La Grèce s'apprête à interdire l'anonymat sur les réseaux sociaux sous prétexte de lutter contre la "toxicité en ligne", et demande que ce nouvel ordre soit étendu à toute l'EuropeLa Grèce s'apprête à interdire l'anonymat sur les réseaux sociaux pour lutter contre la toxicité en ligne. Le ministre de la Gouvernance numérique, Dimitris Papastergiou, a annoncé cette initiative, affirmant que l'anonymat alimente une grande partie des comportements agressifs observés sur les réseaux sociaux grecs. Les forces de l’ordre ont souvent eu du mal à identifier les auteurs derrière ces profils anonymes. Papastergiou a souligné que la liberté d’expression ne devait pas signifier l’absence de responsabilité. Le ministre a également suggéré qu’une approche à l’échelle de l’UE serait plus efficace.
En 2019, le président français Emmanuel Macron avait déclaré : « Moi je ne veux plus de l'anonymat sur les plateformes internet ». Pour le contexte, il a été interpelé dans le cadre du grand débat sur la question du harcèlement en milieu scolaire. Il s'est alors attaqué à l’anonymat sur Internet, affirmant : « On se bat contre. On va continuer à travailler avec les plateformes Internet, pour sanctionner ce qui est fait sur ces plateformes. Moi je ne veux plus de l’anonymat sur les plateformes Internet, et je veux une vraie responsabilité des parents et l’interdiction, c’est le seul moyen. »
Cependant, cette prise de position avait créé une controverse. En effet, le débat autour de l'anonymat en ligne oppose deux valeurs fondamentales : la vie privée et la sécurité. Les défenseurs des droits numériques estiment que toucher à l'anonymat en ligne met en péril la sécurité de millions d’utilisateurs et ouvre la voie à des abus, notamment par des régimes autoritaires. À l’inverse, les autorités chargées de l’application de la loi insistent sur le fait qu’un accès réglementé est nécessaire pour empêcher des crimes graves.
Face à cette situation, la Grèce s'apprête à interdire l'anonymat sur les réseaux sociaux pour lutter contre la toxicité en ligne. Le ministère de la Gouvernance numérique est un ministère de la République hellénique, créé en juin 2011 sous le nom de ministère de la Réforme administrative et de la Gouvernance électronique. En janvier 2015, il a fusionné avec le ministère de l'Intérieur et le ministère de l'Ordre public et de la Protection des citoyens pour former le ministère de l'Intérieur et de la Réorganisation administrative, puis rétabli sous la forme de deux ministères distincts en novembre 2016. Dimitris Papastergiou, né le 2 novembre 1973, est un homme politique grec qui occupe le poste de ministre de la Gouvernance numérique depuis 2023.
Le ministre de la Gouvernance numérique, Dimitris Papastergiou, a annoncé cette initiative, affirmant que l'anonymat alimente une grande partie des comportements agressifs observés sur les réseaux sociaux grecs. « Dans la Grèce antique, les citoyens exprimaient leurs opinions ouvertement et en leur nom propre. Ce principe devrait inspirer notre démocratie numérique aujourd’hui », a déclaré Papastergiou à Euractiv lors du Forum économique de Delphes.
Le gouvernement grec poursuit ses projets visant à mettre fin à l'anonymat sur les réseaux sociaux, dans le but de réduire la toxicité, les discours de haine et le harcèlement coordonné en ligne. La proposition est traitée au plus haut niveau, alors que le pays se prépare aux élections nationales prévues début 2027. Les responsables gouvernementaux affirment que les comptes anonymes sont fréquemment utilisés pour diffamer, proférer des menaces, diffuser de fausses informations et manipuler l’opinion politique. Les forces de l’ordre ont souvent eu du mal à identifier les auteurs derrière ces profils anonymes.
Papastergiou a souligné que la liberté d’expression ne devait pas signifier l’absence de responsabilité. « Le principal problème lié à l’anonymat est la toxicité. N’importe qui peut salir la réputation d’une personne et la diffamer sans en subir les conséquences », a-t-il déclaré. Le vice-Premier ministre Pavlos Marinakis a précisé que le gouvernement n’avait pas l’intention d’interdire totalement les pseudonymes, mais plutôt de s’assurer que chaque compte soit lié à une personne réelle vérifiable.
Alors que le gouvernement estime que cette mesure est nécessaire pour protéger le débat public, les détracteurs mettent en garde contre d’importantes difficultés techniques et juridiques. De nombreux groupes de défense des droits numériques affirment qu’une telle interdiction pourrait porter atteinte à la liberté d’expression. Papastergiou a reconnu que les plateformes de réseaux sociaux tiraient profit des comptes anonymes, mais a souligné que la Grèce devait donner la priorité à la sauvegarde de la démocratie.
Le ministre a également suggéré qu’une approche à l’échelle de l’UE serait plus efficace, faisant écho aux appels récents des responsables grecs en faveur de règles européennes plus strictes sur les réseaux sociaux, notamment une proposition d’interdiction des plateformes pour les enfants de moins de 15 ans.
Cette annonce rappelle les déclarations de Jean Castex en 2020, alors premier ministre du gouvernement français. Il a déclaré : « Sur la question des réseaux sociaux, il y a quelque chose de choquant, c’est l’anonymat. On peut vous traiter de tous les noms, de tous les vices, en se cachant derrière des pseudonymes. Dans ces conditions, les réseaux sociaux c'est le régime de Vichy : personne ne sait qui c'est ! Je suis pour la liberté d'expression, mais si on se cache, les conditions du débat sont faussées. C'est un sujet dont il va falloir que l'on s'empare ».
Source : Dimitris Papastergiou
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