IdentifiantMot de passe
Loading...
Mot de passe oublié ?Je m'inscris ! (gratuit)

Vous êtes nouveau sur Developpez.com ? Créez votre compte ou connectez-vous afin de pouvoir participer !

Vous devez avoir un compte Developpez.com et être connecté pour pouvoir participer aux discussions.

Vous n'avez pas encore de compte Developpez.com ? Créez-en un en quelques instants, c'est entièrement gratuit !

Si vous disposez déjà d'un compte et qu'il est bien activé, connectez-vous à l'aide du formulaire ci-dessous.

Identifiez-vous
Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ?
Créer un compte

L'inscription est gratuite et ne vous prendra que quelques instants !

Je m'inscris !

Bientôt la fin du scroll infini ? Bruxelles s'attaque aux fonctionnalités qui ont fait le succès des réseaux sociaux addictifs
Ciblant d'abord TikTok, Instagram et Facebook de Meta dans son viseur

Le , par Stéphane le calme

67PARTAGES

8  0 
L'Union européenne tire la sonnette d'alarme et passe à l'offensive contre TikTok, Instagram et Facebook. Pour la première fois, Bruxelles ne s'attaque pas au contenu des plateformes, mais à leur architecture même : le défilement infini, les algorithmes de recommandation et l'autoplay vidéo sont désormais considérés comme des « designs addictifs » qui violent le Digital Services Act. Une révolution réglementaire qui pourrait redéfinir notre rapport aux réseaux sociaux et ébranler le modèle économique des géants de la tech.

La Commission européenne a conclu que TikTok violait le Digital Services Act (DSA) en raison de ce qu'elle qualifie de « design addictif ». Pour la première fois, l'architecture même d'une plateforme sociale - son interface utilisateur, ses mécanismes d'engagement, ses algorithmes de recommandation - est juridiquement remise en question.

Les régulateurs européens pointent du doigt un ensemble de fonctionnalités qu'ils jugent délibérément conçues pour maximiser le temps passé sur l'application au détriment de la santé mentale des utilisateurs : le défilement infini qui élimine tout point d'arrêt naturel, l'autoplay qui enchaîne automatiquement les vidéos sans action de l'utilisateur, les notifications push incessantes, et surtout l'algorithme de recommandation hyper-personnalisé de TikTok qui crée ce que les scientifiques comportementaux appellent un « programme de renforcement à ratio variable » - le même principe psychologique qui rend les machines à sous addictives.

Selon la Commission, ces mécanismes placent le cerveau des utilisateurs en « mode pilote automatique », réduisant drastiquement leur capacité d'autorégulation et encourageant un comportement compulsif. Les données sont alarmantes : des mineurs passent des heures nocturnes sur l'application, perturbant leur sommeil et leur développement cognitif. Les outils de contrôle parental et les rappels de temps d'écran fournis par TikTok sont jugés « facilement contournables » et « introduisant une friction limitée » - autrement dit, inefficaces.

Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de la Commission européenne chargée de la souveraineté technologique, a été claire : « L'addiction aux réseaux sociaux peut avoir des effets délétères sur l'esprit en développement des enfants et des adolescents. Le Digital Services Act responsabilise les plateformes quant aux effets qu'elles peuvent avoir sur leurs utilisateurs. »


Au-delà du cas TikTok : une révolution juridique

Ce qui rend cette décision révolutionnaire, c'est qu'elle établit un précédent juridique majeur : pour la première fois, des régulateurs considèrent que le design d'une interface peut constituer un « risque systémique » au sens du DSA. Jusqu'ici, cette législation européenne phare avait été utilisée pour s'attaquer à la désinformation, au contenu illégal, ou aux pratiques de transparence. Mais jamais encore les régulateurs n'avaient interprété la conception même d'un produit comme une menace potentielle pour la santé mentale des utilisateurs.

