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Trump et la Chine signent un nouvel accord commercial pour éviter les droits de douane imminents sur les technologies,
La propriété intellectuelle et le transfert de technologie sont pris en compte

Le , par Stan Adkens

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La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine dure depuis 2018 impactant durement plusieurs secteurs, notamment le secteur de la technologie. Par ailleurs, de nouveaux droits de douane élevés sur les produits électroniques et autres devraient entrer en vigueur. Mais un accord commercial partiel entre les deux superpuissances a été signé mercredi dernier à Washington. Cette rencontre est une nouvelle étape dans la relation commerciale entre Washington et Pékin après deux ans d'invectives, de sanctions douanières et mesures de rétorsion contre les entreprises des deux nations.

Selon les termes du nouvel accord, Pékin achètera pour 200 milliards de dollars supplémentaires de biens et services américains au cours des deux prochaines années. L'augmentation des achats sera comparée à 2017, avant le début de la guerre commerciale. Selon CNN Business, la Chine a importé plus de 185 milliards de dollars de biens et services américains au total cette année-là. Selon le même rapport, sur les deux ans, les achats échelonnés de la Chine entraîneraient une forte augmentation des exportations américaines, dans l'ensemble. Les exportations totales vers la Chine passeraient à plus de 260 milliards de dollars en 2020, et à environ 310 milliards de dollars en 2021 si l'accord se maintenait.


« Nous pensons qu'il est très difficile pour la Chine d'importer 200 milliards de dollars de biens et de services supplémentaires des États-Unis au cours des deux prochaines années sans réduire les importations en provenance d'ailleurs », ont déclaré les analystes d'UBS, une société de services financiers.

L'accord prévoit également d'assouplir les droits de douane existants sur plusieurs catégories de biens importés et d'éviter d’en imposer de nouveaux. Selon l’accord, les tarifs sur environ 120 milliards de dollars de marchandises seront réduits de moitié, passant de leur niveau actuel de 15 % à 7,5 %. La liste des articles actuellement taxés à ce taux de 15 % comprend plusieurs produits technologiques, tels que les télévisions, les casques et les écouteurs, les haut-parleurs intelligents et les montres intelligentes.

Il faut noter que des produits électroniques de consommation, notamment les ordinateurs portables et les tablettes, les moniteurs et autres périphériques, les consoles de jeux vidéo et les téléphones intelligents, devaient être assujettis à un nouveau taux de 25 % en décembre dernier. Mais ces droits de douane sur les technologies ont été évités. À l’époque, l'industrie des jeux vidéo, entre autres, avait demandé à l'administration d'exempter ses produits des tarifs, en faisant valoir que les augmentations de prix qui en résulteraient « porteraient préjudice aux consommateurs, aux développeurs de jeux vidéo, aux détaillants et aux fabricants de consoles, mettraient en péril des milliers d'emplois de grande valeur et gratifiants aux États-Unis et étoufferaient l'innovation dans notre industrie et au-delà ».

Un rapport de Moody's Analytics, publié en septembre 2019, indique que la guerre commerciale avec la Chine, depuis ses débute en 2018, a coûté 300 000 emplois jusqu'en septembre, bien qu'il soit difficile de savoir exactement combien de pertes d'emplois peuvent être attribuées aux tensions commerciales. Selon une analyse des données gouvernementales effectuée par la coalition de libre-échange appelée Tariffs Hurt the Heartland, les entreprises américaines ont payé 46 milliards de dollars de plus en tarifs douaniers qu'elles ne l'auraient fait sans les tarifs de Trump.

Bien qu’en vertu du nouvel accord, il n’y aura pas de nouveaux droits de douane sur les technologies, la plupart des droits de douane précédemment imposés resteront en place. Cela comprend les droits supplémentaires de 25 % ajoutés en 2018 sur les importations de semi-conducteurs, de modems et de certains autres composants technologiques.

La propriété intellectuelle et le transfert de technologie pris en compte par le nouvel accord

Pékin et Washington ont également tenu compte, dans une section de leur nouvel accord, de la propriété intellectuelle et du transfert forcé de technologie. En effet, la Chine exige souvent des entreprises étrangères opérant en dans le pays de mener leurs activités par le biais de coentreprises. Ces entreprises à leur tour transfèrent des technologies internes sensibles – des secrets commerciaux, essentiellement à des entreprises chinoises locales. Les entreprises américaines et d'autres entreprises internationales acceptent de telles conditions pour pouvoir pénétrer le marché lucratif chinois.

Avec le nouvel accord commercial, ces pratiques seront restreintes fortement. L’accord précise que toute condition de transfert ou de licence entre les entreprises américaines et chinoises « doit être basée sur des conditions de marché qui sont volontaires et reflètent un accord mutuel ». Aucune des parties à l'accord, c'est-à-dire les États-Unis et la Chine, « n'exigera ou ne fera pression, officiellement ou officieusement, sur les personnes [y compris les sociétés] de l'autre partie pour qu'elles transfèrent des technologies à ses personnes comme condition » pour recevoir la permission d'opérer sur le marché de l'autre partie, dit l'accord.

Le vol de propriété intellectuelle a également été traité par l’accord. Le vol de technologie par certaines firmes chinoises constitue une énorme préoccupation pour les entreprises américaines qui fabriquent, pour certaines d’entre elles, d’importants composants en Chine où le vol de propriété intellectuelle serait devenu une pratique généralement acceptable. Selon un rapport de The Information publié en février 2019, le fabricant chinois Huawei aurait un programme officiel qui récompenserait les employés qui volent la technologie des concurrents.

En novembre 2018, le Département du Commerce des États-Unis d’Amérique a placé sur sa liste noire Fujian Jinhua, une société chinoise qui fabrique des semi-conducteurs. Et pour cause, le Département de la Justice des États-Unis accusait l’entreprise publique chinoise et son partenaire taïwanais, d’avoir volé des secrets commerciaux auprès de Micron Technology Inc., un fabricant américain de micropuces pour les smartphones, les tablettes et aussi pour les ordinateurs.

Dans le cadre du nouvel accord, la Chine accepte de prendre des mesures pour limiter « l'appropriation illicite de secrets commerciaux », notamment lorsqu'elle se produit par le biais d'intrusions électroniques, de violations de systèmes et de pure et simple « divulgation non autorisée ». L'accord n'exige pas des États-Unis qu'ils renforcent leur loi sur les secrets commerciaux, mais affirme plutôt que les États-Unis « affirment que les mesures américaines existantes offrent un traitement équivalent » aux termes du nouvel accord.

Mercredi, le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a déclaré qu'une deuxième phase de l'accord que les États-Unis espèrent conclure, avant les élections de novembre 2020, pourrait inclure davantage d'allégements tarifaires, a rapporté CNBC. « Tout comme dans cet accord, il y a eu certaines réductions, dans la deuxième phase il y aura des réductions supplémentaires », a-t-il dit, ajoutant que la Chine a « une grande motivation pour revenir à la table et accepter les questions supplémentaires qui sont encore non résolues ».

Par cet accord, l'administration Trump vise à résoudre certaines préoccupations de longue date des États-Unis au sujet des abus commerciaux de la Chine. Reste à voir comment les exigences de ce nouvel accord seront mises en application de part et d’autre.

