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La Chine demande aux bureaux du gouvernement de supprimer tout le matériel et logiciels étrangers,
Dans un élan d'incitation à l'utilisation des technologies locales, d'après un rapport

Le , par Stan Adkens

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Alors que les relations commerciales sont davantage tendues entre Pékin et Washington, la Chine est déterminée à accroître son indépendance en prenant d'autres mesures pour retirer la technologie étrangère des organismes d'État et d'autres organisations, d’ici trois ans, a rapporté le Financial Times. La directive du gouvernement chinois est susceptible d'être un coup dur pour les multinationales américaines comme HP, Dell et Microsoft, et vient en réponse aux tentatives de Washington de limiter l'utilisation de la technologie chinoise.

Pékin remplacera probablement plus 20 millions d'ordinateurs dans les agences gouvernementales par des produits nationaux au cours des trois prochaines années, selon une étude de China Securities, une société de courtage, citée par le Financial Times. Plus de 100 projets d'essai de produits nationaux ont été achevés en juillet, a indiqué la société. Le journal avait déclaré plus tôt cette année que le Bureau central du Parti communiste avait ordonné aux bureaux de l'État et aux institutions publiques de se détourner du matériel et des logiciels étrangers aux États-Unis et chez ses alliés.


Les Etats-Unis ont progressivement éloigné les entreprises chinoises du marché américain de la technologie. Huawei a fait l'objet d'un examen minutieux aux États-Unis, où des représentants du gouvernement affirment que la société représente une menace pour la sécurité nationale et qu'elle pourrait être utilisée comme navire d'espionnage par le gouvernement chinois. En février, le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a mis en garde les alliés du pays contre l'utilisation de la technologie Huawei, affirmant qu'il serait plus difficile pour Washington de « s'associer avec eux ».

Le président Donald Trump a signé un décret en mai dernier qui empêche des entreprises de télécommunications chinoises telles que Huawei de vendre du matériel aux États-Unis, visant à neutraliser la capacité de Beijing à compromettre les réseaux sans fil et les systèmes informatiques américains de la prochaine génération. Dans le même élan, le ministère américain du Commerce a pris une mesure distincte interdisant aux entreprises américaines de traiter avec Huawei et 70 affiliés en les ajoutant à la « liste d'entités » américaine. Mais Huawei a toujours nié tout acte répréhensible qui lui est reproché par les Etats-Unis.
Selon le Financial Times, la nouvelle directive est la première instruction publique connue avec des objectifs spécifiques donnés aux acheteurs chinois pour qu'ils se tournent vers des fournisseurs de technologie nationaux. Mais, cette décision s'inscrit dans le cadre d'une campagne plus large visant à accroître la dépendance de la Chine à l'égard des technologies locales. Bloomberg News a rapporté en 2014 que Pékin visait à éliminer la plupart des technologies étrangères de ses banques, de l'armée, des agences gouvernementales et des entreprises publiques d'ici 2020. Et les politiques commerciales agressives du président américain Donald Trump à l'encontre de la Chine et de ses principales entreprises ont donné un nouvel élan à cet effort.

Brock Silvers, directeur général d'Adamas Asset Management a déclaré : « La guerre commerciale a mis en évidence divers points faibles de l'économie chinoise, que Pékin semble déterminé à corriger ». « Si la décision pousse Trump à interdire plus vigoureusement la technologie chinoise, la Chine pourrait un jour regretter d'avoir rendu publique sa politique si tôt », a-t-il ajouté, d’après un rapport de Bloomberg News.

La directive chinoise est un coup dur pour les multinationales américaines

Le Financial Times a rapporté que la décision avait été prise par le Bureau central du Parti communiste chinois plus tôt cette année. Selon le journal, les analystes de China Securities estiment que 20 à 30 millions de pièces de matériel – qui viennent pour la plupart des Etats-Unis – devront être remplacées à la suite de la directive chinoise, avec un remplacement à grande échelle dès l'année prochaine. Les substitutions se feraient au rythme de 30 % en 2020, de 50 % en 2021 et de 20 % l'année suivante, d'où le surnom de « politique 3-5-2 ».

Les employés de deux firmes de cybersécurité, qui ont demandé à garder l'anonymat, ont donné plus d’information au journal. Selon eux, la politique 3-5-2 s'inscrit dans le cadre d'une campagne visant à inciter les organismes gouvernementaux et les exploitants d'infrastructures essentielles de la Chine à utiliser une technologie « sûre et contrôlable », comme le prévoit la loi sur la cybersécurité adoptée par le pays en 2017. Mais contrairement aux pressions précédentes en faveur de l'autosuffisance technologique, les récentes sanctions américaines ont rendu le projet plus urgent, a déclaré Paul Triolo du cabinet de conseil Eurasia Group.

« Le programme 3-5-2 de la Chine n'est que la pointe de l'iceberg », a déclaré M. Triolo. « L'objectif est clair : parvenir à un espace largement libéré des menaces auxquelles ZTE, Huawei, Megvii et Sugon sont aujourd'hui confrontés », a-t-il ajouté, citant d’autres entreprises chinoises qui, ces deux dernières années, ont été empêchées d'acheter à des fournisseurs américains.


En plus du rythme de remplacement est ambitieux, le Financial Times a rapporté que les bureaux du gouvernement ont déjà tendance à utiliser les ordinateurs de bureau de Lenovo, à la suite de l'acquisition par l'entreprise de la division des ordinateurs personnels du géant américain IBM. Et le changement est d’autant plus important que, selon les estimations des analystes de Jefferies, les entreprises technologiques américaines génèrent jusqu'à 150 milliards de dollars par an de revenus en provenance de Chine, bien qu'une grande partie de ces revenus provienne d'acheteurs du secteur privé.

On peut dire que les géants américains ont été prévenus. En juin dernier, des représentants du gouvernement chinois auraient convoqué une série de réunions au cours desquelles ils auraient mis en garde de nombreuses entreprises de technologie contre des « conséquences désastreuses » que pourrait avoir leur coopération avec l'interdiction américaine de continuer de faire des affaires avec Huawei.

Il sera difficile pour la Chine de remplacer les technologies étrangères par des alternatives domestiques

À partir de l'année prochaine, des industries clés telles que la finance, l'énergie et les télécommunications mettront à l'essai un plus grand nombre de produits nationaux dans le cadre d'essais qui pourraient durer des années, a rapporté Bloomberg News en citant l’étude de la société de courtage. Les banques chinoises sont censées passer des produits d’IBM et d’Oracle à des fournisseurs d'architecture X86 plus diversifiés, puis à du matériel entièrement fabriqué en Chine. La Chine aurait décidé d'adopter l'architecture ARM pour son matériel domestique, d’après l’étude de China Securities cité par Bloomberg News.

« La guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis pourrait également contribuer à créer un nouveau marché pour les produits faits maison », a écrit Shi Zerui, analyste des valeurs mobilières de Chine.

