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«Une catastrophe annoncée» : Le monde des technologies de protection de la vie privée réagit au nouveau projet de loi Chat Control.
Censé protéger les mineurs, il pourrait fragiliser tout le chiffrement en UE

Le , par Stéphane le calme

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« Une catastrophe annoncée » : Le monde des technologies de protection de la vie privée réagit au nouveau projet de loi Chat Control
censé protéger les mineurs, il pourrait fragiliser tout le chiffrement européen

La communauté de la cybersécurité vit rarement des moments d’unanimité. Pourtant, le projet de loi « Chat Control » réussit l’exploit de rassembler experts, entreprises axées sur la protection de la vie privée, chercheurs et activistes autour d’un même constat : nous sommes face à « un désastre annoncé ». La formule reflète un malaise profond. Ce texte, avancé par l’Union européenne, entend instaurer une surveillance proactive des communications numériques, y compris les messages privés chiffrés. Pour les spécialistes de la sécurité, c’est un point de bascule.

Sous sa promesse de lutter plus efficacement contre les crimes en ligne, notamment l’exploitation des mineurs, le Chat Control s’inscrit dans une tendance inquiétante où l’exception devient la norme. Derrière la rhétorique protectrice se cache un mécanisme perçu comme une brèche législative capable de fragiliser l’ensemble de l’infrastructure de sécurité moderne.


Pendant presque trois ans, le projet était enlisé. Les États membres n’arrivaient pas à trancher sur la question centrale : peut-on autoriser le scanning systématique des messages privés, chiffrés ou non, sans violer les droits fondamentaux ?

Les pays de l'UE ont finalement trouvé un accord mercredi le 26 novembre sur une position commune concernant le règlement relatif aux abus sexuels sur les enfants, après des années de divisions et une opposition farouche de la part d'experts en matière de confidentialité et de sécurité qui craignaient que cette loi ne conduise à une surveillance massive des citoyens européens.

En octobre, une mobilisation massive des citoyens et des défenseurs de la vie privée contre la proposition controversée de la Commission visant à obliger les entreprises technologiques à scanner les messages privés à la recherche de contenus pédopornographiques (CSAM) a de nouveau bloqué les négociations, faisant échouer un autre vote provisoire.

Cette situation s'est répétée à plusieurs reprises depuis que les pays ont commencé à discuter de leur position à la mi-2022, mais la semaine dernière, les capitales ont finalement surmonté l'impasse et adopté un mandat en supprimant l'élément le plus controversé de la loi : la détection obligatoire.

Citation Envoyé par Conseil européen
Activités volontaires des fournisseurs

Le Conseil souhaite également rendre permanente une mesure actuellement temporaire qui permet aux entreprises de passer en revue – volontairement – leurs services pour déterminer si ceux-ci permettent la diffusion de matériel relatif à des abus sexuels sur enfants. À l'heure actuelle, les fournisseurs de services de messagerie, par exemple, peuvent examiner sur une base volontaire les contenus partagés sur leurs plateformes à la recherche de matériel relatif à des abus sexuels sur enfants, signaler ce matériel et le retirer. Cela est rendu possible par une dérogation à certaines règles propres au secteur des communications électroniques. Bien que cette dérogation arrive à échéance le 3 avril 2026, la position du Conseil prévoit qu'elle continue de s'appliquer.
Le projet de loi, surnommé « Chat Control », devrait désormais être adopté.


Le compromis sur le « scan volontaire des conversations » n'a pas recueilli le soutien de tous les États

Bien qu'il ait obtenu la majorité, le compromis sur le scan volontaire des chats n'a pas recueilli le soutien de tous les États, l'Italie, la République tchèque, la Pologne et les Pays-Bas restant opposés au texte actuel. Les experts en matière de protection de la vie privée ne sont pas non plus prêts à se réjouir.

« C'est un jour très triste pour la vie privée et une occasion manquée d'investir dans des efforts visant à protéger efficacement les enfants », a commenté le cryptographe belge Bart Preneel sur LinkedIn. Preneel faisait partie des scientifiques qui ont signé une lettre ouverte quelques jours avant le vote pour avertir que le compromis « comporte toujours des risques élevés pour la société ».