Source : L’Accord

Et vous ?

Que pensez-vous de ce nouvel accord ?
Pensez-vous que les parties mettront en application de façon transparente les exigences de cet accord ?
Cette première phase de l’accord sonne-t-elle le début du dénouement de la guerre commerciale entre Pékin et Washington ?

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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 19/02/2020 à 8:20
Huawei serait-il en train de prendre l'avantage sur le bras de fer l'opposant aux États-Unis ?
Les Américains ne parviennent pas à pousser la Grande-Bretagne et l'Allemagne à bannir l'entreprise

La campagne mondiale des États-Unis pour empêcher ses alliés les plus proches d'utiliser Huawei, la grande enseigne chinoise des télécommunications, dans le déploiement de la prochaine génération de réseaux sans fil semble ne pas porter ses fruits ; les dirigeants des nations alliées révoquent l'argument des États-Unis selon lequel l'entreprise représente une menace à leur sécurité.

Une situation qui a conduit les responsables américains qui, jusqu’à lors, étaient restés plutôt vagues et maintenaient le secret sur les éventuelles preuves susceptibles de confirmer les soupçons qui pèsent sur Huawei en matière d’espionnage technologique, à affirmer détenir des preuves que Huawei installe et entretient des portes dérobées dans les réseaux de télécommunications du monde entier où l’entreprise a pu gagner des marchés, à commencer par les équipements 4G vendus en 2009. Washington a été contraint de partager ces éléments de preuve avec le Royaume-Uni et l'Allemagne.

La Grande-Bretagne a déjà qualifié de bluff les décisions de l'administration Trump, pariant que les responsables reculeraient devant leur menace de cesser de partager des informations avec tout pays utilisant des équipements Huawei dans son réseau. Elle a décidé de ne pas céder à la pression américaine.

L'Allemagne lui a emboîté le pas, malgré un flot alterné de promesses et de menaces du secrétaire d'État Mike Pompeo, du secrétaire à la Défense Mark T. Esper et d'autres responsables américains lors d'une conférence mondiale sur la sécurité à Munich le week-end dernier.

Dans des discours publics et des conversations privées, Pompeo et Esper ont continué à rappeler les dangers de laisser une entreprise chinoise dans des réseaux qui contrôlent les communications critiques, disant que cela donnerait au gouvernement chinois la capacité d'espionner (ou, en temps de conflit, de couper) ces réseaux. Les risques pour la sécurité sont si graves, ont-ils averti, que les États-Unis ne pourraient plus partager de renseignements avec aucun pays dont le réseau utilise Huawei.

« Si les pays choisissent d'emprunter la voie Huawei », a déclaré Esper aux journalistes samedi, « cela pourrait bien mettre en péril tout le partage d'informations et le partage de renseignements dont nous avons parlé, et cela pourrait saper l'alliance, ou du moins notre relation avec ce pays ».


Une méthode qui s’essouffle

Pourtant, les responsables sentent que leur rythme continu d'avertissements perd de son efficacité en Europe, de sorte que l'administration modifie son approche. Les États-Unis visent maintenant à paralyser Huawei en étouffant son accès à la technologie américaine dont ils ont besoin et en essayant de concocter une alternative américano-européenne viable pour la concurrencer.

À en croire les récentes informations rapportées par le quotidien londonien Financial Times, l’administration Trump pourrait envisager de subventionner (à travers des crédits) les concurrents de Huawei, à savoir le suédois Ericsson et le finlandais Nokia (qui a avalé le franco-américain Alcatel-Lucent) pour les rendre plus attractifs auprès des opérateurs télécom. Selon les analyses du journal, ce geste revient à admettre que Huawei est clairement le moins cher. Cela pourrait aussi signifier que malgré la position actuelle délicate de Huawei, bon nombre d’opérateurs télécom dans le monde ont tout de même du mal à le concurrencer.

Selon le Financial Times, Washington serait prêt à délivrer des crédits à Ericsson et Nokia pour leur permettre de mieux résister au géant chinois. Parallèlement, les États-Unis tentent de convaincre des sociétés américaines de se lancer sur le marché des équipements 5G. Le Financial Times a expliqué que l'objectif de Washington est de permettre à ces entreprises de s'aligner commercialement avec Huawei qui propose des conditions de financement généreuses (grâce au soutien des banques de Pékin) à ses clients et des délais de paiement plus longs.

Le combat contre Huawei n'est qu'une partie d'une plus grande bataille américano-chinoise, alors que Washington essaie de contenir l'influence et le pouvoir de Pékin et de s'assurer que la deuxième économie mondiale ne domine pas les industries avancées qui pourraient lui donner un avantage économique et militaire. Cela inclut les réseaux de télécommunications de nouvelle génération que Huawei construit, connus sous le nom de 5G. Ces réseaux ultrarapides contrôleront les communications, les infrastructures critiques et, ce qui est le plus inquiétant pour les responsables américains, les appareils « Internet des objets » qui contrôlent déjà les usines, les véhicules autonomes et les opérations quotidiennes des bases militaires.

Les États-Unis tentent également de limiter plus largement l'accès de la Chine aux technologies américaines et envisagent de restreindre les ventes de micropuces, d'intelligence artificielle, de robotique et de certains types de logiciels avancés, ainsi que d'empêcher les entreprises technologiques de s'associer (ou même de faire de la recherche) avec les entreprises chinoises.


Une action en justice

La semaine dernière, des procureurs américains ont accusé l’entreprise Huawei d’avoir volé des secrets commerciaux pour soustraire des technologies clés à d’autres entreprises et chercheurs aux États-Unis et renvoyer ces informations en Chine. Les procureurs affirment que Huawei a même mis en place un système de primes pour les employés qui pourraient voler la meilleure technologie et a aidé l’Iran à traquer des manifestants. Le nouvel acte d’accusation qui remplace celui qui a été rendu public l’année passée et déposé devant la Cour fédérale de Brooklyn, à New York.

En tout, la société Huawei est poursuivie par le gouvernement américain pour 16 chefs d’accusation. Une panoplie de techniques aurait permis à la firme de Shenzhen de réduire ses coûts en matière de R/D et de prendre un avantage non négligeable sur ses concurrents. On peut voir dans le dossier d’accusation que le géant Huawei et certaines de ses filiales sont poursuivis pour conspiration, violation d’une loi sur le racket utilisée en général pour lutter contre le crime organisé, vol des secrets commerciaux dans six entreprises américaines, mais aussi pour fraude et blanchiment d’argent.

Le dossier d'accusation contient en outre de nouvelles allégations concernant l’implication de l’entreprise dans des pays faisant l’objet de sanctions (Iran et la Corée du Nord notamment) établies par les USA et affirme, entre autres, qu'elle a installé en Iran du matériel de surveillance qui a été utilisé pour surveiller, identifier et séquestrer des manifestants lors des manifestations antigouvernementales de 2009 à Téhéran.

