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La Chine demande aux bureaux du gouvernement de supprimer tout le matériel et logiciels étrangers,
Dans un élan d'incitation à l'utilisation des technologies locales, d'après un rapport

Le , par Stan Adkens

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Alors que les relations commerciales sont davantage tendues entre Pékin et Washington, la Chine est déterminée à accroître son indépendance en prenant d'autres mesures pour retirer la technologie étrangère des organismes d'État et d'autres organisations, d’ici trois ans, a rapporté le Financial Times. La directive du gouvernement chinois est susceptible d'être un coup dur pour les multinationales américaines comme HP, Dell et Microsoft, et vient en réponse aux tentatives de Washington de limiter l'utilisation de la technologie chinoise.

Pékin remplacera probablement plus 20 millions d'ordinateurs dans les agences gouvernementales par des produits nationaux au cours des trois prochaines années, selon une étude de China Securities, une société de courtage, citée par le Financial Times. Plus de 100 projets d'essai de produits nationaux ont été achevés en juillet, a indiqué la société. Le journal avait déclaré plus tôt cette année que le Bureau central du Parti communiste avait ordonné aux bureaux de l'État et aux institutions publiques de se détourner du matériel et des logiciels étrangers aux États-Unis et chez ses alliés.


Les Etats-Unis ont progressivement éloigné les entreprises chinoises du marché américain de la technologie. Huawei a fait l'objet d'un examen minutieux aux États-Unis, où des représentants du gouvernement affirment que la société représente une menace pour la sécurité nationale et qu'elle pourrait être utilisée comme navire d'espionnage par le gouvernement chinois. En février, le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a mis en garde les alliés du pays contre l'utilisation de la technologie Huawei, affirmant qu'il serait plus difficile pour Washington de « s'associer avec eux ».

Le président Donald Trump a signé un décret en mai dernier qui empêche des entreprises de télécommunications chinoises telles que Huawei de vendre du matériel aux États-Unis, visant à neutraliser la capacité de Beijing à compromettre les réseaux sans fil et les systèmes informatiques américains de la prochaine génération. Dans le même élan, le ministère américain du Commerce a pris une mesure distincte interdisant aux entreprises américaines de traiter avec Huawei et 70 affiliés en les ajoutant à la « liste d'entités » américaine. Mais Huawei a toujours nié tout acte répréhensible qui lui est reproché par les Etats-Unis.
Selon le Financial Times, la nouvelle directive est la première instruction publique connue avec des objectifs spécifiques donnés aux acheteurs chinois pour qu'ils se tournent vers des fournisseurs de technologie nationaux. Mais, cette décision s'inscrit dans le cadre d'une campagne plus large visant à accroître la dépendance de la Chine à l'égard des technologies locales. Bloomberg News a rapporté en 2014 que Pékin visait à éliminer la plupart des technologies étrangères de ses banques, de l'armée, des agences gouvernementales et des entreprises publiques d'ici 2020. Et les politiques commerciales agressives du président américain Donald Trump à l'encontre de la Chine et de ses principales entreprises ont donné un nouvel élan à cet effort.

Brock Silvers, directeur général d'Adamas Asset Management a déclaré : « La guerre commerciale a mis en évidence divers points faibles de l'économie chinoise, que Pékin semble déterminé à corriger ». « Si la décision pousse Trump à interdire plus vigoureusement la technologie chinoise, la Chine pourrait un jour regretter d'avoir rendu publique sa politique si tôt », a-t-il ajouté, d’après un rapport de Bloomberg News.

La directive chinoise est un coup dur pour les multinationales américaines

Le Financial Times a rapporté que la décision avait été prise par le Bureau central du Parti communiste chinois plus tôt cette année. Selon le journal, les analystes de China Securities estiment que 20 à 30 millions de pièces de matériel – qui viennent pour la plupart des Etats-Unis – devront être remplacées à la suite de la directive chinoise, avec un remplacement à grande échelle dès l'année prochaine. Les substitutions se feraient au rythme de 30 % en 2020, de 50 % en 2021 et de 20 % l'année suivante, d'où le surnom de « politique 3-5-2 ».

Les employés de deux firmes de cybersécurité, qui ont demandé à garder l'anonymat, ont donné plus d’information au journal. Selon eux, la politique 3-5-2 s'inscrit dans le cadre d'une campagne visant à inciter les organismes gouvernementaux et les exploitants d'infrastructures essentielles de la Chine à utiliser une technologie « sûre et contrôlable », comme le prévoit la loi sur la cybersécurité adoptée par le pays en 2017. Mais contrairement aux pressions précédentes en faveur de l'autosuffisance technologique, les récentes sanctions américaines ont rendu le projet plus urgent, a déclaré Paul Triolo du cabinet de conseil Eurasia Group.

« Le programme 3-5-2 de la Chine n'est que la pointe de l'iceberg », a déclaré M. Triolo. « L'objectif est clair : parvenir à un espace largement libéré des menaces auxquelles ZTE, Huawei, Megvii et Sugon sont aujourd'hui confrontés », a-t-il ajouté, citant d’autres entreprises chinoises qui, ces deux dernières années, ont été empêchées d'acheter à des fournisseurs américains.


En plus du rythme de remplacement est ambitieux, le Financial Times a rapporté que les bureaux du gouvernement ont déjà tendance à utiliser les ordinateurs de bureau de Lenovo, à la suite de l'acquisition par l'entreprise de la division des ordinateurs personnels du géant américain IBM. Et le changement est d’autant plus important que, selon les estimations des analystes de Jefferies, les entreprises technologiques américaines génèrent jusqu'à 150 milliards de dollars par an de revenus en provenance de Chine, bien qu'une grande partie de ces revenus provienne d'acheteurs du secteur privé.

On peut dire que les géants américains ont été prévenus. En juin dernier, des représentants du gouvernement chinois auraient convoqué une série de réunions au cours desquelles ils auraient mis en garde de nombreuses entreprises de technologie contre des « conséquences désastreuses » que pourrait avoir leur coopération avec l'interdiction américaine de continuer de faire des affaires avec Huawei.

Il sera difficile pour la Chine de remplacer les technologies étrangères par des alternatives domestiques

À partir de l'année prochaine, des industries clés telles que la finance, l'énergie et les télécommunications mettront à l'essai un plus grand nombre de produits nationaux dans le cadre d'essais qui pourraient durer des années, a rapporté Bloomberg News en citant l’étude de la société de courtage. Les banques chinoises sont censées passer des produits d’IBM et d’Oracle à des fournisseurs d'architecture X86 plus diversifiés, puis à du matériel entièrement fabriqué en Chine. La Chine aurait décidé d'adopter l'architecture ARM pour son matériel domestique, d’après l’étude de China Securities cité par Bloomberg News.

« La guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis pourrait également contribuer à créer un nouveau marché pour les produits faits maison », a écrit Shi Zerui, analyste des valeurs mobilières de Chine.

Cependant, les analystes disent qu'il sera difficile de remplacer les logiciels étrangers par des alternatives domestiques, car la plupart des fournisseurs chinois de logiciels développent des produits pour les systèmes d'exploitation américains populaires tels que Windows de Microsoft et MacOS d'Apple.

