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Le Congrès US pourrait adopter EARN IT, le projet de loi qui met fin au chiffrement en ligne,
Malgré l'opposition des entreprises technologiques

Le , par Bill Fassinou

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Un nouveau projet de loi dénommé "Eliminating Abusive and Rampant Neglect of Interactive Technologies (EARN IT) Act", (littéralement loi sur l'élimination des négligences abusives et rampantes des technologies interactives), vise à réduire les protections légales des applications et des sites Web, ce qui pourrait compromettre le chiffrement en ligne. Le projet de loi demande la constitution d'une « Commission nationale sur la prévention de l'exploitation des enfants en ligne » pour établir des règles de recherche et de suppression du contenu d'exploitation des enfants. Si les entreprises ne respectent pas ces règles, elles pourraient perdre une certaine protection en vertu de l'article 230 de la Communications Decency Act, qui protège largement les entreprises de toute responsabilité vis-à-vis des publications des utilisateurs.

EARN IT Act a été présenté par le sénateur Lindsey Graham (républicain de Caroline du Sud) et le sénateur Richard Blumenthal (démocrate du Connecticut), ainsi que le sénateur Josh Hawley (républicain du Missouri) et le sénateur Dianne Feinstein (démocrate de Californie) le 5 mars dernier. Le principe du projet de loi est que les entreprises technologiques doivent bénéficier de la protection de l'article 230 plutôt que de bénéficier d'une immunité par défaut, comme le prévoit la Communications Decency Act depuis plus de deux décennies.

Mercredi dernier, les partisans de ce projet de loi ont fait venir des témoins devant le comité judiciaire du Sénat pour exprimer les faits d'abus sexuels dont ils (ou leurs proches) ont été victimes. Ils ont tous appelé à l'adoption de ce projet de loi qui, selon eux, sera un garde-fou pour empêcher la distribution et la redistribution de contenus d'abus sexuels d'enfant en ligne. Ce projet de loi modifierait donc l’article 230 pour rendre les entreprises responsables des poursuites engagées par l’État et des poursuites civiles concernant le matériel lié à la maltraitance et à l’exploitation des enfants, à moins qu’elles ne respectent les meilleures pratiques du comité. Elles ne perdraient pas les protections de l'article 230 pour d'autres contenus comme la diffamation et les menaces.


Le sénateur Lindsey Graham

En fait, compte tenu de la loi actuellement en vigueur, en vertu de l’article 230 de la Communication Decency Act, les opérateurs de site Web sont largement immunisés sur le plan juridique concernant l’hébergement de contenu tiers. Cela veut dire que ces entreprises ne sont pas tenues responsables des contenus et publications illégaux qui sont affichés et échangés par des personnes louant leur service d’hébergement. Néanmoins, une autre loi de 2018 dénommée FOSTA-SESTA a modéré cette large immunité en écartant les cas relatifs à la prostitution et au trafic sexuel.

Pour les détracteurs de ce projet de loi, lorsque les entreprises deviennent responsables de ce que leurs utilisateurs publient, elles modèrent agressivement le contenu en ligne. Ce fut le résultat principal de FOSTA-SESTA, le dernier projet de loi adopté par le Congrès pour modifier l'article 230. Il a été écrit pour éliminer le trafic sexuel et a été adopté. La preuve que FOSTA-SESTA a réduit le trafic sexuel est étrangement difficile à trouver, avancent-ils. Et il y a peu de raisons de croire que la loi EARN IT sera appréciée du grand public. Pourtant, il se pourrait que ce nouveau projet de loi soit adopté.

Selon certains médias américains, « la loi EARN IT établirait la Commission nationale pour la prévention de l'exploitation sexuelle des enfants en ligne, une commission de 19 membres, chargée de créer un ensemble de meilleures pratiques à respecter par les entreprises en ligne en ce qui concerne l'arrêt du matériel d'abus sexuel d'enfants. Ces meilleures pratiques devraient être approuvées par 14 membres du comité et soumises au procureur général, au secrétaire à la Sécurité intérieure et au président de la Federal Trade Commission pour approbation finale. Cette liste devra ensuite être adoptée par le Congrès. Les entreprises devraient certifier qu'elles suivent ces meilleures pratiques afin de conserver leur immunité en vertu de l'article 230 ».