Selon Patrick Breyer, ancien député européen du Parti pirate allemand et juriste spécialisé dans les droits numériques, le Conseil de l'UE a approuvé un cheval de Troie plutôt que de corriger les problèmes précédents du projet de loi.

« En consolidant le scan de masse "volontaire", ils légitiment la surveillance de masse sans mandat et sujette à erreur de millions d'Européens par des entreprises américaines », a-t-il déclaré. « Ce n'est pas une victoire pour la vie privée, c'est un désastre en puissance. »

Malgré les réactions négatives en matière de protection de la vie privée, l'accord du 26 novembre signifie que la proposition danoise passera à l'étape finale du processus législatif. Le Conseil de l'UE, le Parlement et la Commission sont prêts à entamer les négociations en trilogue afin de confirmer le texte final, dont l'adoption est prévue d'ici avril 2026.

Patrick Breyer : « Nous devons cesser de prétendre que la surveillance de masse "volontaire" est acceptable dans une démocratie »

Le changement le plus important apporté par le nouveau texte danois sur le contrôle des chats concerne l'approche adoptée en matière d'analyse des conversations. Alors qu'auparavant, les services de messagerie, y compris ceux utilisant un chiffrement de bout en bout, étaient contraints d'effectuer une analyse indiscriminée à la recherche de contenus pédopornographiques (CSAM), les fournisseurs auront désormais la possibilité de choisir d'analyser ou non les conversations de tous les utilisateurs.

Cette mesure est considérée comme une victoire par beaucoup, car elle évite que le chiffrement ne soit compromis par une porte dérobée. Callum Voge, directeur des affaires gouvernementales et du plaidoyer à l'Internet Society, a déclaré qu'il s'agissait « d'une avancée positive pour la sécurité des communications des résidents européens ».

Mais le diable se cache peut-être dans les détails. Le texte comprend en effet une disposition qui pourrait obliger les entreprises à analyser les messages si leurs services sont considérés comme « à haut risque ». Le projet de loi prévoit également la possibilité pour la Commission européenne de réviser la loi tous les trois ans, de sorte qu'une analyse généralisée pourrait être mise en œuvre à une date ultérieure.

Et bien que le considérant 17 bis stipule que « rien dans le présent règlement ne doit être interprété comme imposant des obligations de détection aux fournisseurs », il reste à voir comment cette formulation sera interprétée lors des négociations tripartites.

Ce qui est certain, c'est que pour Breyer, le scan « volontaire » ne suffit toujours pas à protéger les citoyens européens contre la surveillance de masse. Il a déclaré : « Qualifier cela de "volontaire" ne rend pas la violation du secret numérique de la correspondance moins grave. Nous devons cesser de prétendre que la surveillance de masse "volontaire" est acceptable dans une démocratie. »

Cette position est également partagée par l'un des meilleurs VPN du marché, Mullvad VPN. « Le Conseil de l'UE n'a pas réussi à mettre en place une surveillance de masse obligatoire. Cependant, dans sa proposition, il pose les bases d'une surveillance de masse à l'avenir. »

Un système de détection technologiquement incertain

En dehors de la surveillance en elle-même, l’un des aspects les plus critiqués concerne la fiabilité des algorithmes de détection. Les systèmes capables de repérer automatiquement des contenus illégaux dans des messages privés reposent sur des modèles statistiques loin d’être infaillibles.

Les faux positifs pourraient conduire à des signalements injustifiés, voire à des enquêtes disproportionnées contre des citoyens innocents. Cette problématique devient encore plus préoccupante lorsqu’on considère l’échelle européenne, avec des millions de messages scannés en continu.

Les défenseurs des droits numériques craignent une dérive : la création d’un environnement où chaque conversation devient potentiellement suspecte. Les services de messagerie pourraient être contraints de redessiner leurs architectures pour satisfaire des exigences ambiguës, sans aucune garantie que les technologies proposées puissent réellement distinguer efficacement le licite de l’illicite.

