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Procès sur la dépendance aux réseaux sociaux : les géants de la tech connaissaient et documentaient les risques qu'ils ont choisi d'ignorer, quitte à transformer le cerveau des enfants en ressources pub

Le , par Stéphane le calme

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Procès sur la dépendance aux réseaux sociaux : les géants de la tech connaissaient et documentaient les risques
qu'ils ont choisi d'ignorer, quitte à transformer le cerveau des enfants en ressources publicitaires

Le procès ouvert ce février 2026 à Los Angeles contre Meta et Google représente un tournant historique dans la régulation du numérique. Pour la première fois, les architectes des plus grandes plateformes mondiales doivent répondre de leurs choix d'ingénierie devant un jury populaire. Derrière l'affaire judiciaire, c'est toute la mécanique de l'économie de l'attention qui est mise à nu : des algorithmes délibérément conçus pour maximiser l'engagement, quitte à sacrifier la santé mentale d'une génération entière.

Le 9 février 2026, devant le tribunal civil de Los Angeles, le procès de Meta et Google s'est ouvert sur une accusation directe : avoir « fabriqué l'addiction dans des cerveaux d'enfants ». L'avocat des plaignants, Mark Lanier, a martelé que ce mécanisme ne s'est pas produit « par accident mais à dessein », « parce que l'addiction est rentable ».

La plaignante principale, une Californienne de 20 ans dont l'affaire a été jugée suffisamment représentative pour servir de procédure test, soutient avoir développé une forte addiction aux réseaux sociaux qui l'ont entraînée dans une spirale de dépression, d'anxiété et de troubles de l'image de soi. Elle était utilisatrice de YouTube dès l'âge de six ans, puis d'Instagram à onze ans, avant de rejoindre Snapchat et TikTok quelques années plus tard.

Les débats ne portent pas sur les vidéos toxiques elles-mêmes (la section 230 du Communications Decency Act protégeant largement les plateformes pour les contenus tiers) mais sur la conception même de leurs algorithmes et les fonctions de personnalisation encourageant le visionnage compulsif. Ce choix stratégique des avocats est loin d'être anodin : en attaquant la design, et non le contenu, ils espèrent contourner l'immunité légale dont bénéficient jusqu'ici les grandes plateformes.

Les plaignants reprennent explicitement la stratégie menée avec succès contre l'industrie du tabac dans les années 1990 et 2000. Les avocats de Meta et YouTube ont d'ailleurs tenté, en vain, de faire interdire toute analogie avec les produits addictifs comme le tabac ou les opioïdes. L'analogie dérange, précisément parce qu'elle est structurellement fondée.

L'ingénierie de la dépendance dévoilée

Ce qui émerge des audiences, c'est la confirmation technique de ce que des chercheurs soupçonnaient depuis des années. Les faits présentés décrivent des mécanismes d'engagement directement inspirés des techniques issues du jeu d'argent : notifications, recommandations, flux continus. Ces dispositifs auraient été pensés pour prolonger le temps passé en ligne et renforcer l'addiction, notamment chez les plus jeunes.

Des documents internes de Meta ont été produits à l'audience, dans lesquels certains cadres de l'entreprise considéraient l'algorithme comme « absolument calibré pour maximiser l'engagement de la manière la plus dénuée de principes possible », avec des objectifs clairs d'augmentation du temps passé, y compris pour les enfants de moins de 13 ans.

La mécanique est bien connue des développeurs : le scroll infini supprime les points d'arrêt naturels, l'autoplay retire à l'utilisateur la décision de continuer, et les algorithmes de recommandation n'optimisent pas la pertinence mais la rétention. Les parties civiles s'appuient notamment sur une étude commandée par Instagram elle-même, soulignant les risques d'addiction chez les enfants ayant vécu des « événements traumatisants » et reconnaissant la faible efficacité des dispositifs de contrôle parental. En d'autres termes, Meta savait, avait documenté les risques, et avait continué.

L'avocate Laura Marquez-Garrett, du Social Media Victims Law Center, a fourni une illustration particulièrement saisissante devant le tribunal : un enfant cherchant des citations inspirantes sur TikTok se retrouve alimenté en contenus sur les ruptures et le suicide. Ce phénomène est documenté dans le « Projet MYST », des documents internes de Meta révélés lors du procès, qui montrent que les enfants ayant vécu des événements difficiles sont les plus exposés au risque de dépendance. Pour un adolescent fuyant une réalité douloureuse, les plateformes deviennent des amplificateurs de détresse plutôt que des refuges.