Cette approche marque un tournant fondamental dans la régulation technologique. Katarzyna Szymielewicz, présidente de la Fondation Panoptykon, un groupe de défense des droits numériques basé en Pologne, a salué cette décision comme « révolutionnaire pour le modèle économique alimenté par la surveillance et la publicité ». Car c'est bien de cela qu'il s'agit : remettre en question l'économie de l'attention elle-même.

Le DSA impose aux « très grandes plateformes en ligne » (celles comptant plus de 45 millions d'utilisateurs mensuels dans l'UE) d'identifier et d'atténuer les risques systémiques liés à leurs services - pas seulement le contenu illégal, mais aussi les atteintes plus larges aux droits fondamentaux et au bien-être. Selon l'évaluation préliminaire de la Commission, TikTok n'a pas démontré qu'elle avait correctement évalué ou réduit les risques liés au « design addictif ».

Les implications sont considérables. Si la Commission confirme sa décision après avoir examiné la défense de TikTok, l'entreprise pourrait faire face à des amendes allant jusqu'à 6% de son chiffre d'affaires mondial annuel - une somme qui se chiffrerait en milliards d'euros. Mais au-delà des amendes, le DSA permet à la Commission d'imposer des ordonnances contraignantes exigeant des modifications de produit. En termes pratiques, Bruxelles pourrait obliger TikTok à réingénier la friction (ou son absence) qui maintient les gens en train de scroller.


Les changements exigés : une refonte architecturale

Les demandes de la Commission européenne sont précises et radicales. TikTok devrait :
[LIST][*]Désactiver ou limiter considérablement le défilement infini : L'objectif serait d'introduire des points d'arrêt naturels plutôt qu'un flux sans fin qui se recharge constamment avec du nouveau contenu. Cela pourrait prendre la forme d'un bouton "Charger plus" nécessitant une action délibérée de l'utilisateur pour continuer, ou d'une pagination classique.[*]Rendre les pauses d'écran réelles et non cosmétiques : Les régulateurs exigent des pauses efficaces et difficiles à contourner, en particulier la nuit, avec une friction réelle qui favorise le désengagement. Par exemple, exiger un choix délibéré pour continuer plutôt qu'un simple tap pour ignorer, ou bloquer l'application pendant les heures de sommeil par défaut.[*]Adapter les systèmes de recommandation : Modifier le fonctionnement de l'algorithme "Pour Toi" afin qu'il ne récompense pas systématiquement les schémas d'engagement compulsif et qu'il soit plus protecteur envers les mineurs. Cela pourrait inclure l'atténuation de l'utilisation nocturne, la limitation des boucles de contenu hautement stimulant, ou la priorité au bien-être de l'utilisateur plutôt qu'à l'engagement maximal.[*]Réévaluer les notifications push et les incitations à l'engagement : Réduire la fréquence et la proéminence des notifications, en particulier pour les enfants, et éviter les schémas de notification conçus...
La fin de cet article est réservée aux abonnés. Soutenez le Club Developpez.com en prenant un abonnement pour que nous puissions continuer à vous proposer des publications.

Une erreur dans cette actualité ? Signalez-nous-la !

Avatar de JackIsJack
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 17/02/2026 à 7:18
Ce n'est pas trop tôt ! J'espère que ces mesures seront suffisamment fortes pour arrêter la zombification en cours.
5  0 
Avatar de r0d
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 18/02/2026 à 10:59
Je m'excuse par avance j'arrive ici comme un cheveux sur la soupe. Je n'ai pas suivi toute la discussion et je suis certainement hors-sujet, mais un point me turlupine :
Citation Envoyé par popo Voir le message
Voter suppose axiomatiquement une instruction minimale.
Il faut comprendre le fonctionnement de l'institution, comprendre les programmes, comparer les propositions, évaluer les conséquences économiques ou juridiques.
Il me semble au contraire que le vote ne requiert, par construction, absolument aucune compétence. C'est même l'idée la plus importante qui se cache derrière le mot "universel" dans l'expression "suffrage universel".

