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Le juge arrête les travaux sur le contrat JEDI de Microsoft, une victoire pour Amazon,
Qui avait contesté l'attribution du contrat

Le , par Stan Adkens

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Alors que Microsoft renforce son équipe pour exécuter l’important contrat JEDI (the Joint Enterprise Defense Infrastructure project), un contrat de cloud computing du Pentagone, un juge a ordonné l'arrêt de tous travaux concernant le projet jusqu'à ce qu’une contestation judiciaire d'Amazon soit résolue, a rapporté le New York Times. Amazon s’oppose à l’exécution par Microsoft du contrat de 10 milliards de dollars de l’armée américaine, qu’il pense avoir été accordé injustement à la société, après que l’unité Amazon Web Services ait été écartée par l’administration Trump.

Le géant du cloud computing et du commerce électronique Amazon a remporté jeudi une victoire juridique contre son rival Microsoft, la juge fédérale Patricia Campbell-Smith ayant accepté d'ordonner la suspension du contrat fédéral de 10 ans que Microsoft avait obtenu en octobre l'année dernière. Le contrat JEDI est un projet du gouvernement fédéral pour la construction d'une plateforme de stockage et d'informatique en nuage à l'usage de l'ensemble du ministère de la Défense. Il est considéré comme crucial pour les efforts du Pentagone visant à moderniser sa technologie. Une grande partie de l'armée utilise des systèmes informatiques datant des années 1980 et 1990, et le ministère de la Défense a dépensé des milliards de dollars pour les moderniser.


Plusieurs entreprises étaient en lice pour ce contrat, dont Oracle et IBM. En avril, le DoD a réduit la liste des candidats finalistes à deux : AWS d'Amazon et Azure de Microsoft furent les finalistes dans le concours. On attendait beaucoup d'AWS pour conclure l'affaire, et les observateurs de l'industrie ont donc été surpris quand, en octobre, Microsoft a décroché le contrat à la place.

Amazon a porté plainte en décembre dernier pour contester cette décision. La société a fait valoir qu'elle n'avait pas seulement perdu le contrat pour des raisons ordinaires de coût ou de capacité, mais qu'elle avait été sabotée pour des raisons politiques. La victoire de Microsoft est le résultat de « pressions inappropriées du président Donald J. Trump, qui a lancé des attaques répétées en public et en coulisses pour éloigner le contrat JEDI d'AWS afin de nuire à son ennemi politique présumé, Jeffrey P. Bezos », selon les arguments de la plainte. Pour rappel, Bezos est le fondateur d'Amazon et le PDG ainsi que le propriétaire du Washington Post, accusé de couvrir de manière agressive l’administration Trump et de diffuser de "fausses nouvelles".

La société a également fait valoir que ses services de cloud computing étaient supérieurs à ceux de Microsoft et qu'elle était mieux placée pour répondre aux exigences techniques du contrat. En octobre, lorsque Microsoft s'est vu attribuer le contrat, le ministère de la Défense a explicitement indiqué que « Le processus d'acquisition a été mené conformément aux lois et règlements applicables ». « Tous les soumissionnaires ont été traités équitablement et évalués conformément aux critères d'évaluation énoncés dans l'appel d'offres », avait-il ajouté.

Mais Amazon a intensifié la bataille plus tôt cette semaine. La société a demandé à entendre Donald Trump et le secrétaire à la défense Mark Esper pour déterminer s'ils étaient intervenus contre elle dans le contrat. M. Esper s'était récusé de la décision d'attribution du contrat en octobre, en invoquant l'emploi de son fils chez IBM, l'un des premiers soumissionnaires du contrat JEDI, alors que IBM avait déjà été éliminé de la compétition.

Victoire juridique d’Amazon sur son rival Microsoft dans le contrat JEDI

Dans une opinion scellée, l'injonction a été annoncée jeudi par la juge Campbell-Smith de la Cour des revendications fédérales, ordonnant l'arrêt des travaux sur le projet JEDI, jusqu'à ce que la contestation juridique d'Amazon soit résolue. La raison pour laquelle les documents ont été scellés n'est pas connue, d’après CNBC.

Selon CNBC, Jay Carney, le principal porte-parole d'Amazon et ancien attaché de presse du président Barack Obama, a déclaré mercredi que la société protestait contre la décision de s'assurer que le processus d'attribution était « libre de toute interférence politique ». « Tout ce que nous essayons de faire à travers cette protestation et cette demande de révision juridique est de s'assurer qu'une décision correcte a été prise au nom des contribuables américains », a-t-il déclaré à CNBC lorsqu'il a été interrogé sur la décision d'Amazon d’appeler le président Trump à la barre.