Les nouvelles allégations de vol de secrets commerciaux proférées par l'Oncle Sam concernent le détournement (par des moyens physiques ou autres) de la technologie liée aux antennes cellulaires, de la technologie robotique, du code source et des manuels d’utilisation de routeurs. Huawei est aussi accusé d’avoir élaboré un programme récompensant les employés-informateurs ayant détourné et transmis le plus de données confidentielles sur ses concurrents, de recruter des employés d’autres entreprises, de faire des efforts pour obtenir la propriété intellectuelle de ces entreprises et d’utiliser des professeurs d’instituts de recherche et divers autres moyens pour s’approprier des technologies protégées par le droit d’auteur.

Les nouvelles accusations ont été ajoutées à un ensemble plus large déposé en 2019 qui accusait la société et son directeur financier, Meng Wanzhou, de fraude et d'évasion de sanctions. Dans le cadre de cette affaire, l'administration Trump a fait pression sur le Canada pour extrader Meng, qui a été arrêtée fin 2018 à Vancouver à la demande de responsables américains, afin qu'elle puisse faire face à des accusations aux États-Unis. Meng est la fille aînée du fondateur de Huawei, Ren Zhengfei.

Un bouc émissaire trop « complexe » pour les États-Unis ?

Ce mois-ci, l'administration devrait essayer de resserrer encore l’étau autour d’Huawei en fermant une échappatoire qui a permis à la société de continuer à acheter des pièces et des produits à des sociétés américaines, malgré l'interdiction imposée par l'administration Trump de vendre à Huawei. Alors que le Pentagone s'est initialement opposé à cet effort, craignant que cela ne nuise aux fournisseurs de matériel de défense, il a maintenant inversé sa position sous la pression d'autres responsables administratifs.

Mais l'effort pour handicaper Huawei a été compliqué par le manque d'alternative à la société, qui propose des équipements de télécommunications à bas prix partiellement subventionnés par le gouvernement chinois. À l'heure actuelle, les seuls véritables concurrents sont Nokia et Ericsson, deux entreprises européennes qui affirment avoir déployé plus de réseaux 5G que Huawei, mais ont clairement du mal à égaler ses prix ou à suivre la recherche et le développement de l'entreprise chinoise.

Aussi, l'administration Trump s’est empressée de présenter aux pays européens et autres une autre option. En l'espace de 10 jours, le procureur général William P. Barr, le vice-président Mike Pence et d'autres responsables ont proposé différentes stratégies américaines pour construire un concurrent crédible pour Huawei. Pourtant, parfois, ils se contredisent, souvent en public.

Lors de réunions privées, Trump a exhorté les entreprises américaines à se lancer elles-mêmes dans la compétition. Mais l'administration est profondément divisée en interne sur la question de savoir si les États-Unis doivent investir dans la technologie ou quitter le marché pour la régler.

Barr s’est encore illustré dans un discours ce mois-ci où il a appelé à l'acquisition américaine de Nokia et d'Ericsson « par la propriété américaine d'une participation majoritaire, soit directement, soit par le biais d'un consortium de sociétés privées américaines et alliées ».

« Nous et nos alliés les plus proches devons certainement envisager activement cette approche », a estimé Barr.

Source : NYT

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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 16/07/2020 à 9:32
Huawei voudrait court-circuiter les approvisionnements d'entreprises US via la juridiction US sur les brevets,
afin de lutter contre l'administration Trump qui l'a écarté du marché de l'infrastructure réseau

Mettre Huawei sur liste noire l'a peut-être empêché de profiter des licences sur une technologie américaine critique, mais Huawei cherche à générer des revenus par d'autres moyens. Huawei a déposé des demandes de violation de brevet contre Verizon ainsi que pour des produits que Verizon acquiert auprès d'autres sociétés américaines telles que Cisco et Hewlett-Packard ; Huawei exige le paiement de royalties pour des centaines de brevets. Les brevets de Huawei ne sont pas nécessairement utilisés dans les produits des entreprises, mais Huawei est autorisé à utiliser le processus juridique pour contraindre le tribunal à se pencher sur les informations confidentielles de Verizon et de ses fournisseurs. Des observateurs pensent que Huawei pourrait alors utiliser illégalement ces données pour enrichir ses connaissances sur les produits et technologies de ses concurrents.

Pour ne rien arranger, un changement de politique des États-Unis sur les technologies standardisées a involontairement suralimenté le jeu de brevets de Huawei, donnant la possibilité au Chinois de revenir sur ses engagements antérieurs d'accorder des licences équitables sur ses brevets. Cela pourrait empêcher les titulaires de licence en aval d'expédier et de vendre des produits, ce qui pourrait nuire à de nombreuses entreprises américaines.

En ce qui concerne l'industrie mobile, l'analyste Richard Windsor explique que si la 5G était un avion, les brevets des moteurs, les ailerons et les ailes (les brevets essentiels standard ou SEP) sont détenus par Qualcomm, Nokia et Ericsson tandis que Huawei détient les brevets pour les chariots de boissons ainsi que pour les sièges. En 2019, Nokia a généré 740 millions de dollars de revenus en royalties ; Ericsson, environ 800 millions de dollars. Le seul chiffre comparable pour Huawei est un « gain / (perte) net » de 98 millions de dollars pour 2018, noté dans ses états financiers. Ce chiffre montre la faible valeur des brevets de Huawei.

Cependant, bien que tous les brevets ne soient pas égaux, les titulaires de brevets ont un accès égal aux tribunaux américains. En tant que tel, Huawei, récemment considéré comme une société-écran pour l'armée chinoise, utilise ses brevets de manière spéculative alors qu'il fait face à un éventail d'accusations : vol de secrets commerciaux, fraude électronique et obstruction à la justice ; blanchiment d'argent, complot en vue de frauder les États-Unis et violations des sanctions ; et complot de racket et complot pour voler des secrets commerciaux.


Les technologies standardisées utilisées dans de nombreuses entreprises et produits (5G, Bluetooth, WiFi, etc.) sont basées sur les propriétaires de brevets qui acceptent volontairement de concéder sous licence leurs brevets en vertu des accords FRAND (équitables, raisonnables et non discriminatoires). Les propriétaires de brevets adoptent cette structure, car elle leur permet de tirer des revenus de leurs brevets tandis que d'autres entreprises paient des frais pour mettre en œuvre la norme (souvent de manière innovante, en générant des produits plus nombreux, différents et meilleurs pour le consommateur). Mais FRAND et d'autres accords de bonne foi contraignent également les titulaires de SEP, les empêchant de s'engager dans des pratiques de licence discriminatoires telles que refuser à un concurrent l'accès à la technologie. Une fois qu'un accord FRAND est conclu, les titulaires de brevets ne peuvent plus reculer et retenir captives les entreprises en refusant d'accorder une licence. Comme l'explique Michael Rosen, avocat plaidant en matière de brevets et associé à l'American Enterprise Institute, « les propriétaires de SEP sont, par définition, obligés de négocier de bonne foi pour fournir une licence aux conditions FRAND. S'ils abusent de leurs obligations FRAND, ils ne devraient pas avoir le droit d'en récolter les bénéfices ».