Une pression réglementaire qui pourrait fragmenter l’écosystème numérique européen

Les experts insistent sur les conséquences géopolitiques du Chat Control. En imposant une obligation de surveillance préventive, l’UE pourrait pousser certaines entreprises à retirer leurs services du marché européen pour ne pas compromettre leurs principes de sécurité ou leur modèle technique.

L’épisode du retrait temporaire de certaines fonctionnalités chiffrées dans d’autres juridictions sert d’avertissement. Notons par exemple que le Royaume-Uni a exigé qu'Apple crée une porte dérobée afin d'accéder aux données stockées dans iCloud. La situation était telle que les législateurs américains ont dénoncé la volonté du Royaume-Uni de briser le chiffrement du service de stockage iCloud d'Apple :

Apple ne produit pas de versions différentes de son logiciel de chiffrement pour chaque marché. Si Apple est contraint d'intégrer une porte dérobée dans ses produits, cette porte dérobée finira par compromettre la sécurité des données des Américains, ainsi que celle des innombrables agences gouvernementales fédérales, nationales et locales qui confient des données sensibles aux produits Apple.

Après des années de pressions exercées par de hauts responsables du gouvernement américain en faveur d'un chiffrement plus faible et de portes dérobées pour la surveillance, il semble que le gouvernement américain se soit finalement rallié à une position que nous défendons depuis longtemps : un chiffrement fort de bout en bout protège la sécurité nationale.
La conséquence ? Plutôt que d'ajouter des portes dérobées comme l'a exigé le gouvernement, Apple a opté pour retirer les fonctionnalités de chiffrement de bout en bout d'iCloud au Royaume-Uni.


Des dispositions qui pourraient compromettre les droits numériques des citoyens de l'UE

Si la nouvelle réglementation sur le contrôle des chats tente de résoudre les problèmes actuels de confidentialité et de sécurité liés aux portes dérobées obligatoires en matière de chiffrement, elle ajoute également d'autres dispositions qui, selon les experts, pourraient compromettre les droits numériques des citoyens de l'UE.

En vertu de la proposition du 13 novembre, les fournisseurs de services de messagerie doivent prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les enfants, notamment en effectuant des contrôles de vérification de l'âge afin « d'identifier de manière fiable les utilisateurs mineurs ».

Bien que le Conseil ait souligné que les méthodes de vérification de l'âge doivent « préserver la vie privée », beaucoup pensent que cela sera impossible à réaliser dans la pratique.

« Même si la vérification de l'âge est effectuée de manière à respecter la vie privée (il n'est pas certain que ce soit le cas), elle est facile à contourner (il suffit de voir ce qui s'est passé au Royaume-Uni) », a écrit Preneel sur LinkedIn. Il faisait probablement référence à la forte augmentation de l'utilisation des VPN liée aux lois sur la vérification de l'âge.

En résumé, Preneel déclare : « L'évaluation de l'âge pose un problème majeur en matière de confidentialité. Aucune étude scientifique ne démontre l'efficacité de ces technologies. »

Le nouveau texte du projet de loi contient également des dispositions relatives aux obligations de blocage de sites web qui inquiètent l'équipe de Mullvad. « Une fois cette infrastructure mise en place, elle ouvre la voie à une pente glissante en matière de censure », a déclaré la société suédoise de VPN.

Source : Mullvad VPN, Bart Preneel, Conseil de l'UE

Et vous ?

Comment concilier lutte contre la criminalité en ligne et préservation du chiffrement sans instaurer un précédent dangereux pour la sécurité globale des communications ?

Le « client-side scanning » peut-il réellement être considéré comme respectueux de la vie privée s’il implique l’analyse systématique des échanges avant leur chiffrement ?

Les technologies actuelles de détection automatique sont-elles suffisamment robustes pour supporter un cadre légal, alors qu’elles génèrent encore des taux élevés de faux positifs ?

Quelle serait la légitimité démocratique d’un dispositif de surveillance généralisée voté au niveau européen, alors même que les experts en sécurité en dénoncent les risques structurels ?