Les partisans de la loi EARN IT n'ont pas dit de manière définitive qu'ils exigeraient une porte dérobée pour l'application de la loi, mais ils n'ont pas non plus écrit le projet de loi pour dire qu'ils ne le feront pas. Cependant, le sénateur Lindsey Graham n'a laissé aucun doute sur sa position : « Facebook parle de chiffrement de bout en bout, ce qui signifie qu'ils deviennent aveugles. Nous n'allons pas devenir aveugles et laisser cet abus se poursuivre au nom d'une autre liberté ». Graham soulève la possibilité que le gouvernement fédéral obtienne ce qu'il attend depuis longtemps - un pouvoir considérablement accru de surveiller les communications - en l'enfouissant dans un projet de loi complexe qui vise nominalement à réduire la propagation des images de violence faite aux enfants.

Comme le note Electronic Frontier Foundation, la commission chargée de créer un ensemble de pratiques à respecter par les entreprises en ligne, serait sous la domination des forces de l’ordre qui ont à plusieurs reprises incité les opérateurs des sites Web et des plateformes interactives en ligne à modérer le chiffrement en ligne. De ce fait, les opposants à ce projet de loi craignent que les meilleures pratiques à développer par cette commission ne consistent finalement pas en l’interdiction pure et dure du chiffrement en ligne. D’ailleurs, le secrétaire adjoint à la politique au Département de la sécurité intérieure et avocat général à la NSA, Stewart Baker, a reconnu que ce projet de loi pourrait rendre difficile l’autorisation d’utilisation de chiffrement pour les entreprises.

Parmi les détracteurs à ce projet de loi, le sénateur Ron Wyden élève ainsi la voix : « cette terrible législation est un cheval de Troie qui donne au procureur général Barr et à Donald Trump le pouvoir de contrôler le contenu en ligne et d’exiger que le gouvernement ait accès à tous les aspects de la vie des Américains ». Dès lors, Wyden pointe du doigt l’administration Trump comme profitant de l’avantage politique conféré par ce projet de loi.

Pour sa part, Internet Association ajoute que l’article 230 de Decency Act est amplement suffisant pour autoriser de manière proactive les sociétés Internet à atteindre les objectifs définis pour EARN IT. L’association argumente que « les sociétés de technologie se coordonnent déjà avec les forces de l’ordre dans ce domaine ». Baker admet désormais que le chiffrement est censé offrir une sécurité supplémentaire aux utilisateurs, tout en rendant les produits et services des sociétés Internet plus compétitifs ; mais, il ajoute aussi que le chiffrement peut masquer également les réseaux qui distribuent des matériels pédopornographiques.

Source : Protocol

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Un nouveau projet de loi pourrait punir les plateformes Web pour l'utilisation du chiffrement de bout en bout au nom de la lutte contre la maltraitance et l'exploitation des enfants

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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 20/03/2020 à 8:56
USA : l'EFF encourage les internautes à faire entendre leurs voix contre le projet de loi EARN IT,
qui pourrait donner aux autorités la possibilité d'exiger un affaiblissement du chiffrement

Alors que les médias et les internautes sont focalisés sur le COVID-19, des sénateurs américains en ont profité pour tenter de porter une attaque en douce à la vie privée et la sécurité en ligne.

Imaginez un Internet où la loi exigeait que chaque message envoyé soit lu par un logiciel approuvé par le gouvernement. Les entreprises qui gèrent ces messages ne seraient pas autorisées à les chiffrer en toute sécurité, ou elles perdraient les protections légales qui leur permettent de fonctionner. C’est ce que pense le défenseur des droits numériques EFF (Electronic Frontier Foundation) du nouveau projet de loi EARN IT Act : selon Joe Mullin, analyste des politiques chez EFF, le projet de loi que la commission judiciaire du Sénat espère faire passer pourrait imposer un logiciel approuvé par le gouvernement qui scannerait chaque message envoyé par les utilisateurs. Selon lui, « les entreprises qui traitent ces messages ne seraient pas autorisées à les chiffrer de manière sécurisée, ou elles perdraient les protections juridiques qui leur permettent de fonctionner ».