Frances Haugen : la voix de l'intérieur

Le témoignage de Frances Haugen, la lanceuse d'alerte qui avait remis en 2021 des dizaines de milliers de pages de documents internes de Facebook aux régulateurs américains et au Wall Street Journal, apporte une dimension supplémentaire au tableau. Son intervention le 19 février 2026 est particulièrement éclairante sur la culture organisationnelle de Meta.

Elle décrit une entreprise où l'équipe chargée de détecter les distributeurs de contenus pédopornographiques ou les prédateurs ciblant des enfants était si démunie en ressources qu'un seul ingénieur supplémentaire aurait multiplié son efficacité par dix. Mais c'est sur les arbitrages algorithmiques que son témoignage est le plus dévastateur : les équipes de Meta auraient identifié des modifications simples — comme l'absence de notifications nocturnes — qui réduisaient le stress des adolescents et amélioraient leur sommeil. Ces modifications ont été abandonnées parce qu'elles entraînaient une baisse d'utilisation d'environ 1 %.

Elle résume ainsi la philosophie interne de l'entreprise : « Ils se préoccupaient de la perception du public, pas de la santé réelle des enfants. » Les adolescents n'étaient envisagés que sous l'angle de leur capacité à faire venir leurs cadets et leurs parents sur la plateforme. Ce n'est pas une dérive marginale : c'est le modèle économique.


Zuckerberg à la barre : un interrogatoire inédit

Pour la toute première fois, le fondateur de Facebook a dû répondre de ses choix directement devant un jury, et non plus seulement devant des commissions parlementaires où les questions restent souvent sans conséquences réelles. La différence est majeure : un avocat adversaire peut relancer, creuser, confronter les déclarations aux pièces internes.

Lors de son témoignage le 18 février, Zuckerberg s'est tenu à un répertoire de réponses bien rodées, affirmant que sa « boussole » était de créer un produit apportant de la valeur aux utilisateurs, et que le temps passé sur les applications n'était selon lui « qu'un heureux sous-produit ». Une formulation soigneusement calibrée, qui contraste avec les emails internes versés au dossier dans lesquels il exhortait ses équipes à inverser le désengagement des plus jeunes sur Instagram.

Adam Mosseri, le directeur d'Instagram, avait témoigné quelques jours plus tôt dans un registre similaire, niant que les utilisateurs puissent développer cliniquement une addiction aux réseaux sociaux. Un choix sémantique stratégique : la dépendance comportementale n'est effectivement pas reconnue comme un diagnostic psychiatrique à part entière, ce qui permet aux plateformes de nier les faits en restant techniquement dans le vrai. Selon lui, une utilisation quotidienne de 16 heures ne constitue pas une addiction.


La question architecturale au cœur du débat juridique

Ce procès pose une question fondamentale pour toute l'industrie du logiciel : jusqu'où la responsabilité d'un développeur s'étend-elle sur l'usage de son produit ? L'issue pourrait se jouer sur une interprétation précise : les dommages sont-ils causés par le contenu des vidéos ou par le fait qu'elles soient sélectionnées par un algorithme, lancées automatiquement et diffusées indéfiniment ? Dans ce second scénario, Meta et YouTube perdraient leur immunité au titre de la section 230.

L'analogie avec l'automobile proposée par Marquez-Garrett est techniquement limpide : on n'interdit pas une voiture parce que certains conducteurs font des accidents, mais on peut condamner un constructeur qui a délibérément conçu un réservoir d'essence défectueux. Ici, le « défaut » serait inscrit dans le code : le scroll infini, la lecture automatique, les boucles de récompense à ratio variable empruntées aux machines à sous.

Des précédents à construire, une industrie à réformer

En l'absence de TikTok et de Snapchat, qui ont préféré transiger pour des montants confidentiels, seuls Meta et YouTube siègent en défense. Mais une défaite constituerait un précédent, ouvrant la voie à des condamnations similaires dans les milliers d'autres procédures en cours. En juin prochain, les deux entreprises feront face à une seconde vague : un procès fédéral regroupant des plaintes émanant de dizaines de districts scolaires et de procureurs généraux d'État.