Selon le Financial Times, il est également difficile de définir ce qu'est un « produit national » dans ce contexte. Car, bien que Lenovo soit une société chinoise qui assemble de nombreux produits en Chine, ses processeurs informatiques sont fabriqués par Intel et ses disques durs par Samsung. Il serait encore difficile pour l’industrie nationale de se passer des produits des fournisseurs de semi-conducteurs tels que comme Intel Corp. et Nvidia Corp. ainsi que des logiciels de Microsoft Corp. et Apple Inc.

De plus, les systèmes d'exploitation chinois faits maison, tels que Kylin OS, ont un écosystème beaucoup plus restreint de développeurs produisant des logiciels compatibles, selon le Financial Times.

Que la Chine veuille abandonner la technologie étrangère au profit de la technologie nationale, c’est tout à son honneur, mais vouloir le faire en trois ans, cela voudrait dire que le pays est déjà bien avancé dans ses plans bien avant qu'ils ne soient dévoilés. Aussi, les entreprises privées voudront-elles suivre plus tard ce mouvement, alors qu’elles ont fait des investissements importants dans la technologie étrangère ?

Sources : The Financial Times

Et vous ?

Que pensez-vous de la directive chinoise ?
Selon vous, la Chine peut-elle remplacer la technologie étrangère en 3 ans ?
Les entreprises privées voudront-elles suivre ce mouvement ?
Selon vous, les multinationales américaines sont-elles exposées à des risques avec ce changement ?

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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 19/02/2020 à 8:20
Huawei serait-il en train de prendre l'avantage sur le bras de fer l'opposant aux États-Unis ?
Les Américains ne parviennent pas à pousser la Grande-Bretagne et l'Allemagne à bannir l'entreprise

La campagne mondiale des États-Unis pour empêcher ses alliés les plus proches d'utiliser Huawei, la grande enseigne chinoise des télécommunications, dans le déploiement de la prochaine génération de réseaux sans fil semble ne pas porter ses fruits ; les dirigeants des nations alliées révoquent l'argument des États-Unis selon lequel l'entreprise représente une menace à leur sécurité.

Une situation qui a conduit les responsables américains qui, jusqu’à lors, étaient restés plutôt vagues et maintenaient le secret sur les éventuelles preuves susceptibles de confirmer les soupçons qui pèsent sur Huawei en matière d’espionnage technologique, à affirmer détenir des preuves que Huawei installe et entretient des portes dérobées dans les réseaux de télécommunications du monde entier où l’entreprise a pu gagner des marchés, à commencer par les équipements 4G vendus en 2009. Washington a été contraint de partager ces éléments de preuve avec le Royaume-Uni et l'Allemagne.

La Grande-Bretagne a déjà qualifié de bluff les décisions de l'administration Trump, pariant que les responsables reculeraient devant leur menace de cesser de partager des informations avec tout pays utilisant des équipements Huawei dans son réseau. Elle a décidé de ne pas céder à la pression américaine.

L'Allemagne lui a emboîté le pas, malgré un flot alterné de promesses et de menaces du secrétaire d'État Mike Pompeo, du secrétaire à la Défense Mark T. Esper et d'autres responsables américains lors d'une conférence mondiale sur la sécurité à Munich le week-end dernier.

Dans des discours publics et des conversations privées, Pompeo et Esper ont continué à rappeler les dangers de laisser une entreprise chinoise dans des réseaux qui contrôlent les communications critiques, disant que cela donnerait au gouvernement chinois la capacité d'espionner (ou, en temps de conflit, de couper) ces réseaux. Les risques pour la sécurité sont si graves, ont-ils averti, que les États-Unis ne pourraient plus partager de renseignements avec aucun pays dont le réseau utilise Huawei.

« Si les pays choisissent d'emprunter la voie Huawei », a déclaré Esper aux journalistes samedi, « cela pourrait bien mettre en péril tout le partage d'informations et le partage de renseignements dont nous avons parlé, et cela pourrait saper l'alliance, ou du moins notre relation avec ce pays ».


Une méthode qui s’essouffle

Pourtant, les responsables sentent que leur rythme continu d'avertissements perd de son efficacité en Europe, de sorte que l'administration modifie son approche. Les États-Unis visent maintenant à paralyser Huawei en étouffant son accès à la technologie américaine dont ils ont besoin et en essayant de concocter une alternative américano-européenne viable pour la concurrencer.

À en croire les récentes informations rapportées par le quotidien londonien Financial Times, l’administration Trump pourrait envisager de subventionner (à travers des crédits) les concurrents de Huawei, à savoir le suédois Ericsson et le finlandais Nokia (qui a avalé le franco-américain Alcatel-Lucent) pour les rendre plus attractifs auprès des opérateurs télécom. Selon les analyses du journal, ce geste revient à admettre que Huawei est clairement le moins cher. Cela pourrait aussi signifier que malgré la position actuelle délicate de Huawei, bon nombre d’opérateurs télécom dans le monde ont tout de même du mal à le concurrencer.

Selon le Financial Times, Washington serait prêt à délivrer des crédits à Ericsson et Nokia pour leur permettre de mieux résister au géant chinois. Parallèlement, les États-Unis tentent de convaincre des sociétés américaines de se lancer sur le marché des équipements 5G. Le Financial Times a expliqué que l'objectif de Washington est de permettre à ces entreprises de s'aligner commercialement avec Huawei qui propose des conditions de financement généreuses (grâce au soutien des banques de Pékin) à ses clients et des délais de paiement plus longs.

Le combat contre Huawei n'est qu'une partie d'une plus grande bataille américano-chinoise, alors que Washington essaie de contenir l'influence et le pouvoir de Pékin et de s'assurer que la deuxième économie mondiale ne domine pas les industries avancées qui pourraient lui donner un avantage économique et militaire. Cela inclut les réseaux de télécommunications de nouvelle génération que Huawei construit, connus sous le nom de 5G. Ces réseaux ultrarapides contrôleront les communications, les infrastructures critiques et, ce qui est le plus inquiétant pour les responsables américains, les appareils « Internet des objets » qui contrôlent déjà les usines, les véhicules autonomes et les opérations quotidiennes des bases militaires.

Les États-Unis tentent également de limiter plus largement l'accès de la Chine aux technologies américaines et envisagent de restreindre les ventes de micropuces, d'intelligence artificielle, de robotique et de certains types de logiciels avancés, ainsi que d'empêcher les entreprises technologiques de s'associer (ou même de faire de la recherche) avec les entreprises chinoises.


Une action en justice

La semaine dernière, des procureurs américains ont accusé l’entreprise Huawei d’avoir volé des secrets commerciaux pour soustraire des technologies clés à d’autres entreprises et chercheurs aux États-Unis et renvoyer ces informations en Chine. Les procureurs affirment que Huawei a même mis en place un système de primes pour les employés qui pourraient voler la meilleure technologie et a aidé l’Iran à traquer des manifestants. Le nouvel acte d’accusation qui remplace celui qui a été rendu public l’année passée et déposé devant la Cour fédérale de Brooklyn, à New York.

En tout, la société Huawei est poursuivie par le gouvernement américain pour 16 chefs d’accusation. Une panoplie de techniques aurait permis à la firme de Shenzhen de réduire ses coûts en matière de R/D et de prendre un avantage non négligeable sur ses concurrents. On peut voir dans le dossier d’accusation que le géant Huawei et certaines de ses filiales sont poursuivis pour conspiration, violation d’une loi sur le racket utilisée en général pour lutter contre le crime organisé, vol des secrets commerciaux dans six entreprises américaines, mais aussi pour fraude et blanchiment d’argent.