Le nouveau projet de loi dénommé « Eliminating Abusive and Rampant Neglect of Interactive Technologies (EARN IT) Act » (littéralement loi sur l'élimination des négligences abusives et rampantes des technologies interactives) vise à réduire les protections légales des applications et des sites Web, ce qui pourrait compromettre le chiffrement en ligne. Le projet de loi demande la constitution d'une « Commission nationale sur la prévention de l'exploitation des enfants en ligne » pour établir des règles de recherche et de suppression du contenu d'exploitation des enfants. Si les entreprises ne respectent pas ces règles, elles pourraient perdre une certaine protection en vertu de l'article 230 de la Communications Decency Act, qui protège largement les entreprises de toute responsabilité vis-à-vis des publications des utilisateurs.

EARN IT Act a été présenté par le sénateur Lindsey Graham (républicain de Caroline du Sud) et le sénateur Richard Blumenthal (démocrate du Connecticut), ainsi que le sénateur Josh Hawley (républicain du Missouri) et le sénateur Dianne Feinstein (démocrate de Californie) le 5 mars dernier. Le principe du projet de loi est que les entreprises technologiques doivent bénéficier de la protection de l'article 230 plutôt que de bénéficier d'une immunité par défaut, comme le prévoit la Communications Decency Act depuis plus de deux décennies.

L’EFF propose un outil pour aider les internautes à faire entendre leurs voix

L’EFF a expliqué :

« Le projet de loi prétend traiter du très grave problème de l'exploitation des enfants en ligne, mais il n'offre aucune solution valable. Cela n’aide pas les organisations qui soutiennent les victimes. Il ne donne pas aux organismes chargés de l'application des lois les moyens d'enquêter sur les allégations d'exploitation d'enfants ou de formation sur la façon d'utiliser les plateformes en ligne pour attraper les auteurs. Les auteurs du projet de loi ont plutôt utilisé la défense des enfants comme un prétexte astucieux pour attaquer notre liberté d'expression et notre sécurité en ligne.

Le défenseur des droits numériques à exhorter les internautes américains à faire entendre leurs voix contre ce projet de loi.
« La loi EARN IT créerait une ‘Commission nationale sur la prévention de l'exploitation sexuelle des enfants en ligne’ chargée d'élaborer des ‘meilleures pratiques’ pour les propriétaires de plateformes Internet afin de ‘prévenir, réduire et répondre’ à l'exploitation des enfants. Mais loin de simples recommandations, ces ‘meilleures pratiques’ seraient approuvées par le Congrès comme des exigences légales: si une plateforme ne les respectait pas, elle perdrait les protections juridiques essentielles à la liberté d'expression.

« Il est facile de prédire comment le procureur général William Barr utiliserait ce pouvoir: rompre le chiffrement. Il a répété à maintes reprises qu’il pensait que la ‘meilleure pratique’ était de forcer les systèmes de messagerie chiffrés à donner aux forces de l’ordre accès à nos conversations privées. Le projet de loi Graham-Blumenthal donnerait enfin à Barr le pouvoir d'exiger que les entreprises technologiques lui obéissent ou soient confrontées à de graves répercussions, y compris en matière de responsabilité civile et pénale. Une telle demande placerait les fournisseurs de chiffrement comme WhatsApp et Signal dans une terrible énigme: soit faire face à la possibilité de tout perdre en une seule poursuite, soit porter atteinte sciemment à la sécurité de leurs utilisateurs, nous rendant tous plus vulnérables aux criminels en ligne ».

Aussi, l’EFF a proposé un outil pour que les internautes américains puissent plus aisément faire entendre leurs voix auprès de leurs sénateurs.


Plus de contexte sur l’affaire

« Le projet de loi EARN IT, parrainé par les sénateurs Lindsay Graham (R-GA) et Richard Blumenthal (D-CT), supprimera les protections de l'article 230 pour tout site Web qui ne suit pas une liste de "meilleures pratiques", ce qui signifie que ces sites peuvent être poursuivis en justice pour faillite », d’après L’EFF. En effet, le projet de loi demande la constitution d'une « Commission nationale sur la prévention de l'exploitation des enfants en ligne » qui sera en charge de la création de cette liste des « meilleures pratiques ».

La commission gouvernementale est dirigée par le procureur général Barr, qui a clairement indiqué qu'il souhaitait interdire le chiffrement afin de garantir aux forces de l'ordre un "accès légal" à tout message numérique. L’EFF avait déjà signalé dans un précédent communiqué que la commission chargée de créer un ensemble de pratiques à respecter par les entreprises en ligne, serait sous la domination des forces de l’ordre qui ont à plusieurs reprises incité les opérateurs des sites Web et des plateformes interactives en ligne à modérer le chiffrement en ligne.