La lanceuse d'alerte Frances Haugen formule les exigences techniques de manière concrète : permettre aux utilisateurs de ralentir leur algorithme, mettre en place des alertes quand un utilisateur consomme de plus en plus de contenus déprimants, offrir de véritables contrôles côté serveur — pas des minuteries décoratives que les adolescents apprennent à contourner en quelques semaines. « L'ère du faites-nous confiance doit prendre fin », dit-elle. « Nous avons besoin d'une véritable transparence algorithmique. »

Pour les professionnels de l'informatique, ce procès est un signal : les choix d'ingénierie ne sont pas neutres. Optimiser une métrique d'engagement sans considérer les effets de second ordre sur des cerveaux en développement relève d'une responsabilité que la loi commence à appréhender. L'affaire de Los Angeles pourrait bien devenir, pour l'industrie des plateformes numériques, ce que les procès contre les cigarettiers ont été pour le tabac : le moment où la société a décidé que certains modèles de profit ne pouvaient plus être tolérés.

Source : Democracy Now

Et vous ?

La comparaison avec l'industrie du tabac est-elle juste, ou les plateformes numériques sont-elles d'une nature si différente que l'analogie ne tient pas ? Un réseau social peut-il être intrinsèquement addictif, ou tout dépend-il de l'implémentation ?

Si l'on reconnaît la responsabilité des plateformes sur la conception de leurs algorithmes, où trace-t-on la ligne ? Doit-on interdire le scroll infini ? La lecture automatique ? Tout système de recommandation personnalisée ?

La section 230 du Communications Decency Act, bouclier légal historique des plateformes américaines, est-elle encore adaptée au monde numérique actuel ? Comment l'Europe se positionne-t-elle avec le DSA face à ces mêmes enjeux ?

Peut-on concevoir un modèle économique viable pour les grandes plateformes sans monétiser l'attention et le temps passé ? Ou la publicité ciblée rend-elle structurellement inévitable l'optimisation addictive ?

Les ingénieurs et développeurs qui ont codé ces algorithmes portent-ils une responsabilité individuelle ? Comment l'éthique professionnelle dans le secteur tech doit-elle évoluer face à ces révélations ?
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Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 24/02/2026 à 11:01
Citation Envoyé par Artaeus Voir le message
Les droits fondamentaux et libertés des individus doivent être respectées.
Bullshit!

1. Le RESPECT commence par celui que l'on doit envers les autres et pas ce que vous considérer comme une "liberté des individus"!

2. Ses propres DROITS se terminent quand ils empiètent sur ceux des autres!

Est-ce un droit fondamental et une liberté individuelle de se droguer ou d'avoir 2 grammes d'alcool dans le sang et de prendre le volant pour finir par tuer des usagers de la route qui n'avaient rien demandé?
7  0 
Avatar de popo
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 25/02/2026 à 10:04
Citation Envoyé par Artaeus Voir le message
Suis-je dangereux pour les autres parce que j'accède à un réseau social qui a une interface "addictive" (sur quel critère d'ailleurs) ? Est-ce qu'un réseau social est dangereux car l'interface est "addictive" ?
Oui, quand tu consulte ton RS au volant.
Oui, quand tes enfants te voient passer des heure sur ton RS et qu'il suivent ton exemple.
Oui, quand tu es tellement absorbé par ton RS que tu ne vois pas ton gosse qui s'étouffe ou qui joue avec des allumettes.
Oui, quand tu es tellement absorbé par ton RS que tu ne prends même plus la peine de regarder avant de traverser la rue.
Oui, quand tu traines sur ton RS au lieu de faire ton boulot, cela a des conséquences pour la boite qui t'emploie.
etc.
5  0 
Avatar de JackIsJack
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 22/02/2026 à 21:44
On commence enfin à nommer ces comportements addictifs au même titre que les jeux d'argents. Ils isolent et contribut à l'instabilité psychologique... Les gens le savent, les médecins le savent, les entreprises qui les gèrent le savent également... Il ne reste que l'Etat !
3  0 
Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 23/02/2026 à 12:36
Citation Envoyé par Artaeus Voir le message
Ce procès est d'une mauvaise foi indécente :
- Vous ouvrez un magazine pour enfant, vous avez des pubs ciblant les enfants.
- Vous allumez la TV, vous avez des pubs ciblant les enfants (programme pour enfants).
- Vous vous promenez dans la rue, vous avez des pubs ciblant les enfants (Noël, fêtes, jouets).

