Les micropuces sous-cutanées obligatoires pour les employés pourraient bientôt être interdites dans l'État de Washington : leur utilisation sur les humains relève-t-elle de la dystopie ? Les micropuces sous-cutanées obligatoires pour les employés pourraient bientôt être interdites dans l'État de Washington. Les micropuces sous-cutanées peuvent aider à retrouver les animaux perdus, mais leur utilisation sur les humains relève-t-elle de la dystopie ? « Il existe des cas de micropuces implantées volontairement. Il serait extrêmement difficile, voire impossible, d'atténuer les problèmes liés aux droits civils et aux droits des travailleurs qui surgiraient si les entreprises commençaient à exiger ces puces », a déclaré la représentante Thomas dans un communiqué, arguant que la dynamique du pouvoir sur le lieu de travail rend « impossible le véritable consentement des employés ».
L’évolution technologique, comme l’avènement de l’intelligence artificielle (IA), des casques de réalité virtuelle, des bâtiments connectés, va de pair avec les moyens mis en œuvre pour sécuriser les données et prévenir ainsi d’éventuelles attaques des hackers ou des accès non autorisés par les employés même de l’entreprise. C’est donc dans ce souci sécuritaire que les entreprises se dotent d’outilsqui servent au contrôle d’accès en interne de l’entreprise, comme les cartes magnétiques. Bien qu’efficaces, elles ont aussi un inconvénient qui est le fait qu’on puisse les perdre ou les oublier chez soi en allant au bureau. Il semble donc que les entreprises aient trouvé une alternative plus avantageuse, mais qui pourrait choquer certains. Il s’agit de micropuces qui seront implantées dans le corps des personnes.
D’après des chiffres publiés en mai 2018, on dénombrait 3000 personnes dans cette situation. Selon un rapport du principal réseau de radiodiffusion non commercial et de service public des États-Unis, ce chiffre est à mettre à jour d’un bon millier, soit une augmentation de plus de 33 % en 5 mois ; c’est dire le rythme d’adoption de la technologie. À date, la demande est supérieure à l’offre que la plus grosse entreprise de Suède dans la filière (Biohax International) est capable de fournir.
Une dystopie (littéralement « mauvais endroit ») est un monde ou une société imaginaire dans lequel les gens mènent une vie misérable, déshumanisée et effrayante. Les dystopies se caractérisent souvent par la peur ou la détresse, des gouvernements tyranniques, des catastrophes environnementales ou d'autres caractéristiques associées à un déclin cataclysmique de la société. C'est un thème récurrent dans les récits de science-fiction dystopiques : une entreprise malveillante oblige ses employés à se faire implanter une micropuce afin de surveiller en permanence leurs déplacements.
Bien qu'il n'existe aucun cas connu de ce scénario (à ce jour), deux législateurs de l'État de Washington espèrent faire en sorte que cela reste ainsi. Présenté en début d'année par les représentantes démocrates Brianna Thomas et Lisa Parshley, le projet de loi HB 2303 stipule explicitement que les entreprises « ne peuvent demander, exiger ou contraindre un employé à se faire implanter une micropuce pour quelque raison que ce soit ».
Le projet de loi a été officiellement adopté par la Chambre des représentants et une commission sénatoriale avec le soutien des deux partis, et est en passe de devenir une loi. « La commission sénatoriale du travail et du commerce a voté en faveur de l'adoption de la mesure après en avoir brièvement ri avant de la voter », a récemment rapporté la chaîne d'information locale Fox 13.
Les micropuces sous-cutanées ont certainement leur utilité. Elles permettent depuis des années de retrouver des animaux perdus et peuvent fournir des informations cruciales sur les patients dans certaines situations médicales, deux cas qui ne sont pas concernés par la loi. Et bien que le fait de faire pression sur les travailleurs pour qu'ils se fassent implanter une puce soit probablement illégal pour de nombreuses raisons, il n'y a aucun mal à officialiser cette interdiction.
Implantées dans la peau entre le pouce et l'index, ces puces utilisent les technologies RFID et NFC, permettant aux utilisateurs d'effectuer des tâches telles que l'ouverture de certaines portes et le démarrage de voitures. Elles peuvent également être utilisées pour stocker des données médicales, auxquelles il serait possible d'accéder si la personne était victime d'un accident. Cependant, le projet de loi HB 2303 prévoit actuellement que les entreprises qui enfreindraient cette loi se verraient infliger une amende minimale de 10 000 dollars pour la première infraction, suivie d'une amende de 20 000 dollars pour chaque infraction supplémentaire.
« Il existe des cas de micropuces implantées volontairement. Il serait extrêmement difficile, voire impossible, d'atténuer les problèmes liés aux droits civils et aux droits des travailleurs qui surgiraient si les entreprises commençaient à exiger ces puces », a déclaré la représentante Thomas dans un communiqué, arguant que la dynamique du pouvoir sur le lieu de travail rend « impossible le véritable consentement des employés ». « Nous ne voulons pas avoir à essayer de réparer un gâchis impossible à réparer lorsqu'il sera trop tard. Nous prenons donc les devants », a-t-elle ajouté.
Ce projet de loi rappelle qu'en 2020, la Chambre des représentants de l'Indiana a approuvé un texte de loi qui proscrit la pose de puces sous-cutanées à des tiers comme condition de recrutement par des entreprises. « Le texte de loi interdit à un employeur d'exiger d'un candidat à l'emploi ou d'un employé qu'un dispositif soit implanté ou autrement incorporé dans le corps du candidat ou de l'employé comme condition d'emploi, comme condition d'accès à un poste particulier ou comme condition pour recevoir une rémunération ou des avantages supplémentaires », précise la note d’information de la Chambre des représentants de l’Indiana.
En 2018, la société britannique BioTeq a déclaré avoir déjà implanté 150 puces dans le corps de personnes vivant au Royaume-Uni. Si la plupart étaient destinées à des particuliers, certaines sociétés financières et d'ingénierie ont fait implanter ces puces à leurs employés dans le but d'améliorer la sécurité, et non à des fins de surveillance. Une autre société, la société suédoise Biohax, était également en pourparlers avec plusieurs cabinets juridiques et financiers britanniques qui souhaitaient proposer ces implants à leurs employés. Three Square Market (32M) a déclaré en 2017 avoir conclu un partenariat avec Biohax afin de proposer ces implants à ses employés.
Un propriétaire de Tesla s'est même fait implanter deux puces dans la main afin de stocker des monnaies cryptographiques et des données. Ces puces mises au point par la société Vivokey sont utiles comme clé de son domicile et comme moyen d'accéder à sa carte médicale. L'une des puces permet également de déverrouiller sa Tesla Model 3. Le cas Brandon Dalaly, qui fait suite à plusieurs autres rapportés dans des pays comme la Suède, et qui n’est donc pas isolé ravive le débat sur les risques de sécurité et de santé que soulève la pose de puces électroniques sous-cutanées.
Source : Projet de loi HB 2303
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