Cependant, les analystes disent qu'il sera difficile de remplacer les logiciels étrangers par des alternatives domestiques, car la plupart des fournisseurs chinois de logiciels développent des produits pour les systèmes d'exploitation américains populaires tels que Windows de Microsoft et MacOS d'Apple.

Selon le Financial Times, il est également difficile de définir ce qu'est un « produit national » dans ce contexte. Car, bien que Lenovo soit une société chinoise qui assemble de nombreux produits en Chine, ses processeurs informatiques sont fabriqués par Intel et ses disques durs par Samsung. Il serait encore difficile pour l’industrie nationale de se passer des produits des fournisseurs de semi-conducteurs tels que comme Intel Corp. et Nvidia Corp. ainsi que des logiciels de Microsoft Corp. et Apple Inc.

De plus, les systèmes d'exploitation chinois faits maison, tels que Kylin OS, ont un écosystème beaucoup plus restreint de développeurs produisant des logiciels compatibles, selon le Financial Times.

Que la Chine veuille abandonner la technologie étrangère au profit de la technologie nationale, c’est tout à son honneur, mais vouloir le faire en trois ans, cela voudrait dire que le pays est déjà bien avancé dans ses plans bien avant qu'ils ne soient dévoilés. Aussi, les entreprises privées voudront-elles suivre plus tard ce mouvement, alors qu’elles ont fait des investissements importants dans la technologie étrangère ?

Sources : The Financial Times

Et vous ?

Que pensez-vous de la directive chinoise ?
Selon vous, la Chine peut-elle remplacer la technologie étrangère en 3 ans ?
Les entreprises privées voudront-elles suivre ce mouvement ?
Selon vous, les multinationales américaines sont-elles exposées à des risques avec ce changement ?

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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 19/02/2020 à 8:20
Huawei serait-il en train de prendre l'avantage sur le bras de fer l'opposant aux États-Unis ?
Les Américains ne parviennent pas à pousser la Grande-Bretagne et l'Allemagne à bannir l'entreprise

La campagne mondiale des États-Unis pour empêcher ses alliés les plus proches d'utiliser Huawei, la grande enseigne chinoise des télécommunications, dans le déploiement de la prochaine génération de réseaux sans fil semble ne pas porter ses fruits ; les dirigeants des nations alliées révoquent l'argument des États-Unis selon lequel l'entreprise représente une menace à leur sécurité.

Une situation qui a conduit les responsables américains qui, jusqu’à lors, étaient restés plutôt vagues et maintenaient le secret sur les éventuelles preuves susceptibles de confirmer les soupçons qui pèsent sur Huawei en matière d’espionnage technologique, à affirmer détenir des preuves que Huawei installe et entretient des portes dérobées dans les réseaux de télécommunications du monde entier où l’entreprise a pu gagner des marchés, à commencer par les équipements 4G vendus en 2009. Washington a été contraint de partager ces éléments de preuve avec le Royaume-Uni et l'Allemagne.

La Grande-Bretagne a déjà qualifié de bluff les décisions de l'administration Trump, pariant que les responsables reculeraient devant leur menace de cesser de partager des informations avec tout pays utilisant des équipements Huawei dans son réseau. Elle a décidé de ne pas céder à la pression américaine.

L'Allemagne lui a emboîté le pas, malgré un flot alterné de promesses et de menaces du secrétaire d'État Mike Pompeo, du secrétaire à la Défense Mark T. Esper et d'autres responsables américains lors d'une conférence mondiale sur la sécurité à Munich le week-end dernier.

Dans des discours publics et des conversations privées, Pompeo et Esper ont continué à rappeler les dangers de laisser une entreprise chinoise dans des réseaux qui contrôlent les communications critiques, disant que cela donnerait au gouvernement chinois la capacité d'espionner (ou, en temps de conflit, de couper) ces réseaux. Les risques pour la sécurité sont si graves, ont-ils averti, que les États-Unis ne pourraient plus partager de renseignements avec aucun pays dont le réseau utilise Huawei.

« Si les pays choisissent d'emprunter la voie Huawei », a déclaré Esper aux journalistes samedi, « cela pourrait bien mettre en péril tout le partage d'informations et le partage de renseignements dont nous avons parlé, et cela pourrait saper l'alliance, ou du moins notre relation avec ce pays ».


Une méthode qui s’essouffle

Pourtant, les responsables sentent que leur rythme continu d'avertissements perd de son efficacité en Europe, de sorte que l'administration modifie son approche. Les États-Unis visent maintenant à paralyser Huawei en étouffant son accès à la technologie américaine dont ils ont besoin et en essayant de concocter une alternative américano-européenne viable pour la concurrencer.

À en croire les récentes informations rapportées par le quotidien londonien Financial Times, l’administration Trump pourrait envisager de subventionner (à travers des crédits) les concurrents de Huawei, à savoir le suédois Ericsson et le finlandais Nokia (qui a avalé le franco-américain Alcatel-Lucent) pour les rendre plus attractifs auprès des opérateurs télécom. Selon les analyses du journal, ce geste revient à admettre que Huawei est clairement le moins cher. Cela pourrait aussi signifier que malgré la position actuelle délicate de Huawei, bon nombre d’opérateurs télécom dans le monde ont tout de même du mal à le concurrencer.

Selon le Financial Times, Washington serait prêt à délivrer des crédits à Ericsson et Nokia pour leur permettre de mieux résister au géant chinois. Parallèlement, les États-Unis tentent de convaincre des sociétés américaines de se lancer sur le marché des équipements 5G. Le Financial Times a expliqué que l'objectif de Washington est de permettre à ces entreprises de s'aligner commercialement avec Huawei qui propose des conditions de financement généreuses (grâce au soutien des banques de Pékin) à ses clients et des délais de paiement plus longs.

Le combat contre Huawei n'est qu'une partie d'une plus grande bataille américano-chinoise, alors que Washington essaie de contenir l'influence et le pouvoir de Pékin et de s'assurer que la deuxième économie mondiale ne domine pas les industries avancées qui pourraient lui donner un avantage économique et militaire. Cela inclut les réseaux de télécommunications de nouvelle génération que Huawei construit, connus sous le nom de 5G. Ces réseaux ultrarapides contrôleront les communications, les infrastructures critiques et, ce qui est le plus inquiétant pour les responsables américains, les appareils « Internet des objets » qui contrôlent déjà les usines, les véhicules autonomes et les opérations quotidiennes des bases militaires.

Les États-Unis tentent également de limiter plus largement l'accès de la Chine aux technologies américaines et envisagent de restreindre les ventes de micropuces, d'intelligence artificielle, de robotique et de certains types de logiciels avancés, ainsi que d'empêcher les entreprises technologiques de s'associer (ou même de faire de la recherche) avec les entreprises chinoises.