La décision de la juge a été critiquée par Microsoft et le Département de la Défense. Frank Shaw, le vice-président de la communication de Microsoft, a déclaré à CNBC : « Bien que nous soyons déçus par le délai supplémentaire, nous pensons que nous pourrons finalement aller de l'avant avec le travail visant à s'assurer que ceux qui servent notre pays puissent accéder à la nouvelle technologie dont ils ont besoin de toute urgence. Nous avons confiance dans le ministère de la Défense, et nous pensons que les faits montreront qu'il a mené un processus détaillé, approfondi et équitable pour déterminer les besoins des combattants qui seraient le mieux satisfaits par Microsoft ».

Quant au ministère de la Défense, son porte-parole, le lieutenant-colonel Robert Carver, a déclaré : « Nous sommes déçus par la décision d'aujourd'hui et pensons que les mesures prises dans le cadre de ce litige ont inutilement retardé la mise en œuvre de la stratégie de modernisation du ministère de la Défense et privé nos combattants d'un ensemble de capacités dont ils ont un besoin urgent. Toutefois, nous sommes confiants dans l'attribution du contrat JEDI à Microsoft et nous restons concentrés sur la mise à disposition de cette capacité critique à nos combattants aussi rapidement et efficacement que possible.

CNBC a rapporté que Microsoft a renforcé ses effectifs en vue de travailler sur le projet d’infrastructures cloud du gouvernement, malgré la contestation en cours du géant de l’informatique en nuage Amazon. La société a tenté d'attirer des talents parmi les entrepreneurs de la Défense et d'autres entreprises, alors qu'il y avait de nombreuses offres d'emploi pour les personnes ayant une habilitation de sécurité. Brad Smith, président et directeur juridique de Microsoft, a déclaré à CNBC que la société « avançait encore plus vite » depuis que le contrat JEDI a été attribué. Mais elle a été arrêtée dans son élan jeudi à la demande d’Amazon.


« Tout ceci prépare le terrain pour une bataille judiciaire majeure entre Amazon et Microsoft, avec le Département de la Défense pris entre les deux », a déclaré Daniel Ives, un analyste de Wedbush Securities qui a suivi le contrat du JEDI. « C'est un football politique qui est en train de se jouer », a rapporté The NYT.

Le fait qu’Amazon ait obtenu l’injonction de l’arrêt des travaux dans le contrat le jeudi constitue une victoire juridique contre son rival Microsoft. Alexander Major, associé chez McCarter & English, a également déclaré, selon Reuters, que « La cour a confirmé par l'injonction que les contestations d'Amazon concernant ce marché ne sont pas anodines. Il n'est pas garanti qu'ils l'emporteront, mais le fait qu'ils l'aient obtenu est une grosse affaire ».

Dans une autre requête déposée ce mois-ci, a rapporté The NYT, Amazon a fait valoir qu'une injonction était nécessaire pour l'empêcher de perdre le bénéfice qu'elle pourrait tirer du contrat. Le JEDI « va transformer l'architecture en nuage du DoD et définir le cloud d'entreprise pour les années à venir », a écrit Kevin Mullen, un avocat représentant Amazon dans cette affaire.

Mais pour l’heure, c’est Microsoft qui détient cet avantage, du moins provisoirement en raison de la protestation. M. Ives, l'analyste, a déclaré que l'obtention du contrat JEDI a permis à Microsoft de gagner les quelque 40 milliards de dollars que le gouvernement fédéral devrait consacrer au cloud computing au cours des prochaines années.

Dans le cadre de l’injonction, le juge Campbell-Smith a également exigé qu'Amazon verse une caution de 42 millions de dollars que le tribunal retiendra au cas où il déterminerait ultérieurement que l'injonction a été délivrée à tort et que Microsoft doit des dommages et intérêts. Amazon doit soumettre un plan pour fournir l'argent à la Cour jusqu’à jeudi prochain, et il doit accepter de rédiger l'ordonnance du juge au plus tard le 27 février afin qu'elle puisse être rendue publique.

Selon M. Ives, l'injonction préliminaire était une « décision prudente » étant donné la complexité de l'affaire et les enjeux monétaires, et les 42 millions de dollars demandés à Amazon ne seraient pas un fardeau pour la société. « C'est moins qu'une erreur d'arrondi par rapport à leur coffre au trésor », a-t-il déclaré. Il a ajouté qu'il s'attendait à ce que Microsoft l'emporte dans l'affaire, a rapporté The NYT.