Les parrains de loi EARN IT n’ont pas mentionné le mot « chiffrement » dans le projet. Et, selon l’EFF, la stratégie des partisans de la nouvelle loi consistera à insister sur le fait que, parce que le projet ne contient pas le mot "chiffrement", il n'affectera donc pas le chiffrement. Selon Mullin, lors d’une audition, le co-parrain le sénateur Blumenthal a déclaré : « Ce projet de loi ne dit rien sur le chiffrement ». « Avez-vous trouvé un mot sur le chiffrement dans ce projet de loi ? » a-t-il demandé à un témoin.

Il est vrai que les sénateurs ont pris le soin de ne pas écrire ce mot dans leur projet, mais ils ont proposé une loi qui permet une attaque totale sur le chiffrement, a écrit Mullin. Ce dernier rappelle que le projet prévoit la création d’une commission de 19 personnes qui serait entièrement contrôlée par le procureur général et les forces de l'ordre. Il attire également l’attention sur la position sur la question du Centre national pour les enfants disparus et exploités (NCMEC), dont le vice-président a clairement indiqué lors de l’audition ce qu'il souhaite voir être les meilleures pratiques.

« Le NCMEC estime que les services en ligne devraient être conçus de manière à filtrer leurs messages pour détecter les éléments qu'il considère comme abusifs, à utiliser une technologie de filtrage approuvée par le NCMEC et les forces de l'ordre, à signaler au NCMEC ce qu'ils trouvent dans les messages et à être tenus légalement responsables du contenu des messages envoyés par d'autres », a rapporté Mullin.

« Vous ne pouvez pas avoir un Internet où les messages sont filtrés en masse, et aussi avoir un chiffrement de bout en bout, pas plus que vous ne pouvez créer des portes dérobées qui ne peuvent être utilisées que par les gentils. Les deux s'excluent mutuellement », a dit l’EFF. Il a également écrit que des concepts comme le "client-side scanning" ne sont pas une solution intelligente pour contourner ce problème, ce type de balayage n'étant qu'un autre moyen de casser le chiffrement de bout en bout. « Soit le message reste privé pour tout le monde sauf ses destinataires, soit il est accessible à d'autres », a noté l’auteur de l’article.

Selon L’EFF, non seulement ces groupes, comme NCMEC et les forces de l’ordre, disposeront d'une majorité de voix au sein de la commission gouvernementale, mais également « le projet de loi donne au procureur général Barr le pouvoir d'opposer son veto ou d'approuver la liste des meilleures pratiques ».

Source : EFF

Et vous ?

Partagez-vous les craintes de l'EFF qui pense qu'il s'agit là d'un prétexte pour interdire le chiffrement ?
Quelles pourraient être les conséquences à l'échelle mondiale ?
Si WhatsApp ou tout autre service/plateforme venait à être obligé d'introduire des portes dérobées, quelle pourrait en être la portée internationale ?
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Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 17/03/2020 à 8:36
Les politiciens US veulent interdire le chiffrement de bout en bout sur les services de messagerie tels que Telegram et Whatsapp
à travers le projet de loi EARN IT

EARN IT Act a été présenté par les sénateurs républicains Lindsey Graham et Josh Hawley et les sénateurs démocrates Richard Blumenthal Dianne Feinstein le 5 mars dernier. Le principe du projet de loi est que les entreprises technologiques doivent bénéficier de la protection de l'article 230 plutôt que de bénéficier d'une immunité par défaut, comme le prévoit la Communications Decency Act depuis plus de deux décennies.

« Le projet de loi EARN IT, parrainé par les sénateurs Lindsay Graham (R-GA) et Richard Blumenthal (D-CT), supprimera les protections de l'article 230 pour tout site Web qui ne suit pas une liste de "meilleures pratiques", ce qui signifie que ces sites peuvent être poursuivis en justice pour faillite », d’après L’EFF. En effet, le projet de loi demande la constitution d'une « Commission nationale sur la prévention de l'exploitation des enfants en ligne » qui sera en charge de la création de cette liste des "meilleures pratiques".