Auparavant, la politique américaine obligeait en fait les titulaires de SEP à tenir leurs accords FRAND. Cependant, la nouvelle politique publiée conjointement en 2019 par le ministère de la Justice (DOJ), le US Patent and Trademark Office (USPTO) et le National Institute of Standards and Technology (NIST), modifie l'équilibre des pouvoirs entre le propriétaire et le licencié du SEP en supprimant d'importants obstacles juridiques au refus d'un titulaire de brevet de concéder sous licence ses brevets à des concurrents ou à des fournisseurs de composants. Huawei, malheureusement, est susceptible de militariser ce changement pour punir les entreprises américaines. En outre, Huawei peut également refuser d'accorder des licences à des fournisseurs de composants tiers pour les entreprises américaines, voire demander une injonction pour fermer efficacement les chaînes d'approvisionnement pour les produits américains.

Il est probable que l'administration Trump n'avait tout simplement pas réfléchi à la manière dont Huawei retournerait la loi américaine sur les brevets contre les entreprises américaines, car le président Donald Trump et son équipe ont constamment mené la charge pour débarrasser les infrastructures de communication aux États-Unis et chez leurs alliés du contrôle des entreprises chinoises, en particulier en ce qui concerne la 5G. Néanmoins, le Ministère pourrait étouffer cette initiative de l'entreprise chinoise dans l’œuf en clarifiant quelles parties peuvent demander une licence et en interdisant que des injonctions soient introduites par des parties qui ont accepté un engagement FRAND. Dans cette optique, les Sénateurs Marco Rubio (R-FL) et John Cornyn (R-TX) ont proposé des projets de loi pour empêcher Huawei (et potentiellement toute entreprise ajoutée à la liste noire) d'abuser de ces avantages qui sont censés profiter aux acteurs légitimes du marché.

Source : nouvelle politique sur les brevets, analyse de Richard Windsor, analyse de Bird&Bird, chefs d'accusation contre Huawei au sein du ministère de la Justice (vol de secrets commerciaux, fraude électronique et obstruction à la justice; blanchiment d'argent, complot en vue de frauder les États-Unis et violations des sanctions; et complot de racket et complot pour voler des secrets commerciaux), proposition de loi des Sénateurs

Et vous ?

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Avatar de Christian Olivier
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 12/02/2020 à 3:00
Les États-Unis assurent avoir des preuves que Huawei peut espionner les réseaux de télécommunications
Intégrant le matériel qu’il vend et avoir partagé ces preuves avec le Royaume-Uni et l'Allemagne

D’après un récent rapport du Wall Street Journal, les responsables américains qui, jusqu’à lors, étaient restés plutôt vagues et maintenaient le secret sur les éventuelles preuves susceptibles de confirmer les soupçons qui pèsent sur Huawei en matière d’espionnage technologique affirment désormais avoir les preuves que Huawei installe et entretient des portes dérobées dans les réseaux de télécommunications du monde entier où l’entreprise a pu gagner des marchés. Washington assure également avoir communiqué ces éléments de preuve au Royaume-Uni et à l'Allemagne.

« ;Nous avons la preuve que Huawei a la capacité d’accéder secrètement à des informations sensibles et personnelles dans les systèmes qu’elle maintient et vend dans le monde entier ;», a déclaré à ce propos Robert O’Brien, conseiller à la sécurité nationale, au WSJ.

Les fabricants d'équipements de télécommunications qui vendent des produits aux opérateurs sont tenus par la loi d'intégrer dans leur matériel des moyens permettant aux autorités d'accéder aux réseaux à des fins légales. mais ils sont également tenus de construire les équipements de telle sorte que le fabricant ne puisse pas y avoir accès sans le consentement de l'opérateur de réseau. Les responsables américains affirment que Huawei a violé ces lois, qui sont appliquées dans de nombreux pays, précise le WSJ.


Cette nouvelle intervient dans le cadre du bras de fer commercial sino-étasunien étalé sur de longs mois qui a été marqué par une profusion de sanctions à l'égard de la société technologique chinoise. Pour rappel, invoquant des préoccupations en matière de sécurité nationale l’administration US a pris des mesures extrêmes et sans précédent contre la société chinoise en mai dernier en plaçant le géant chinois des télécoms sous embargo. Ces mesures incluaient l’ajout de Huawei dans une liste noire (comme la société russe de cybersécurité Kaspersky auparavant) qui contraint les entreprises étasuniennes à ne plus faire affaire avec Huawei, à moins d’avoir une autorisation officielle préalable. Cette décision avait poussé de nombreuses entreprises technologiques américaines (Microsoft, Intel, ARM, Google…) à mettre un terme à leurs relations commerciales avec le second fabricant mondial de smartphones qui occupe près du quart du marché dans la zone EMEA.

Par la suite, le département américain du Commerce avait fini par autoriser temporairement Huawei à continuer à faire des affaires avec ses homologues américains. La période de grâce initiale avait été fixée à 90 jours (jusqu’en février 2020). En parallèle, le département américain du Commerce délivre des licences à certaines entreprises américaines qui souhaitent continuer à faire des affaires avec la société chinoise qui représente le premier fabricant mondial d’équipements de télécommunications, le deuxième fabricant mondial de smartphones et un fournisseur important dans le marché des PC et tablettes 2-en-1. Des entreprises américaines de premier plan comme Microsoft ont déjà profité de cette mesure.


Aujourd’hui, les autorités américaines se montrent plus précises dans leurs accusations, prétendant même avoir des preuves que le fabricant chinois de matériel informatique a maintenu des backdoors (ou portes dérobées) dans certains des réseaux qu’il construit, à commencer par les équipements 4G vendus en 2009. Toutefois, en dépit du fait que les accusations américaines visant Huawei sont plus précises que jamais et proviennent maintenant de certains des plus hauts responsables de la sécurité nationale, aucune preuve tangible (mis à part l’assurance et les gages de bonne foi, côté américain, que ces preuves existent) n’a été fournie par l’Oncle Sam.

De son côté, Huawei a réagi par l’intermédiaire de son chef de la sécurité, Andy Purdy. Ce dernier a rejeté ces accusations : « ;Nous nions vigoureusement l’allégation selon laquelle nous conservons une telle capacité. Nous nions également avoir jamais accédé de manière abusive à des informations ou à des données relatives aux clients ;». Il a poursuivi en expliquant : « ;les États-Unis sont engagés dans cette voie et je pense que c’est vraiment motivé par la situation géopolitique entre la Chine et les États-Unis. Les États-Unis ne veulent pas tenir compte des faits et des preuves, et ils vont faire tout ce qu’ils peuvent pour bloquer notre capacité à fournir des produits aux réseaux de communication du monde entier ;».

Les nouvelles déclarations américaines font suite à une décision surprise du Royaume-Uni d’autoriser Huawei à fournir des équipements non essentiels aux réseaux du pays. Les États-Unis avaient fait un lobbying important contre l’inclusion de Huawei dans la préparation de la 5G, mais n’ont finalement pas réussi à convaincre d’autres pays, notamment ses partenaires européens, d’exclure totalement le fournisseur chinois du marché du déploiement de la 5G. On ne sait pas comment les autres pays vont réagir aux allégations, mais Huawei affirme que les nouvelles revendications ne sont pas surprenantes, étant donné la dernière année de pression croissante.