Selon un commentateur du sujet, il est vrai que 42 millions de dollars sont de l'argent de poche pour ces entreprises, « mais cela contribue grandement à dissiper mon impression que le juge est partial ». Que pensez-vous du nouveau rebondissement dans l’affaire JEDI ?

Source : The News York Times

Et vous ?

Que pensez-vous de l’injonction d’arrêt des travaux accordée à Amazon ?
L’analyste Daniel Ives a dit qu'il s'attendait à ce que Microsoft l'emporte dans l'affaire. Qu’en pensez-vous ?

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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 16/04/2020 à 13:19
Contrat JEDI : une enquête au sein du ministère de la Justice a conclu que Donald Trump n'a pas eu d'influence,
sur l'attribution du contrat sur le cloud de 10 milliards de dollars à Microsoft

Il n’y a aucune preuve que la décision controversée du Pentagone d'attribuer un contrat cloud JEDI de 10 milliards de dollars à Microsoft Corp. était le résultat d'une ingérence du président Donald Trump et/ou de membres de son administration. C’est la conclusion d’une enquête interne au ministère de la Défense. Notons toutefois que la Maison-Blanche a refusé de coopérer à l’enquête.

Le rapport de 317 pages publié mercredi par le bureau de l'inspecteur général a également révélé que donner le contrat JEDI à une seule entreprise (en l’occurrence Microsoft) plutôt que de le diviser entre concurrents était « conforme aux normes d'acquisition applicables ».

Alors que le projet Joint Enterprise Defence Infrastructure a été vivement contesté par les entreprises technologiques rivales dès le départ, le projet a suscité une plus grande attention lorsque Trump a publiquement exprimé sa préoccupation quant à l'hypothèse selon laquelle le contrat irait à Amazon.com Inc.

Après que Microsoft ait remporté le duel final face à Amazon Web Services, l'unité des services cloud d'Amazon, cette dernière a déposé une plainte alléguant que l'ingérence politique de Trump avait coûté à la société l'accord sur le cloud. Amazon a déclaré dans sa plainte que le ministère de la Défense n'avait pas jugé équitablement son offre parce que Trump considérait le chef de la direction d'Amazon, Jeff Bezos, comme son « ennemi politique ».

Dans son rapport, le bureau de l'inspecteur général a déclaré : « Nous pensons que les preuves que nous avons reçues montrent que le personnel du DoD qui a évalué les propositions de contrat et a attribué à Microsoft le contrat JEDI Cloud n'a fait l'objet d'aucune pression concernant sa décision d'attribuer le contrat par les dirigeants du DoD. plus haut placé dans leur hiérarchie, qui pourraient avoir communiqué avec la Maison-Blanche ».

Mais le rapport indique également que la Maison-Blanche a limité sa coopération avec l'enquête. L'inspecteur général a déclaré que le fait de brandir un « privilège de communication présidentiel » avait pour conséquence que l'avocat général du ministère de la Défense avait ordonné aux responsables « de ne pas répondre à nos questions sur les communications potentielles entre la Maison-Blanche et les responsables du DoD à propos de JEDI ».


Les différentes réactions

Alors que le procès d'Amazon est toujours devant les tribunaux, le ministère de la Défense a déclaré que les conclusions de l'inspecteur général étaient justifiées.

« Ce rapport devrait enfin fermer la porte aux médias et aux attaques des entreprises contre les responsables qui ont travaillé sans relâche pour mettre l'environnement cloud JEDI si nécessaire entre les mains de nos combattants de première ligne tout en continuant à protéger les contribuables américains », a déclaré le lieutenant-colonel Robert Carver, porte-parole du Pentagone, dans un communiqué.

Le porte-parole de Microsoft, Frank Shaw, a déclaré dans un communiqué que « le rapport indique clairement que le DoD a mis en place un processus d'approvisionnement approprié ».

Jon Palmer, avocat général adjoint de Microsoft, basé à Redmond, dans l'État de Washington, a déclaré dans un billet de blog qu'Amazon « avait misé et perdu. Faut-il autoriser Amazon à effectuer une reprise sur JEDI ? »

Le porte-parole d'Amazon, Drew Herdener, a déclaré mercredi soir que les conclusions de l'inspecteur général ne disent « rien sur le bien-fondé de cette attribution – du contrat à Microsoft -, qui, nous le savons, est très discutable ».