Le Chat Control pourrait-il provoquer une fragmentation du marché numérique européen, voire inciter certaines entreprises à retirer leurs services plutôt que de compromettre leur architecture ?
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Avatar de ALT
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 05/12/2025 à 19:39
Mon avis n'a pas changé : la confidentialité des correspondances est garantie par la Déclaration des droits de l'homme, donc par notre constitution.
Analyser les messages, quelle que soit la méthode, est une intrusion inacceptable dans la vie privée & une énorme faille de sécurité pour les communications confidentielles (secrets industriels, par exemple).
Donc, c'est à fuir.
Surtout que les malfaiteurs de tout poil utiliseraient d'autres moyens de communication, ce qui rendrait cette solution parfaitement inutile.

Moralité, soit c'est d'une somptueuse débilité, soit le but est bien de surveiller étroitement tout le monde. Hélas, cette deuxième proposition me semble extrêmement crédible.
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Avatar de Ryu2000
Inactif https://www.developpez.com
Le 27/01/2026 à 11:52
Certains pays occidentaux veulent mettre en place des lois digne d'une dictature, mais ils ne peuvent pas y aller franchement, ils doivent utiliser la ruse.
Parfois en utilisant le prétexte de la protection des enfants, des lois passent.

Petit à petit ça va s'aggraver, de petite loi en petite loi.

La personne la plus naïve de l'univers va trouver ça chouette qu'on protège les enfants. Parce qu'elle n'anticipe pas la suite du projet.
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Avatar de OuftiBoy
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 06/12/2025 à 17:24
Si le "facteur" d'un village ouvrait toutes les lettres avant de vous les transmettre, ça serait un "tollé" (enfin, faut l'espérer). Ben là c'est pareil, mais comme c'est du numérique, le "ressenti" n'est pas le même.

Et il va y avoir évidemment le traditionnel, "Si vous n'avez rien a cacher, pourquoi cela poserait-il problème ?".

Sauf que qui va décider si c'est quelque chose "a cacher" ? Qui va mettre le tampon OK/KO sur une correspondance ? Et si vous pensez en toute bonne fois que vous n'avez rien a cacher, pouvez-vous me donner les clefs de votre maison, je vais passer voir, faire un petit tour, ça ne vous gêne pas je suppose, puisse que vous n'avez rien à cacher ?

Bah, on va nous vendre cela que c'est pour notre sécurité, un petit matraquage par les médias agents d'états, et hop, ça va passez crême. Pass Sanitaire, Pass Sécuritaire, Pass Partout

BàV et Peace & Love.
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Avatar de Matthieu Vergne
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 08/01/2026 à 18:08
À répéter partout et pour tout "enfants", ça sonne extrêmement fabriqué et exagéré. Quand je lis le discours, je ne vois pas la logique, mais je vois l'idéologie aveugle où tout est bon pour faire passer une mesure pour la protection des enfants. Bientôt on va nous dire que les fabricants de frigo connectés doivent passer par le site gouvernemental pour identifier les utilisateurs, sinon bloquer l'accès au frigo, pour protéger les enfants de consommer des aliments périmés.
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Avatar de Artaeus
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 27/01/2026 à 11:28
Je suis curieux de connaitre la position de ceux qui ne voyaient pas la suite logique de la "vérification d'âge" (=identité) des sites +18 ?
J'espère que vous défendez toujours la "protection des enfants" contre les dangereux VPN (puis moteur de recherche ou même site expliquant le fonctionnement d'un VPN) ?
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Avatar de Fagus
Membre expert https://www.developpez.com
Le 08/12/2025 à 13:06
C'est de l'enfumage. Si nos politiciens, voulaient vraiment lutter contre la pédocriminalité, on n'aurait pas des scandales à répétition (abus sexuels d'une bonne partie des enfants confiés à l'aide sociale à l'enfance, depuis des décennies ; abus sur des enfants par les encadrants récemment, on apprend au passage que le fichiers des personnes suspectées ou condamnées pour pédophilie n'est pas systématiquement consultés au recrutement des encadrants...)