Bref, que les parents soient responsables, un enfant n'a pas à trainer seul sur Internet !
Les parents sont tout autant soumis à l'addiction que leur enfants!!!

Et donc le docteur Artaeus considère que ce sont des drogués qui vont limiter l'usage de la drogue???
3  0 
Avatar de _toma_
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 23/02/2026 à 16:40
Artaeus -> Quand des multinationales demandent spécifiquement à des neurologues/sociologues de travailler le design et les mécanismes d'un logiciel ou d'un site internet pour exploiter au maximum les biais cognitifs des utilisateurs dans le seul but de les rendre captifs et dépendants, oui il faut réguler. Soit tu interdis ces pratiques à la conception, soit tu régules l'accès aux outils qui ont été conçus dans le seul objectif de baiser la gueule du plus grand nombre utilisateurs. T'as pas remarqué qu'on n'avait jamais fait ce genre de reproche à Word ou à Gimp ? Ça te vient pas à l'esprit qu'il puisse y avoir une raison à ça ?
Ça n'a rien à voir avec une atteinte à tes libertés fondamentales.
Enfin si, justement : en mettant des bâtons dans les roues de ces multinationales et de leurs pratiques pernicieuses, on protège les utilisateurs les plus faibles. T'as qu'à passer un coup de fil à un addictologue et lui demander ce qu'il en pense.

La santé n'a pas à être prétexte à toutes les mesures liberticides comme ce fut le cas il y a quelques années avec le Covid.
T'es allé faire un tour dans une maison de retraite ou dans un service hospitalier pendant le covid ?
T'as des potes médecins ou infirmiers ? T'as débriefé avec eux ? Ils t'ont parlé de ce qu'ils ont vécu ?
Oui la crise a été très mal gérée et c'était déjà très mal parti avant même le premier contaminé (on était en train d'incinérer nos stocks de masques quand la pandémie a commencé). On ne parlera même pas de la qualité de la communication de nos politiciens qui étaient complètement paumés/cons.
D'un autre côté, on ne pouvait pas connaître les conséquences de la maladie. Demander à la population de rester chez elle pour préserver les plus faibles, on appelle ça de la restriction de liberté ou bien de la bienveillance envers les plus faibles, ça dépend du point de vue qu'on décide d'adopter.
Y'a des plus de 60/70 ans dont tu te sens proche ? T'es allé leur claquer la bise pendant le confinement ? Tu leur recommandes de ne pas se faire vacciner contre la grippe ?
Oui, c'est sûr, la façon dont le confinement a été mis en place et les réactions des populations vont être épluchées par des sociologue et les dirigeants vont se faire un plaisir de lire ces études pour voir à quel point on peut manipuler une foule. Mais tu as l'air de penser que ces décisions ont été prises dans le seul but de te nuire : faut quand même faire preuve d'un certain égoïsme pour en arriver là, non ?

Moi non plus je les ai pas bien vécus les confinements. Mais si tu crois que tu peux qualifier ça de restriction de liberté fondamentale injustifiée, patiente encore un peu et tu verras que ton mètre étalon va prendre un sacré coup dans la gueule.
Et si t'es vraiment impatient, regarde ce qui se passe dans d'autre régions du monde tous les jours de l'année, crise sanitaire ou non. Ou bien ce qui s'est passé pour les générations passées. Les exemples ne manquent pas.

Edit :
Citation Envoyé par Artaeus
Ce procès est d'une mauvaise foi indécente :
- Vous ouvrez un magazine pour enfant, vous avez des pubs ciblant les enfants.
- Vous allumez la TV, vous avez des pubs ciblant les enfants (programme pour enfants).
- Vous vous promenez dans la rue, vous avez des pubs ciblant les enfants (Noël, fêtes, jouets).