Sans preuve, il est probablement plus facile de croire que l’administration américaine est simplement engagée dans une « ;campagne classique de dénigrement ;» à l’encontre d’un concurrent peu enclin à se laisser contrôler. Et puis, les États-Unis sont peut-être les seuls à soutenir de telles accusations, car ils se sont déjà eux-mêmes livrés à de telles pratiques en profitant de l’ascendant technologique de leurs sociétés dans le monde. Sinon, comment expliquer l’absence de preuves et le comportement hostile des décideurs US ;? Ne serait-il pas plus simple de présenter ces fameuses preuves pour clore le sujet ;ou de laisser tout le monde s’espionner gentiment ?

Source : WSJ

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
Comment expliquer l’absence de preuves et le comportement hostile des décideurs US à l'égard de Huawei ?
Ne serait-il pas plus simple de les présenter pour clore le sujet ?
Est-il préférable, selon vous, de se faire espionner par le gouvernement de son pays, plutôt que par un autre ?

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12  0 
Avatar de defZero
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 15/02/2020 à 22:56
Qu’en pensez-vous ?

Que Huawei est surement coupable de ce dont l’accuse les USA, mais, et c'est un gros mais, il y a deux choses que je trouve cocasse :
- D'un je ne pense pas que le gouvernement US est la moindre preuve de ce dont il accuse Huawei, sinon ils les auraient volontiers fait "fuité"
- Et de deux, le gouvernement US accuse Huawei et donc la Chine de choses dont il est lui même coupable, par le biais des boites US / Israélienne et autres rachats effectué par leurs services d' "Intelligence" depuis une 30e d’année.

Donc, en suivant le raisonnement du gouvernement US retranscrit dans les plaintes déposés et si la sécurité et véritablement leurs but, alors personnes ne devraient utiliser de technologies US et associés, non ?

Il est schizophrènes le gouvernement US ou bien ?
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Avatar de Acheumeuneu
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 19/02/2020 à 19:22
Les européens ont compris que Trump est un gros bidon et que les Etats-Unis apparaissent de moins en moins comme un allié fiable en tout cas tant que Moumoutte sera au pouvoir.
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Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 16/05/2020 à 13:44
Les États-Unis tentent de couper Huawei des fournisseurs mondiaux de puces,
alors que la Chine envisage des représailles

Le président Donald Trump a signé en mai 2019 un décret établissant les bases pour empêcher des entreprises de télécommunications chinoises telles que Huawei de vendre du matériel aux États-Unis, visant à neutraliser la capacité de Beijing à compromettre les réseaux sans fil et les systèmes informatiques américains de la prochaine génération. L’ordonnance interdit l’achat ou l’utilisation de toute technologie de communication produite par des entités contrôlées par « un adversaire étranger » et susceptible de créer un « risque de sabotage indu » des systèmes de communication américains ou des «effets catastrophiques» sur l’infrastructure américaine.

Suite à cette décision, Google a décidé de ne plus fournir de logiciels, de matériel informatique ou service technique à Huawei à l’exception des services disponibles en open source. L'éditeur d'Android a toutefois assuré que Google Play et les protections de sécurité de Google Play Protect continueront de fonctionner sur les appareils Huawei existants. En plus d’être coupé du système d’exploitation le plus vendu au monde, Huawei a vu certains des principaux concepteurs et fournisseurs de puces au monde suspendre également leurs relations commerciales jusqu’à nouvel ordre. Et récemment, la Maison-Blanche a prolongé un décret signé en mai 2019 et interdisant aux entreprises américaines d'utiliser des équipements de télécommunications fabriqués par des entreprises « présentant un risque pour la sécurité nationale », parmi lesquelles figurent Huawei ou encore ZTE.

Les USA vont encore plus loin. Vendredi dernier, l’administration Trump a décidé de bloquer les expéditions de semi-conducteurs vers Huawei Technologies par les fabricants de puces, non seulement aux USA, mais dans tout le monde entier. Le département américain du Commerce a déclaré qu’il modifiait une règle d’exportation pour « cibler stratégiquement l’acquisition de semi-conducteurs par Huawei qui sont le produit direct de certains logiciels et technologies américains ». Le ministère a ajouté que « l’annonce met fin aux efforts de Huawei pour saper les contrôles à l’exportation des États-Unis ».


Rappelons que les États-Unis tentent aussi de convaincre leurs alliés d’exclure les équipements Huawei des réseaux 5G de prochaine génération au motif que son équipement pourrait être utilisé par la Chine pour espionner. Bien-sûr, Huawei a, à plusieurs reprises, nié ces allégations. Selon le Département américain du Commerce, Huawei a continué d’utiliser des logiciels et des technologies américains pour concevoir des semi-conducteurs bien qu’il ait été placé sur une liste noire en mai 2019.

Une nouvelle règle, dévoilée par le Département du Commerce, élargit l'autorité américaine pour exiger des licences pour la vente à Huawei de semi-conducteurs fabriqués à l'étranger avec la technologie américaine, élargissant considérablement sa portée pour arrêter les exportations vers l'équipementier chinois. « Cette action fait passer l'Amérique en premier, les entreprises américaines en premier et la sécurité nationale américaine en premier », a déclaré un haut responsable du Département du Commerce. La plupart des fabricants de puces s’appuient sur des équipements produits par des sociétés américaines comme KLA, Lam Research et Applied Materials, selon un rapport publié l’an dernier par la société chinoise Everbright Securities.

La réaction de la Chine a été rapide, avec un rapport publié vendredi par le Global Times, un quotidien chinois, indiquant que Pékin était prêt à placer les entreprises américaines sur une "liste d'entités non fiables", dans le cadre de contre-mesures en réponse aux nouvelles limites imposées à Huawei. « La Chine prendra des contre-mesures énergiques pour protéger ses propres droits légitimes », si les États-Unis vont de l'avant avec le plan visant à empêcher les fournisseurs essentiels de puces, y compris TSMC basé à Taiwan, de vendre des puces à Huawei, a déclaré une source au Global Times dans une interview exclusive.

Les mesures comprennent l'ajout de sociétés américaines à la "liste d'entités non fiables" de la Chine, l'imposition de restrictions ou le lancement d'enquêtes sur des sociétés américaines comme Qualcomm, Cisco et Apple conformément aux lois et règlements chinois comme les mesures d'examen de la cybersécurité et la loi anti-monopole, et la suspension des achats d'avions de Boeing.

Source : Reuters

Et vous ?

Que pensez-vous de ces nouvelles mesures prises par les USA et la réaction de la Chine ?
Selon vous, Huawei pourra-t-il s'en sortir sans les semi-conducteurs du reste du monde ?

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Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 19/05/2020 à 8:32
La Chine injecte 2,2 milliards de dollars dans une entreprise locale de fabrication de puces,
Alors que Washington tente de couper Huawei des fournisseurs mondiaux de semi-conducteurs

La Chine continue de multiplier des manœuvres pour réduire sa dépendance à l'égard de la technologie américaine. Alors que Washington est en train de resserrer ses restrictions technologiques à l'égard de ce pays et de ses entreprises technologiques, les fonds soutenus par l'État chinois ont injecté 2,25 milliards de dollars dans une usine de fabrication de plaquettes de Semiconductor Manufacturing International Corp. (SMIC), l'un des principaux producteurs de semi-conducteurs de Chine, pour soutenir la fabrication de puces avancées, a rapporté Bloomberg.