Que ce soit une bonne chose ou pas, c'est une autre discussion; là je parle juste de l'état de fait.
5  0 
Avatar de mith06
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 17/02/2026 à 14:38
Bref, l’État n'a pas à décider des interfaces, ni des boutons scroll.
Evidement que si, par ce que c'est pour la sécurité de nos enfants!!
D'ailleurs il faudrait que l'état régule la durée limite la durée devant un écran, ainsi que et le nombre de données échangées sur internet. On a même un chiffre : 3Go/semaine

https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/2024-03-22/najat-vallaud-belkacem-veut-rationner-internet-mais-que-fait-on-avec-trois-gigas-par-semaine-69c93128-4afa-48a6-8893-ad3a55d56d2f

D'ailleurs pour coder ou peut utiliser un papier et un crayon!!!!!
https://kulturegeek.fr/news-307267/n...-crayon-papier
2  0 
Avatar de popo
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 17/02/2026 à 9:41
Si vous voulez continuer à scroller, veuillez résoudre cette équation de second degré.
1  0 
Avatar de L33tige
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 17/02/2026 à 10:42
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Qu'est-ce que signifie "choix délibéré" dans ce contexte ?
Au lieu d'avoir à appuyer sur 1 bouton l'utilisateur devra réaliser une série de 4 ou 5 actions ?
Probablement un bouton "afficher plus" comme on peut déjà le voir sur de vieilles application, sur le papier ça ne change pas grand chose mais dans les faits ça fait une grosse différence, c'est prouvé c'est vraiment le geste qui rends l'interaction fluide et sans interruption, il suffit que la connexion soit parfois mauvaise et que l'application ne charge rien et la plupart des gens arrêtent et changent d'application bien souvent si ils ont pas leur charge de dopamine instantanée. Donc si toutes les apps sont pareilles, pas d'échappatoire.
1  0 
Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 17/02/2026 à 14:51
Citation Envoyé par popo Voir le message
Si tu es trop nul
Ce n'est pas possible.
Des gens vont se dire "m'ont CAP coiffure c'était il y a trop longtemps, je ne me rappelle plus comment on fait" ou "j'ai fais des études littéraire parce que j'étais une quiche en Maths".
En plus ils tricheraient avec l'IA.

Citation Envoyé par popo Voir le message
les gens iront simplement sur un autre.
Si ça se trouve sortir l'utilisateur de la boucle dans laquelle il est coincé peut l'aider à passer à l'activité suivante.
Il faut s'imaginer quelqu'un d'hypnotisé, qui regarde des shorts comme un vieux étasunien joue à une machine à sous.
Un message "ça fait 30 minutes que tu regardes des vidéos courtes, il est temps que t'arrêtes tes conneries" pourrait le ramener à la réalité un instant et il pourrait se dire "ah oui c'est vrai j'ai des choses à faire".

Ou alors ils font passer une loi "au maximum 30 minutes de contenu cours par application et par jour" et un utilisateur ne pourrait regarder que 30 minutes de Shorts YouTube et 30 minutes de Shorts Instagram.
Il n'irait pas utiliser un compte secondaire, car ce ne serait pas exactement le même profil et on ne lui proposerait pas exactement les mêmes vidéos.

Les parents peuvent installer sur le smartphone de leur enfant une application pour limiter le temps d'utilisation de certaines applications. (ça marche aussi pour un adulte qui trouve qu'il passe trop de temps sur Instagram)
3  2 
Avatar de L33tige
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 17/02/2026 à 16:19
Citation Envoyé par popo Voir le message
C'est l'idée.
Si tu es trop nul (ou trop jeune d'après notre président) pour résoudre un problème de math simple qu'on enseigne en classe de seconde (donc après 15 ans en règle générale), tu n'as pas le droit à ton réseau social.