Amazon a demandé à la Cour américaine des réclamations fédérales d'exiger que le Pentagone élargisse la portée d'une réévaluation que le gouvernement a demandée après qu'un juge a déclaré que le ministère de la Défense avait peut-être mal évalué une partie de la proposition de prix de Microsoft pour les travaux.

Mais le Project on Government Oversight, un groupe de défense, a déclaré que les conclusions de l'inspecteur général soulignent que le contrat JEDI était criblé de problèmes éthiques et de l'apparence d'une influence indue de Trump.

« Ajoutez à cela le refus inapproprié de la Maison-Blanche de participer à l'enquête de l'inspecteur général, et nous avons un gâchis de 10 milliards de dollars », a déclaré Scott Amey, l'avocat général du groupe, dans un communiqué.

Le Pentagone a déclaré que JEDI, avec son acronyme inspiré de Star Wars, est destiné à conduire la technologie militaire américaine à l'ère moderne. Le ministère de la Défense investit dans des services cloud commerciaux, qui hébergent la puissance de calcul et le stockage dans des centres de données distants, pour améliorer la sécurité des données et accélérer le partage en temps réel des informations entre les militaires. Le contrat est évalué à 10 milliards de dollars.


L'inspecteur général a examiné les allégations concernant des plaintes selon lesquelles d'anciens employés ayant des liens avec Amazon pourraient avoir structuré l'accord en faveur de l'entreprise, ainsi que l'affirmation selon laquelle Amazon a perdu à cause de l'antipathie de Trump envers Bezos, qui est également propriétaire du Washington Post.

Le procès d'Amazon cite un livre de Guy Snodgrass, un rédacteur de discours de l'ancien secrétaire à la Défense Jim Mattis, qui allègue que Trump a dit à Mattis en 2018 de « visser Amazon » et de l’éjecter de l'offre. Mattis n'a pas fait ce que Trump a demandé, a écrit Snodgrass.

Le bureau de l'inspecteur général a déclaré que Mattis ne se souvenait pas si Trump avait fait ce commentaire, mais il a déclaré: « Je connaissais son mécontentement vis-à-vis d'Amazon ». Mattis a également déclaré à l’inspecteur que le livre de Snodgrass était « plein d'inexactitudes ».

Accusations d'Oracle

Le bureau de l'inspecteur général du Pentagone a également examiné les allégations, révélées par Oracle Corp. dans une action en justice contestant les termes de la sollicitation de contrat. Oracle a déclaré que l'offre était faite sur mesure pour Amazon et était fatalement entachée de conflits d'intérêts entre le ministère de la Défense et le géant du commerce électronique.

Selon la plainte, au moins deux anciens employés du ministère de la Défense se sont vu proposer un emploi chez Amazon tout en travaillant sur le contrat. Oracle fait appel d'une décision de juillet de la Cour fédérale des revendications des États-Unis qui a rejeté sa contestation judiciaire du contrat cloud.

Dans un cas, l'inspecteur général a conclu que Deap Ubhi - un ancien employé d'Amazon qui est rapidement retourné dans l'entreprise - a violé la réglementation des achats en raison de ses « fausses déclarations et de son omission de divulguer ses négociations d’emploi chez Amazon ainsi que son acceptation de cet emploi ».

Mais l’inspecteur a ajouté que « les contributions minimales et limitées d'Ubhi ont été largement rejetées et n'ont pas affecté la conduite ou les résultats de l'approvisionnement JEDI Cloud ».

L'inspecteur général a également conclu que Stacy Cummings, sous-secrétaire adjointe à la défense, avait enfreint les règles d'éthique lorsqu'elle avait participé à une affaire liée à l'approvisionnement alors qu'elle possédait des stocks chez Microsoft d'une valeur comprise entre 15 001 $ et 50 000 $ mais que sa participation n'avait pas influencé la décision.

L’inspecteur a innocenté deux autres anciens fonctionnaires du Département de la défense - Sally Donnelly, ancienne aide de Mattis, et Anthony DeMartino, qui travaillait également au bureau du secrétaire à la Défense. Tous deux avaient été consultants chez Amazon avant de travailler au département de la Défense.

Source : rapport
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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 06/09/2020 à 16:36
Le Pentagone estime que l'offre de Microsoft sur le contrat cloud JEDI reste la meilleure,
Amazon Web Service estime qu'il s'agit d'une décision « politiquement corrompue » par Trump

En octobre 2019, le Pentagone a désigné Microsoft comme le vainqueur d'une compétition entre les entreprises technologiques pour l'obtention d'un marché de 10 milliards de dollars axé sur le cloud et portant l'acronyme JEDI pour Joint Enterprise Defense Infrastructure.