Une action en justice

La semaine dernière, des procureurs américains ont accusé l’entreprise Huawei d’avoir volé des secrets commerciaux pour soustraire des technologies clés à d’autres entreprises et chercheurs aux États-Unis et renvoyer ces informations en Chine. Les procureurs affirment que Huawei a même mis en place un système de primes pour les employés qui pourraient voler la meilleure technologie et a aidé l’Iran à traquer des manifestants. Le nouvel acte d’accusation qui remplace celui qui a été rendu public l’année passée et déposé devant la Cour fédérale de Brooklyn, à New York.

En tout, la société Huawei est poursuivie par le gouvernement américain pour 16 chefs d’accusation. Une panoplie de techniques aurait permis à la firme de Shenzhen de réduire ses coûts en matière de R/D et de prendre un avantage non négligeable sur ses concurrents. On peut voir dans le dossier d’accusation que le géant Huawei et certaines de ses filiales sont poursuivis pour conspiration, violation d’une loi sur le racket utilisée en général pour lutter contre le crime organisé, vol des secrets commerciaux dans six entreprises américaines, mais aussi pour fraude et blanchiment d’argent.

Le dossier d'accusation contient en outre de nouvelles allégations concernant l’implication de l’entreprise dans des pays faisant l’objet de sanctions (Iran et la Corée du Nord notamment) établies par les USA et affirme, entre autres, qu'elle a installé en Iran du matériel de surveillance qui a été utilisé pour surveiller, identifier et séquestrer des manifestants lors des manifestations antigouvernementales de 2009 à Téhéran.

Les nouvelles allégations de vol de secrets commerciaux proférées par l'Oncle Sam concernent le détournement (par des moyens physiques ou autres) de la technologie liée aux antennes cellulaires, de la technologie robotique, du code source et des manuels d’utilisation de routeurs. Huawei est aussi accusé d’avoir élaboré un programme récompensant les employés-informateurs ayant détourné et transmis le plus de données confidentielles sur ses concurrents, de recruter des employés d’autres entreprises, de faire des efforts pour obtenir la propriété intellectuelle de ces entreprises et d’utiliser des professeurs d’instituts de recherche et divers autres moyens pour s’approprier des technologies protégées par le droit d’auteur.

Les nouvelles accusations ont été ajoutées à un ensemble plus large déposé en 2019 qui accusait la société et son directeur financier, Meng Wanzhou, de fraude et d'évasion de sanctions. Dans le cadre de cette affaire, l'administration Trump a fait pression sur le Canada pour extrader Meng, qui a été arrêtée fin 2018 à Vancouver à la demande de responsables américains, afin qu'elle puisse faire face à des accusations aux États-Unis. Meng est la fille aînée du fondateur de Huawei, Ren Zhengfei.

Un bouc émissaire trop « complexe » pour les États-Unis ?

Ce mois-ci, l'administration devrait essayer de resserrer encore l’étau autour d’Huawei en fermant une échappatoire qui a permis à la société de continuer à acheter des pièces et des produits à des sociétés américaines, malgré l'interdiction imposée par l'administration Trump de vendre à Huawei. Alors que le Pentagone s'est initialement opposé à cet effort, craignant que cela ne nuise aux fournisseurs de matériel de défense, il a maintenant inversé sa position sous la pression d'autres responsables administratifs.

Mais l'effort pour handicaper Huawei a été compliqué par le manque d'alternative à la société, qui propose des équipements de télécommunications à bas prix partiellement subventionnés par le gouvernement chinois. À l'heure actuelle, les seuls véritables concurrents sont Nokia et Ericsson, deux entreprises européennes qui affirment avoir déployé plus de réseaux 5G que Huawei, mais ont clairement du mal à égaler ses prix ou à suivre la recherche et le développement de l'entreprise chinoise.

Aussi, l'administration Trump s’est empressée de présenter aux pays européens et autres une autre option. En l'espace de 10 jours, le procureur général William P. Barr, le vice-président Mike Pence et d'autres responsables ont proposé différentes stratégies américaines pour construire un concurrent crédible pour Huawei. Pourtant, parfois, ils se contredisent, souvent en public.

Lors de réunions privées, Trump a exhorté les entreprises américaines à se lancer elles-mêmes dans la compétition. Mais l'administration est profondément divisée en interne sur la question de savoir si les États-Unis doivent investir dans la technologie ou quitter le marché pour la régler.

Barr s’est encore illustré dans un discours ce mois-ci où il a appelé à l'acquisition américaine de Nokia et d'Ericsson « par la propriété américaine d'une participation majoritaire, soit directement, soit par le biais d'un consortium de sociétés privées américaines et alliées ».

« Nous et nos alliés les plus proches devons certainement envisager activement cette approche », a estimé Barr.

Source : NYT

Et vous ?

Quelle lecture faites-vous de cette situation ?
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Avatar de Christian Olivier
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 12/02/2020 à 3:00
Les États-Unis assurent avoir des preuves que Huawei peut espionner les réseaux de télécommunications
Intégrant le matériel qu’il vend et avoir partagé ces preuves avec le Royaume-Uni et l'Allemagne

D’après un récent rapport du Wall Street Journal, les responsables américains qui, jusqu’à lors, étaient restés plutôt vagues et maintenaient le secret sur les éventuelles preuves susceptibles de confirmer les soupçons qui pèsent sur Huawei en matière d’espionnage technologique affirment désormais avoir les preuves que Huawei installe et entretient des portes dérobées dans les réseaux de télécommunications du monde entier où l’entreprise a pu gagner des marchés. Washington assure également avoir communiqué ces éléments de preuve au Royaume-Uni et à l'Allemagne.

« Nous avons la preuve que Huawei a la capacité d’accéder secrètement à des informations sensibles et personnelles dans les systèmes qu’elle maintient et vend dans le monde entier », a déclaré à ce propos Robert O’Brien, conseiller à la sécurité nationale, au WSJ.

Les fabricants d'équipements de télécommunications qui vendent des produits aux opérateurs sont tenus par la loi d'intégrer dans leur matériel des moyens permettant aux autorités d'accéder aux réseaux à des fins légales. mais ils sont également tenus de construire les équipements de telle sorte que le fabricant ne puisse pas y avoir accès sans le consentement de l'opérateur de réseau. Les responsables américains affirment que Huawei a violé ces lois, qui sont appliquées dans de nombreux pays, précise le WSJ.


Cette nouvelle intervient dans le cadre du bras de fer commercial sino-étasunien étalé sur de longs mois qui a été marqué par une profusion de sanctions à l'égard de la société technologique chinoise. Pour rappel, invoquant des préoccupations en matière de sécurité nationale l’administration US a pris des mesures extrêmes et sans précédent contre la société chinoise en mai dernier en plaçant le géant chinois des télécoms sous embargo. Ces mesures incluaient l’ajout de Huawei dans une liste noire (comme la société russe de cybersécurité Kaspersky auparavant) qui contraint les entreprises étasuniennes à ne plus faire affaire avec Huawei, à moins d’avoir une autorisation officielle préalable. Cette décision avait poussé de nombreuses entreprises technologiques américaines (Microsoft, Intel, ARM, Google…) à mettre un terme à leurs relations commerciales avec le second fabricant mondial de smartphones qui occupe près du quart du marché dans la zone EMEA.

