La RIAA vient d’accuser les sociétés Suno et Udio de violations massives des droits d’auteurs sur des milliers de chansons aux fins de l’entraînement de leurs modèles d’intelligence artificielle. C’est un cas de figure devenu récurrent et c’est la raison d’être de groupes tels que l’EGAIR qui appellent au respect des lois européennes en matière d’intelligence artificielle. L’objectif : protéger les œuvres des artistes, des créateurs, éditeurs et autres associations de l’UE. L’initiative fait néanmoins suite au « Oui, mais » d’Emmanuel Macron qui est d’avis que trop de réglementation favorise l’avance de la Chine et des USA. « Toute donnée relative aux personnes ou aux œuvres, sous quelque forme que ce soit, qu'il s'agisse de données numériques - telles que des ¬chiers texte, des audios, des vidéos ou des images - ou capturées de la réalité par une caméra, des microphones ou tout autre moyen d'enregistrement, ne doit pas être utilisée pour former un modèle d'IA sans le consentement explicite et informé de son propriétaire. Nous demandons une extension aux IA des principes de protection des données personnelles précédemment introduits par le GDPR et l'introduction d'une nouvelle forme de protection spéci¬que à ce type d'exploitation : le "droit de formation" », écrit l’EGAIR.
« Nous sommes déçus par la demande de la Commission irlandaise de protection des données (DPC), notre principal régulateur, au nom des Agences de protection des données européennes, de retarder l'entraînement de nos grands modèles de langage (LLM) à l'aide de contenus publics partagés par des adultes sur Facebook et Instagram - d'autant plus que nous avons intégré les commentaires des régulateurs et que les Agences européennes ont été informées depuis le mois de mars. Il s'agit d'un pas en arrière pour l'innovation européenne, la concurrence dans le développement de l'IA et des retards supplémentaires pour apporter les avantages de l'IA aux personnes en Europe.
Nous sommes convaincus que notre approche est conforme aux lois et réglementations européennes. L’entraînement des modèles d’IA n'est pas propre à nos services, et nous sommes plus transparents que nombre de nos homologues du secteur.
Nous nous engageons à mettre Meta AI, ainsi que les modèles qui l'alimentent, à la disposition d'un plus grand nombre de personnes dans le monde, y compris en Europe. Mais, pour dire les choses simplement, si nous n'incluons pas d'informations locales, nous ne pourrons offrir aux gens qu'une expérience de second ordre. Cela signifie que nous ne sommes pas en mesure de lancer Meta AI en Europe pour le moment.
Nous continuerons à travailler en collaboration avec la DPC pour que les Européens aient accès au même niveau d'innovation en matière d'IA que le reste du monde, et qu'ils soient correctement servis par cette innovation.
Ce délai nous permettra également de répondre aux demandes spécifiques que nous avons reçues de l'Information Commissioner's Office (ICO), notre autorité de régulation au Royaume-Uni, avant de commencer la formation », indiquait Meta à mi-parcours du mois qui tire à son terme.
« Il y a deux semaines, Apple a dévoilé des centaines de nouvelles fonctionnalités que nous sommes impatients de proposer à nos utilisateurs du monde entier. Nous sommes très motivés pour rendre ces technologies accessibles à tous les utilisateurs. Cependant, en raison des incertitudes réglementaires engendrées par le Digital Markets Act (DMA), nous ne pensons pas pouvoir déployer trois de ces fonctionnalités - iPhone Mirroring, améliorations du partage d'écran SharePlay et Apple Intelligence - pour nos utilisateurs de l'UE cette année.
Nous craignons en particulier que les exigences d'interopérabilité de la DMA ne nous obligent à compromettre l'intégrité de nos produits, au risque de porter atteinte à la vie privée des utilisateurs et à la sécurité des données. Nous nous engageons à collaborer avec la Commission européenne pour tenter de trouver une solution qui nous permettrait de fournir ces fonctionnalités à nos clients de l'UE sans compromettre leur sécurité », indiquait Apple il y a peu.
C’est dire que les lois européennes en matière de réglementation de l’intelligence artificielle apportent déjà réponse à bien des préoccupations de l’EGAIR.
— European Guild for AI Regulation (@Egair_official) February 6, 2024
Réglementation sur l’intelligence artificielle : le « oui, mais » d’Emmanuel Macron
« Autre axe, c'est évidemment l'intelligence artificielle. Là-dessus, point n'est besoin d'y revenir, j'en ai beaucoup parlé il y a encore quelques jours. On a une révolution en cours. Mais au fond, sur ce sujet, on a eu une étrange semaine. On a eu à la fois Mistral qui a levé des financements record dans le secteur, près de 400 millions d'euros. Chapeau, bravo ! Vous pouvez les applaudir. C'est vraiment le génie français comme on aime à le voir et à le célébrer. Et on a eu une réglementation européenne qui est venue consolider, c'est une bonne chose, un modèle français de la régulation mais qui, à mes yeux, je vous parle en toute franchise, fait qu'on est le premier endroit au monde où sur les modèles dits fondationnels d'IA, on va beaucoup plus réguler que les autres.
Moi, je pense que ce n'est pas une bonne idée et je le dis en toute honnêteté. Il faudra donc l'évaluer parce...
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