Bref, que les parents soient responsables, un enfant n'a pas à trainer seul sur Internet !
Tu fais semblant de ne pas comprendre la différence avec le sujet traité dans cette actualité ou bien t'as vraiment pas compris ? (pas de condescendance, c'est une vraie question).
4  1 
Avatar de smarties
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 24/02/2026 à 14:09
S'il n'y avait que des documentaires ou ouvrages techniques sur les réseaux sociaux et ou les commentaires seraient des corrections ou des débats, il y aurait déjà plus d'utilité
2  0 
Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 25/02/2026 à 8:41
Citation Envoyé par Artaeus Voir le message
Comparez une interface web à une drogue n'est pas sérieux
Ben si...

Addiction aux réseaux sociaux : agissent-ils vraiment comme une drogue sur le cerveau ?
Pour la psychiatre américaine, spécialiste de l’addiction, Anna Lembke, chaque "like", réaction ou vidéo déclenche un pic de dopamine, l’hormone du bonheur, détaille National Geographic. Ce qui nous pousse à scroller à l’infini, un phénomène qui porte un nom : le doomscrolling. Problème, cela finit par perturber notre équilibre, la dopamine produite baisse peu à peu, et comme pour toute drogue, les utilisateurs de réseaux sociaux vont y passer de plus en plus de temps pour "se sentir à nouveau normaux", selon les termes de la psychiatre. Une expression a même été créée pour désigner cette boucle de récompense : la dopamine loop.
"Instagram est une drogue": au procès sur la question de l'addiction aux réseaux sociaux aux Etats-Unis, des "preuves irréfutables" ont été fournies par des documents internes de Meta et Google
D’autres documents montrent que Meta se vante que les "adolescents ne puissent pas se déconnecter d’Instagram même s’ils le veulent" Une constation qui fait même dire à un employé, cité dans le document: "Oh mon Dieu, Instagram est une drogue", tout en comparant les plateformes de médias sociaux à des "dealers".

Même constat pour Youtube. Un document de 2020 de Google détaille notamment le plan de l’entreprise pour fidéliser "à vie" les enfants. Et ça, malgré les recherches internes sur l’impact négatif des usages intensifs. Les études montrent ainsi que les jeunes utilisateurs de Youtube sont plus susceptibles de souffrir "de manière disproportionnée" d'une "utilisation intensive habituelle, d'une utilisation tardive et d'une utilisation involontaire" détériorant leur "bien-être numérique".
Il y a les histoires de dopamine, il y a les histoires d'addiction, ça correspond à au moins une des définitions du mot "drogue".
Il fallait peut-être utilisé le mot "psychotrope" (ça englobe l'alcool mais probablement pas les réseaux sociaux).
2  1 
Avatar de _toma_
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 26/02/2026 à 10:44
Salut Artaeus,

je reviens vers toi même si tu ne m'as pas répondu.

J'ai été assez virulent dans mes propos (et je ne suis pas le seul), je vais essayer d'être un peu plus calme.
Je pense que, comme d'habitude, tous les intervenants de cette discussion sont d'accord sur une bonne partie des sujets abordés mais qu'on se focalise sur nos désaccords.

Oui il est dangereux de vouloir mettre en place une surveillance de la population. À quand un état bienveillant qui prenne soin de ses citoyens plutôt que de les considérer comme une menace ? Je pense pas que ça soit pour demain. Donc oui, nous devons nous méfier de notre gouvernement qui finira par devenir notre pire ennemi.
Je déteste les caméras dans les espaces publics et les espaces privés. Mais il faut bien reconnaître que c'est devenu le seul moyen de lutter contre, par exemple, les violences policières. Combien de passage à tabac, interventions hors cadre qui n'ont pu être démontrés que grâce à des vidéos ? Quand l'état aura franchi l'ultime et dernier pas, cet outil ne sera bien évidemment plus qu'un outil répressif. En attendant, c'est le seul outil qui peut nous rendre service dans certains contextes (si y'a 10 ans on m'avait dit que je formulerais une telle phrase, j'aurais bien rigolé).

Oui nous sommes dans un état fascisant et on avance à vitesse grand V. Une minute de silence pour un militant néonazi, des années d'inaction contre la Taverne de Thor, la polarisation totale du débat public (si tu ne soutiens pas le génocide à Gaza c'est que t'es antisémite, si t'es pas trop à droite c'est que t'as des tendances terroristes, ...), etc, etc, etc. On n'est plus au pied du mur, on a déjà la tête dedans.

