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L'UE a ouvert des enquêtes sur Apple, Meta et Google en vertu de sa nouvelle loi sur la concurrence numérique
Renforçant ainsi la surveillance réglementaire des grandes entreprises technologiques

Le , par Jade Emy

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La Commission européenne a ouvert des enquêtes de non-conformité en vertu de la loi sur les marchés numériques (DMA) concernant les règles d'Alphabet sur l'orientation dans Google Play et l'autoréférencement dans Google Search, les règles d'Apple sur l'orientation dans l'App Store et l'écran de choix pour Safari, et le "modèle de paiement ou de consentement" de Meta.

L'Union européenne a ouvert des enquêtes sur Apple, Meta et Google en vertu de sa nouvelle loi sur la concurrence numérique, renforçant ainsi la surveillance réglementaire à laquelle les grandes entreprises technologiques américaines sont confrontées dans le monde entier. La série d'enquêtes annoncée est la première en vertu de la loi sur les marchés numériques de l'UE, qui est entrée en vigueur au début de ce mois.

La Commission soupçonne que les mesures mises en place par ces "gatekeepers" ne leur permettent pas de se conformer efficacement aux obligations qui leur incombent en vertu de la loi sur les marchés publics. En outre, la Commission a lancé des procédures d'enquête concernant la nouvelle structure tarifaire d'Apple pour les magasins d'applications alternatifs et les pratiques de classement d'Amazon sur sa place de marché. Enfin, la Commission a ordonné aux "gatekeepers" de conserver certains documents afin de contrôler la mise en œuvre effective et le respect de leurs obligations.


Règles de pilotage d'Alphabet et d'Apple

La Commission a ouvert une procédure pour déterminer si les mesures mises en œuvre par Alphabet et Apple dans le cadre de leurs obligations relatives aux magasins d'applications sont contraires au RGPD. L'article 5, paragraphe 4, du RGPD impose aux "gatekeepers" d'autoriser les développeurs d'applications à "orienter" gratuitement les consommateurs vers des offres situées en dehors de leurs app stores.

La Commission craint que les mesures d'Alphabet et d'Apple ne soient pas totalement conformes, car elles imposent diverses restrictions et limitations. Celles-ci limitent, entre autres, la capacité des développeurs à communiquer et promouvoir librement leurs offres et à conclure directement des contrats, notamment en imposant divers frais.

Mesures prises par Alphabet pour empêcher l'auto-référencement

La Commission a ouvert une procédure à l'encontre d'Alphabet afin de déterminer si l'affichage par Alphabet des résultats de recherche de Google peut conduire à l'auto-référencement des services de recherche verticale de Google (par exemple, Google Shopping, Google Flights, Google Hotels) par rapport à des services concurrents similaires.

La Commission craint que les mesures mises en œuvre par Alphabet pour se conformer au DMA ne garantissent pas que les services tiers figurant sur la page de résultats de recherche de Google soient traités de manière équitable et non discriminatoire par rapport aux propres services d'Alphabet, comme l'exige l'article 6, paragraphe 5, du DMA.

Respect par Apple de ses obligations en matière de choix des utilisateurs

La Commission a ouvert une procédure à l'encontre d'Apple concernant les mesures prises pour se conformer aux obligations de permettre aux utilisateurs finaux de désinstaller facilement toute application logicielle sur iOS, de modifier facilement les paramètres par défaut sur iOS et de proposer aux utilisateurs des écrans de choix qui doivent leur permettre effectivement et facilement de sélectionner un autre service par défaut, tel qu'un navigateur ou un moteur de recherche, sur leurs iPhones.

La Commission craint que les mesures prises par Apple, notamment la conception de l'écran de choix du navigateur web, n'empêchent les utilisateurs d'exercer réellement leur choix de services au sein de l'écosystème Apple, en violation de l'article 6, paragraphe 3, du RGPD.

Le modèle "pay or consent" de Meta

Enfin, la Commission a ouvert une procédure à l'encontre de Meta afin de déterminer si le modèle "pay or consent" récemment introduit pour les utilisateurs de l'UE est conforme à l'article 5, paragraphe 2, du DMA, qui exige que les "gatekeepers" obtiennent le consentement des utilisateurs lorsqu'ils ont l'intention de combiner ou d'utiliser de manière croisée leurs données à caractère personnel dans différents services de la plateforme principale.

La Commission craint que le choix binaire imposé par le modèle "pay or consent" de Meta n'offre pas de véritable alternative au cas où les utilisateurs ne donneraient pas leur consentement, ce qui ne permettrait pas d'atteindre l'objectif d'empêcher l'accumulation de données personnelles par les "gatekeepers".

Autres mesures d'enquête et d'exécution

La Commission prend également d'autres mesures d'enquête pour recueillir des faits et des informations afin de déterminer si :

  • Amazon pourrait privilégier les produits de sa propre marque sur l'Amazon Store, en violation de l'article 6, paragraphe 5, du RGPD, et

  • la nouvelle structure tarifaire d'Apple et les autres conditions applicables aux magasins d'applications alternatifs et à la distribution d'applications à partir du web (sideloading) pourraient aller à l'encontre des obligations qui lui incombent en vertu de l'article 6, paragraphe 4, de l'accord sur les marchés publics.