Ce contrat est d'une importance capitale, car il est au cœur des efforts du Pentagone pour moderniser sa technologie. Une grande partie de l'armée utilise des systèmes informatiques des années 1980 et 1990, et le ministère de la Défense a dépensé des milliards de dollars pour essayer de les moderniser. Des fonctionnaires se sont plaints d'avoir des systèmes informatiques désuets et d'être incapables d'accéder aux dossiers ou de partager l'information aussi rapidement que cela se fait dans le secteur privé.

L'unification de l'information dans le cloud présente, par conséquent, des avantages évidents pour le Pentagone à mesure que les militaires utilisent davantage les capteurs à distance, les armes semi-autonomes et l'intelligence artificielle. Le Pentagone a déclaré qu'il avait accordé plus de 11 milliards de dollars dans le cadre de 10 contrats cloud distincts au cours des deux dernières années. « Alors que nous poursuivons l'exécution de la stratégie cloud du DoD, d'autres contrats sont prévus pour les services cloud et les solutions complémentaires de migration et d'intégration nécessaires à une adoption efficace du Cloud », a indiqué le Pentagone.

Mais l'attribution de ce contrat à Microsoft en a surpris plus d'un, car, d’une part, AWS avait été considéré comme le favori pour avoir construit des services de cloud computing pour la Central Intelligence Agency, et d’autre part, parce qu’Amazon avait été certifiée au plus haut niveau d'habilitation de sécurité existant, tandis que Microsoft s'efforçait de rattraper son retard dans le cloud computing, selon le News York Times. Il faut noter également que le processus d’attribution, qui a duré longtemps que prévu, a aussi été émaillé par des intrusions de la Maison-Blanche, le président Trump devenant parfois publiquement hostile à Jeff Bezos, PDG d’Amazon.

Face à tous ses éléments, Amazon a décidé de porter plainte en décembre 2019, indiquant que le contrat a été injustement accordé à Microsoft, après que l’unité Amazon Web Services ait été écartée par l’administration Trump.


Les échecs d'Amazon en justice

Dans un premier temps, Amazon a demandé qu'un juge oblige Microsoft à arrêter les travaux sur JEDI, le temps de la résolution du conflit et l'entreprise a eu gain de cause en février 2020. Cependant, en avril 2020, une enquête a conclu qu'il n'y aucune preuve que la décision controversée du Pentagone d'attribuer le contrat cloud JEDI de 10 milliards de dollars à Microsoft Corp. était le résultat d'une ingérence du président Donald Trump et/ou de membres de son administration. Le rapport de 317 pages publié mercredi par le bureau de l'inspecteur général a également révélé que donner le contrat JEDI à une seule entreprise (en l’occurrence Microsoft) plutôt que de le diviser entre concurrents était « conforme aux normes d'acquisition applicables ».

Dans son rapport, le bureau de l'inspecteur général a déclaré : « Nous pensons que les preuves que nous avons reçues montrent que le personnel du DoD qui a évalué les propositions de contrat et a attribué à Microsoft le contrat JEDI Cloud n'a fait l'objet d'aucune pression concernant sa décision d'attribuer le contrat par les dirigeants du DoD plus haut placés dans leur hiérarchie, qui pourraient avoir communiqué avec la Maison-Blanche ».

Mais le rapport indique également que la Maison-Blanche a limité sa coopération avec l'enquête. L'inspecteur général a déclaré que le fait de brandir un « privilège de communication présidentiel » avait pour conséquence que l'avocat général du ministère de la Défense avait ordonné aux responsables « de ne pas répondre à nos questions sur les communications potentielles entre la Maison-Blanche et les responsables du DoD à propos de JEDI ».

Le département américain de la Défense a déclaré vendredi qu'il avait achevé une réévaluation complète de ses propositions de contrat de cloud computing JEDI et a déterminé que la soumission de Microsoft Corp représentait toujours la meilleure valeur pour le gouvernement.

Microsoft a déclaré qu'il appréciait « qu'après un examen attentif, le DoD ait confirmé que nous offrions la bonne technologie et le meilleur rapport qualité-prix. Nous sommes prêts à nous mettre au travail. »


La réaction d'Amazon

« Plus tôt dans la journée, le DoD a annoncé qu'il avait conclu son action corrective et confirmé l'attribution de son contrat JEDI antérieur à Microsoft. Prendre des mesures correctives aurait dû donner au DoD l'occasion de remédier aux nombreuses erreurs d'évaluation matérielles décrites dans notre réclamation, de garantir des règles du jeu équitables et justes et, en fin de compte, d'accélérer la conclusion du litige. Malheureusement, le DoD a rejeté cette opportunité.