De toute manière quelque soit la méthode, si on met en place une mécanique pour limiter l'accès à un RS, les gens iront simplement sur un autre.
Tu peux aussi avoir 15 ans être en "scolarité" obligatoire sans l'avoir vu je suis parti en alternance apprentissage/CAP à 15 ans en tant que chauffagiste par exemple donc, c'est pas une méthode envisageable, que dire des adultes qui ont étés descos, ou qui on rien écoutés étant jeunes, assez instruits pour voter mais pas pour aller sur le net ça me fait penser à un truc.
1  0 
Avatar de L33tige
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 17/02/2026 à 16:24
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Ce n'est pas possible.
Des gens vont se dire "m'ont CAP coiffure c'était il y a trop longtemps, je ne me rappelle plus comment on fait" ou "j'ai fais des études littéraire parce que j'étais une quiche en Maths".
En plus ils tricheraient avec l'IA.

Si ça se trouve sortir l'utilisateur de la boucle dans laquelle il est coincé peut l'aider à passer à l'activité suivante.
Il faut s'imaginer quelqu'un d'hypnotisé, qui regarde des shorts comme un vieux étasunien joue à une machine à sous.
Un message "ça fait 30 minutes que tu regardes des vidéos courtes, il est temps que t'arrêtes tes conneries" pourrait le ramener à la réalité un instant et il pourrait se dire "ah oui c'est vrai j'ai des choses à faire".

Ou alors ils font passer une loi "au maximum 30 minutes de contenu cours par application et par jour" et un utilisateur ne pourrait regarder que 30 minutes de Shorts YouTube et 30 minutes de Shorts Instagram.
Il n'irait pas utiliser un compte secondaire, car ce ne serait pas exactement le même profil et on ne lui proposerait pas exactement les mêmes vidéos.

Les parents peuvent installer sur le smartphone de leur enfant une application pour limiter le temps d'utilisation de certaines applications. (ça marche aussi pour un adulte qui trouve qu'il passe trop de temps sur Instagram)
Pour ceux qui ont joués à Guild Wars il y avait un message similaire toutes les heures de jeu, et, je pense que ça avait potentiellement fonctionné car même si je faisais de longues sessions, j'arrêtais souvent à une heure pile ou ce message s'affichait en me disant, ah bah ça y est ça fait x heures déjà c'est le moment de passer à autre chose.
1  0 
Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 17/02/2026 à 7:58
Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
Les demandes de la Commission européenne sont précises et radicales. TikTok devrait :
  • Désactiver ou limiter considérablement le défilement infini : L'objectif serait d'introduire des points d'arrêt naturels plutôt qu'un flux sans fin qui se recharge constamment avec du nouveau contenu. Cela pourrait prendre la forme d'un bouton "Charger plus" nécessitant une action délibérée de l'utilisateur pour continuer, ou d'une pagination classique.
  • Rendre les pauses d'écran réelles et non cosmétiques : Les régulateurs exigent des pauses efficaces et difficiles à contourner, en particulier la nuit, avec une friction réelle qui favorise le désengagement. Par exemple, exiger un choix délibéré pour continuer plutôt qu'un simple tap pour ignorer, ou bloquer l'application pendant les heures de sommeil par défaut.
  • Adapter les systèmes de recommandation : Modifier le fonctionnement de l'algorithme "Pour Toi" afin qu'il ne récompense pas systématiquement les schémas d'engagement compulsif et qu'il soit plus protecteur envers les mineurs. Cela pourrait inclure l'atténuation de l'utilisation nocturne, la limitation des boucles de contenu hautement stimulant, ou la priorité au bien-être de l'utilisateur plutôt qu'à l'engagement maximal.
  • Réévaluer les notifications push et les incitations à l'engagement : Réduire la fréquence et la proéminence des notifications, en particulier pour les enfants, et éviter les schémas de notification conçus principalement pour retrigger l'utilisation.
Qu'est-ce que signifie "choix délibéré" dans ce contexte ?
Au lieu d'avoir à appuyer sur 1 bouton l'utilisateur devra réaliser une série de 4 ou 5 actions ?
1  1 
Avatar de popo
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 17/02/2026 à 10:01
Je trouve plus efficace de faire résoudre une équation.
Une vidéo, tu as juste à attendre ou à faire autre chose pendant que que ça passe tout seul.
0  0