Le dossier d'accusation contient en outre de nouvelles allégations concernant l’implication de l’entreprise dans des pays faisant l’objet de sanctions (Iran et la Corée du Nord notamment) établies par les USA et affirme, entre autres, qu'elle a installé en Iran du matériel de surveillance qui a été utilisé pour surveiller, identifier et séquestrer des manifestants lors des manifestations antigouvernementales de 2009 à Téhéran.

Les nouvelles allégations de vol de secrets commerciaux proférées par l'Oncle Sam concernent le détournement (par des moyens physiques ou autres) de la technologie liée aux antennes cellulaires, de la technologie robotique, du code source et des manuels d’utilisation de routeurs. Huawei est aussi accusé d’avoir élaboré un programme récompensant les employés-informateurs ayant détourné et transmis le plus de données confidentielles sur ses concurrents, de recruter des employés d’autres entreprises, de faire des efforts pour obtenir la propriété intellectuelle de ces entreprises et d’utiliser des professeurs d’instituts de recherche et divers autres moyens pour s’approprier des technologies protégées par le droit d’auteur.

Les nouvelles accusations ont été ajoutées à un ensemble plus large déposé en 2019 qui accusait la société et son directeur financier, Meng Wanzhou, de fraude et d'évasion de sanctions. Dans le cadre de cette affaire, l'administration Trump a fait pression sur le Canada pour extrader Meng, qui a été arrêtée fin 2018 à Vancouver à la demande de responsables américains, afin qu'elle puisse faire face à des accusations aux États-Unis. Meng est la fille aînée du fondateur de Huawei, Ren Zhengfei.

Un bouc émissaire trop « complexe » pour les États-Unis ?

Ce mois-ci, l'administration devrait essayer de resserrer encore l’étau autour d’Huawei en fermant une échappatoire qui a permis à la société de continuer à acheter des pièces et des produits à des sociétés américaines, malgré l'interdiction imposée par l'administration Trump de vendre à Huawei. Alors que le Pentagone s'est initialement opposé à cet effort, craignant que cela ne nuise aux fournisseurs de matériel de défense, il a maintenant inversé sa position sous la pression d'autres responsables administratifs.

Mais l'effort pour handicaper Huawei a été compliqué par le manque d'alternative à la société, qui propose des équipements de télécommunications à bas prix partiellement subventionnés par le gouvernement chinois. À l'heure actuelle, les seuls véritables concurrents sont Nokia et Ericsson, deux entreprises européennes qui affirment avoir déployé plus de réseaux 5G que Huawei, mais ont clairement du mal à égaler ses prix ou à suivre la recherche et le développement de l'entreprise chinoise.

Aussi, l'administration Trump s’est empressée de présenter aux pays européens et autres une autre option. En l'espace de 10 jours, le procureur général William P. Barr, le vice-président Mike Pence et d'autres responsables ont proposé différentes stratégies américaines pour construire un concurrent crédible pour Huawei. Pourtant, parfois, ils se contredisent, souvent en public.

Lors de réunions privées, Trump a exhorté les entreprises américaines à se lancer elles-mêmes dans la compétition. Mais l'administration est profondément divisée en interne sur la question de savoir si les États-Unis doivent investir dans la technologie ou quitter le marché pour la régler.

Barr s’est encore illustré dans un discours ce mois-ci où il a appelé à l'acquisition américaine de Nokia et d'Ericsson « par la propriété américaine d'une participation majoritaire, soit directement, soit par le biais d'un consortium de sociétés privées américaines et alliées ».

« Nous et nos alliés les plus proches devons certainement envisager activement cette approche », a estimé Barr.

Source : NYT

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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 16/07/2020 à 9:32
Huawei voudrait court-circuiter les approvisionnements d'entreprises US via la juridiction US sur les brevets,
afin de lutter contre l'administration Trump qui l'a écarté du marché de l'infrastructure réseau

Mettre Huawei sur liste noire l'a peut-être empêché de profiter des licences sur une technologie américaine critique, mais Huawei cherche à générer des revenus par d'autres moyens. Huawei a déposé des demandes de violation de brevet contre Verizon ainsi que pour des produits que Verizon acquiert auprès d'autres sociétés américaines telles que Cisco et Hewlett-Packard ; Huawei exige le paiement de royalties pour des centaines de brevets. Les brevets de Huawei ne sont pas nécessairement utilisés dans les produits des entreprises, mais Huawei est autorisé à utiliser le processus juridique pour contraindre le tribunal à se pencher sur les informations confidentielles de Verizon et de ses fournisseurs. Des observateurs pensent que Huawei pourrait alors utiliser illégalement ces données pour enrichir ses connaissances sur les produits et technologies de ses concurrents.

Pour ne rien arranger, un changement de politique des États-Unis sur les technologies standardisées a involontairement suralimenté le jeu de brevets de Huawei, donnant la possibilité au Chinois de revenir sur ses engagements antérieurs d'accorder des licences équitables sur ses brevets. Cela pourrait empêcher les titulaires de licence en aval d'expédier et de vendre des produits, ce qui pourrait nuire à de nombreuses entreprises américaines.

En ce qui concerne l'industrie mobile, l'analyste Richard Windsor explique que si la 5G était un avion, les brevets des moteurs, les ailerons et les ailes (les brevets essentiels standard ou SEP) sont détenus par Qualcomm, Nokia et Ericsson tandis que Huawei détient les brevets pour les chariots de boissons ainsi que pour les sièges. En 2019, Nokia a généré 740 millions de dollars de revenus en royalties ; Ericsson, environ 800 millions de dollars. Le seul chiffre comparable pour Huawei est un « gain / (perte) net » de 98 millions de dollars pour 2018, noté dans ses états financiers. Ce chiffre montre la faible valeur des brevets de Huawei.

Cependant, bien que tous les brevets ne soient pas égaux, les titulaires de brevets ont un accès égal aux tribunaux américains. En tant que tel, Huawei, récemment considéré comme une société-écran pour l'armée chinoise, utilise ses brevets de manière spéculative alors qu'il fait face à un éventail d'accusations : vol de secrets commerciaux, fraude électronique et obstruction à la justice ; blanchiment d'argent, complot en vue de frauder les États-Unis et violations des sanctions ; et complot de racket et complot pour voler des secrets commerciaux.


Les technologies standardisées utilisées dans de nombreuses entreprises et produits (5G, Bluetooth, WiFi, etc.) sont basées sur les propriétaires de brevets qui acceptent volontairement de concéder sous licence leurs brevets en vertu des accords FRAND (équitables, raisonnables et non discriminatoires). Les propriétaires de brevets adoptent cette structure, car elle leur permet de tirer des revenus de leurs brevets tandis que d'autres entreprises paient des frais pour mettre en œuvre la norme (souvent de manière innovante, en générant des produits plus nombreux, différents et meilleurs pour le consommateur). Mais FRAND et d'autres accords de bonne foi contraignent également les titulaires de SEP, les empêchant de s'engager dans des pratiques de licence discriminatoires telles que refuser à un concurrent l'accès à la technologie. Une fois qu'un accord FRAND est conclu, les titulaires de brevets ne peuvent plus reculer et retenir captives les entreprises en refusant d'accorder une licence. Comme l'explique Michael Rosen, avocat plaidant en matière de brevets et associé à l'American Enterprise Institute, « les propriétaires de SEP sont, par définition, obligés de négocier de bonne foi pour fournir une licence aux conditions FRAND. S'ils abusent de leurs obligations FRAND, ils ne devraient pas avoir le droit d'en récolter les bénéfices ».

