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L'industrie musicale australienne exclut les chansons générées par IA des classements : les titres reposant entièrement ou en partie sur l'IA générative ne seront pas éligibles aux classements ARIA

Le , par Anthony

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L'industrie musicale australienne a adopté une position intransigeante vis-à-vis de l'intelligence artificielle (IA) : l'Australian Recording Industry Association (ARIA), l'organisme chargé des classements musicaux officiels du pays, exclura désormais de ses classements les titres entièrement ou principalement générés par l'IA. Cette décision fait suite à la révélation d'une reprise de « Like a Prayer » de Madonna qui avait atteint la première place des classements radio australiens, avant que l'on ne découvre que les voix et la batterie avaient été générées par l'IA. En vertu de cette nouvelle politique, les artistes sont toujours autorisés à utiliser l’IA comme outil d’aide, mais la créativité humaine doit rester au cœur du processus d’écriture, d’interprétation et de production.

Pour rappel, l’intelligence artificielle avait déjà permis à un groupe fictif de se hisser en tête des classements de musique country aux États-Unis. Breaking Rust, présenté comme un groupe virtuel généré par IA, a propulsé le titre « Walk My Walk » à la première place du classement Country Digital Song Sales de Billboard et a enregistré des millions d’écoutes sur Spotify. Le succès a été si convaincant que certains internautes se sont demandé quand le groupe partirait en tournée.

Le phénomène dépasse désormais la seule question des classements : les plateformes de streaming sont inondées de chansons générées par IA, avec de véritables revenus à la clé. Sur Spotify et YouTube, des groupes fictifs, des voix synthétiques et des albums conçus pour reproduire des esthétiques musicales existantes alimentent une nouvelle catégorie de « fake bands ». Leur prolifération met sous pression l’économie du streaming en exploitant les failles de ses mécanismes de rémunération. Pour leurs défenseurs, ces créations ouvrent un nouveau champ d’expérimentation ; pour leurs détracteurs, elles risquent surtout de diluer la visibilité des artistes humains, de brouiller l’authenticité musicale et de fragiliser la viabilité du système de rémunération.

Dans ce contexte, l'industrie musicale australienne a franchi une étape décisive dans le débat grandissant sur l'intelligence artificielle et la créativité en interdisant l'entrée dans les classements musicaux officiels du pays des titres entièrement ou principalement générés par l'IA. L'Australian Recording Industry Association (ARIA), qui supervise les principaux classements musicaux du pays, a mis en place de nouvelles règles exigeant que les enregistrements éligibles aux classements soient en grande partie créés par des humains.

Cette nouvelle politique devrait redéfinir la manière dont la musique générée par l'IA est traitée au sein de l'industrie musicale commerciale australienne. Alors que l'IA est rapidement devenue un outil puissant pour les musiciens, les producteurs et les créateurs, la décision de l'ARIA établit une distinction claire entre l'utilisation de l'IA en tant qu'assistant et le cas où l'IA devient de fait le principal créateur d'une chanson.


En vertu des nouvelles règles, les titres dont les éléments créatifs sont entièrement ou en grande partie générés par une IA générative ne seront pas éligibles aux classements ARIA. Les artistes seront toutefois toujours autorisés à utiliser l’IA comme outil d’aide. Une œuvre musicale peut figurer dans les classements dès lors que la créativité humaine reste au cœur du processus d’écriture, d’interprétation et de production.

Cette décision intervient à un moment où la musique générée par l’IA devient de plus en plus difficile à distinguer des enregistrements produits de manière traditionnelle. Les plateformes d’IA générative sont désormais capables de créer des voix, des paroles, des mélodies, des arrangements instrumentaux et des éléments de production en quelques minutes. Cela a ouvert de nouvelles possibilités créatives pour les musiciens, mais a également soulevé des questions concernant le droit d’auteur, la propriété artistique, la transparence et l’avenir économique des interprètes humains.

L’un des éléments déclencheurs immédiats de la décision de l’Australie a été la polémique autour d’une version de « Like a Prayer » de Madonna réalisée à l’aide de l’IA. Produit par Josh Fawaz, DJ et producteur du Queensland, cet enregistrement a connu un immense succès à la radio australienne et s’est hissé en tête des classements ARIA. Le titre serait devenu l’un des morceaux les plus diffusés du pays et aurait atteint les premières places des classements ARIA.