« Lorsque le DoD a annoncé ses plans de mesures correctives en mars, nous nous y sommes opposés, car il était clair que cela permettrait à Microsoft de corriger sa proposition non conforme. Étant donné que le DoD n'a pas accepté d'examiner de manière significative les nombreuses failles d'évaluation soulignées dans notre plainte, nous avons déclaré que l'action corrective était susceptible d'entraîner une autre attribution de contrat basée sur la politique et une influence inappropriée et non sur les forces relatives des deux offres. C’est exactement là où nous nous trouvons aujourd’hui, la réévaluation du DoD n’étant rien de plus qu’une tentative de valider une décision erronée, biaisée et politiquement corrompue. Il est également important de souligner que le DoD a cité le prix comme un facteur majeur dans la décision précédente. Cette fois, AWS a proposé un coût inférieur de plusieurs dizaines de millions de dollars. La décision du DoD d'ignorer intentionnellement les avantages de coûts évidents offerts par AWS, renforce le fait que cette action corrective n'a jamais été censée être équitable.

« Alors que nous poursuivons un examen équitable et impartial et que nous nous assurons que notre pays dispose des meilleures capacités techniques possible pour se protéger, nous voulions réfléchir à la manière et aux raisons pour lesquelles nous en sommes arrivés à ce stade.

« AWS est honoré de soutenir l'armée de notre pays et extrêmement fier de son rôle en aidant les clients du gouvernement américain à réussir leurs missions. Aujourd'hui, plus de 6500 agences gouvernementales s'appuient sur le cloud AWS pour atteindre un niveau inégalé de sécurité, d'agilité, d'innovation et de fiabilité. C'est notre engagement à soutenir l'armée américaine et notre expérience à gagner la confiance et à aider à produire des résultats transformationnels au sein de la communauté du renseignement, qui nous ont amenés à soumissionner sur JEDI. Nous étions alors fermement convaincus, tout comme nous le faisons maintenant, que notre technologie est particulièrement adaptée pour aider nos militaires à conserver une longueur d'avance sur le champ de bataille numérique d'aujourd'hui et de demain.


« Nous restons également ancrés dans les faits : AWS est le leader incontesté du cloud computing et, par toute mesure objective, dispose d'une technologie supérieure. Pendant dix années consécutives, AWS a été nommé leader du Magic Quadrant de Gartner dans le domaine de l'infrastructure cloud en tant que service. AWS propose plus de services et plus de fonctionnalités au sein de ces services que tout autre fournisseur de cloud, dans une large mesure. AWS propose une offre plus sécurisée et plus performante sur le plan opérationnel, et reste le seul fournisseur de cloud accrédité pour prendre en charge la gamme complète des classifications de données du gouvernement américain. AWS dispose également d'un écosystème beaucoup plus large de partenaires ISV et SaaS dont le logiciel s'exécute sur AWS, de sorte que les clients peuvent utiliser le même logiciel qu'ils exécutaient sur site, dans le cloud. Nous nous félicitons de la concurrence, mais toute évaluation objective apples-to-apples (ndlr point par point, l’expression est utilisée en référence à une comparaison considérée comme valable, car elle concerne deux choses fondamentalement identiques) conduit clairement à une conclusion différente de celle du DoD.

« Lorsque le DoD a annoncé l'attribution initiale du contrat JEDI dans la soirée du vendredi 25 octobre 2019, nous avons essayé à plusieurs reprises de clarifier les erreurs d'évaluation qui affectaient les six facteurs techniques. Nous avons essayé de le faire dans le cadre du processus de compte rendu, qui est un élément fondamental des marchés publics. Notre équipe a travaillé 24 heures sur 24 ce week-end afin de respecter la date limite de réponse du DoD et a soumis 265 questions, seulement pour voir le DoD refuser de fournir une seule réponse significative. La plupart de ces questions restent sans réponse près d'un an plus tard.