Par la suite, le département américain du Commerce avait fini par autoriser temporairement Huawei à continuer à faire des affaires avec ses homologues américains. La période de grâce initiale avait été fixée à 90 jours (jusqu’en février 2020). En parallèle, le département américain du Commerce délivre des licences à certaines entreprises américaines qui souhaitent continuer à faire des affaires avec la société chinoise qui représente le premier fabricant mondial d’équipements de télécommunications, le deuxième fabricant mondial de smartphones et un fournisseur important dans le marché des PC et tablettes 2-en-1. Des entreprises américaines de premier plan comme Microsoft ont déjà profité de cette mesure.


Aujourd’hui, les autorités américaines se montrent plus précises dans leurs accusations, prétendant même avoir des preuves que le fabricant chinois de matériel informatique a maintenu des backdoors (ou portes dérobées) dans certains des réseaux qu’il construit, à commencer par les équipements 4G vendus en 2009. Toutefois, en dépit du fait que les accusations américaines visant Huawei sont plus précises que jamais et proviennent maintenant de certains des plus hauts responsables de la sécurité nationale, aucune preuve tangible (mis à part l’assurance et les gages de bonne foi, côté américain, que ces preuves existent) n’a été fournie par l’Oncle Sam.

De son côté, Huawei a réagi par l’intermédiaire de son chef de la sécurité, Andy Purdy. Ce dernier a rejeté ces accusations : « Nous nions vigoureusement l’allégation selon laquelle nous conservons une telle capacité. Nous nions également avoir jamais accédé de manière abusive à des informations ou à des données relatives aux clients ». Il a poursuivi en expliquant : « les États-Unis sont engagés dans cette voie et je pense que c’est vraiment motivé par la situation géopolitique entre la Chine et les États-Unis. Les États-Unis ne veulent pas tenir compte des faits et des preuves, et ils vont faire tout ce qu’ils peuvent pour bloquer notre capacité à fournir des produits aux réseaux de communication du monde entier ».

Les nouvelles déclarations américaines font suite à une décision surprise du Royaume-Uni d’autoriser Huawei à fournir des équipements non essentiels aux réseaux du pays. Les États-Unis avaient fait un lobbying important contre l’inclusion de Huawei dans la préparation de la 5G, mais n’ont finalement pas réussi à convaincre d’autres pays, notamment ses partenaires européens, d’exclure totalement le fournisseur chinois du marché du déploiement de la 5G. On ne sait pas comment les autres pays vont réagir aux allégations, mais Huawei affirme que les nouvelles revendications ne sont pas surprenantes, étant donné la dernière année de pression croissante.

Sans preuve, il est probablement plus facile de croire que l’administration américaine est simplement engagée dans une « campagne classique de dénigrement » à l’encontre d’un concurrent peu enclin à se laisser contrôler. Et puis, les États-Unis sont peut-être les seuls à soutenir de telles accusations, car ils se sont déjà eux-mêmes livrés à de telles pratiques en profitant de l’ascendant technologique de leurs sociétés dans le monde. Sinon, comment expliquer l’absence de preuves et le comportement hostile des décideurs US ? Ne serait-il pas plus simple de présenter ces fameuses preuves pour clore le sujet ou de laisser tout le monde s’espionner gentiment ?

Source : WSJ

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
Comment expliquer l’absence de preuves et le comportement hostile des décideurs US à l'égard de Huawei ?
Ne serait-il pas plus simple de les présenter pour clore le sujet ?
Est-il préférable, selon vous, de se faire espionner par le gouvernement de son pays, plutôt que par un autre ?

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Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 16/05/2020 à 13:44
Les États-Unis tentent de couper Huawei des fournisseurs mondiaux de puces,
alors que la Chine envisage des représailles

Le président Donald Trump a signé en mai 2019 un décret établissant les bases pour empêcher des entreprises de télécommunications chinoises telles que Huawei de vendre du matériel aux États-Unis, visant à neutraliser la capacité de Beijing à compromettre les réseaux sans fil et les systèmes informatiques américains de la prochaine génération. L’ordonnance interdit l’achat ou l’utilisation de toute technologie de communication produite par des entités contrôlées par « un adversaire étranger » et susceptible de créer un « risque de sabotage indu » des systèmes de communication américains ou des «effets catastrophiques» sur l’infrastructure américaine.

Suite à cette décision, Google a décidé de ne plus fournir de logiciels, de matériel informatique ou service technique à Huawei à l’exception des services disponibles en open source. L'éditeur d'Android a toutefois assuré que Google Play et les protections de sécurité de Google Play Protect continueront de fonctionner sur les appareils Huawei existants. En plus d’être coupé du système d’exploitation le plus vendu au monde, Huawei a vu certains des principaux concepteurs et fournisseurs de puces au monde suspendre également leurs relations commerciales jusqu’à nouvel ordre. Et récemment, la Maison-Blanche a prolongé un décret signé en mai 2019 et interdisant aux entreprises américaines d'utiliser des équipements de télécommunications fabriqués par des entreprises « présentant un risque pour la sécurité nationale », parmi lesquelles figurent Huawei ou encore ZTE.

Les USA vont encore plus loin. Vendredi dernier, l’administration Trump a décidé de bloquer les expéditions de semi-conducteurs vers Huawei Technologies par les fabricants de puces, non seulement aux USA, mais dans tout le monde entier. Le département américain du Commerce a déclaré qu’il modifiait une règle d’exportation pour « cibler stratégiquement l’acquisition de semi-conducteurs par Huawei qui sont le produit direct de certains logiciels et technologies américains ». Le ministère a ajouté que « l’annonce met fin aux efforts de Huawei pour saper les contrôles à l’exportation des États-Unis ».


Rappelons que les États-Unis tentent aussi de convaincre leurs alliés d’exclure les équipements Huawei des réseaux 5G de prochaine génération au motif que son équipement pourrait être utilisé par la Chine pour espionner. Bien-sûr, Huawei a, à plusieurs reprises, nié ces allégations. Selon le Département américain du Commerce, Huawei a continué d’utiliser des logiciels et des technologies américains pour concevoir des semi-conducteurs bien qu’il ait été placé sur une liste noire en mai 2019.