Auparavant, la politique américaine obligeait en fait les titulaires de SEP à tenir leurs accords FRAND. Cependant, la nouvelle politique publiée conjointement en 2019 par le ministère de la Justice (DOJ), le US Patent and Trademark Office (USPTO) et le National Institute of Standards and Technology (NIST), modifie l'équilibre des pouvoirs entre le propriétaire et le licencié du SEP en supprimant d'importants obstacles juridiques au refus d'un titulaire de brevet de concéder sous licence ses brevets à des concurrents ou à des fournisseurs de composants. Huawei, malheureusement, est susceptible de militariser ce changement pour punir les entreprises américaines. En outre, Huawei peut également refuser d'accorder des licences à des fournisseurs de composants tiers pour les entreprises américaines, voire demander une injonction pour fermer efficacement les chaînes d'approvisionnement pour les produits américains.

Il est probable que l'administration Trump n'avait tout simplement pas réfléchi à la manière dont Huawei retournerait la loi américaine sur les brevets contre les entreprises américaines, car le président Donald Trump et son équipe ont constamment mené la charge pour débarrasser les infrastructures de communication aux États-Unis et chez leurs alliés du contrôle des entreprises chinoises, en particulier en ce qui concerne la 5G. Néanmoins, le Ministère pourrait étouffer cette initiative de l'entreprise chinoise dans l’œuf en clarifiant quelles parties peuvent demander une licence et en interdisant que des injonctions soient introduites par des parties qui ont accepté un engagement FRAND. Dans cette optique, les Sénateurs Marco Rubio (R-FL) et John Cornyn (R-TX) ont proposé des projets de loi pour empêcher Huawei (et potentiellement toute entreprise ajoutée à la liste noire) d'abuser de ces avantages qui sont censés profiter aux acteurs légitimes du marché.

Source : nouvelle politique sur les brevets, analyse de Richard Windsor, analyse de Bird&Bird, chefs d'accusation contre Huawei au sein du ministère de la Justice (vol de secrets commerciaux, fraude électronique et obstruction à la justice; blanchiment d'argent, complot en vue de frauder les États-Unis et violations des sanctions; et complot de racket et complot pour voler des secrets commerciaux), proposition de loi des Sénateurs

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Avatar de Christian Olivier
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 12/02/2020 à 3:00
Les États-Unis assurent avoir des preuves que Huawei peut espionner les réseaux de télécommunications
Intégrant le matériel qu’il vend et avoir partagé ces preuves avec le Royaume-Uni et l'Allemagne

D’après un récent rapport du Wall Street Journal, les responsables américains qui, jusqu’à lors, étaient restés plutôt vagues et maintenaient le secret sur les éventuelles preuves susceptibles de confirmer les soupçons qui pèsent sur Huawei en matière d’espionnage technologique affirment désormais avoir les preuves que Huawei installe et entretient des portes dérobées dans les réseaux de télécommunications du monde entier où l’entreprise a pu gagner des marchés. Washington assure également avoir communiqué ces éléments de preuve au Royaume-Uni et à l'Allemagne.

« ;Nous avons la preuve que Huawei a la capacité d’accéder secrètement à des informations sensibles et personnelles dans les systèmes qu’elle maintient et vend dans le monde entier ;», a déclaré à ce propos Robert O’Brien, conseiller à la sécurité nationale, au WSJ.

Les fabricants d'équipements de télécommunications qui vendent des produits aux opérateurs sont tenus par la loi d'intégrer dans leur matériel des moyens permettant aux autorités d'accéder aux réseaux à des fins légales. mais ils sont également tenus de construire les équipements de telle sorte que le fabricant ne puisse pas y avoir accès sans le consentement de l'opérateur de réseau. Les responsables américains affirment que Huawei a violé ces lois, qui sont appliquées dans de nombreux pays, précise le WSJ.


Cette nouvelle intervient dans le cadre du bras de fer commercial sino-étasunien étalé sur de longs mois qui a été marqué par une profusion de sanctions à l'égard de la société technologique chinoise. Pour rappel, invoquant des préoccupations en matière de sécurité nationale l’administration US a pris des mesures extrêmes et sans précédent contre la société chinoise en mai dernier en plaçant le géant chinois des télécoms sous embargo. Ces mesures incluaient l’ajout de Huawei dans une liste noire (comme la société russe de cybersécurité Kaspersky auparavant) qui contraint les entreprises étasuniennes à ne plus faire affaire avec Huawei, à moins d’avoir une autorisation officielle préalable. Cette décision avait poussé de nombreuses entreprises technologiques américaines (Microsoft, Intel, ARM, Google…) à mettre un terme à leurs relations commerciales avec le second fabricant mondial de smartphones qui occupe près du quart du marché dans la zone EMEA.

Par la suite, le département américain du Commerce avait fini par autoriser temporairement Huawei à continuer à faire des affaires avec ses homologues américains. La période de grâce initiale avait été fixée à 90 jours (jusqu’en février 2020). En parallèle, le département américain du Commerce délivre des licences à certaines entreprises américaines qui souhaitent continuer à faire des affaires avec la société chinoise qui représente le premier fabricant mondial d’équipements de télécommunications, le deuxième fabricant mondial de smartphones et un fournisseur important dans le marché des PC et tablettes 2-en-1. Des entreprises américaines de premier plan comme Microsoft ont déjà profité de cette mesure.


Aujourd’hui, les autorités américaines se montrent plus précises dans leurs accusations, prétendant même avoir des preuves que le fabricant chinois de matériel informatique a maintenu des backdoors (ou portes dérobées) dans certains des réseaux qu’il construit, à commencer par les équipements 4G vendus en 2009. Toutefois, en dépit du fait que les accusations américaines visant Huawei sont plus précises que jamais et proviennent maintenant de certains des plus hauts responsables de la sécurité nationale, aucune preuve tangible (mis à part l’assurance et les gages de bonne foi, côté américain, que ces preuves existent) n’a été fournie par l’Oncle Sam.

De son côté, Huawei a réagi par l’intermédiaire de son chef de la sécurité, Andy Purdy. Ce dernier a rejeté ces accusations : « ;Nous nions vigoureusement l’allégation selon laquelle nous conservons une telle capacité. Nous nions également avoir jamais accédé de manière abusive à des informations ou à des données relatives aux clients ;». Il a poursuivi en expliquant : « ;les États-Unis sont engagés dans cette voie et je pense que c’est vraiment motivé par la situation géopolitique entre la Chine et les États-Unis. Les États-Unis ne veulent pas tenir compte des faits et des preuves, et ils vont faire tout ce qu’ils peuvent pour bloquer notre capacité à fournir des produits aux réseaux de communication du monde entier ;».