La Commission a également adopté cinq injonctions de conservation adressées à Alphabet, Amazon, Apple, Meta et Microsoft, leur demandant de conserver les documents susceptibles d'être utilisés pour évaluer leur respect des obligations imposées par le DMA, afin de préserver les preuves disponibles et d'assurer une mise en œuvre efficace.

Enfin, la Commission a accordé à Meta un délai supplémentaire de six mois pour se conformer à l'obligation d'interopérabilité (article 7 du RGPD) pour Facebook Messenger. Cette décision se fonde sur une disposition spécifique de l'article 7, paragraphe 3, du DMA et fait suite à une demande motivée présentée par Meta. Facebook Messenger reste soumis à toutes les autres obligations du DMA.

Prochaines étapes

La Commission a l'intention de conclure la procédure ouverte dans un délai de 12 mois. Si l'enquête le justifie, la Commission informera les opérateurs concernés de ses conclusions préliminaires et expliquera les mesures qu'elle envisage de prendre ou que l'opérateur devrait prendre pour répondre efficacement à ses préoccupations.

En cas d'infraction, la Commission peut imposer des amendes allant jusqu'à 10 % du chiffre d'affaires mondial total de l'entreprise. Ces amendes peuvent atteindre 20 % en cas d'infraction répétée. En outre, en cas d'infractions systématiques, la Commission peut également adopter des mesures correctives supplémentaires telles que l'obligation pour un "gatekeeper" de vendre une entreprise ou des parties de celle-ci, ou l'interdiction pour le "gatekeeper" d'acquérir des services supplémentaires liés à la non-conformité systémique.

Contexte

La DMA vise à garantir des marchés contestables et équitables dans le secteur numérique. Elle réglemente les "gatekeepers", c'est-à-dire les grandes plateformes numériques qui constituent une passerelle importante entre les utilisateurs professionnels et les consommateurs, et dont la position peut leur conférer le pouvoir de créer un goulet d'étranglement dans l'économie numérique.

Alphabet, Amazon, Apple, ByteDance, Meta et Microsoft, les six "gatekeepers" désignés par la Commission en septembre 2023, devaient se conformer pleinement à toutes les obligations de la DMA avant le 7 mars 2024. La Commission a évalué les rapports de conformité exposant les mesures de conformité des gatekeepers et a recueilli les commentaires des parties prenantes, notamment dans le cadre d'ateliers.

Les procédures formelles de non-respect engagées à l'encontre d'Alphabet, d'Apple et de Meta ont été ouvertes en vertu de l'article 20 de l'accord CDC, en liaison avec les articles 13 et 29 de l'accord CDC, pour violation de l'article 5, paragraphes 2 et 4, de l'article 6, paragraphes 3 et 5, de l'accord CDC, respectivement.


Margrethe Vestager, vice-présidente exécutive chargée de la politique de concurrence :

Aujourd'hui, la Commission ouvre cinq enquêtes de non-conformité en vertu de la loi sur les marchés numériques (DMA). Ces enquêtes concernent les règles d'Alphabet relatives à l'orientation dans Google Play et à l'auto-référencement dans Google Search, les règles d'Apple relatives à l'orientation dans l'App Store et au choix des navigateurs et à la modification des paramètres par défaut, ainsi que le "modèle de paiement ou de consentement" de Meta. Nous soupçonnons que les solutions proposées par les trois entreprises ne sont pas entièrement conformes au DMA. Nous allons maintenant enquêter sur la conformité des entreprises avec la DMA, afin de garantir des marchés numériques ouverts et contestables en Europe.

Thierry Breton, commissaire chargé du marché intérieur :

La loi sur les marchés numériques est entrée en vigueur le 7 mars. Depuis des mois, nous discutons avec les "gatekeepers" pour les aider à s'adapter, et nous pouvons déjà observer des changements sur le marché. Mais nous ne sommes pas convaincus que les solutions proposées par Alphabet, Apple et Meta respectent leurs obligations en faveur d'un espace numérique plus équitable et plus ouvert pour les citoyens et les entreprises de l'Union européenne. Si notre enquête conclut que le DMA n'est pas pleinement respecté, les "gatekeepers" pourraient se voir infliger de lourdes amendes.
Et vous ?

Pensez-vous que ces enquêtes de l'UE sont crédibles ou pertinentes ?
Quel est votre avis sur le sujet ?

Voir aussi :

Le DMA, une menace pour les entreprises technologiques US ? Les législateurs demandent à Biden d'intervenir, estimant que les GAFAM sont ciblées, contrairement aux entreprises chinoises et de l'UE

DMA : moyennant des frais et quelques restrictions, Apple prévoit d'autoriser les téléchargements d'applications en dehors de l'App Store pour la première fois sur iPhone en Europe

Google ajoute de nouveaux frais pour les développeurs dans le cadre du plan de mise en conformité du Play Store avec le DMA. L'entreprise marche dans les pas d'Apple et suscite la polémique

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