Une nouvelle règle, dévoilée par le Département du Commerce, élargit l'autorité américaine pour exiger des licences pour la vente à Huawei de semi-conducteurs fabriqués à l'étranger avec la technologie américaine, élargissant considérablement sa portée pour arrêter les exportations vers l'équipementier chinois. « Cette action fait passer l'Amérique en premier, les entreprises américaines en premier et la sécurité nationale américaine en premier », a déclaré un haut responsable du Département du Commerce. La plupart des fabricants de puces s’appuient sur des équipements produits par des sociétés américaines comme KLA, Lam Research et Applied Materials, selon un rapport publié l’an dernier par la société chinoise Everbright Securities.

La réaction de la Chine a été rapide, avec un rapport publié vendredi par le Global Times, un quotidien chinois, indiquant que Pékin était prêt à placer les entreprises américaines sur une "liste d'entités non fiables", dans le cadre de contre-mesures en réponse aux nouvelles limites imposées à Huawei. « La Chine prendra des contre-mesures énergiques pour protéger ses propres droits légitimes », si les États-Unis vont de l'avant avec le plan visant à empêcher les fournisseurs essentiels de puces, y compris TSMC basé à Taiwan, de vendre des puces à Huawei, a déclaré une source au Global Times dans une interview exclusive.

Les mesures comprennent l'ajout de sociétés américaines à la "liste d'entités non fiables" de la Chine, l'imposition de restrictions ou le lancement d'enquêtes sur des sociétés américaines comme Qualcomm, Cisco et Apple conformément aux lois et règlements chinois comme les mesures d'examen de la cybersécurité et la loi anti-monopole, et la suspension des achats d'avions de Boeing.

Source : Reuters

Et vous ?

Que pensez-vous de ces nouvelles mesures prises par les USA et la réaction de la Chine ?
Selon vous, Huawei pourra-t-il s'en sortir sans les semi-conducteurs du reste du monde ?

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Avatar de Stan Adkens
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 19/05/2020 à 8:32
La Chine injecte 2,2 milliards de dollars dans une entreprise locale de fabrication de puces,
Alors que Washington tente de couper Huawei des fournisseurs mondiaux de semi-conducteurs

La Chine continue de multiplier des manœuvres pour réduire sa dépendance à l'égard de la technologie américaine. Alors que Washington est en train de resserrer ses restrictions technologiques à l'égard de ce pays et de ses entreprises technologiques, les fonds soutenus par l'État chinois ont injecté 2,25 milliards de dollars dans une usine de fabrication de plaquettes de Semiconductor Manufacturing International Corp. (SMIC), l'un des principaux producteurs de semi-conducteurs de Chine, pour soutenir la fabrication de puces avancées, a rapporté Bloomberg.

Le capital social de l'usine de Semiconductor Manufacturing International Corp. passe par conséquent de 3,5 à 6,5 milliards de dollars après l'investissement, a déclaré la société dans une annonce publiée en chinois vendredi. La participation du fabricant de puces dans l'usine de Shanghai passera de 50,1 % à 38,5 %, selon Bloomberg. L'usine a une capacité de production de 6 000 plaquettes de 14 nanomètres par mois et prévoit de la porter à 35 000, soit une augmentation d’environ six fois.


SMIC est l'une des nombreuses entreprises de fabrication de puces qui incarnent l'espoir de Pékin de créer une industrie de semi-conducteurs autonome et de classe mondiale. La société cotée à Hong Kong, un fabricant de puces sur lequel Pékin compte pour réduire sa dépendance à l'égard de la technologie américaine, prévoyait un peu plus tôt ce mois une vente de jusqu'à 1,69 milliard de nouvelles actions sur le marché de Shanghai, selon Bloomberg.

SMIC prévoyait d'utiliser les recettes de cette vente pour développer la fabrication de puces de nouvelle génération afin d'essayer de concurrencer Intel Corp. et Taiwan Semiconductor Manufacturing Co. (TSMC). Cet effort intervient à un moment où l'administration Trump se préparait à renforcer les restrictions sur la vente de technologies à la Chine, menaçant de refuser aux entreprises nationales comme SMIC ou Huawei Technologies Co. l'accès à des composants et circuits essentiels.

« Stratégiquement, nous pensons que le SMIC coupe progressivement ses liens avec les marchés financiers américains, alors que la tension entre les États-Unis et la Chine s'intensifie à cause du Covid-19 et qu'un nouveau cycle de guerre commerciale se prépare », avaient écrit les analystes de Bernstein dans une note, d’après Bloomberg.

Washington a modifié ses règles pour empêcher Huawei de concevoir et de produire ses propres puces

Ce nouvel investissement chinois intervient alors que Washington a pris des mesures pour empêcher les ventes à Huawei Technologies par des fabricants de puces utilisant la technologie américaine. Le ministère du Commerce a déclaré vendredi qu'il exigerait des licences avant d'autoriser l'utilisation de la technologie américaine par l'entreprise chinoise ou ses 114 filiales, dont son unité de conception de puces HiSilicon.

Dans un communiqué publié le 13 mai, la Maison-Blanche a décidé de prolonger un décret signé en mai 2019 qui interdit aux entreprises américaines d'utiliser des équipements de télécommunications fabriqués par des entreprises « présentant un risque pour la sécurité nationale », parmi lesquelles figurent Huawei ou encore ZTE. Selon l’administration Trump, « les technologies ou de services d'information et de communication conçus, développés, fabriqués ou fournis par des personnes détenues, contrôlées ou soumises à la juridiction ou à la direction d'adversaires étrangers » comme Huawei et ses filiales continuent de constituer une menace contre les Etats-Unis. Pour cette raison, l'urgence nationale déclarée le 15 mai 2019 doit se poursuivre jusqu’en 2021.


Les actions de la Maison-Blanche ne se sont pas arrêtées là, la semaine dernière. Vendredi dernier, elle a décidé de bloquer les expéditions de semi-conducteurs vers Huawei Technologies par les fabricants de puces, non seulement aux USA, mais dans tout le monde entier. Le département américain du Commerce a déclaré qu’il modifiait une règle d’exportation pour « cibler stratégiquement l’acquisition de semi-conducteurs par Huawei qui sont le produit direct de certains logiciels et technologies américains ». Le ministère a ajouté que « l’annonce met fin aux efforts de Huawei pour saper les contrôles à l’exportation des États-Unis ».

Ce changement de règle élargit l'autorité américaine pour exiger des licences pour la vente à Huawei de semi-conducteurs fabriqués à l'étranger avec la technologie américaine, élargissant considérablement sa portée pour arrêter les exportations vers l'équipementier chinois. « Cette action fait passer l'Amérique en premier, les entreprises américaines en premier et la sécurité nationale américaine en premier », a déclaré un haut responsable du Département du Commerce. La plupart des fabricants de puces s’appuient sur des équipements produits par des sociétés américaines comme KLA, Lam Research et Applied Materials, selon un rapport publié l’an dernier par la société chinoise Everbright Securities.