Les nouvelles déclarations américaines font suite à une décision surprise du Royaume-Uni d’autoriser Huawei à fournir des équipements non essentiels aux réseaux du pays. Les États-Unis avaient fait un lobbying important contre l’inclusion de Huawei dans la préparation de la 5G, mais n’ont finalement pas réussi à convaincre d’autres pays, notamment ses partenaires européens, d’exclure totalement le fournisseur chinois du marché du déploiement de la 5G. On ne sait pas comment les autres pays vont réagir aux allégations, mais Huawei affirme que les nouvelles revendications ne sont pas surprenantes, étant donné la dernière année de pression croissante.

Sans preuve, il est probablement plus facile de croire que l’administration américaine est simplement engagée dans une « ;campagne classique de dénigrement ;» à l’encontre d’un concurrent peu enclin à se laisser contrôler. Et puis, les États-Unis sont peut-être les seuls à soutenir de telles accusations, car ils se sont déjà eux-mêmes livrés à de telles pratiques en profitant de l’ascendant technologique de leurs sociétés dans le monde. Sinon, comment expliquer l’absence de preuves et le comportement hostile des décideurs US ;? Ne serait-il pas plus simple de présenter ces fameuses preuves pour clore le sujet ;ou de laisser tout le monde s’espionner gentiment ?

Source : WSJ

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
Comment expliquer l’absence de preuves et le comportement hostile des décideurs US à l'égard de Huawei ?
Ne serait-il pas plus simple de les présenter pour clore le sujet ?
Est-il préférable, selon vous, de se faire espionner par le gouvernement de son pays, plutôt que par un autre ?

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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 20/06/2021 à 13:51
Les applications chinoises pourraient faire l'objet d'assignations ou d'interdictions
en vertu d'un décret de Joe Biden

Le décret du président Joe Biden visant à protéger les données sensibles des Américains obligerait certaines applications chinoises à prendre des mesures plus strictes pour protéger les informations privées si elles souhaitent rester sur le marché américain, selon des personnes proches du dossier. L'objectif est d'empêcher des « adversaires étrangers » comme la Chine et la Russie d'accéder à de grandes quantités d'informations commerciales personnelles et exclusives.

Le département américain du Commerce pourrait délivrer des citations à comparaître pour collecter des informations sur certaines applications logicielles pour smartphones, tablettes et ordinateurs de bureau. Ensuite, l'agence pourrait négocier les conditions de leur utilisation aux États-Unis ou interdire les applications, selon des personnes proches du dossier.

Le décret du 9 juin de Biden a remplacé les interdictions de 2020 de l'ancien président Donald Trump contre les applications chinoises populaires WeChat, détenues par Tencent Holdings Co et TikTok de ByteDance Ltd. L'administration de l'ancien président Donald Trump avait tenté d'empêcher les nouveaux utilisateurs de télécharger les applications, mais aussi d'interdire d'autres transactions techniques qui, selon TikTok et WeChat, pourraient effectivement bloquer l'utilisation des applications aux États-Unis.

Les tribunaux ont bloqué ces ordonnances, qui n'ont jamais pris effet.

Un examen distinct de la sécurité nationale américaine de TikTok lancé fin 2019 reste actif et en cours, a déclaré un responsable de la Maison Blanche, refusant de fournir des détails. La Maison Blanche reste très préoccupée par les risques liés aux données des utilisateurs de TikTok, a déclaré aux journalistes un autre responsable de l'administration.

« C'est un pas positif dans la bonne direction », a déclaré Gao Feng, porte-parole du ministère chinois du Commerce, lors d'une conférence de presse régulière. Gao a ajouté que la Chine avait remarqué que les États-Unis exigeaient un nouvel examen de la sécurité des applications et espère que « les États-Unis traiteront les entreprises chinoises de manière équitable et éviteront de politiser les problèmes économiques et commerciaux ».

Michael Bien, l'avocat principal de la WeChat Users Alliance, qui avait intenté une action en justice pour bloquer le décret de Trump, a félicité l'administration Biden pour avoir révoqué « l'interdiction à tort de WeChat qui … aurait conduit à la fermeture sans précédent d'une plateforme majeure, pour les communications utilisées par des millions de personnes aux États-Unis ».


Le nouveau décret de Biden révoque les décrets WeChat et TikTok émis par Trump en août, ainsi qu'un autre en janvier qui visait huit autres applications logicielles de communication et de technologie financière. Cependant, les responsables américains partagent bon nombre des préoccupations que Trump a citées dans son décret interdisant les opérations de TikTok sur le sol américain, selon une personne proche du dossier. Notamment, ils craignent que la Chine ne puisse localiser les employés du gouvernement américain, constituer des dossiers d'informations personnelles à des fins de chantage et mener de l'espionnage d'entreprise.

Bien que le nouveau décret ne nomme pas les entreprises, il pourrait finir par capturer plus d'applications que les interdictions de Trump et mieux résister s'il est contesté devant les tribunaux. Les médias ont rapporté des détails sur la façon dont l'administration Biden prévoit de mettre en œuvre l'ordre, y compris la recherche du soutien d'autres pays. Des responsables américains ont commencé à discuter avec leurs alliés de l'adoption d'une approche similaire, a déclaré une source. Les Américains espèrent que les pays partenaires se mettent d'accord sur les applications qui devraient être interdites.

La secrétaire américaine au Commerce, Gina Raimondo, décidera quelles applications cibler pour l'action américaine, mais elles doivent répondre à certains critères. Par exemple, ils doivent être détenus, contrôlés ou gérés par une personne ou une entité qui soutient les activités militaires ou de renseignement d'un « adversaire étranger » comme la Chine ou la Russie.

Si Raimondo décide qu'une application présente un risque inacceptable, elle « a le pouvoir discrétionnaire d'informer les parties » directement ou de publier les informations dans la publication quotidienne officielle du gouvernement, le Federal Register, a déclaré un porte-parole du département du Commerce.

Les entreprises auront alors 30 jours pour s'opposer ou proposer des mesures pour mieux sécuriser les données, a déclaré le porte-parole du Commerce.

Le processus découle d'un décret présidentiel Trump de mai 2019 pour l'examen des technologies de l'information et des communications d'adversaires étrangers.

Pour mémoire, mi-mai 2019, l'administration Trump a publié un décret qui plaçait Huawei sur une liste noire, une décision qui contraignait les entreprises américaines à ne plus faire affaire avec l'équipementier chinois, à moins de disposer d'une autorisation officielle. Suite à cette décision, Google a décidé de ne plus fournir de logiciels, de matériel informatique ou service technique à Huawei à l’exception des services disponibles en open source. L'éditeur d'Android a toutefois assuré que Google Play et les protections de sécurité de Google Play Protect continueront de fonctionner sur les appareils Huawei existants.

S’exprimant sur la plateforme de la Maison-Blanche, Donald Trump avait alors déclaré :

« Le 15 mai 2019, par décret exécutif 13873, j'ai déclaré une urgence nationale conformément à la loi sur les pouvoirs économiques internationaux d'urgence (50 USC 1701 et suiv.) Pour faire face à la menace inhabituelle et extraordinaire à la sécurité nationale, à la politique étrangère et à l'économie des États-Unis posés par l’acquisition et l’utilisation sans restriction de certaines transactions liées aux technologies et services de l’information et des communications.

