âge" (=identité) des sites +18 ?
J'espère que vous défendez toujours la "protection des enfants" contre les dangereux VPN (puis moteur de recherche ou même site expliquant le fonctionnement d'un VPN) ?
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Avatar de smarties
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 08/01/2026 à 17:17
VPN, proxy online il y a plusieurs façon de contourner, télécharger en torrent directement des vidéos, .... Leurs lois exposent les gens à plus de dangers liés aux fuites de données.

Je croyais qu'il était mieux d'éduquer ses enfants des risques d'internet dès qu'il commencent à l'utiliser :
- expliquer
- être là pour les premières rechercher
- lui dire de venir voir s'il est tombé sur du contenu qui fait peur ou dérangeant (et ne pas punir pour ne pas qu'il se ferme)

Un filtrage DNS peut être mis en place en expliquant que c'est pour éviter de tomber sur ces sites
Éventuellement une coupure du wifi à 21h pour avoir une bonne hygiène de vie
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Avatar de Artaeus
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 08/01/2026 à 18:25
Sacré surprise ... De toute façon, ces lois sont une somme d'atteinte grave aux droits fondamentaux et le but est la surveillance.
Mais comme on ne souhaite faire tout en une fois pour ne pas choquer, on habitue les gens à fournir leur identité (d'abord les sites +18, puis réseaux sociaux, puis moteur de recherche, puis e-commerce, puis VPN ...).
On utilise (encore) les enfants comme prétexte, en utilisant un mélange de puritanisme, moralisme et de paternalisme.

Bref, la règle devrait être de ne jamais rien fournir comme info identifiante sur Internet (basiquement, ce qu'on a appris dès on avait 12 ans, le fameux "attention on se sait jamais à qui on parle" de nos parents).
Les britanniques ont bien raison de contourner cette loi dangereuse.
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Avatar de totozor
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 06/05/2026 à 7:57
Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
Cette scène, aussi absurde qu'elle paraisse, est le symptôme le plus visible d'un échec systémique. [...]. C'était l'une des législations les plus ambitieuses en matière de protection des mineurs en ligne. Dix mois après son entrée en vigueur, la réalité du terrain la rattrape.
Echec systémique? Législation ambitieuse?
On parle surtout d'une absurdité législative et la suite de l'article le démontre bien.
c'est une pratique [...] de plus en plus sophistiquée.
[...]
la saisie d'une fausse date de naissance, l'utilisation de la carte d'identité d'une autre personne, la soumission de vidéos de visages tiers, ou encore l'utilisation d'avatars de jeux vidéo
Saisir une fausse date de naissance, c'est sophistiqué?
Prendre la carte d'identité de papa, c'est sophistiqué?
Utiliser un avatar de jeu vidéo, c'est sophistiqué? Et l'outil ne se rend même pas compte que le personnage est un faux?
Environ 26 % des parents déclarent avoir autorisé leur enfant à contourner des contrôles d'âge, et 17 % admettent les avoir activement aidés à le faire.