La Chine a réagi spontanément à cette décision avec un rapport publié le même vendredi par le biais de Global Times, un quotidien chinois, indiquant que Pékin était prêt à placer les entreprises américaines sur une "liste d'entités non fiables", dans le cadre de contre-mesures en réponse aux au plan américain visant à bloquer les livraisons de semi-conducteurs à Huawei. La Chine a également déclaré être prête à lancer des enquêtes, à imposer des restrictions à des sociétés américaines telles qu'Apple, et à arrêter l'achat d'avions Boeing, d’après le quotidien chinois.

Tous les fabricants de puces du monde, y compris TSMC et SMIC, ont besoin de l'équipement des entreprises américaines pour fabriquer des puces pour tout, des smartphones aux superordinateurs. Mais la dernière mesure touche TSMC de manière disproportionnée, car elle compte sur Huawei pour environ 10 % de ses revenus, selon les estimations de Bloomberg.

« Nous suivons de près le changement des règles d'exportation américaines », a déclaré la TSMC dans un communiqué, suite à la décision américaine. « La chaîne d'approvisionnement de l'industrie des semi-conducteurs est extrêmement complexe, et est desservie par un large éventail de fournisseurs internationaux. Faisant partie de l'écosystème mondial des semi-conducteurs, TSMC entretient des collaborations à long terme avec des partenaires d'équipement du monde entier, y compris ceux situés aux États-Unis ».

« La Chine prendra des contre-mesures énergiques pour protéger ses propres droits légitimes », si les États-Unis vont de l'avant avec le plan visant à empêcher les fournisseurs essentiels de puces, y compris TSMC basé à Taiwan, de vendre des puces à Huawei, a déclaré une source au Global Times dans une interview exclusive.

Avec ce nouvel investissement, la Chine parie sur le fabricant de puces local pour pouvoir réduire la dépendance du pays à l'égard de la technologie américaine. Huawei a pris un bon nombre de décisions stratégiques pour aller de l’avant alors que les mesures de restrictions américaines persistent et qu’il est privé des ressources comme les applications Google sur ses smartphones. Mais jusqu’à quand ses premières puces seront-elles exportées à partir de ses propres usines ?

Source : Bloomberg

Et vous ?

Que pensez-vous du nouvel investissement chinois ?
Selon vous, cette initiative pourra-t-elle permettre à la Chine d’être à l’avenir indépendante de la technologie américaine ?

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Avatar de defZero
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 15/02/2020 à 22:56
Qu’en pensez-vous ?

Que Huawei est surement coupable de ce dont l’accuse les USA, mais, et c'est un gros mais, il y a deux choses que je trouve cocasse :
- D'un je ne pense pas que le gouvernement US est la moindre preuve de ce dont il accuse Huawei, sinon ils les auraient volontiers fait "fuité"
- Et de deux, le gouvernement US accuse Huawei et donc la Chine de choses dont il est lui même coupable, par le biais des boites US / Israélienne et autres rachats effectué par leurs services d' "Intelligence" depuis une 30e d’année.

Donc, en suivant le raisonnement du gouvernement US retranscrit dans les plaintes déposés et si la sécurité et véritablement leurs but, alors personnes ne devraient utiliser de technologies US et associés, non ?

Il est schizophrènes le gouvernement US ou bien ?
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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 24/02/2020 à 6:20
Vous ne pouvez pas avoir d'applications Google sur votre téléphone Huawei parce que Donald Trump l'a dit,
Google dissipe la confusion et parle des produits Huawei concernés

Si vous avez un téléphone Huawei lancé après le 16 mai de l'année dernière, vous devrez vivre sans application Google telle que Gmail, YouTube et Google Maps - même le Play Store. Connu collectivement sous le nom de Google Mobile Services, Huawei n'a pas le droit d'obtenir une licence de Google pour utiliser son logiciel. .

Les restrictions sont en place pour les utilisateurs de Huawei car le gouvernement américain a placé Huawei sur liste noire. Aux États-Unis, toutes les entreprises, y compris Google, sont interdites d'avoir des relations avec toute entreprise figurant sur cette liste. Google explique que cela signifie qu'il « est interdit de travailler avec Huawei sur de nouveaux modèles d'appareils ou de fournir des applications de Google, notamment Gmail, Maps, YouTube, le Play Store et autres pour le préchargement ou le téléchargement sur ces appareils ».

Selon Google, il y a encore beaucoup de confusion autour de ce qui se passe, mais aussi sur les produits Huawei qui n’ont plus l’autorisation d’utiliser des services Google. Dans un billet de blog, Tristan Ostrowski, Android & Play Legal Director en a dit un peu plus sur la situation :

« Le 16 mai 2019, le gouvernement américain a placé Huawei sur son Entity List. Cette action gouvernementale interdit à toutes les entreprises américaines, y compris Google, de collaborer avec Huawei.

« Cela signifie qu'il est interdit à Google de travailler avec Huawei sur de nouveaux modèles d'appareils ou de fournir des applications de Google, notamment Gmail, Maps, YouTube, le Play Store et autres, pour le préchargement ou le téléchargement sur ces appareils.

« Notre objectif a été de protéger la sécurité des utilisateurs de Google sur les millions d'appareils Huawei existants dans le monde. Nous avons continué à travailler avec Huawei, conformément aux réglementations gouvernementales, pour fournir des mises à jour de sécurité et des mises à jour des applications et services de Google sur les appareils existants, et nous continuerons à le faire aussi longtemps que cela est autorisé. Pour être clair: la loi américaine autorise actuellement Google à ne travailler avec Huawei que sur les modèles d'appareils disponibles au public au plus tard le 16 mai 2019.

« Nous avons continué de recevoir un certain nombre de questions sur les nouveaux appareils Huawei (par exemple, les nouveaux modèles lancés maintenant ou les modèles antérieurs lancés après le 16 mai 2019 mais maintenant disponibles dans de nouvelles régions du monde) et si les applications et services de Google peuvent être utilisés sur ces appareils. Nous voulions fournir des conseils clairs à ceux qui posaient ces questions importantes ».

Et l’entreprise a mis en exergue la déclaration suivante : « En raison de restrictions gouvernementales, les applications et services de Google ne sont pas disponibles pour la précharge ou la charge latérale sur les nouveaux appareils Huawei ».


Le billet de blog continue comme suit :

« Pour protéger la confidentialité des données des utilisateurs, la sécurité et sauvegarder l'expérience globale, le Google Play Store, Google Play Protect et les principales applications de Google (y compris Gmail, YouTube, Maps et autres) ne sont disponibles que sur les appareils certifiés Play Protect.

« Les appareils certifiés Play Protect passent par un examen de sécurité et un processus de test de compatibilité rigoureux, effectués par Google, pour garantir la sécurité des données utilisateur et des informations sur les applications. Ils proviennent également de l'usine avec notre logiciel Google Play Protect, qui offre une protection contre l'appareil compromis.

« Il s'agit de notre approche de longue date en matière de sécurité et de confidentialité des utilisateurs et elle est appliquée de manière cohérente dans tous les fabricants d'appareils.