« L'acquisition ou l'utilisation sans restriction aux États-Unis de technologies ou de services d'information et de communication conçus, développés, fabriqués ou fournis par des personnes détenues, contrôlées ou soumises à la juridiction ou à la direction d'adversaires étrangers augmente la capacité de ces adversaires étrangers à créer et exploiter des vulnérabilités dans les technologies ou services d'information et de communication, avec des effets potentiellement catastrophiques. Cette menace continue de représenter une menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale, la politique étrangère et l'économie des États-Unis. Pour cette raison, l'urgence nationale déclarée le 15 mai 2019 doit se poursuivre au-delà du 15 mai 2020. Par conséquent, conformément à l'article 202 (d) de la National Emergencies Act (50 USC 1622 (d)), j’ai décidé de prolonger pendant 1 an l'urgence nationale déclarée dans le décret 13873 concernant la sécurisation de la chaîne d'approvisionnement des technologies et services d'information et de communication ».

Les applications chinoises sont les plus susceptibles de se retrouver dans la ligne de mire du département du Commerce étant donné l'escalade des tensions entre Washington et Pékin, la capacité du gouvernement chinois à exercer un contrôle sur les entreprises et le nombre d'applications chinoises utilisées par les Américains.

WeChat, TikTok et huit autres applications ciblées par l'administration Trump au cours de ses derniers mois peuvent être examinées par l'équipe de Biden, a déclaré une source.

Les cibles de Trump comprenaient également l'application de paiement mobile Alipay d'Ant Group, WeChat Pay, QQ Wallet de Tencent Holdings Ltd, Tencent QQ, CamScanner, SHAREit, VMate publié par la filiale d'Alibaba Group UCWeb et Beijing Kingsoft Office Software Bureau WPS.

Certaines des applications nommées par Trump présentent de graves problèmes de protection des données, alors qu'on ne sait pas pourquoi d'autres posent un risque accru pour la sécurité nationale, selon une autre personne proche du dossier.

Le décret s'appliquera aux applications professionnelles, y compris celles utilisées dans la banque et les télécommunications, ainsi qu'aux applications grand public, a déclaré la première source.

Les applications liées à d'autres « adversaires » tels que l'Iran ou le Venezuela sont déjà bloquées sous des sanctions plus larges.

Source : décret Biden

Voir aussi :

Joe Biden révoque et remplace les décrets de Trump qui interdisaient TikTok, par une mesure qui demandera au ministère du Commerce d'enquêter sur les applications liées à des adversaires étrangers
Joe Biden signe un décret interdisant les investissements américains dans les entreprises chinoises, une continuité de la politique américaine vis-à-vis de la Chine
Biden signe un décret interdisant aux Américains d'investir dans des dizaines d'entreprises chinoises spécialisées dans la défense et la technologie
Les pirates informatiques obligent Joe Biden à adopter une position plus agressive à l'égard de la Russie, suite au piratage du géant agroalimentaire JBS
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Avatar de defZero
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 15/02/2020 à 22:56
Qu’en pensez-vous ?

Que Huawei est surement coupable de ce dont l’accuse les USA, mais, et c'est un gros mais, il y a deux choses que je trouve cocasse :
- D'un je ne pense pas que le gouvernement US est la moindre preuve de ce dont il accuse Huawei, sinon ils les auraient volontiers fait "fuité"
- Et de deux, le gouvernement US accuse Huawei et donc la Chine de choses dont il est lui même coupable, par le biais des boites US / Israélienne et autres rachats effectué par leurs services d' "Intelligence" depuis une 30e d’année.

Donc, en suivant le raisonnement du gouvernement US retranscrit dans les plaintes déposés et si la sécurité et véritablement leurs but, alors personnes ne devraient utiliser de technologies US et associés, non ?

Il est schizophrènes le gouvernement US ou bien ?
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Avatar de Jeff_67
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 12/10/2020 à 9:10
La conduite la plus raisonnable à tenir vis-à-vis de Huawei est de lui imposer les mêmes règles qu'aux entreprises européennes qui veulent travailler en Chine : JV avec un partenaire local qui détient 51% des parts, usines de production situées en Europe, 2/3 des pièces d'origine européenne, etc...
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Avatar de
https://www.developpez.com
Le 19/02/2020 à 19:22
Les européens ont compris que Trump est un gros bidon et que les Etats-Unis apparaissent de moins en moins comme un allié fiable en tout cas tant que Moumoutte sera au pouvoir.
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Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 16/05/2020 à 13:44
Les États-Unis tentent de couper Huawei des fournisseurs mondiaux de puces,
alors que la Chine envisage des représailles

Le président Donald Trump a signé en mai 2019 un décret établissant les bases pour empêcher des entreprises de télécommunications chinoises telles que Huawei de vendre du matériel aux États-Unis, visant à neutraliser la capacité de Beijing à compromettre les réseaux sans fil et les systèmes informatiques américains de la prochaine génération. L’ordonnance interdit l’achat ou l’utilisation de toute technologie de communication produite par des entités contrôlées par « un adversaire étranger » et susceptible de créer un « risque de sabotage indu » des systèmes de communication américains ou des «effets catastrophiques» sur l’infrastructure américaine.

Suite à cette décision, Google a décidé de ne plus fournir de logiciels, de matériel informatique ou service technique à Huawei à l’exception des services disponibles en open source. L'éditeur d'Android a toutefois assuré que Google Play et les protections de sécurité de Google Play Protect continueront de fonctionner sur les appareils Huawei existants. En plus d’être coupé du système d’exploitation le plus vendu au monde, Huawei a vu certains des principaux concepteurs et fournisseurs de puces au monde suspendre également leurs relations commerciales jusqu’à nouvel ordre. Et récemment, la Maison-Blanche a prolongé un décret signé en mai 2019 et interdisant aux entreprises américaines d'utiliser des équipements de télécommunications fabriqués par des entreprises « présentant un risque pour la sécurité nationale », parmi lesquelles figurent Huawei ou encore ZTE.

Les USA vont encore plus loin. Vendredi dernier, l’administration Trump a décidé de bloquer les expéditions de semi-conducteurs vers Huawei Technologies par les fabricants de puces, non seulement aux USA, mais dans tout le monde entier. Le département américain du Commerce a déclaré qu’il modifiait une règle d’exportation pour « cibler stratégiquement l’acquisition de semi-conducteurs par Huawei qui sont le produit direct de certains logiciels et technologies américains ». Le ministère a ajouté que « l’annonce met fin aux efforts de Huawei pour saper les contrôles à l’exportation des États-Unis ».


Rappelons que les États-Unis tentent aussi de convaincre leurs alliés d’exclure les équipements Huawei des réseaux 5G de prochaine génération au motif que son équipement pourrait être utilisé par la Chine pour espionner. Bien-sûr, Huawei a, à plusieurs reprises, nié ces allégations. Selon le Département américain du Commerce, Huawei a continué d’utiliser des logiciels et des technologies américains pour concevoir des semi-conducteurs bien qu’il ait été placé sur une liste noire en mai 2019.

Une nouvelle règle, dévoilée par le Département du Commerce, élargit l'autorité américaine pour exiger des licences pour la vente à Huawei de semi-conducteurs fabriqués à l'étranger avec la technologie américaine, élargissant considérablement sa portée pour arrêter les exportations vers l'équipementier chinois. « Cette action fait passer l'Amérique en premier, les entreprises américaines en premier et la sécurité nationale américaine en premier », a déclaré un haut responsable du Département du Commerce. La plupart des fabricants de puces s’appuient sur des équipements produits par des sociétés américaines comme KLA, Lam Research et Applied Materials, selon un rapport publié l’an dernier par la société chinoise Everbright Securities.