Cette semaine, des médias américains ont soupçonné le Congrès américain de vouloir adopter EARN IT, le projet de loi qui met fin au chiffrement en ligne, malgré l'opposition des entreprises technologiques. Mercredi dernier, les partisans de ce projet de loi ont fait venir des témoins devant le comité judiciaire du Sénat pour exprimer les faits d'abus sexuels dont ils (ou leurs proches) ont été victimes. Ces derniers ont tous appelé à l'adoption du projet de loi, car il sera un garde-fou pour empêcher la distribution et la redistribution de contenus d'abus sexuels d'enfant en ligne.


Selon certaines sources, lutter contre la pornographie juvénile en ligne n'est qu'un prétexte pour tenter d'interdire le chiffrement de bout en bout sur toutes les plateformes de technologie de communication. La nouvelle législation proposée pourrait obliger des entreprises comme Apple, Google et Facebook à créer des portes dérobées sur leurs services pour s'assurer que les forces de l'ordre peuvent facilement surveiller tout ce qu'elles veulent ou potentiellement faire l'objet de poursuites pour avoir permis par négligence de maltraiter des enfants. Outre les problèmes évidents de confidentialité, ces portes dérobées pourraient éventuellement tomber entre de mauvaises mains et être exploitées par des pirates pour voler des informations sensibles.

Les médias américains déclarent qu'en réalité, les politiciens américains veulent interdire le chiffrement de bout en bout sur les services de messagerie tels que Telegram et Whatsapp. EARN IT est présenté comme un outil pour arrêter la propagation de contenu pédopornographique en ligne. Actuellement, les entreprises technologiques ont simplement un certain degré de protection contre les poursuites judiciaires dans le cas où certains de leurs utilisateurs ont transmis de la pornographie enfantine en ligne. La loi EARN IT continuera de protéger ces entreprises. Et le moyen d'obtenir cette protection est de se conformer aux exigences fixées par le gouvernement, qui comprendront l'interdiction du chiffrement de bout en bout.

Certains médias pensent que même avant que la connaissance de la loi EARN IT ne soit divulguée au public, il existait déjà des preuves que les entreprises de technologie basées aux États-Unis se sentaient obligées par le gouvernement de nuire à la vie privée de leurs utilisateurs. Il y a quelques semaines, il a été largement rapporté qu'Apple a renoncé à permettre aux utilisateurs d'iPhone de chiffrer entièrement les sauvegardes de leurs appareils dans le service iCloud de l'entreprise après que le FBI se soit plaint que cette décision nuirait aux enquêtes, ont déclaré à Reuters six sources proches du dossier.

« Le pire scénario absolu pourrait facilement devenir réalité : le Département de la justice pourrait effectivement interdire le chiffrement de bout en bout », a expliqué Berin Szoka, président du think tank libertaire Tech Freedom. Il a joute que « Signal, Telegram et Whatsapp ne pourront plus exister sous leur forme actuelle. Tous seraient obligés de construire des portes dérobées pour l'application de la loi, car tous pourraient être accusés d'avoir conçu leurs produits de manière "imprudente" pour empêcher les opérateurs ou les forces de l'ordre d'arrêter le partage de contenus pornographiques juvéniles. La même chose pourrait se produire pour les mécanismes de vérification de l'âge. Et à cause de la façon folle dont cela est fait, il pourrait être difficile de contester devant les tribunaux ».

Sources : Cyberlaw, Bitcoin News

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Des sénateurs US présentent un projet de loi pour la protection des enfants qui sous-entend l'arrêt du chiffrement en ligne, et considéré par ses détracteurs comme un « cheval de Troie
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Avatar de Neckara
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 13/03/2020 à 13:21
Citation Envoyé par Stan Adkens Voir le message
Mercredi dernier, les partisans de ce projet de loi ont fait venir des témoins devant le comité judiciaire du Sénat pour exprimer les faits d'abus sexuels dont ils (ou leurs proches) ont été victimes. Ces derniers ont tous appelé à l'adoption du projet de loi qui, car il sera un garde-fou pour empêcher la distribution et la redistribution de contenus d'abus sexuels d'enfant en ligne.
Foutaises.

Ce n'est pas parce que les hébergeurs empêchent le chiffrement de bouts en bouts, qu'on ne peut pas échanger des contenus d'abus sexuels très facilement, e.g. chiffré et ajouté comme bruit à une image "banale".