« Tout au long du litige, nous sommes devenus plus confiants dans notre position à mesure que de plus en plus d'informations ont été révélées (certaines de ces informations ont été rendues publiques, d'autres pas encore). En février, la Cour des réclamations fédérales a interrompu l'exécution des travaux sur JEDI. Le tribunal a déterminé que la réclamation d'AWS était fondée et que la proposition de Microsoft ne répondait probablement pas à une exigence clé de la sollicitation et était probablement déficiente et inéligible. Notre protestation a détaillé à quel point ces erreurs étaient omniprésentes (impactant les six facteurs d'évaluation technique), et la juge a empêché le DoD d'aller de l'avant parce que le tout premier problème qu'elle a examiné présentait de graves lacunes.

« AWS reste profondément préoccupé par le fait que l'attribution du contrat JEDI crée un dangereux précédent qui menace l'intégrité du système d'approvisionnement fédéral et la capacité des combattants et des fonctionnaires de notre pays à accéder aux meilleures technologies possibles. D’autres ont soulevé des préoccupations similaires au sujet d’une tendance croissante où les responsables de la défense agissent en fonction du désir de plaire au président, plutôt que de faire ce qui est juste. Cela a été illustré par le refus de coopérer avec l'inspecteur général du DoD, qui a cherché à enquêter sur les allégations selon lesquelles le président serait intervenu dans la passation de marchés JEDI afin de détourner le prix d'AWS. Au lieu de coopérer, la Maison-Blanche a exercé un ‘privilège de communication présidentielle’ qui a conduit les hauts responsables du DoD à ne pas répondre aux questions sur les communications JEDI entre la Maison-Blanche et le DoD. Cela soulève la question ‘qu'est-ce qu'ils ont à cacher?’


« Le licenciement continu des inspecteurs généraux de tout notre gouvernement, des fonctionnaires chargés d'assurer une conduite éthique, est une autre tendance préoccupante. Le président a supprimé les menaces politiques perçues de leurs rôles simplement pour faire leur travail, y compris la rétrogradation de l'inspecteur général par intérim du DoD quelques jours à peine avant la publication du rapport JEDI. Un schéma similaire est apparu au sein du DoD, car les hauts dirigeants militaires ne peuvent pas exercer leur bon jugement sans faire face à des représailles. Même ceux qui servent notre pays dans la poursuite de la justice et de l'équité en vertu de la loi ont été écartés par le Président en faveur d'un copinage flagrant. De même, le président s'est enhardi ces derniers temps en affichant son rôle d'influence sur les contrats gouvernementaux pour des raisons politiques. Lors de la discussion d'un récent prix de l'US Navy qui a sélectionné une entreprise basée au Wisconsin pour construire une nouvelle frégate de 5,5 milliards de dollars, le président Trump a déclaré : ‘J'entends que la maniabilité est l'un des principaux facteurs pour lesquels vous avez été choisi pour le contrat ... l'autre est votre emplacement dans le Wisconsin, si vous voulez connaître la vérité’.

« Il y a un schéma récurrent dans la façon dont le président Trump se comporte lorsqu'il est appelé à faire quelque chose d'énorme: d'abord il nie l'avoir fait, puis il cherche des moyens de détourner l'attention et de retarder les efforts d’enquêtes (pour que les gens s'ennuient et oublient). Et puis il finit par faire pire que son acte flagrant de toute façon. Sur JEDI, le président Trump aurait ordonné à l'ancien secrétaire Mattis de ‘visser’ Amazon, s'immiscer de manière flagrante dans un marché actif, ordonner à son subordonné de mener un ‘examen’ peu orthodoxe avant l'annonce de l'attribution d'un contrat, puis a bloqué une enquête sur sa propre ingérence politique. Une ‘action corrective’ a été utilisée pour mettre un terme à notre litige, retarder les investigations ultérieures et donner à tort l’impression qu’un seul problème devait être résolu, tout en donnant l’impression que le DoD allait réellement résoudre quelque chose. Bien qu'une action corrective puisse être utilisée pour résoudre efficacement les protestations, en réalité, cette action corrective n'a rien changé, a gaspillé cinq mois qui auraient pu être consacrés à l'exploration de ces graves préoccupations, et a été conçue uniquement pour détourner l'attention de nos préoccupations plus larges et réaffirmer une décision qui a été corrompue par l'intérêt personnel du Président. Lorsque nous nous sommes opposés à l’approche du DoD en matière de mesures correctives, nous avons prédit que cela se produirait, et c’est le cas. En continuant de retarder, de distraire et d'éviter de s'attaquer à ces problèmes très graves, le DoD se révèle être son propre pire ennemi en ce qui concerne l'accélération des choses.