La réaction de la Chine a été rapide, avec un rapport publié vendredi par le Global Times, un quotidien chinois, indiquant que Pékin était prêt à placer les entreprises américaines sur une "liste d'entités non fiables", dans le cadre de contre-mesures en réponse aux nouvelles limites imposées à Huawei. « La Chine prendra des contre-mesures énergiques pour protéger ses propres droits légitimes », si les États-Unis vont de l'avant avec le plan visant à empêcher les fournisseurs essentiels de puces, y compris TSMC basé à Taiwan, de vendre des puces à Huawei, a déclaré une source au Global Times dans une interview exclusive.

Les mesures comprennent l'ajout de sociétés américaines à la "liste d'entités non fiables" de la Chine, l'imposition de restrictions ou le lancement d'enquêtes sur des sociétés américaines comme Qualcomm, Cisco et Apple conformément aux lois et règlements chinois comme les mesures d'examen de la cybersécurité et la loi anti-monopole, et la suspension des achats d'avions de Boeing.

Source : Reuters

Et vous ?

Que pensez-vous de ces nouvelles mesures prises par les USA et la réaction de la Chine ?
Selon vous, Huawei pourra-t-il s'en sortir sans les semi-conducteurs du reste du monde ?

Voir aussi

Trump signe un décret pavant le chemin vers le blocage d'Huawei aux USA, la France assure qu'elle n'a pas l'intention de faire la même chose

La Chine pourrait placer Apple et autres entreprises US sur une « liste d'entités non fiables » comme une contre-mesure au blocage de Huawei aux USA

UOS Linux : faites la connaissance du nouvel OS chinois capable de « booter en 30 s » sur des processeurs locaux et sur lequel le pays compte pour remplacer Windows

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Avatar de Stan Adkens
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 19/05/2020 à 8:32
La Chine injecte 2,2 milliards de dollars dans une entreprise locale de fabrication de puces,
Alors que Washington tente de couper Huawei des fournisseurs mondiaux de semi-conducteurs

La Chine continue de multiplier des manœuvres pour réduire sa dépendance à l'égard de la technologie américaine. Alors que Washington est en train de resserrer ses restrictions technologiques à l'égard de ce pays et de ses entreprises technologiques, les fonds soutenus par l'État chinois ont injecté 2,25 milliards de dollars dans une usine de fabrication de plaquettes de Semiconductor Manufacturing International Corp. (SMIC), l'un des principaux producteurs de semi-conducteurs de Chine, pour soutenir la fabrication de puces avancées, a rapporté Bloomberg.

Le capital social de l'usine de Semiconductor Manufacturing International Corp. passe par conséquent de 3,5 à 6,5 milliards de dollars après l'investissement, a déclaré la société dans une annonce publiée en chinois vendredi. La participation du fabricant de puces dans l'usine de Shanghai passera de 50,1 % à 38,5 %, selon Bloomberg. L'usine a une capacité de production de 6 000 plaquettes de 14 nanomètres par mois et prévoit de la porter à 35 000, soit une augmentation d’environ six fois.


SMIC est l'une des nombreuses entreprises de fabrication de puces qui incarnent l'espoir de Pékin de créer une industrie de semi-conducteurs autonome et de classe mondiale. La société cotée à Hong Kong, un fabricant de puces sur lequel Pékin compte pour réduire sa dépendance à l'égard de la technologie américaine, prévoyait un peu plus tôt ce mois une vente de jusqu'à 1,69 milliard de nouvelles actions sur le marché de Shanghai, selon Bloomberg.

SMIC prévoyait d'utiliser les recettes de cette vente pour développer la fabrication de puces de nouvelle génération afin d'essayer de concurrencer Intel Corp. et Taiwan Semiconductor Manufacturing Co. (TSMC). Cet effort intervient à un moment où l'administration Trump se préparait à renforcer les restrictions sur la vente de technologies à la Chine, menaçant de refuser aux entreprises nationales comme SMIC ou Huawei Technologies Co. l'accès à des composants et circuits essentiels.

« Stratégiquement, nous pensons que le SMIC coupe progressivement ses liens avec les marchés financiers américains, alors que la tension entre les États-Unis et la Chine s'intensifie à cause du Covid-19 et qu'un nouveau cycle de guerre commerciale se prépare », avaient écrit les analystes de Bernstein dans une note, d’après Bloomberg.

Washington a modifié ses règles pour empêcher Huawei de concevoir et de produire ses propres puces

Ce nouvel investissement chinois intervient alors que Washington a pris des mesures pour empêcher les ventes à Huawei Technologies par des fabricants de puces utilisant la technologie américaine. Le ministère du Commerce a déclaré vendredi qu'il exigerait des licences avant d'autoriser l'utilisation de la technologie américaine par l'entreprise chinoise ou ses 114 filiales, dont son unité de conception de puces HiSilicon.

Dans un communiqué publié le 13 mai, la Maison-Blanche a décidé de prolonger un décret signé en mai 2019 qui interdit aux entreprises américaines d'utiliser des équipements de télécommunications fabriqués par des entreprises « présentant un risque pour la sécurité nationale », parmi lesquelles figurent Huawei ou encore ZTE. Selon l’administration Trump, « les technologies ou de services d'information et de communication conçus, développés, fabriqués ou fournis par des personnes détenues, contrôlées ou soumises à la juridiction ou à la direction d'adversaires étrangers » comme Huawei et ses filiales continuent de constituer une menace contre les Etats-Unis. Pour cette raison, l'urgence nationale déclarée le 15 mai 2019 doit se poursuivre jusqu’en 2021.


Les actions de la Maison-Blanche ne se sont pas arrêtées là, la semaine dernière. Vendredi dernier, elle a décidé de bloquer les expéditions de semi-conducteurs vers Huawei Technologies par les fabricants de puces, non seulement aux USA, mais dans tout le monde entier. Le département américain du Commerce a déclaré qu’il modifiait une règle d’exportation pour « cibler stratégiquement l’acquisition de semi-conducteurs par Huawei qui sont le produit direct de certains logiciels et technologies américains ». Le ministère a ajouté que « l’annonce met fin aux efforts de Huawei pour saper les contrôles à l’exportation des États-Unis ».

Ce changement de règle élargit l'autorité américaine pour exiger des licences pour la vente à Huawei de semi-conducteurs fabriqués à l'étranger avec la technologie américaine, élargissant considérablement sa portée pour arrêter les exportations vers l'équipementier chinois. « Cette action fait passer l'Amérique en premier, les entreprises américaines en premier et la sécurité nationale américaine en premier », a déclaré un haut responsable du Département du Commerce. La plupart des fabricants de puces s’appuient sur des équipements produits par des sociétés américaines comme KLA, Lam Research et Applied Materials, selon un rapport publié l’an dernier par la société chinoise Everbright Securities.

La Chine a réagi spontanément à cette décision avec un rapport publié le même vendredi par le biais de Global Times, un quotidien chinois, indiquant que Pékin était prêt à placer les entreprises américaines sur une "liste d'entités non fiables", dans le cadre de contre-mesures en réponse aux au plan américain visant à bloquer les livraisons de semi-conducteurs à Huawei. La Chine a également déclaré être prête à lancer des enquêtes, à imposer des restrictions à des sociétés américaines telles qu'Apple, et à arrêter l'achat d'avions Boeing, d’après le quotidien chinois.