Ils veulent juste un état orwellien pour écraser la dissidence (les gens en désaccord avec eux).
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Avatar de smarties
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 08/01/2026 à 17:17
VPN, proxy online il y a plusieurs façon de contourner, télécharger en torrent directement des vidéos, .... Leurs lois exposent les gens à plus de dangers liés aux fuites de données.

Je croyais qu'il était mieux d'éduquer ses enfants des risques d'internet dès qu'il commencent à l'utiliser :
- expliquer
- être là pour les premières rechercher
- lui dire de venir voir s'il est tombé sur du contenu qui fait peur ou dérangeant (et ne pas punir pour ne pas qu'il se ferme)

Un filtrage DNS peut être mis en place en expliquant que c'est pour éviter de tomber sur ces sites
Éventuellement une coupure du wifi à 21h pour avoir une bonne hygiène de vie
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Avatar de Artaeus
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 08/01/2026 à 18:25
Sacré surprise ... De toute façon, ces lois sont une somme d'atteinte grave aux droits fondamentaux et le but est la surveillance.
Mais comme on ne souhaite faire tout en une fois pour ne pas choquer, on habitue les gens à fournir leur identité (d'abord les sites +18, puis réseaux sociaux, puis moteur de recherche, puis e-commerce, puis VPN ...).
On utilise (encore) les enfants comme prétexte, en utilisant un mélange de puritanisme, moralisme et de paternalisme.

Bref, la règle devrait être de ne jamais rien fournir comme info identifiante sur Internet (basiquement, ce qu'on a appris dès on avait 12 ans, le fameux "attention on se sait jamais à qui on parle" de nos parents).
Les britanniques ont bien raison de contourner cette loi dangereuse.
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Avatar de
https://www.developpez.com
Le 07/12/2025 à 17:07
Je le répète à nouveau, 3e fois : nous avons tous une vie privée, mais nous ne sommes pas tous des criminels.
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Avatar de totozor
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 06/05/2026 à 7:57
Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
Cette scène, aussi absurde qu'elle paraisse, est le symptôme le plus visible d'un échec systémique. [...]. C'était l'une des législations les plus ambitieuses en matière de protection des mineurs en ligne. Dix mois après son entrée en vigueur, la réalité du terrain la rattrape.
Echec systémique? Législation ambitieuse?
On parle surtout d'une absurdité législative et la suite de l'article le démontre bien.
c'est une pratique [...] de plus en plus sophistiquée.
[...]
la saisie d'une fausse date de naissance, l'utilisation de la carte d'identité d'une autre personne, la soumission de vidéos de visages tiers, ou encore l'utilisation d'avatars de jeux vidéo
Saisir une fausse date de naissance, c'est sophistiqué?
Prendre la carte d'identité de papa, c'est sophistiqué?
Utiliser un avatar de jeu vidéo, c'est sophistiqué? Et l'outil ne se rend même pas compte que le personnage est un faux?
Environ 26 % des parents déclarent avoir autorisé leur enfant à contourner des contrôles d'âge, et 17 % admettent les avoir activement aidés à le faire.