Ce genre de personnes sont dégueulasses, à militer pour une mesure sous des prétextes vertueux, sans avoir la moindre idée de ce que cela signifie ou implique, ni même comprendre que la mesure sera de toute manière inefficace. C'est de l'inconscience et de l'irresponsabilité crasse.
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Avatar de Tartare2240
Membre averti https://www.developpez.com
Le 13/03/2020 à 14:14
Citation Envoyé par Neckara Voir le message
sans avoir la moindre idée de ce que cela signifie ou implique, ni même comprendre que la mesure sera de toute manière inefficace.
Je pense qu'au bout d'un moment il faut arrêter d'être naif et de penser qu'ils n'ont aucune connaissance des conséquences de leurs actes. Ils veulent clairement la fin de tout chiffrement pour pouvoir espionner à leur guise. Et crois-moi qu'ils continueront de leur côté sous le couvert de la "sécurité nationale".
5  0 
Avatar de Neckara
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 13/03/2020 à 8:36
En même temps, ça vient des mêmes qui ne veulent plus acheter de Corona, de peur d'avoir le coronavirus…

Quand même dingue que dans un pays où il y a une aussi grande défiance envers les gouvernements centralisés (d'où le droit du port d'arme, la culture libéraliste, etc.), ils puissent sortir d'aussi grosses conneries.
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Avatar de el_slapper
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 13/03/2020 à 14:23
Enfin, ils se rendent compte que c'est la fin des paiements sécurisés en ligne? Donc du commerce en ligne? Donc d'une partie non négligeable de leur économie?

Je ne vais pas entrer dans le débat des libertés individuelles, d'autres le feront mieux que moi. Juste, d'un point de vue économique, le besoin de sécurisation internet doit permettre un certain nombre de pour-cent de l'économie mondiale, de nos jours. Je ne serais pas surpris que ce nombre soit à deux chiffres. Et par paranoia ils veulent flinguer ça? Alors que tout commence à s’effondrer sous le coup du coronavirus? Ils veulent nous achever???
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Avatar de user056478426
Membre du Club https://www.developpez.com
Le 13/03/2020 à 11:30
Ça veut dire plus de HTTPS ? Complétement absurde.
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Avatar de Will0171
Nouveau membre du Club https://www.developpez.com
Le 14/03/2020 à 15:02
Tout les gouvernements des "Grandes Démocraties" y vont de leurs astuces pour pouvoir asseoir la censure et fliquer chaque citoyen , en France, beaucoup de lois et jurisprudences vont dans ce sens depuis 2015 et arrivent encore plus renforcées avec la lois Avia...et ce n'est pas fini, donc, rien d’étonnant.
Le pire avec toutes ces lois, c'est qu'elles sont de véritables aubaines pour les différents types de cybercriminalités car portées et votées par des ignorants/incompétents, bref, on a pas encore touché le fond!
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Avatar de alexetgus
Membre habitué https://www.developpez.com
Le 15/03/2020 à 17:44
Quid des géants du net !
Google, Mozilla, Microsoft, Apple, etc... Ils en pensent quoi ?

Voilà quelques années qu'on nous bassine qu'une connexion qui n'est pas chiffrée, c'est pas bien.
Un site qui ne propose pas le HTTPS, c'est la garantie d'être "pénalisé" par dieu en personne, Google.

Le renseignement a ses impératifs, c'est certain. Une petite attaque "Man In the Middle" sur une personne suspectée de je ne sais quoi, pourquoi pas ? Les états en on largement les moyens.
Mais si ça devient surveillance pure et dure de tout le monde, avec filtrage par des machines pour sortir du filet les "bons candidats", là ça ne va plus !

Il faut faire la différence entre surveillance d'un suspect et recherche de suspects !
Ca s'apparente à la pêche au gros. On jette le filet sur le réseau et on verra bien ce que les machines remontent à la surface....
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Avatar de phil995511
Membre actif https://www.developpez.com
Le 17/03/2020 à 16:25
La politique US ou l'art de se faire passer pour un état soit disant démocratique et respectueux des droits individuels, tout en échafaudant des lois basées sur de faux prétextes / arguments pour continuer à espionner librement la population, certaines entreprises, gouvernements étrangers, etc...
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