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Interdiction des réseaux sociaux aux mineurs en Australie : 60 % des ados toujours connectés quatre mois après, ils contournent les blocages en utilisant des masques et les cartes d'identité de leurs parents

Le , par Stéphane le calme

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Quatre mois après l'entrée en vigueur de la première interdiction nationale des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, l'Australie livre une leçon d'humilité technologique et politique : interdire par décret ne suffit pas quand les adolescents rivalisent d'ingéniosité pour contourner les systèmes de vérification d'âge. Et pendant que Canberra cherche ses réponses, la France, le Royaume-Uni et une dizaine d'autres pays scrutent l'expérience australienne comme un miroir de leur propre futur législatif.

Le 10 décembre 2025, l'Australie franchissait une étape historique : premier État au monde à interdire formellement l'accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 16 ans. TikTok, Instagram, Snapchat, YouTube, Facebook et Reddit entraient dans le champ d'une loi dont la logique était délibérément inversée par rapport aux approches antérieures. Plutôt que de responsabiliser les parents ou les jeunes eux-mêmes, la loi cible directement les plateformes, qui risquent de lourdes sanctions financières si elles ne respectent pas l'interdiction. Ce sont désormais les réseaux sociaux qui doivent prouver l'âge de leurs utilisateurs.

Sur le papier, l'ambition était claire et les premiers chiffres semblaient encourageants : un mois après l'entrée en vigueur, les entreprises de réseaux sociaux avaient supprimé près de 4,7 millions de comptes détenus par des mineurs pour se conformer à la loi. La commissaire australienne à la sécurité en ligne Julie Inman Grant s'en montrait satisfaite, tout en prévenant que l'impact réel de l'interdiction ne se mesurerait pas en semaines ou en mois, mais probablement à l'échelle d'une génération.

Quatre mois plus tard, la réalité empirique vient tempérer cet optimisme initial.

60 % des ados toujours connectés : les chiffres qui dérangent

C'est une enquête commandée par la Molly Rose Foundation, organisation britannique de prévention du suicide, qui a mis le feu aux poudres. Conduit auprès de 1 050 adolescents australiens âgés de 12 à 15 ans, ce premier sondage d'envergure révèle que trois jeunes sur cinq (61 %) qui possédaient des comptes sur des plateformes interdites avant la mise en vigueur de la loi y ont toujours accès. Les chiffres par plateforme sont tout aussi parlants : TikTok, YouTube et Instagram ont chacun conservé plus de la moitié de leurs utilisateurs mineurs, avec respectivement 53 % de leurs anciens utilisateurs toujours actifs.

Plus troublant encore, la passivité des plateformes elles-mêmes. Deux tiers des utilisateurs de YouTube qui continuent d'accéder à la plateforme, 61 % des utilisateurs de Snapchat et 60 % de ceux d'Instagram et TikTok déclarent que les plateformes n'ont pris aucune mesure pour supprimer ou désactiver leurs comptes. En clair : la majorité des adolescents toujours connectés n'ont même pas eu besoin de déployer des stratégies de contournement actives, les plateformes ont simplement fermé les yeux.

Du côté des institutions, un sondage mené par l'eSafety Commissioner auprès de 900 parents d'enfants âgés de 8 à 15 ans confirme la tendance : 70 % affirment que leurs enfants ont accès aux réseaux sociaux et les utilisent, et 66,8 % ajoutent que les plateformes n'ont pas demandé aux mineurs de vérifier leur âge.

Le génie du contournement : masques imprimés, Face ID parentaux et VPN

Là où les plateformes ne bloquent pas spontanément, les adolescents prennent les devants avec une inventivité qui ferait pâlir bien des ingénieurs en sécurité. Evelyn, une adolescente de 14 ans en Nouvelle-Galles du Sud, avait annoncé dès décembre 2025, avant même l'entrée en vigueur de la loi, qu'elle comptait utiliser le Face ID de sa mère pour se connecter à Snapchat et Instagram. Une approche artisanale, mais efficace.

Les méthodes plus sophistiquées ont rapidement proliféré sur les forums. Sur Reddit, des utilisateurs suggéraient de tromper les systèmes de reconnaissance faciale à l'aide de masques de tulle imprimé achetés sur Temu, un accessoire à quelques euros censé brouiller les algorithmes biométriques des applications. D'autres ont simplement activé des VPN pour masquer leur localisation géographique et contourner les restrictions liées à leur pays de résidence.

L'interdit a aussi eu un effet paradoxal : certains adolescents se sont tournés vers des applications alternatives moins connues (Coverstar, Lemon8, Yope, Rednote) dont les téléchargements ont explosé dans les jours précédant l'entrée en vigueur de la loi, et qui ne sont pas encore concernées par l'interdiction. Une migration vers des espaces moins régulés, potentiellement moins sûrs, que les détracteurs de la loi avaient anticipée dès le départ.

L'ironie de la situation n'a pas échappé aux observateurs : la ministre australienne des Communications, Anika Wells, a défendu cette loi...
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Avatar de Artaeus
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 27/04/2026 à 18:52
Ce qui était prévu arriva avec cette loi stupide ...
Mais le vrai but, c'est de surveiller les adultes (qui eux donnent leurs identités).
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