« En raison des restrictions gouvernementales décrites ci-dessus, les nouveaux modèles d'appareils Huawei mis à la disposition du public après le 16 mai 2019 n'ont pas pu passer par ce processus de sécurité et ils n'auront pas préchargé Play Protect. Par conséquent, ils sont considérés comme "non certifiés" et ne pourront pas utiliser les applications et les services de Google.

« En outre, les applications Google téléchargées latéralement ne fonctionneront pas de manière fiable, car nous ne permettons pas à ces services de s'exécuter sur des appareils non certifiés où la sécurité peut être compromise. Le chargement latéral des applications de Google comporte également un risque élevé d'installer une application qui a été modifiée ou falsifiée de manière à compromettre la sécurité des utilisateurs.

« Pour vérifier si votre appareil est certifié, ouvrez l'application Google Play Store sur votre téléphone Android, appuyez sur "Menu" et recherchez "Paramètres". Vous verrez si votre appareil est certifié sous "Certification Play Protect" ».

En somme, les produits Huawei commercialisés au plus tard le 16 mai 2019 peuvent continuer à bénéficier de ces mises à jour pour l'instant. Mais tous ceux qui sont arrivés plus tard sont considérés comme « non certifiés », car Google n'a pas été en mesure de soumettre ces appareils à ses contrôles de sécurité « rigoureux » et le logiciel Google Play Protect, qui peut détecter quand un matériel a été compromis, n’y est pas préchargé.

Mais Google a un avertissement pour les clients possédant des produits Huawei plus récents: n'essayez pas de charger Gmail, YouTube, le Play Store ou d'autres logiciels Google sur ces appareils non certifiés (sous-entendu hors de Google Play) étant donné que l'entreprise ne peut pas garantir s’il s’agit des applications originales ou si elles sont exemptes de logiciels malveillants.

Google essaie d'éviter le côté politique de la chose, tout en dissuadant le public de passer par un téléchargement latéral pour garder l'accès aux services populaires de l'entreprise.

Source : Google

Et vous ?

Disposez-vous d'un téléphone Huawei ?
Si non, un téléphone Android sans les services Google est-il susceptible de vous intéresser quand même ?
Que pensez-vous du conseil de Google de ne pas télécharger ses applications en dehors de Google Play ?
En faire un billet sur son forum d'aide constituerait-il la meilleure communication pour le grand public sur la situation ?
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Avatar de Axel Lecomte
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 28/01/2020 à 14:56
5G en Europe : Stéphane Richard, le PDG d'Orange, s'oppose à l'exclusion de Huawei
une réponse au Commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton

Lors de la présentation de ses vœux à la presse le 23 janvier à Paris, Stéphane Richard, PDG d'Orange, a été questionné sur les mesures qui seront annoncées par Bruxelles concernant la sécurisation des réseaux 5G dans l'Union européenne. Et il a clairement montré son opposition à une exclusion de la firme chinoise.


Stéphane Richard, PDG d'Orange

« Je suis contre l'exclusion de Huawei », a fermement affirmé Stéphane Richard. Cette déclaration semble être une réponse à Thierry Breton, Commissaire européen au Marché intérieur, qui avait dit que le déploiement de la 5G ne serait pas retardé si les équipementiers européens sont privilégiés. En effet, pour l'ex-responsable de France Télécom, « l'Europe, y compris l'Allemagne bien sûr, est sur la bonne voie. Nous ne sommes pas et ne serons pas en retard en Europe sur le déploiement de la 5G ». De plus, l'Europe devrait garder sa « souveraineté technologique » en pensant à disposer d'alternatives nationales dans des domaines stratégiques.

« J'espère que nous n'irons pas vers une exclusion de fait, qui ne serait pas dans l'intérêt de l'Europe. Je peux parfaitement admettre que l'on fasse jouer une préférence européenne [Ericsson et Nokia], d'autres privilégient leurs entreprises. Mais doit-on écarter Huawei ? C'est un pas que je ne franchis pas », réagit alors Stéphane Richard.

Cette déclaration intervient au moment où l'Europe doit décider d'intégrer ou non les équipements Huawei dans le lancement de nouveaux réseaux 5G. En effet, les États-Unis accusent les autorités chinoises d'utiliser les équipements du chinois afin d'espionner et d'empêcher les réseaux de télécommunications de fonctionner normalement. Récemment, l'administration Trump a d'ailleurs demandé au Vieux Continent d'exclure la firme chinoise dans ses réseaux 5G.

Le chinois a une avance technologique par rapport à ses concurrents dans la 5G, en plus du fait qu'Orange utilise les équipements ou services Huawei dans ses réseaux à l'international (mais pas en France), notamment en Roumanie. Pour certains, cette exclusion va donc mettre beaucoup de pression sur Ericsson et Nokia puisque leurs équipements et solutions sont plus chers et moins avancés que ceux de la firme.

Source : Reuters

Et vous ?

Que pensez-vous de cette déclaration de Stéphane Richard ?

Voir aussi :

Abandonner les équipements Huawei retarderait le déploiement de la 5G en Europe « de probablement deux ans », selon le PDG de Vodafone
Très critiquée, la loi « anti-Huawei » pour sécuriser la 5G est désormais une réalité, mais elle ne discrimine pas un équipementier en particulier
Le blocus Huawei de Trump fléchit en Europe, qui ne veut pas prendre de retard dans le déploiement de la 5G
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Avatar de jopopmk
Membre expert https://www.developpez.com
Le 12/02/2020 à 9:05
Ils ont des preuves mais ne veulent pas les diffuser, je vois donc deux possibilités :
- pas de preuve réelle, simple discrimination, ou
- ils peuvent utiliser ces failles pour le propre intérêt.
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Avatar de Acheumeuneu
Membre du Club https://www.developpez.com
Le 19/02/2020 à 19:22
Les européens ont compris que Trump est un gros bidon et que les Etats-Unis apparaissent de moins en moins comme un allié fiable en tout cas tant que Moumoutte sera au pouvoir.
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Avatar de Stan Adkens
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 02/02/2020 à 18:23
Huawei devrait-il abandonner Android ?
La société a affirmé qu'elle continuerait d'utiliser les services de Google si les Etats-Unis levaient l'interdiction, selon un rapport

L’interdiction de Huawei d’utiliser les technologies américaines dure depuis mai dernier et des questions commencent à se poser alors que le géant chinois des technologies de l'information et de la communication se concentre sur son propre système d’exploitation mobile. Huawei devrait-il abandonner Android ou continuer à l’utiliser une fois l’interdiction levée ? Huawei affirme qu'il est toujours possible d'utiliser les services de Google après qu'on lui ait interdit de les inclure sur les appareils l'année dernière, malgré les commentaires contraires d’un cadre de Huawei.