Tous les fabricants de puces du monde, y compris TSMC et SMIC, ont besoin de l'équipement des entreprises américaines pour fabriquer des puces pour tout, des smartphones aux superordinateurs. Mais la dernière mesure touche TSMC de manière disproportionnée, car elle compte sur Huawei pour environ 10 % de ses revenus, selon les estimations de Bloomberg.

« Nous suivons de près le changement des règles d'exportation américaines », a déclaré la TSMC dans un communiqué, suite à la décision américaine. « La chaîne d'approvisionnement de l'industrie des semi-conducteurs est extrêmement complexe, et est desservie par un large éventail de fournisseurs internationaux. Faisant partie de l'écosystème mondial des semi-conducteurs, TSMC entretient des collaborations à long terme avec des partenaires d'équipement du monde entier, y compris ceux situés aux États-Unis ».

« La Chine prendra des contre-mesures énergiques pour protéger ses propres droits légitimes », si les États-Unis vont de l'avant avec le plan visant à empêcher les fournisseurs essentiels de puces, y compris TSMC basé à Taiwan, de vendre des puces à Huawei, a déclaré une source au Global Times dans une interview exclusive.

Avec ce nouvel investissement, la Chine parie sur le fabricant de puces local pour pouvoir réduire la dépendance du pays à l'égard de la technologie américaine. Huawei a pris un bon nombre de décisions stratégiques pour aller de l’avant alors que les mesures de restrictions américaines persistent et qu’il est privé des ressources comme les applications Google sur ses smartphones. Mais jusqu’à quand ses premières puces seront-elles exportées à partir de ses propres usines ?

Source : Bloomberg

Et vous ?

Que pensez-vous du nouvel investissement chinois ?
Selon vous, cette initiative pourra-t-elle permettre à la Chine d’être à l’avenir indépendante de la technologie américaine ?

Lire aussi

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La Chine pourrait placer Apple et autres entreprises US sur une « liste d'entités non fiables » comme une contre-mesure au blocage de Huawei aux USA
Les USA ont-ils sous-estimé la capacité de Huawei à surmonter leur sanction ? Cela ne va-t-il pas encourager des alternatives à Play Store ?
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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 07/02/2021 à 11:09
Le Conseil constitutionnel valide la loi « anti-Huawei » pour sécuriser la 5G,
malgré la contestation des opérateurs télécoms français SFR et Bouygues Telecom

L’urgence de la transition vers la technologie 5G et l’inquiétude liée aux risques potentiels de sécurité que pourraient poser les équipements de certains constructeurs, en l’occurrence le chinois Huawei, ont motivé l’émergence d’un texte de loi en France. C’est ainsi qu’un projet de loi, initié à l’Assemblée nationale en avril 2019 et visant à sécuriser cette nouvelle technologie ultra-rapide, a été publié par le gouvernement au Journal officiel.

Les réseaux 5G introduisent la rapidité dans les secteurs stratégiques tels que le domaine de mobilité, l'e-santé, l'industrie, la robotique, et bien d’autres. Mais les suspicions autour d’un des acteurs majeurs de cette technologie, le chinois Huawei, ont poussé plusieurs pays à prendre des mesures dans l’intérêt de la sécurité nationale. C’est dans ce contexte que la France a adopté une loi qui s’étend à tous les fournisseurs d’équipements 5G, mais qui a parfois été présentée comme une loi anti-Huawei, pour contraindre le seul équipementier chinois à entrer dans un moule réglementaire plus stricte afin de protéger le pays, si les accusations d’espionnage dont fait l’objet Huawei s’avèrent exactes.

« Notre niveau d’exposition aux risques devient un peu plus important. Il faut donc faire évoluer le périmètre pour s’assurer que les usages puissent se dérouler dans de bonnes conditions », avait dit le député LaREM, Eric Bothorel, lors de l’initiation du projet de loi à l’Assemblée nationale. Mais la loi française dont « Le but étant de valider le choix de l'équipementier réseau 5G des opérateurs » est taxée de vouloir écarter le géant des télécommunications chinois Huawei de la compétition pour le déploiement du 5G en France.

Selon le directeur de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information, le texte évite de discriminer une entreprise en particulier. Si des doutes sont plus ou moins saillants d’un industriel à l’autre, pour Guillaume Poupard, « Se focaliser sur un seul équipementier, c’est une erreur, très clairement ». D’après lui, un acte d’espionnage et de piratage peut tout aussi bien se passer sur un autre matériel, indépendamment de sa provenance.

Concrètement, la loi couvre tous les appareils installés depuis le 1er février 2019 en France et prévoit un « régime d’autorisation préalable, fondé sur des motifs de défense et sécurité nationale, des équipements de réseaux ». Éclairé par ses services spécialisés, le Premier ministre dira « s’il existe un risque sérieux d’atteinte aux intérêts de la défense et de la sécurité nationale » avec tel équipement ou tel logiciel.

La proposition de loi « 5G » a finalement été adoptée en commission mixte paritaire en août 2019.


La loi prévoit également que, chaque année à partir du 1er juillet 2020, le gouvernement remettra au parlement un rapport sur l’application du régime d’autorisation préalable. Le rapport en question analysera les effets de ce régime sur les opérateurs, et le rythme et le coût du déploiement des équipements en 4G et 5G en France. Il évaluera aussi le nombre d’appareils n’ayant pas pu être installés ou ayant dû être retirés à la suite d’une décision de refus.

La loi a été contestée par les opérateurs télécoms français SFR et Bouygues Telecom, qui ont bâti pour moitié leur réseau mobile avec Huawei. Ils ont déposé des questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) face au préjudice lié aux fortes restrictions imposées à l'équipementier chinois sur le marché de la 5G.

Bouygues Telecom a ainsi expliqué qu'il allait devoir retirer 3 000 antennes Huawei d'ici à 2028 dans les zones très denses en population, et qu'il avait interdiction d'utiliser des antennes Huawei pour la 5G à Strasbourg, Brest, Toulouse et Rennes.

Mais le gouvernement a indiqué début septembre qu'il n'était pas prévu « qu'il y ait des indemnisations [versées aux opérateurs] pour les décisions qui ont été prises » au sujet de Huawei, contrairement à d'autres pays.

Le Conseil constitutionnel a validé, vendredi 5 février, les dispositifs législatifs « anti-Huawei » :

« Article 1er. - Le premier alinéa du paragraphe I de l'article L. 34-11 du code des postes et des communications électroniques, dans sa rédaction issue de la loi n° 2019-810 du 1er août 2019 visant à préserver les intérêts de la défense et de la sécurité nationale de la France dans le cadre de l'exploitation des réseaux radioélectriques mobiles, et les mots « et le fait que l'opérateur ou ses prestataires, y compris par sous-traitance, est sous le contrôle ou soumis à des actes d'ingérence d'un État non membre de l'Union européenne » figurant au second alinéa de l'article L. 34-12 du même code, dans la même rédaction, sont conformes à la Constitution.

« Article 2. - Cette décision sera publiée au Journal officiel de la République française et notifiée dans les conditions prévues à l'article 23-11 de l'ordonnance du 7 novembre 1958 susvisée. »

Source : décision du Conseil constitutionnel

Et vous ?

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