Oui il faut qu'on se méfie de notre gouvernement et des mécanismes de surveillance qui sont mis en place. Notre gouvernement actuel veut en profiter et on peut être sûrs que les gouvernements suivants se frotteront les mains en récupérant les outils de surveillance mis en place et n'auront plus grand chose à ajouter pour lancer la machine dictatoriale.

Sur tout ça, je pense qu'on est à peu près d'accord.

Pour ce qui est des réseaux "sociaux", je reste sur mon avis. Ce sont des outils néfastes, dangereux, vicieux, conçus pour nuire en rendant les utilisateurs dépendants et en manipulant leurs comportements.
Dans une utopie quelconque, ils auraient dû être interdits il y a bien longtemps. Le scandale Cambridge Analytica aurait dû suffire à servir d'exemple. Mais 99% des utilisateurs sont inconscients du phénomène et n'ont aucune connaissance technique, ils n'ont pas la moindre idée de ce qu'est un serveur, des quantités de données et métadonnées qu'ils livrent et des personnes à qui ils les livrent.
Est-ce qu'il faut interdire aux enfants d'utiliser ces plateformes ? Il faudrait à tout le moins interdire à ces plateformes d'utiliser certains mécanismes et certaines collectes de données. Est-ce que nos politiciens sont en train de choisir la solution de facilité ? Peut-être. Sans doute.

Si je suis opposé à toutes les lois de flicage qui ne sont qu'un prétexte pour imposer un contrôle renforcé -personne n'est anonyme sur internet, pas besoin de voter une loi pour "désanonymiser" les gens-, je ne peux pas me réjouir de voir 99.9% de la population utiliser des plateformes centralisées.

Est-ce que ces plateformes constituent un outil démocratique qu'il faut défendre ? Je pense que c'est tout l'inverse (encore une fois, il suffit de se souvenir de Cambridge Analytica).
Si un jour ils s'effondrent et qu'on revient à des outils décentralisés qui ne soient pas axés sur le comportement des utilisateurs et la frénésie de l'instantanéité, je serai heureux de prendre leur défense.

Voili voilà, j'espère que je suis plus clair sur mes propos.

Bonne journée à tous dans le monde qui est le nôtre.
1  0 
Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 23/02/2026 à 8:22
Citation Envoyé par Artaeus Voir le message
Ce procès est d'une mauvaise foi indécente :
Plus les utilisateurs passent de temps sur une application, plus ils voient de pubs, plus ça rapporte de l'argent à la plateforme.
L'entreprise a donc intérêt à rendre son application addictive.
L'entreprise ne se préoccupe pas du bien être et de la santé mentale des utilisateurs, l'entreprise se préoccupe du chiffre d'affaire.

Dès les années 1960 Philip Morris a ajouté de l’ammoniac à son tabac pour le rendre plus addictif, quand ses concurrents l'ont découvert ils ont cherché à faire pareil.
Le capitalisme n'est pas gentil.

De temps en temps la justice attaque une industrie car elle a poussé le bouchon un peu trop loin.
Peut-être que les applications comme Instagram sont trop optimisées pour les rendre addictives et que ça devient dangereux.
2  2 
Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 23/02/2026 à 14:38
Citation Envoyé par Artaeus Voir le message
Tu compare un réseau social à de la drogue, sérieusement ?
Je crois qu'il a utilisé une figure de style.
Quand quelqu'un est accro à son smartphone on peut le traiter de drogué. (au niveau du cerveau ça fonctionne pareil, Dopamine, Ocytocine, Sérotonine, Endorphines, Cortisol, Noradrénaline, récompense, tout ça)

Là dans le contexte ça donne une mauvaise image aux enfants.
Si un enfant de 2 ou 3 ans, voit que ses parents sont constamment en train de regarder leurs smartphones, ça donne un mauvais exemple.

Citation Envoyé par Artaeus Voir le message
La santé n'a pas à être prétexte à toutes les mesures liberticides comme ce fut le cas il y a quelques années avec le Covid.
Non mais là ça va, ce sont des entreprises comme Google, Meta et Instagram qui vont subir des procès.
Là ça ne parle pas de devoir prouver son identité afin de pouvoir accéder à un service.
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