Alors que Microsoft renforce son équipe pour exécuter l’important contrat JEDI (the Joint Enterprise Defense Infrastructure project), un contrat de cloud computing du Pentagone, un juge a ordonné l'arrêt de tous travaux concernant le projet jusqu'à ce qu’une contestation judiciaire d'Amazon soit résolue, a rapporté le New York Times. Amazon s’oppose à l’exécution par Microsoft du contrat de 10 milliards de dollars de l’armée américaine, qu’il pense avoir été accordé injustement à la société, après que l’unité Amazon Web Services ait été écartée par l’administration Trump.Le géant du cloud computing et du commerce électronique Amazon a remporté jeudi une victoire juridique contre son rival Microsoft, la juge fédérale Patricia Campbell-Smith ayant accepté d'ordonner la suspension du contrat fédéral de 10 ans que Microsoft avait obtenu en octobre l'année dernière. Le contrat JEDI est un projet du gouvernement fédéral pour la construction d'une plateforme de stockage et d'informatique en nuage à l'usage de l'ensemble du ministère de la Défense. Il est considéré comme crucial pour les efforts du Pentagone visant à moderniser sa technologie. Une grande partie de l'armée utilise des systèmes informatiques datant des années 1980 et 1990, et le ministère de la Défense a dépensé des milliards de dollars pour les moderniser.
Plusieurs entreprises étaient en lice pour ce contrat, dont Oracle et IBM. En avril, le DoD a réduit la liste des candidats finalistes à deux : AWS d'Amazon et Azure de Microsoft furent les finalistes dans le concours. On attendait beaucoup d'AWS pour conclure l'affaire, et les observateurs de l'industrie ont donc été surpris quand, en octobre, Microsoft a décroché le contrat à la place.
Amazon a porté plainte en décembre dernier pour contester cette décision. La société a fait valoir qu'elle n'avait pas seulement perdu le contrat pour des raisons ordinaires de coût ou de capacité, mais qu'elle avait été sabotée pour des raisons politiques. La victoire de Microsoft est le résultat de « pressions inappropriées du président Donald J. Trump, qui a lancé des attaques répétées en public et en coulisses pour éloigner le contrat JEDI d'AWS afin de nuire à son ennemi politique présumé, Jeffrey P. Bezos », selon les arguments de la plainte. Pour rappel, Bezos est le fondateur d'Amazon et le PDG ainsi que le propriétaire du Washington Post, accusé de couvrir de manière agressive l’administration Trump et de diffuser de "fausses nouvelles".
La société a également fait valoir que ses services de cloud computing étaient supérieurs à ceux de Microsoft et qu'elle était mieux placée pour répondre aux exigences techniques du contrat. En octobre, lorsque Microsoft s'est vu attribuer le contrat, le ministère de la Défense a explicitement indiqué que « Le processus d'acquisition a été mené conformément aux lois et règlements applicables ». « Tous les soumissionnaires ont été traités équitablement et évalués conformément aux critères d'évaluation énoncés dans l'appel d'offres », avait-il ajouté.
Mais Amazon a intensifié la bataille plus tôt cette semaine. La société a demandé à entendre Donald Trump et le secrétaire à la défense Mark Esper pour déterminer s'ils étaient intervenus contre elle dans le contrat. M. Esper s'était récusé de la décision d'attribution du contrat en octobre, en invoquant l'emploi de son fils chez IBM, l'un des premiers soumissionnaires du contrat JEDI, alors que IBM avait déjà été éliminé de la compétition.
Victoire juridique d’Amazon sur son rival Microsoft dans le contrat JEDI
Dans une opinion scellée, l'injonction a été annoncée jeudi par la juge Campbell-Smith de la Cour des revendications fédérales, ordonnant l'arrêt des travaux sur le projet JEDI, jusqu'à ce que la contestation juridique d'Amazon soit résolue. La raison pour laquelle les documents ont été scellés n'est pas connue, d’après CNBC.
Selon CNBC, Jay Carney, le principal porte-parole d'Amazon et ancien attaché de presse du président Barack Obama, a déclaré mercredi que la société protestait contre la décision de s'assurer que le processus d'attribution était « libre de toute interférence politique ». « Tout ce que nous essayons de faire à travers cette protestation et cette demande de révision...
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Google a-t-il une responsabilité morale de refuser toute implication militaire ou de surveillance, ou est-ce une simple question de pragmatisme économique et géopolitique ?