Les motivations invoquées sont pragmatiques. Une mère interrogée explique avoir aidé son fils de 13 ans à accéder à un jeu vidéo : elle connaissait le jeu, elle jugeait son contenu approprié, et elle s'est estimée mieux placée que l'algorithme pour prendre cette décision.
Et on parle de parents complices?
C'est à dire qu'un parent qui connait un jeu, qui l'estime adéquat pour son enfant (individu qu'il a élevé, qu'il connait, dont il connait au moins une partie des points sensibles et des points forts) et qui peut mettre en place d'autres sécurités bien plus solides qu'un contrôle d'âge serait complice de quoi?
D'avoir été plus malin que la loi?
Soit.
J'ai un filleul qui commence à demander une console à ses parents. Ses parents ne jouent pas aux jeux vidéos (en dehors de candy crush & Co) du coup on commence à échanger sur la façon d'aborder le sujet.
Pour quand la console? (je considère qu'il est trop jeune pour jouer dans un environnement familial qui ne joue pas)
Quelle console? Quels jeux?
Combien de temps? Avec quel encadrement?
Quel moyens de préventions? etc.
Je suis désolé mais ce n'est pas en l'empêchant de jouer à Wii Bowling qu'on va lui permettre de s'émanciper. Et je crois bien plus en la gestion raisonnable de l'entourage qu'en la (pseudo)sécurité intrinsèque du système.
Si les règles varient d'un foyer à l'autre, les protections au niveau de la plateforme perdent leur cohérence.
Oui et?
Les données suggèrent cependant que la communication joue un rôle protecteur : les enfants qui discutent régulièrement de leur activité en ligne avec leurs parents sont moins susceptibles de contourner les restrictions que ceux qui ne le font pas. La législation ne peut pas substituer au dialogue familial ce que le dialogue familial seul peut accomplir.
Quand même.
Et de mon point de vue il y a une raison à ça, les restrictions ne sont pas complètement absurdes et un enfant, même jeune, peut comprendre que certains contenus ne sont pas encore pour lui, et que le système n'est pas tant un gros mur infranchissable mais juste un rubalise qui lui dit qu'au delà il risque de voir des choses inadéquat pour lui.
Et il ne le passera souvent pas. Parfois il le passera sans que ça pose problème. Et un jour, peut être, il le passera et verra une chose qui l'aura choqué mais il sait qu'il pourra en parler avec ses parents qui pourront gérer cette crise.
Mais ces progrès paraissent bien minces au regard de l'exposition aux contenus préjudiciables qui persiste. Près de la moitié des enfants interrogés (49 %) déclarent avoir été exposés à des contenus nuisibles en ligne au cours du dernier mois, incluant des contenus violents (12 %), des contenus promouvant des corps irréalistes (11 %), et des contenus racistes, homophobes ou sexistes (10 %); autant de contenus pourtant explicitement interdits par les codes de sécurité enfants de la loi.
La question n'est pas tant est-ce qu'ils en ont vu (hormis pour les contenus violents) mais quel est le niveau d'exposition?
Vous voulez des contenus racistes, homophobes ou sexistes? Allumez CNews. Et il n'y a aucun contrôle d'âge.
Mon filleul, qui n'est pas si vieux, a déjà été exposé au racisme, à l'homophobie et au sexisme dans la vie quotidienne alors que c'est un petit garçon bien blanc. Parce que sa marraine vient d'Amérique du Sud, qu'une partie de l'entourage de ses parents sont des hommes homosexuels et que par conséquent il a déjà entendu des gens dans la rue traiter ses connaissances de conchita ou de PD. Et donc oui, avant d'entrer à l'école il a découvert qu'il y a des gens qui n'aiment pas les gens qui ont la peau foncée ou un accent ou les hommes efféminés. Et c'est devenu un petit militant de la tolérance et je trouve ça plutôt bien.
Un enfant avec un maquillage adulte peut franchir une barrière d'âge 18+. À l'inverse, on rapporte le cas notoire de l'homme le plus tatoué de Grande-Bretagne, dont le système de vérification d'âge ne parvenait pas à traiter le visage, le confondant avec un masque. Ces anecdotes, comiques en surface, révèlent les limites profondes d'une technologie utilisée à des fins réglementaires sans que son taux d'erreur ait été rendu public ni soumis à une évaluation indépendante.
Ces anecdotes montrent surtout que le système est nul et inadéquat, il ne remplit même pas sa mission.
Mission qui est nulle et inadéquate.
Les alternatives plus robustes (vérification par document d'identité, croisement avec une base de données gouvernementale, authentification via un tiers de confiance) soulèvent quant à elles des questions sérieuses de confidentialité des données et de surveillance.
Une maman a aidé son enfant à contourner le système, partant de là aucun système n'est robuste.
Donc plus de robustesse n'apporte pas plus de sécurité, ça ne fait que diminuer nos libertés individuelles.
L'Ofcom, le régulateur britannique des communications, se retrouve pris en étau entre l'impératif de protection des mineurs et celui de la vie privée des adultes qui n'ont aucune raison de devoir prouver leur âge pour naviguer sur Internet.
Quel impératif de protéger les mineurs?
C'est une promesse, en rien un impératif.
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Avatar de ALT
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 05/05/2026 à 11:34
Comme toujours, on légifère à tort & à travers & on s'étonne que la loi soit inapplicable.
Et à force de pondre de nouvelles lois, on finit par avoir des textes qui se chevauchent, se contredisent...
En fait, il serait plus simple de considérer que les gens sont adultes & n'ont pas besoin d'être protégés de tout. Ni qu'on protège leurs gamins.
Mais ça, en France, c'est hélas de la science-fiction.
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Avatar de Médinoc
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 09/01/2026 à 13:52
"Notre loi ne marche pas et tous le monde la déteste... donc il faut la rendre encore pire!"
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Avatar de der§en
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 29/03/2026 à 20:06
Bof, la commission passera outre et cela ne sera pas la première fois malheureusement
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Avatar de Jon Shannow
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 05/05/2026 à 11:44
Citation Envoyé par ALT
Mais ça, en France, c'est hélas de la science-fiction.
Citation Envoyé par Stéphane le calme
un tiers des enfants britanniques contournent les vérifications d'âge en ligne
L'article parle du Royaume Uni, pas de la France.

Même si, c'est clair que l'on est pas meilleur qu'eux en terme de législation punitive, inutile et absurde.
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