Google va verser 68 millions $ pour régler un recours collectif accusant son assistant vocal d'enregistrer illégalement les utilisateurs, dans le cadre d'un accord sur la confidentialité de l'assistant vocalGoogle a accepté de verser 68 millions de dollars pour régler un recours collectif alléguant que son assistant vocal enregistrait illégalement les conversations privées des utilisateurs. Le règlement proposé, déposé devant un tribunal fédéral californien, devrait permettre d'indemniser les propriétaires éligibles d'appareils Google depuis mai 2016. Le recours collectif, intenté pour la première fois en 2019, accusait Google Assistant de s'activer sans mot de réveil et d'enregistrer des conversations sans consentement, certaines données ayant prétendument été partagées avec des tiers. Google a nié toutes les accusations.
Le règlement proposé intervient alors que les assistants vocaux sont régulièrement au cœur de controverses liées à la confidentialité. Depuis plusieurs années, des plaintes visant Apple, Amazon et Google accusent leurs assistants d'écouter les conversations privées des utilisateurs sans leur consentement explicite. En 2021, une nouvelle vague de recours a relancé ces accusations, conduisant notamment Apple à faire face à une procédure judiciaire que la justice américaine a refusé de classer sans suite.
Ces préoccupations avaient déjà pris une dimension concrète en 2019, lorsqu’un prestataire de Google a divulgué publiquement plus d’un millier d’enregistrements vocaux de Google Assistant. Le reportage du média belge VRT NWS avait montré que des échanges privés, parfois sensibles, étaient inclus dans les données enregistrés via l’assistant vocal Google Home. Malgré les assurances de l'entreprise sur le caractère marginal de ces pratiques, l’épisode a durablement entamé la confiance des utilisateurs envers les technologies d’assistance vocale.
Plus récemment, Google a accepté de verser 68 millions de dollars pour régler un recours collectif qui accusait son assistant vocal d'enregistrer illégalement les conversations des utilisateurs, selon l'agence de presse Reuters. L'accord proposé a été déposé devant un tribunal fédéral californien et doit désormais être approuvé par la juge fédérale américaine Beth Labson Freeman.
Dans le cadre de cet accord, les utilisateurs éligibles qui possédaient des appareils Google depuis mai 2016 recevront une compensation financière de la part de l'entreprise.
Pourquoi un procès contre l'assistant vocal de Google ?
Le recours collectif, initialement déposé en 2019, alléguait que l'Assistant Google s'activait parfois de lui-même sans que l'utilisateur n'ait prononcé de mot d'activation, une situation qualifiée de « fausse acceptation ». En conséquence, l'assistant vocal a été accusé d'enregistrer des conversations privées sans consentement.
La plainte affirmait en outre qu'une partie de ces informations enregistrées était partagée avec des tiers et utilisée à des fins de publicité ciblée et à d'autres fins.
Ce qu'en dit Google
Google n'a reconnu aucune faute dans le cadre de cet accord, l'entreprise a nié avoir illégalement intercepté ou enregistré des communications confidentielles ou avoir partagé ces données de manière abusive.
Cette affaire reflète les inquiétudes plus générales des utilisateurs quant à la possibilité que les appareils intelligents les écoutent sans leur permission. Des plaintes similaires ont été déposées contre d'autres entreprises technologiques ces dernières années. En 2021, Apple a accepté de verser 95 millions de dollars pour régler un procès qui accusait son assistant vocal, Siri, d'enregistrer des conversations sans avoir été activé intentionnellement par les utilisateurs.
Google a également fait l'objet d'autres poursuites judiciaires liées à la vie privée. En 2025, l'entreprise a accepté de verser 1,4 milliard de dollars à l'État du Texas pour régler deux procès qui l'accusaient d'avoir enfreint les lois de l'État sur la confidentialité des données.
Alors que l’accord conclu par Google illustre la pression croissante sur les acteurs du numérique en matière de protection de la vie privée, des précédents similaires ont déjà concerné d’autres géants technologiques. Aux États-Unis, les utilisateurs d’iPhone ont récemment commencé à recevoir les premiers paiements issus du règlement à l’amiable de 95 millions de dollars conclu par Apple après que Siri ait été accusé d’avoir enregistré des conversations à l’insu des utilisateurs.
Selon plusieurs bénéficiaires, les virements bancaires ont déjà été effectués. Toutefois, si les estimations initiales évoquaient des indemnisations pouvant atteindre 20 dollars par appareil, dans la limite de 100 dollars par utilisateur, les calculs définitifs des administrateurs du règlement ont revu ces montants à la baisse. Les paiements effectifs s’élèveraient ainsi à environ 8,02 dollars par appareil, avec un plafond de 40,10 dollars pour les utilisateurs ayant déclaré cinq appareils.
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