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EGAIR, une initiative d'artistes de l'UE, appelle au respect strict des lois en matière d'IA après le « Oui, mais » d'Emmanuel Macron
D'avis que trop réguler consolide l'avance de la Chine et des USA

Le , par Patrick Ruiz

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La RIAA vient d’accuser les sociétés Suno et Udio de violations massives des droits d’auteurs sur des milliers de chansons aux fins de l’entraînement de leurs modèles d’intelligence artificielle. C’est un cas de figure devenu récurrent et c’est la raison d’être de groupes tels que l’EGAIR qui appellent au respect des lois européennes en matière d’intelligence artificielle. L’objectif : protéger les œuvres des artistes, des créateurs, éditeurs et autres associations de l’UE. L’initiative fait néanmoins suite au « Oui, mais » d’Emmanuel Macron qui est d’avis que trop de réglementation favorise l’avance de la Chine et des USA.

« Toute donnée relative aux personnes ou aux œuvres, sous quelque forme que ce soit, qu'il s'agisse de données numériques - telles que des ¬chiers texte, des audios, des vidéos ou des images - ou capturées de la réalité par une caméra, des microphones ou tout autre moyen d'enregistrement, ne doit pas être utilisée pour former un modèle d'IA sans le consentement explicite et informé de son propriétaire. Nous demandons une extension aux IA des principes de protection des données personnelles précédemment introduits par le GDPR et l'introduction d'une nouvelle forme de protection spéci¬que à ce type d'exploitation : le "droit de formation" », écrit l’EGAIR.

« Nous sommes déçus par la demande de la Commission irlandaise de protection des données (DPC), notre principal régulateur, au nom des Agences de protection des données européennes, de retarder l'entraînement de nos grands modèles de langage (LLM) à l'aide de contenus publics partagés par des adultes sur Facebook et Instagram - d'autant plus que nous avons intégré les commentaires des régulateurs et que les Agences européennes ont été informées depuis le mois de mars. Il s'agit d'un pas en arrière pour l'innovation européenne, la concurrence dans le développement de l'IA et des retards supplémentaires pour apporter les avantages de l'IA aux personnes en Europe.

Nous sommes convaincus que notre approche est conforme aux lois et réglementations européennes. L’entraînement des modèles d’IA n'est pas propre à nos services, et nous sommes plus transparents que nombre de nos homologues du secteur.

Nous nous engageons à mettre Meta AI, ainsi que les modèles qui l'alimentent, à la disposition d'un plus grand nombre de personnes dans le monde, y compris en Europe. Mais, pour dire les choses simplement, si nous n'incluons pas d'informations locales, nous ne pourrons offrir aux gens qu'une expérience de second ordre. Cela signifie que nous ne sommes pas en mesure de lancer Meta AI en Europe pour le moment.

Nous continuerons à travailler en collaboration avec la DPC pour que les Européens aient accès au même niveau d'innovation en matière d'IA que le reste du monde, et qu'ils soient correctement servis par cette innovation.

Ce délai nous permettra également de répondre aux demandes spécifiques que nous avons reçues de l'Information Commissioner's Office (ICO), notre autorité de régulation au Royaume-Uni, avant de commencer la formation », indiquait Meta à mi-parcours du mois qui tire à son terme.

« Il y a deux semaines, Apple a dévoilé des centaines de nouvelles fonctionnalités que nous sommes impatients de proposer à nos utilisateurs du monde entier. Nous sommes très motivés pour rendre ces technologies accessibles à tous les utilisateurs. Cependant, en raison des incertitudes réglementaires engendrées par le Digital Markets Act (DMA), nous ne pensons pas pouvoir déployer trois de ces fonctionnalités - iPhone Mirroring, améliorations du partage d'écran SharePlay et Apple Intelligence - pour nos utilisateurs de l'UE cette année.

Nous craignons en particulier que les exigences d'interopérabilité de la DMA ne nous obligent à compromettre l'intégrité de nos produits, au risque de porter atteinte à la vie privée des utilisateurs et à la sécurité des données. Nous nous engageons à collaborer avec la Commission européenne pour tenter de trouver une solution qui nous permettrait de fournir ces fonctionnalités à nos clients de l'UE sans compromettre leur sécurité », indiquait Apple il y a peu.

C’est dire que les lois européennes en matière de réglementation de l’intelligence artificielle apportent déjà réponse à bien des préoccupations de l’EGAIR.

Réglementation sur l’intelligence artificielle : le « oui, mais » d’Emmanuel Macron

« Autre axe, c'est évidemment l'intelligence artificielle. Là-dessus, point n'est besoin d'y revenir, j'en ai beaucoup parlé il y a encore quelques jours. On a une révolution en cours. Mais au fond, sur ce sujet, on a eu une étrange semaine. On a eu à la fois Mistral qui a levé des financements record dans le secteur, près de 400 millions d'euros. Chapeau, bravo ! Vous pouvez les applaudir. C'est vraiment le génie français comme on aime à le voir et à le célébrer. Et on a eu une réglementation européenne qui est venue consolider, c'est une bonne chose, un modèle français de la régulation mais qui, à mes yeux, je vous parle en toute franchise, fait qu'on est le premier endroit au monde où sur les modèles dits fondationnels d'IA, on va beaucoup plus réguler que les autres.