Les motivations invoquées sont pragmatiques. Une mère interrogée explique avoir aidé son fils de 13 ans à accéder à un jeu vidéo : elle connaissait le jeu, elle jugeait son contenu approprié, et elle s'est estimée mieux placée que l'algorithme pour prendre cette décision.
Et on parle de parents complices?
C'est à dire qu'un parent qui connait un jeu, qui l'estime adéquat pour son enfant (individu qu'il a élevé, qu'il connait, dont il connait au moins une partie des points sensibles et des points forts) et qui peut mettre en place d'autres sécurités bien plus solides qu'un contrôle d'âge serait complice de quoi?
D'avoir été plus malin que la loi?
Soit.
J'ai un filleul qui commence à demander une console à ses parents. Ses parents ne jouent pas aux jeux vidéos (en dehors de candy crush & Co) du coup on commence à échanger sur la façon d'aborder le sujet.
Pour quand la console? (je considère qu'il est trop jeune pour jouer dans un environnement familial qui ne joue pas)
Quelle console? Quels jeux?
Combien de temps? Avec quel encadrement?
Quel moyens de préventions? etc.
Je suis désolé mais ce n'est pas en l'empêchant de jouer à Wii Bowling qu'on va lui permettre de s'émanciper. Et je crois bien plus en la gestion raisonnable de l'entourage qu'en la (pseudo)sécurité intrinsèque du système.
Si les règles varient d'un foyer à l'autre, les protections au niveau de la plateforme perdent leur cohérence.
Oui et?
Les données suggèrent cependant que la communication joue un rôle protecteur : les enfants qui discutent régulièrement de leur activité en ligne avec leurs parents sont moins susceptibles de contourner les restrictions que ceux qui ne le font pas. La législation ne peut pas substituer au dialogue familial ce que le dialogue familial seul peut accomplir.
Quand même.
Et de mon point de vue il y a une raison à ça, les restrictions ne sont pas complètement absurdes et un enfant, même jeune, peut comprendre que certains contenus ne sont pas encore pour lui, et que le système n'est pas tant un gros mur infranchissable mais juste un rubalise qui lui dit qu'au delà il risque de voir des choses inadéquat pour lui.
Et il ne le passera souvent pas. Parfois il le passera sans que ça pose problème. Et un jour, peut être, il le passera et verra une chose qui l'aura choqué mais il sait qu'il pourra en parler avec ses parents qui pourront gérer cette crise.
Mais ces progrès paraissent bien minces au regard de l'exposition aux contenus préjudiciables qui persiste. Près de la moitié des enfants interrogés (49 %) déclarent avoir été exposés à des contenus nuisibles en ligne au cours du dernier mois, incluant des contenus violents (12 %), des contenus promouvant des corps irréalistes (11 %), et des contenus racistes, homophobes ou sexistes (10 %); autant de contenus pourtant explicitement interdits par les codes de sécurité enfants de la loi.
La question n'est pas tant est-ce qu'ils en ont vu (hormis pour les contenus violents) mais quel est le niveau d'exposition?
Vous voulez des contenus racistes, homophobes ou sexistes? Allumez CNews. Et il n'y a aucun contrôle d'âge.
Mon filleul, qui n'est pas si vieux, a déjà été exposé au racisme, à l'homophobie et au sexisme dans la vie quotidienne alors que c'est un petit garçon bien blanc. Parce que sa marraine vient d'Amérique du Sud, qu'une partie de l'entourage de ses parents sont des hommes homosexuels et que par conséquent il a déjà entendu des gens dans la rue traiter ses connaissances de conchita ou de PD. Et donc oui, avant d'entrer à l'école il a découvert qu'il y a des gens qui n'aiment pas les gens qui ont la peau foncée ou un accent ou les hommes efféminés. Et c'est devenu un petit militant de la tolérance et je trouve ça plutôt bien.
Un enfant avec un maquillage adulte peut franchir une barrière d'âge 18+. À l'inverse, on rapporte le cas notoire de l'homme le plus tatoué de Grande-Bretagne, dont le système de vérification d'âge ne parvenait pas à traiter le visage, le confondant avec un masque. Ces anecdotes, comiques en surface, révèlent les limites profondes d'une technologie utilisée à des fins réglementaires sans que son taux d'erreur ait été rendu public ni soumis à une évaluation indépendante.
Ces anecdotes montrent surtout que le système est nul et inadéquat, il ne remplit même pas sa mission.
Mission qui est nulle et inadéquate.
Les alternatives plus robustes (vérification par document d'identité, croisement avec une base de données gouvernementale, authentification via un tiers de confiance) soulèvent quant à elles des questions sérieuses de confidentialité des données et de surveillance.
Une maman a aidé son enfant à contourner le système, partant de là aucun système n'est robuste.
Donc plus de robustesse n'apporte pas plus de sécurité, ça ne fait que diminuer nos libertés individuelles.
L'Ofcom, le régulateur britannique des communications, se retrouve pris en étau entre l'impératif de protection des mineurs et celui de la vie privée des adultes qui n'ont aucune raison de devoir prouver leur âge pour naviguer sur Internet.
Quel impératif de protéger les mineurs?
C'est une promesse, en rien un impératif.
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