Le capital social de l'usine de Semiconductor Manufacturing International Corp. passe par conséquent de 3,5 à 6,5 milliards de dollars après l'investissement, a déclaré la société dans une annonce publiée en chinois vendredi. La participation du fabricant de puces dans l'usine de Shanghai passera de 50,1 % à 38,5 %, selon Bloomberg. L'usine a une capacité de production de 6 000 plaquettes de 14 nanomètres par mois et prévoit de la porter à 35 000, soit une augmentation d’environ six fois.


SMIC est l'une des nombreuses entreprises de fabrication de puces qui incarnent l'espoir de Pékin de créer une industrie de semi-conducteurs autonome et de classe mondiale. La société cotée à Hong Kong, un fabricant de puces sur lequel Pékin compte pour réduire sa dépendance à l'égard de la technologie américaine, prévoyait un peu plus tôt ce mois une vente de jusqu'à 1,69 milliard de nouvelles actions sur le marché de Shanghai, selon Bloomberg.

SMIC prévoyait d'utiliser les recettes de cette vente pour développer la fabrication de puces de nouvelle génération afin d'essayer de concurrencer Intel Corp. et Taiwan Semiconductor Manufacturing Co. (TSMC). Cet effort intervient à un moment où l'administration Trump se préparait à renforcer les restrictions sur la vente de technologies à la Chine, menaçant de refuser aux entreprises nationales comme SMIC ou Huawei Technologies Co. l'accès à des composants et circuits essentiels.

« Stratégiquement, nous pensons que le SMIC coupe progressivement ses liens avec les marchés financiers américains, alors que la tension entre les États-Unis et la Chine s'intensifie à cause du Covid-19 et qu'un nouveau cycle de guerre commerciale se prépare », avaient écrit les analystes de Bernstein dans une note, d’après Bloomberg.

Washington a modifié ses règles pour empêcher Huawei de concevoir et de produire ses propres puces

Ce nouvel investissement chinois intervient alors que Washington a pris des mesures pour empêcher les ventes à Huawei Technologies par des fabricants de puces utilisant la technologie américaine. Le ministère du Commerce a déclaré vendredi qu'il exigerait des licences avant d'autoriser l'utilisation de la technologie américaine par l'entreprise chinoise ou ses 114 filiales, dont son unité de conception de puces HiSilicon.

Dans un communiqué publié le 13 mai, la Maison-Blanche a décidé de prolonger un décret signé en mai 2019 qui interdit aux entreprises américaines d'utiliser des équipements de télécommunications fabriqués par des entreprises « présentant un risque pour la sécurité nationale », parmi lesquelles figurent Huawei ou encore ZTE. Selon l’administration Trump, « les technologies ou de services d'information et de communication conçus, développés, fabriqués ou fournis par des personnes détenues, contrôlées ou soumises à la juridiction ou à la direction d'adversaires étrangers » comme Huawei et ses filiales continuent de constituer une menace contre les Etats-Unis. Pour cette raison, l'urgence nationale déclarée le 15 mai 2019 doit se poursuivre jusqu’en 2021.


Les actions de la Maison-Blanche ne se sont pas arrêtées là, la semaine dernière. Vendredi dernier, elle a décidé de bloquer les expéditions de semi-conducteurs vers Huawei Technologies par les fabricants de puces, non seulement aux USA, mais dans tout le monde entier. Le département américain du Commerce a déclaré qu’il modifiait une règle d’exportation pour « cibler stratégiquement l’acquisition de semi-conducteurs par Huawei qui sont le produit direct de certains logiciels et technologies américains ». Le ministère a ajouté que « l’annonce met fin aux efforts de Huawei pour saper les contrôles à l’exportation des États-Unis ».

Ce changement de règle élargit l'autorité américaine pour exiger des licences pour la vente à Huawei de semi-conducteurs fabriqués à l'étranger avec la technologie américaine, élargissant considérablement sa portée pour arrêter les exportations vers l'équipementier chinois. « Cette action fait passer l'Amérique en premier, les entreprises américaines en premier et la sécurité nationale américaine en premier », a déclaré un haut responsable du Département du Commerce. La plupart des fabricants de puces s’appuient sur des équipements produits par des sociétés américaines comme KLA, Lam Research et Applied Materials, selon un rapport publié l’an dernier par la société chinoise Everbright Securities.

La Chine a réagi spontanément à cette décision avec un rapport publié le même vendredi par le biais de Global Times, un quotidien chinois, indiquant que Pékin était prêt à placer les entreprises américaines sur une "liste d'entités non fiables", dans le cadre de contre-mesures en réponse aux au plan américain visant à bloquer les livraisons de semi-conducteurs à Huawei. La Chine a également déclaré être prête à lancer des enquêtes, à imposer des restrictions à des sociétés américaines telles qu'Apple, et à arrêter l'achat d'avions Boeing, d’après le quotidien chinois.

Tous les fabricants de puces du monde, y compris TSMC et SMIC, ont besoin de l'équipement des entreprises américaines pour fabriquer des puces pour tout, des smartphones aux superordinateurs. Mais la dernière mesure touche TSMC de manière disproportionnée, car elle compte sur Huawei pour environ 10 % de ses revenus, selon les estimations de Bloomberg.

« Nous suivons de près le changement des règles d'exportation américaines », a déclaré la TSMC dans un communiqué, suite à la décision américaine. « La chaîne d'approvisionnement de l'industrie des semi-conducteurs est extrêmement complexe, et est desservie par un large éventail de fournisseurs internationaux. Faisant partie de l'écosystème mondial des semi-conducteurs, TSMC entretient des collaborations à long terme avec des partenaires d'équipement du monde entier, y compris ceux situés aux États-Unis ».

« La Chine prendra des contre-mesures énergiques pour protéger ses propres droits légitimes », si les États-Unis vont de l'avant avec le plan visant à empêcher les fournisseurs essentiels de puces, y compris TSMC basé à Taiwan, de vendre des puces à Huawei, a déclaré une source au Global Times dans une interview exclusive.

Avec ce nouvel investissement, la Chine parie sur le fabricant de puces local pour pouvoir réduire la dépendance du pays à l'égard de la technologie américaine. Huawei a pris un bon nombre de décisions stratégiques pour aller de l’avant alors que les mesures de restrictions américaines persistent et qu’il est privé des ressources comme les applications Google sur ses smartphones. Mais jusqu’à quand ses premières puces seront-elles exportées à partir de ses propres usines ?

Source : Bloomberg

Et vous ?

Que pensez-vous du nouvel investissement chinois ?
Selon vous, cette initiative pourra-t-elle permettre à la Chine d’être à l’avenir indépendante de la technologie américaine ?