En effet, selon un rapport du blog Android Authority qui cite le site Web allemand WinFuture, Fred Wangfei, un représentant de Huawei pour l'Autriche a déclaré, lors d’une conférence de presse à Vienne, que la société n'utilisera pas de versions sous licence d'Android avec le support des applications Google – le Play Store, Gmail, Google Maps et autres applications créées par Google – même si les États-Unis lèvent l'interdiction qui a forcé Huawei à proposer ses propres alternatives. Au lieu de cela, les ambitions de Huawei pour Android seraient concentrées sur sa propre version, Harmony OS.


Après la signature en mai par le président américain d’un décret empêchant des entreprises de télécommunications chinoises de vendre du matériel aux États-Unis et l’inscription de Huawei sur la liste noire américaine, Google a mis une pause à sa collaboration avec l’entreprise, mettant fin à l’utilisation de PlayStore, Gmail et tout autre produit Google pour les futurs smartphones Android du constructeur chinois. La déclaration de Wangfei signifierait que le problème actuel de Huawei, à savoir que ses smartphones n'ont pas accès à toutes les applications Google, se poursuivrait indéfiniment.

Cependant, une déclaration ultérieure de la société a semblé rejeter les affirmations du représentant des relations publiques de la société. Bien que Huawei n'ait pas vraiment confirmé ou nié les choses, la société a fortement laissé entendre qu'elle serait heureuse de proposer la version officielle d'Android – avec les applications Google – sur ses prochains téléphones si le gouvernement américain venait à le lui autoriser. Selon Android Authority, un porte-parole de Huawei a déclaré ce qui suit :

« Un écosystème Android ouvert est toujours notre premier choix, y compris le GMS (Google Mobile Services), – c'est ce qui nous a permis de devenir le numéro deux mondial pour les livraisons de smartphones –, mais si nous ne sommes pas en mesure de continuer à l'utiliser, nous avons la possibilité de développer le nôtre », a-t-il dit au blog. Roland Quandt et Andreas Proschofsky ont publié des tweets concernant la déclaration de Wangfei et la marche arrière de la société :


La société est toujours en mesure d'utiliser le système d'exploitation de base d’Android, mais elle ne peut tout simplement pas ajouter aucun des services de Google. Pour son Mate 30 Pro et d'autres produits à venir, Huawei a construit sa propre version d'importantes API qui font partie des services mobiles de Google que l'on trouve sur la grande majorité des téléphones Android. Mais même si Huawei peut faire et reproduire des fonctionnalités, l'interdiction rend toujours ses appareils moins attrayants pour les clients occidentaux, qui comptent sur Gmail, Google Agenda et d'autres produits de base.

Il est peut-être temps pour une société comme Huawei d’apporter une alternative viable à Android et iOS

Selon Android Authority, malgré les difficultés sans les services mobiles de Google, Huawei devrait peut-être s'en tenir à la déclaration initiale, et mettre tout en œuvre pour apporter une alternative viable à Android et iOS. En effet, selon le blog, s'il existe aujourd'hui une entreprise qui dispose des ressources financières et du talent brut nécessaires pour proposer un troisième choix viable de systèmes d'exploitation pour smartphones, c'est bien Huawei.

Le blog justifie cela, entre autres, par le fait qu’avant l'interdiction de Huawei en mai dernier, Huawei était en passe de devenir le plus grand fabricant de smartphones de la planète. Et aujourd'hui encore, l'interdiction de Huawei entravant toujours sa croissance, la société a pu dépasser officiellement Apple en 2019 pour devenir le deuxième plus grand équipementier au monde, juste derrière Samsung. Selon les rapports de Strategy Analytics, Counterpoint Research et Canalys, au cours de l'année dernière, le fabricant chinois aurait livré environ 240 millions de téléphones, contre un peu moins de 200 millions pour Apple.

Selon le blog, Huawei Mate 30 Pro qui n'est pas livré avec des applications Google – parce que lancé après l'entrée en vigueur de l'interdiction de Huawei – a été, malgré ce handicap, expédié à hauteur de 12 millions d'unités. À l'heure actuelle, l’appareil est à peine disponible en dehors de la Chine, pays d'origine de la société, mais Huawei a pu expérimenter confortablement son propre système d'exploitation sans trop se soucier de ses résultats.


Cependant, d’après le blog, ceci représente un défi important et un investissement à long terme et il y aurait inévitablement des pertes à court terme alors que la société tente de trouver ses marques et de développer Harmony OS pour avoir sa propre identité. Toutefois, cela empêcherait ce que la société a vécu en 2019 avec l’interdiction des Etats-Unis, tout en favorisant les ambitions de la société en tant que fabricant de smartphones mais aussi en tant que créateur de technologie, a estimé Android Autority.

Créer un nouveau système d'exploitation et concurrencer Android et iOS ne sera pas chose facile

Au fil des ans, de nombreux systèmes d’exploitation mobiles concurrents ont essayé de briser le duopole, sans y parvenir. Selon un rapport publié par le blog la semaine dernière, de nombreux systèmes exploitation mobiles alternatifs, y compris BlackBerry 10 et Firefox OS, ont tenté, mais n'ont finalement pas pu détrôner Android et iOS au cours des 10 dernières années. Selon le rapport, certaines de ces offres ont ouvert la voie à Android, inspirant certaines des futures fonctionnalités et le langage de conception de la plateforme, et d'autres sont venus un peu trop tard et ont trouvé le défi d'établir une plateforme mobile compétitive trop difficile.

Au-delà de ce défi, Huawei aurait de grandes difficultés à attirer une large proportion d’utilisateurs sur Harmony OS à cause de l'interdiction américaine contre la société. En effet, le gouvernement des États-Unis accuse Huawei d’espionnage, vol de propriété intellectuelle, fraude et même violation de traités internationaux. Les pays alliés ont même été sensibilisés à bannir Huawei. Cependant, le géant chinois est en train de travailler à l'assainissement de son image. Il a consacré jusqu'à présent des milliards de dollars à l'amélioration de sa cybersécurité, selon le blog, et d'autres pays alliés des Etats-Unis sont prêts à lui accorder le bénéfice du doute, y compris le Royaume-Uni qui a autorisé la société à participer à leur déploiement de la 5G, sous certaines conditions.

Selon le blog, l'industrie des smartphones a peut-être besoin d'un remaniement, et Huawei qui va devoir faire face à une situation difficile, de toute façon, devrait profiter de l’occasion pour introduire un changement dans l’industrie. Un troisième système d'exploitation majeur serait peut-être ce dont les OEM ont besoin pour introduire à nouveau sur le marché de l’innovation. Huawei pourrait-il conduire ce changement ? Qu’en pensez-vous ?

Source : Android Authority

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
Est-il temps d'avoir un troisième choix de système d'exploitation dans l'industrie des smartphones ?
Les efforts actuels de Huawei pourraient conduire à ce troisième système d’exploitation mobile majeur ?
Feriez-vous confiance à un OS mobile de Huawei ?

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