Moi, je pense que ce n'est pas une bonne idée et je le dis en toute honnêteté. Il faudra donc l'évaluer parce qu’aujourd'hui, quand je regarde, la France est sans doute le premier pays en termes d'intelligence artificielle en Europe continentale, on est au coude à coude avec les Britanniques. Mais eux n'auront pas cette régulation sur les modèles fondationnels et surtout, on est tous très loin des Chinois et des Américains. Alors on peut décider de réguler beaucoup plus vite et beaucoup plus fort que nos grands compétiteurs mais on régulera des choses qu'on ne produira plus ou qu'on n’inventera pas. Ce n'est jamais une bonne idée. Il faut donc qu'on soit toujours à la bonne vitesse et en tout cas au bon rythme. Donc moi, je demande à ce qu'on évalue de manière régulière cette réglementation et si on perd des leaders ou des pionniers à cause de ça, il faudra revenir. C'est clé », estime le président français.


Une position similaire à celle du co-fondateur et PDG de Limit à propos de l’AI Act : « Il s’agit de la pire réglementation : large, radicale, tout le monde est techniquement en infraction d’une manière ou d’une autre, mais vous pouvez payer pour la combattre. Les entrepreneurs obéissants et respectueux des règles perdront tout leur temps et leur argent à essayer de se conformer à chaque paragraphe de la loi sur l’IA. De plus en plus d’entrepreneurs soucieux de la Realpolitik placeront leur entreprise dans une zone grise, supposeront que s’ils réussissent, ils seront un jour poursuivis en justice et économiseront des fonds pour cette éventualité.

Et s’ils sont poursuivis, quelles sont les sanctions ? Jusqu'à 7% du chiffre d'affaires annuel mondial. C'est une farce. Si l’UE affirme que cette technologie est si dangereuse qu’elle nécessite une réglementation à l’échelle européenne, alors les sanctions devraient en réalité être beaucoup plus lourdes. S’il y a un mauvais acteur qui dirige une entreprise d’IA massivement abusive et que la plus grande menace à laquelle il est confronté est une pénalité de revenus de 7 % qu’il peut probablement réduire à 2 % après quelques années de litige, alors cela n’a aucun effet dissuasif ! Ces entreprises fonctionnent avec une marge brute de 75 %. Vous avez une année qui tourne à 73% ? Cela n’a pas d’importance.

Cela place la loi sur l’IA dans une situation intermédiaire lamentable en matière de réglementation : suffisamment ennuyeuse pour dissuader les entrepreneurs légitimes, suffisamment édentée pour ne pas empêcher des abus à grande échelle. Je suis choqué que la loi sur l’IA ne prévoie aucune possibilité d’interdire quelque chose qui serait réellement dangereux, comme une machine de propagande optimisée par l’IA et financée par l’État, se faisant passer pour un réseau social. S’ils ne peuvent pas interdire des produits, alors il ne s’agit pas de protection des consommateurs : il s’agit simplement d’extraction de richesses. »

L’UE fait déjà figure de nain face à la Chine et à l’UE en matière d’intelligence artificielle et son penchant pour la règlementation est susceptible d’empirer la situation

Les processeurs chinois de fabrication locale talonnent désormais les performances des processeurs Intel de la 10e génération. HarmonyOS, le système d’exploitation développé par Huawei, est en passe de dépasser iOS d’Apple en Chine et devenir le deuxième OS mobile le plus utilisé en Chine. La liste d’exemples est tellement extensible que des responsables américains s’accordent à déclarer que « la Chine se bat sur tous les fronts pour devenir LA superpuissance. Le Parti communiste chinois ne recule devant rien pour devancer les États-Unis en matière de technologie, d'innovation et d'exploration spatiale. » De multiples rapports s’accordent sur le fait que la Chine est en passe de le devenir.

Le célèbre acteur et réalisateur américain Tyler Perry a décidé de mettre en pause son ambitieux projet d’agrandissement de son studio à Atlanta, qui devait ajouter 12 plateaux de tournage à la propriété de 330 acres (environ 1,33 km2). La raison de ce revirement ? La découverte de Sora, le nouveau modèle d’OpenAI qui permet de créer des vidéos à partir de textes. Kling, un modèle d’IA chinois de création de vidéos, vient de faire surface et fait l’objet de comparaisons avec Sora.

Kling semble offrir un grand nombre des caractéristiques qui ont permis à Sora d'OpenAI de se démarquer lors de son annonce pour la première fois au début de l'année. Mis par la société chinoise Kuaishou, spécialisée dans les plateformes vidéo, Kling propose notamment des générations de vidéos plus longues, des mouvements améliorés, un meilleur suivi des messages et des séquences à plusieurs plans. Contrairement à Sora, il semble que Kling soit déjà mis à la disposition des utilisateurs par le biais d'une liste d'attente.

Cette série d’exemples fait suite à la publication du bilan de l’ASPI sur la situation mondiale en matière de science et de technologie et selon lequel l’essor de la Chine dans les sciences et techniques commence à devenir écrasant

Dans sa mise à jour de septembre 2023 qui fait suite à celle de mars 2023, le bilan liste 64 technologies critiques et il en ressort que la Chine arrive devant les USA sur 52. Le rapport souligne qu’elle présente un « risque monopolistique » dans des domaines tels que les matériaux nanostructurés, revêtements, radiofréquences avancées (y compris 5G et 6G), hydrogène et ammoniac comme vecteurs énergétiques, supercondensateurs, batteries électriques, biologie de synthèse et capteurs photoniques.

Source : EGAIR

Et vous ?

Que pensez-vous du fait que le haut du tableau des 64 domaines technologiques clefs n'est constitué que de la Chine et des USA ? Que dire des pays de l’Union européenne ?
Partagez-vous les avis selon lesquels le penchant européen pour la règlementation aura un impact négatif sur sa capacité à se remettre au niveau de la Chine et des USA ?

Voir aussi :

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