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Les USA ont-ils sous-estimé la capacité de Huawei à surmonter leur sanction ? Cela ne va-t-il pas encourager des alternatives à Play Store ?
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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 24/02/2020 à 6:20
Vous ne pouvez pas avoir d'applications Google sur votre téléphone Huawei parce que Donald Trump l'a dit,
Google dissipe la confusion et parle des produits Huawei concernés

Si vous avez un téléphone Huawei lancé après le 16 mai de l'année dernière, vous devrez vivre sans application Google telle que Gmail, YouTube et Google Maps - même le Play Store. Connu collectivement sous le nom de Google Mobile Services, Huawei n'a pas le droit d'obtenir une licence de Google pour utiliser son logiciel. .

Les restrictions sont en place pour les utilisateurs de Huawei car le gouvernement américain a placé Huawei sur liste noire. Aux États-Unis, toutes les entreprises, y compris Google, sont interdites d'avoir des relations avec toute entreprise figurant sur cette liste. Google explique que cela signifie qu'il « est interdit de travailler avec Huawei sur de nouveaux modèles d'appareils ou de fournir des applications de Google, notamment Gmail, Maps, YouTube, le Play Store et autres pour le préchargement ou le téléchargement sur ces appareils ».

Selon Google, il y a encore beaucoup de confusion autour de ce qui se passe, mais aussi sur les produits Huawei qui n’ont plus l’autorisation d’utiliser des services Google. Dans un billet de blog, Tristan Ostrowski, Android & Play Legal Director en a dit un peu plus sur la situation :

« Le 16 mai 2019, le gouvernement américain a placé Huawei sur son Entity List. Cette action gouvernementale interdit à toutes les entreprises américaines, y compris Google, de collaborer avec Huawei.

« Cela signifie qu'il est interdit à Google de travailler avec Huawei sur de nouveaux modèles d'appareils ou de fournir des applications de Google, notamment Gmail, Maps, YouTube, le Play Store et autres, pour le préchargement ou le téléchargement sur ces appareils.

« Notre objectif a été de protéger la sécurité des utilisateurs de Google sur les millions d'appareils Huawei existants dans le monde. Nous avons continué à travailler avec Huawei, conformément aux réglementations gouvernementales, pour fournir des mises à jour de sécurité et des mises à jour des applications et services de Google sur les appareils existants, et nous continuerons à le faire aussi longtemps que cela est autorisé. Pour être clair: la loi américaine autorise actuellement Google à ne travailler avec Huawei que sur les modèles d'appareils disponibles au public au plus tard le 16 mai 2019.

« Nous avons continué de recevoir un certain nombre de questions sur les nouveaux appareils Huawei (par exemple, les nouveaux modèles lancés maintenant ou les modèles antérieurs lancés après le 16 mai 2019 mais maintenant disponibles dans de nouvelles régions du monde) et si les applications et services de Google peuvent être utilisés sur ces appareils. Nous voulions fournir des conseils clairs à ceux qui posaient ces questions importantes ».

Et l’entreprise a mis en exergue la déclaration suivante : « En raison de restrictions gouvernementales, les applications et services de Google ne sont pas disponibles pour la précharge ou la charge latérale sur les nouveaux appareils Huawei ».


Le billet de blog continue comme suit :

« Pour protéger la confidentialité des données des utilisateurs, la sécurité et sauvegarder l'expérience globale, le Google Play Store, Google Play Protect et les principales applications de Google (y compris Gmail, YouTube, Maps et autres) ne sont disponibles que sur les appareils certifiés Play Protect.

« Les appareils certifiés Play Protect passent par un examen de sécurité et un processus de test de compatibilité rigoureux, effectués par Google, pour garantir la sécurité des données utilisateur et des informations sur les applications. Ils proviennent également de l'usine avec notre logiciel Google Play Protect, qui offre une protection contre l'appareil compromis.

« Il s'agit de notre approche de longue date en matière de sécurité et de confidentialité des utilisateurs et elle est appliquée de manière cohérente dans tous les fabricants d'appareils.

« En raison des restrictions gouvernementales décrites ci-dessus, les nouveaux modèles d'appareils Huawei mis à la disposition du public après le 16 mai 2019 n'ont pas pu passer par ce processus de sécurité et ils n'auront pas préchargé Play Protect. Par conséquent, ils sont considérés comme "non certifiés" et ne pourront pas utiliser les applications et les services de Google.

« En outre, les applications Google téléchargées latéralement ne fonctionneront pas de manière fiable, car nous ne permettons pas à ces services de s'exécuter sur des appareils non certifiés où la sécurité peut être compromise. Le chargement latéral des applications de Google comporte également un risque élevé d'installer une application qui a été modifiée ou falsifiée de manière à compromettre la sécurité des utilisateurs.

« Pour vérifier si votre appareil est certifié, ouvrez l'application Google Play Store sur votre téléphone Android, appuyez sur "Menu" et recherchez "Paramètres". Vous verrez si votre appareil est certifié sous "Certification Play Protect" ».

En somme, les produits Huawei commercialisés au plus tard le 16 mai 2019 peuvent continuer à bénéficier de ces mises à jour pour l'instant. Mais tous ceux qui sont arrivés plus tard sont considérés comme « non certifiés », car Google n'a pas été en mesure de soumettre ces appareils à ses contrôles de sécurité « rigoureux » et le logiciel Google Play Protect, qui peut détecter quand un matériel a été compromis, n’y est pas préchargé.

Mais Google a un avertissement pour les clients possédant des produits Huawei plus récents: n'essayez pas de charger Gmail, YouTube, le Play Store ou d'autres logiciels Google sur ces appareils non certifiés (sous-entendu hors de Google Play) étant donné que l'entreprise ne peut pas garantir s’il s’agit des applications originales ou si elles sont exemptes de logiciels malveillants.

Google essaie d'éviter le côté politique de la chose, tout en dissuadant le public de passer par un téléchargement latéral pour garder l'accès aux services populaires de l'entreprise.

Source : Google

Et vous ?

Disposez-vous d'un téléphone Huawei ?
Si non, un téléphone Android sans les services Google est-il susceptible de vous intéresser quand même ?
Que pensez-vous du conseil de Google de ne pas télécharger ses applications en dehors de Google Play ?
En faire un billet sur son forum d'aide constituerait-il la meilleure communication pour le grand public sur la situation ?
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Avatar de Patrick Ruiz
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 14/07/2020 à 22:16
Le Royaume-Uni annonce le retrait total des équipements de Huawei de son réseau 5G d’ici à 2027
S’alignant ainsi sur la position de Donald Trump sur la Chine

La campagne mondiale des États-Unis pour empêcher ses alliés les plus proches d'utiliser Huawei n’avait jusqu’ici pas porté de fruits ; du moins, pour ne citer que le cas du Royaume-Uni qui, au mois de janvier de l’année en cours, a autorisé l’entreprise chinoise à participer au déploiement de la 5G sur son territoire. On est désormais en plein revirement puisque le gouvernement britannique annonce le retrait total des équipements de Huawei de son réseau 5G d’ici à 2027. Le Royaume-Uni finit par s’aligner sur la position de Donald Trump sur la Chine.