« Nous sommes totalement en désaccord avec l’évaluation imparfaite du DoD et pensons qu’il est essentiel pour notre pays que le gouvernement et ses dirigeants élus gèrent les achats de manière objective et sans influence politique. La question que nous continuons de nous poser est de savoir si le président des États-Unis devrait être autorisé à utiliser le budget du ministère de la Défense pour poursuivre ses propres fins personnelles et politiques. Tout au long de notre manifestation, nous avons clairement indiqué que nous ne permettons pas à une ingérence politique flagrante ou à une technologie inférieure de devenir une norme acceptable. Bien que ce ne soient pas des décisions faciles à prendre et que nous ne les prenions pas à la légère, nous ne reculerons pas face à un copinage politique ciblé ou à des mesures correctives illusoires, et nous continuerons de poursuivre un examen juste, objectif et impartial ».

Source : Amazon
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Avatar de MRSizok
Membre actif https://www.developpez.com
Le 14/02/2020 à 10:00
Je suis plié. Microsfot doit palper dans les 40 milliards avec le contrat JEDI et là pour la plainte une caution de 42 Millards est fournit si la plainte est raté. xD Je rigole si Microsoft win 82Milliards.
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Avatar de fodger
Membre actif https://www.developpez.com
Le 14/02/2020 à 10:04
Citation Envoyé par fodger Voir le message
Ça illustre tout à fait le problème posé par ces multinationales : remettre les décisions politiques en cause, quand bien même elles iraient dans l'intérêt du peuple.

Il faut être très ferme avec ce genre de boîte, quelque soit le secteur c'est un fléaux pour le monde et nos démocraties.

P.S. : ils l'ont bien mauvaise
Je persiste et je signe :p.
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Avatar de gabriel21
Membre averti https://www.developpez.com
Le 14/02/2020 à 10:14
Citation Envoyé par Stan Adkens Voir le message

Que pensez-vous de l’injonction d’arrêt des travaux accordée à Amazon ?
Encore un splendide feuilleton technologique à l'américaine. Apportez le pop-corn. Les scénariste d'Hollywood devraient en prendre de la grain, plutôt que de nous réchauffer des films en nous ressortant 1eme remake...
Par contre, je ne suis pas sûr que ce mettre le département de la défense à dos soit très bon pour les affaires d'Amazon.
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L’analyste Daniel Ives a dit qu'il s'attendait à ce que Microsoft l'emporte dans l'affaire. Qu’en pensez-vous ?
Juste en extrapolant,ce que je vois en France : les grosses entreprises ou les administrations qui partent dans le cloud ont plutôt tendance à partir vers Azure pour l'informatique interne et AWS pour les sites web. Le principal reproche que j'entends AWS est son manque de stabilité. En gros Microsoft a des débit constant sur sa plateforme mais plus faible que ceux d'AWS qui a des pointes importantes mais aussi des creux. Mon client a choisi Azure après avoir testé les deux.
Donc le choix me parait conforme. Dans la mentalité militaire, y compris américaine, la stabilité des liaisons est primordiale, même si le débit est inférieur. Le ministère de la défense américaine a un très long parcours avec Microsoft qu'il a d'ailleurs imposé à nombreuses armées de l'OTAN au nom de l'interopérabilité et les militaires n'aiment pas les changements s'ils ne répondent pas à une contrainte opérationnelle. Ce qui fait que je vois mal Amazon obtenir gain de cause.
Après le volet politico-judicaire, c'est pour amuser la galerie. Certes Trump n'aiment pas Amazon et le dit clairement. Maintenant Bezos est clairement anti-Trump. Mais cela me paraît bien faible pour gagner.
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Avatar de MarieKisSlaJoue
Membre expert https://www.developpez.com
Le 14/02/2020 à 13:16
C'est vrai que la victoire de Microsoft n'est pas à considérer comme tous a fait absurde, ça reste un grand nom, onpremise comme dans le Cloud, et je pense que Satya a très bien résumé, ils ont gagné grâce à leur capaciter de faire fonctionner et d'uniformiser un SI hybride et surtout monte en force, donc sur un contrat à long terme, c’est pas non plus surprenant de vouloir miser sur eux, Amazon a bien raison de vouloir s'assurer qu'ils n'ont pas été laissé et peut être même ont des info que nous n’avons pas, après de la a pouvoir le prouver…
Enfin j’espère pour eux qui ne se repose pas juste sur le fait qu’ils étaient favori au départ, cette suffisance, les américains tombe facilement dedans, on peut faire le parallèle avec les JO ou les américains prenait les épreuves de basket a la légère se pensant tellement supérieur et au final on finis par les perdre
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