La chanson a attiré l’attention après que l’utilisation de l’IA a été rendue publique. Josh Fawaz a reconnu que l’intelligence artificielle avait été utilisée pour créer certains éléments, notamment les voix et la batterie. Son succès a mis en évidence la difficulté croissante pour les organisations musicales traditionnelles de déterminer si un enregistrement à succès commercial devait être en concurrence à armes égales avec la musique créée principalement par des musiciens humains.

Pour l'ARIA, la question n’est pas simplement de savoir si l’IA intervient à un moment donné dans le processus de production. La production musicale moderne repose déjà largement sur les technologies numériques, et les artistes utilisent fréquemment des logiciels pour modifier les voix, améliorer la qualité sonore, arranger les instruments ou expérimenter de nouveaux sons. La question centrale est plutôt de savoir dans quelle mesure le travail créatif est réellement le fait de l’humain.

Cette distinction permet aux musiciens de continuer à expérimenter l’IA sans perdre automatiquement leur éligibilité aux classements. Un artiste qui utilise un programme d’IA pour l’aider à la production, générer des idées ou effectuer une tâche technique limitée pourrait toujours être éligible. En revanche, un enregistrement dans lequel l’IA crée les voix principales, les éléments instrumentaux ou d’autres composantes créatives essentielles pourrait être exclu.

Ce changement s'applique également aux conditions d'éligibilité aux ARIA Awards, ce qui renforce l'importance de cette politique. Une chanson ne peut pas se contenter d'atteindre un succès commercial et espérer ensuite être récompensée par les principaux prix musicaux australiens si elle ne répond pas aux nouvelles exigences.

L'ARIA s'est également dotée de pouvoirs accrus pour traiter les enregistrements qui s'avéreraient par la suite non éligibles. En vertu des règles mises à jour, les classements peuvent être modifiés, les enregistrements peuvent être retirés et les récompenses peuvent éventuellement être révoquées. Les artistes et leurs représentants auront la possibilité de contester ces décisions dans le cadre de la procédure de règlement des litiges mise en place par l'organisation.

Cette mesure reflète les préoccupations plus générales de l’industrie mondiale du disque concernant l’impact de l’IA générative. Les maisons de disques et les artistes s’interrogent de plus en plus sur la manière dont les systèmes d’IA sont entraînés, en particulier lorsque les modèles apprennent à partir d’enregistrements protégés par le droit d’auteur sans autorisation. On craint également que la musique générée par l’IA n’inonde les services de streaming et ne rende plus difficile la visibilité des musiciens humains.

Pour les artistes émergents, cela revêt une importance particulière. Les classements musicaux ne sont pas de simples listes de chansons populaires. Ils peuvent influencer la diffusion à la radio, les programmations des festivals, les nominations aux prix, l’intérêt des labels et, plus généralement, le parcours professionnel d’un artiste. Si les morceaux générés par l’IA parviennent à rivaliser avec ceux des artistes humains à très grande échelle, les musiciens craignent que les véritables œuvres créatives deviennent plus difficiles à découvrir.

Dans le même temps, ces nouvelles règles risquent de susciter un débat sur ce qui relève exactement de la musique « essentiellement créée par l’homme ». La frontière entre la créativité humaine et l’assistance des machines devient de plus en plus floue. Un producteur peut utiliser l’IA pour générer une mélodie, la modifier en profondeur, puis la combiner avec des paroles écrites par un humain et des instruments joués en direct. Un autre artiste peut utiliser des voix générées par l’IA tout en écrivant et en arrangeant lui-même l’intégralité de la chanson.

Déterminer où s’achève une catégorie et où commence une autre pourrait donc devenir l’un des plus grands défis pour l’industrie musicale.

Cette politique soulève également des questions de transparence. À mesure que l’IA s’intègre dans les logiciels courants de production musicale, les auditeurs pourraient être de plus en plus nombreux à vouloir savoir si la voix qu’ils entendent appartient à un véritable artiste, si les paroles ont été écrites par une personne et si l’arrangement instrumental a été créé par des humains.

L’approche adoptée par l’Australie vise à répondre à ces préoccupations sans rejeter complètement...
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