Les équipements de réseau de Huawei vont être retirés des réseaux 5G du Royaume-Uni. Les opérateurs de télécommunications ne seront pas autorisés à acheter de nouveaux équipements de télécommunications 5G à la société chinoise à partir de janvier prochain. Ils disposent de sept ans pour retirer la technologie existante du constructeur chinois de leur infrastructure 5G. Voilà en substance le contenu de la récente annonce du gouvernement britannique au sujet de ses choix en matière de déploiement de la technologie 5G sur son territoire.

On part donc d’une situation où Huawei plafonne à 35 % de parts de marché (avec des équipements écartés de parties centrales du réseau ou de zones géographiquement sensibles) à une autre où l’entreprise va voir ses équipements complètement retirés des réseaux 5G du pays. La décision va retarder le déploiement de la 5G de deux à trois ans et introduire des dépenses additionnelles estimées à 2,5 milliards de dollars.

Au cours des derniers mois, le gouvernement britannique a subi une pression croissante, tant à l’internationall, pour que Huawei soit totalement mis en touche. Cette pression tire ses racines des craintes des experts en sécurité que les équipements de Huawei constituent un risque pour la sécurité nationale en permettant à Pékin d'espionner les pays occidentaux. La pression internationale est venue principalement des États-Unis. Depuis mai 2019, Huawei est sur une liste d’entités qui ne peuvent pas se fournir en technologies auprès des entreprises américaines.

Au mois de mai de l’année en cours, les USA ont même durci leur position en annonçant de nouvelles sanctions contre Huawei. En vertu de ces nouvelles mesures qui doivent entrer en vigueur en septembre, Huawei et ses fournisseurs (comme le fabricant de puces TSMC) ne peuvent pas utiliser la technologie américaine pour concevoir ou produire les produits de Huawei. C’est notamment sur cette dernière mesure que la décision du Royaume-Uni de se passer de Huawei s’appuie. Son application implique, d’après un rapport du service de renseignements électroniques du Royaume-Uni, que l’impossibilité pour Huawei de faire usage de la technologie américaine signifie que les équipements du constructeur chinois sont douteux du point de vue de la sécurité.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a également subi des pressions de l'intérieur de son propre parti. Le gouvernement a essuyé la plus grande défaite de son mandat actuel en mars dernier. 38 députés conservateurs votaient contre le gouvernement en faveur d'un amendement demandant la fin de l'utilisation d'équipements Huawei dans les réseaux 5G du pays d'ici 2023. Bien que le gouvernement a remporté le vote, l'incident a mis la pression sur le premier ministre britannique pour qu'il adopte une position plus ferme.


En réponse à la nouvelle, un porte-parole de Huawei a qualifié la décision de décevante et a déclaré que la société est confiante que les nouvelles sanctions américaines n'affecteront pas la résilience ou la sécurité des produits qu’elle fournit au Royaume-Uni. Il a jouté que ces sanctions étaient motivées par la politique commerciale américaine plutôt que par la sécurité et a exhorté le gouvernement britannique à reconsidérer sa décision.

La manœuvre devrait toutefois profiter à Nokia et Ericsson qui sont les deux autres principaux fournisseurs de kits 5G.

« Nous avons la capacité et l'expertise nécessaires pour remplacer tout l'équipement Huawei des réseaux britanniques à l'échelle et à la vitesse voulues, ce, avec un impact minimal sur les personnes qui utilisent les réseaux de nos clients », a déclaré Nokia.

« Cette décision lève l'incertitude qui ralentissait les investissements autour du déploiement de la 5G au Royaume-Uni et nous sommes prêts à travailler avec les opérateurs britanniques pour respecter leur calendrier », a ajouté Ericsson.

Le gros bémol derrière est qu’il s’agit d’entreprises qui fabriquent leurs équipements en Chine, ce qui dans la logique devrait aussi poser problème aux USA. En juin, le ministère américain de la défense a publié une liste de 20 sociétés qui, selon lui, avaient des liens étroits avec l'armée chinoise. Parmi elles figurait Panda Electronics, la société avec laquelle Ericsson dirige une usine de fabrication dans la ville chinoise de Nanjing.

Sources : gov.uk, Reuters 1, 2, 3

Et vous ?

Quelle lecture faites-vous de cette décision ?

Voir aussi :

5G en Europe : Stéphane Richard, le PDG d'Orange, s'oppose à l'exclusion de Huawei, une réponse au Commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton
Très critiquée, la loi « anti-Huawei » pour sécuriser la 5G est désormais une réalité, mais elle ne discrimine pas un équipementier en particulier
Le blocus Huawei de Trump fléchit en Europe, qui ne veux pas prendre de retard dans le déploiement de la 5G
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Avatar de Axel Lecomte
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 28/01/2020 à 14:56
5G en Europe : Stéphane Richard, le PDG d'Orange, s'oppose à l'exclusion de Huawei
une réponse au Commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton

Lors de la présentation de ses vœux à la presse le 23 janvier à Paris, Stéphane Richard, PDG d'Orange, a été questionné sur les mesures qui seront annoncées par Bruxelles concernant la sécurisation des réseaux 5G dans l'Union européenne. Et il a clairement montré son opposition à une exclusion de la firme chinoise.


Stéphane Richard, PDG d'Orange

« Je suis contre l'exclusion de Huawei », a fermement affirmé Stéphane Richard. Cette déclaration semble être une réponse à Thierry Breton, Commissaire européen au Marché intérieur, qui avait dit que le déploiement de la 5G ne serait pas retardé si les équipementiers européens sont privilégiés. En effet, pour l'ex-responsable de France Télécom, « l'Europe, y compris l'Allemagne bien sûr, est sur la bonne voie. Nous ne sommes pas et ne serons pas en retard en Europe sur le déploiement de la 5G ». De plus, l'Europe devrait garder sa « souveraineté technologique » en pensant à disposer d'alternatives nationales dans des domaines stratégiques.

« J'espère que nous n'irons pas vers une exclusion de fait, qui ne serait pas dans l'intérêt de l'Europe. Je peux parfaitement admettre que l'on fasse jouer une préférence européenne [Ericsson et Nokia], d'autres privilégient leurs entreprises. Mais doit-on écarter Huawei ? C'est un pas que je ne franchis pas », réagit alors Stéphane Richard.

Cette déclaration intervient au moment où l'Europe doit décider d'intégrer ou non les équipements Huawei dans le lancement de nouveaux réseaux 5G. En effet, les États-Unis accusent les autorités chinoises d'utiliser les équipements du chinois afin d'espionner et d'empêcher les réseaux de télécommunications de fonctionner normalement. Récemment, l'administration Trump a d'ailleurs demandé au Vieux Continent d'exclure la firme chinoise dans ses réseaux 5G.

Le chinois a une avance technologique par rapport à ses concurrents dans la 5G, en plus du fait qu'Orange utilise les équipements ou services Huawei dans ses réseaux à l'international (mais pas en France), notamment en Roumanie. Pour certains, cette exclusion va donc mettre beaucoup de pression sur Ericsson et Nokia puisque leurs équipements et solutions sont plus chers et moins avancés que ceux de la firme.

Source : Reuters

Et vous ?

Que pensez-vous de cette déclaration de Stéphane Richard ?

Voir aussi :

Abandonner les équipements Huawei retarderait le déploiement de la 5G en Europe « de probablement deux ans », selon le PDG de Vodafone
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