Le président Macron accuse les USA de nuire aux enquêtes de l'UE sur les géants de la Tech : le président français affirme que les responsables européens craignent des représailles américaines. Le président français Emmanuel Macron a accusé Bruxelles de tarder à enquêter sur les géants américains de la technologie, affirmant que ce sont les pressions américaines, et non l'ingérence russe, qui bloquent l'application par l'Union européenne de sa réglementation numérique. Le dirigeant français a averti que de nombreux responsables, tant au niveau de la Commission que des États membres, « ont peur de poursuivre cette affaire en raison de l'offensive américaine contre l'application des directives sur les services et les marchés numériques ».
Cette année, la tension entre Washington et Bruxelles n'a jamais été aussi élevéee. Le président américain Donald Trump, revenu à la Maison Blanche, a réitéré sa volonté d’imposer de lourds droits de douane aux pays qui maintiennent des régulations ou des taxes jugées hostiles aux intérêts américains. Dans son viseur : l’Union européenne, et particulièrement les États membres qui appliquent des taxes sur les services numériques (Digital Services Tax, DST) ou des législations structurantes comme le Digital Services Act (DSA) et le Digital Markets Act (DMA).
Trump accuse ces initiatives « d'attaquer injustement » les entreprises américaines (Apple, Amazon, Meta, Microsoft, Google), piliers de la tech mondiale. En réponse, Emmanuel Macron a plaidé pour que l’Europe se dote d’un arsenal de représailles ciblant directement ces groupes si Washington venait à passer à l’acte. Emmanuel Macron est président de la République française depuis le 14 mai 2017. À 39 ans, il devient le plus jeune président français de l'histoire et le plus jeune dirigeant du G20 du moment. Son second mandat commence en 2022 par l'obtention d'une majorité relative aux élections législatives, une crise énergétique mondiale liée à l'invasion de l'Ukraine par la Russie, une réforme des retraites adoptée sans vote de l'Assemblée nationale et fortement contestée, des émeutes urbaines à l'été 2023 ainsi que le vote controversé d'une loi immigration avec le soutien du Rassemblement national fin 2023.
Récemment, le président français Macron a critiqué Bruxelles pour la lenteur de l'application des lois numériques de l'UE, blâmant la pression américaine et non l'ingérence russe. Il a souligné le blocage des enquêtes menées dans le cadre de la loi sur les services numériques, invoquant la crainte des responsables d'une offensive américaine. Cela intervient alors que les États-Unis utiliseraient les droits de douane comme moyen de pression pour influencer la réglementation européenne en matière de technologie, ce qui leur vaut d'être accusés de chantage par les responsables européens.
S'exprimant lors d'une réunion publique dans les Vosges, dans le nord-est de la France, Macron a cité des cas qui traînent depuis deux ans devant la Commission européenne en vertu de la loi sur les services numériques (DSA), qualifiant le rythme de « beaucoup trop lent ». Le dirigeant français a averti que de nombreux responsables, tant au niveau de la Commission que des États membres, « ont peur de poursuivre cette affaire en raison de l'offensive américaine contre l'application des directives sur les services et les marchés numériques ».
Les pressions commerciales américaines s'intensifient sur le règlement européen en matière de technologie
Les remarques de Macron font suite à une semaine controversée à Bruxelles, où le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, a exhorté les ministres de l'UE à « reconsidérer » la réglementation technologique du bloc en échange d'une réduction des droits de douane sur l'acier et l'aluminium. Cette initiative reflète la stratégie de Washington consistant à utiliser les règles numériques européennes comme monnaie d'échange dans les négociations commerciales transatlantiques.
La DSA et la loi sur les marchés numériques de l'UE sont devenues des points chauds depuis le retour au pouvoir du président Donald Trump, les responsables américains
et les dirigeants du secteur technologique faisant pression contre ces réglementations. Lutnick a suggéré que l'UE pourrait attirer 1 000 milliards de dollars d'investissements américains, principalement grâce à des centres de données alimentés par l'IA, si elle adoptait une « approche équilibrée » en matière de règles numériques.
Le porte-parole de la Commission européenne, Thomas Regnier, a défendu l'engagement de l'institution en faveur de sa législation numérique, déclarant que les responsables « montent des dossiers solides, car nous devons les gagner devant les tribunaux ». Il a souligné que les enquêtes menées dans le cadre de la DSA sont exhaustives et que certaines prennent naturellement plus de temps que d'autres.
La Commission mène actuellement des enquêtes sur X, Meta, AliExpress, Temu et TikTok dans le cadre de la DSA. Ces enquêtes pourraient aboutir à des amendes pouvant atteindre 6 % du chiffre d'affaires annuel mondial d'une entreprise, mais aucune n'a encore été infligée.
La responsable européenne de la technologie, Henna Virkkunen, et la commissaire à la concurrence, Teresa Ribera, ont toutes deux riposté cette semaine aux pressions américaines, Mme Ribera accusant Washington de « chantage ». Parallèlement, le groupe des socialistes et démocrates du Parlement européen s'apprête à créer une commission d'enquête chargée d'examiner l'application des règles numériques par l'UE.
Pourtant en 2023, tel une girouette, Emmanuel Macron disait le contraire. Il a notamment exprimé ses inquiétudes concernant le nouvel Acte sur l’intelligence artificielle (IA) proposé par l’Union européenne, mettant en garde contre les risques qu’il représente pour l’innovation. Selon lui, cette législation emblématique pourrait laisser les entreprises technologiques européennes à la traîne par rapport à leurs concurrents aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Chine.
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