Les VPN pourraient être la prochaine cible du gouvernement français. L'Assemblée nationale vient d'adopter une loi interdisant l'accès aux médias sociaux aux moins de 15 ans et l'utilisation des téléphones portables dans les lycées. Dans la continuité de cette démarche, le gouvernement pourrait envisager d’élargir la régulation pour intégrer les VPN. Cette intention est motivée par la crainte que des mineurs ne recourent à ces outils pour contourner les restrictions d’accès géographique ou de vérification d’âge des plateformes sociales. Cette approche réglementaire controversée reflète les politiques restrictives en matière d'Internet des pays autoritaires comme la Chine.Les députés français ont récemment voté en faveur d'un projet visant à interdire l'utilisation des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Cette mesure s’inscrit dans une dynamique de protection accrue des jeunes contre les risques identifiés des plateformes en ligne, incluant l’exposition à des contenus inappropriés, le cyberharcèlement et les effets potentiels sur la santé mentale. La loi doit encore être examinée par le Sénat avant d’entrer en vigueur.
Si elle est adoptée, cela signifie que les mineurs français ne pourront pas utiliser des applications de médias sociaux comme Snapchat, Instagram et TikTok. Toutes les plateformes seront tenues de vérifier l'âge de tous leurs utilisateurs, y compris les adultes, avant la fin de l'année. Mais le gouvernement pourrait aller plus loin encore, en restreignant l’usage des VPN afin d'empêcher les adolescents de contourner l’interdiction d’accès aux réseaux sociaux.
« Si [cette législation] nous permet de protéger une très grande majorité d'enfants, nous continuerons. Et les VPN sont le prochain sujet sur ma liste », a déclaré la ministre déléguée à l'Intelligence artificielle et au Numérique, Anne Le Hénanff, lors d'une intervention sur la chaîne publique Franceinfo.
« Nous avons franchi une étape très importante lundi [...] nous sommes le premier pays européen à avoir fixé cet âge, 15 ans. Ce n'est qu'un début », a déclaré Anne Le Hénanff, soulignant que l'âge moyen auquel un enfant s'inscrit sur les réseaux sociaux en France n'est que de huit ans et demi. « À huit ans et demi, je ne pense pas que quiconque connaisse les VPN, à moins d'avoir la complicité d'un adulte ». Ses propos ont déclenché un tollé en ligne.
Des solutions difficiles à mettre en œuvre sur le plan technique
La mise en œuvre pratique de l'interdiction des réseaux sociaux en France présente d'énormes obstacles techniques, ce qui explique pourquoi les autorités envisagent de restreindre l'accès aux VPN. Les plateformes de réseaux sociaux s'appuient principalement sur les informations d'âge fournies par les utilisateurs, qui peuvent être facilement falsifiées. Les critiques affirment que « ces mesures créent souvent plus de problèmes qu'ils n'en résolvent ».
Des systèmes de vérification de l'âge plus robustes, tels que la reconnaissance faciale ou la vérification des pièces d'identité officielles, soulèvent leurs propres problèmes de confidentialité et se heurtent à la résistance des groupes de défense des libertés civiles. Les VPN compliquent davantage l'application de la loi en permettant aux internautes de donner l'impression qu'ils accèdent à des services depuis des pays qui ne sont pas soumis à cette interdiction.
L'approche de la France diffère nettement de celle d'autres pays qui tentent d'imposer des restrictions similaires. L'Australie a récemment adopté une loi obligeant les plateformes de réseaux sociaux à vérifier l'âge des utilisateurs, mais sans cibler l'utilisation des VPN. La loi britannique sur la sécurité en ligne (Online Safety Act) impose également des responsabilités aux plateformes plutôt que de restreindre les outils utilisés par les utilisateurs.
La volonté de la France d'envisager une réglementation des VPN suggère un cadre réglementaire plus complet, et potentiellement plus intrusif, qui pourrait obliger les fournisseurs d'accès à Internet à bloquer ou à surveiller le trafic VPN, une proposition techniquement complexe et controversée.
Bien sûr, si le commentaire d'un seul membre du gouvernement français ne signifie pas que la France va effectivement interdire les VPN pour toute la population, il indique toutefois la direction que certains dirigeants du pays souhaitent prendre. Les détracteurs ont réagi aux déclarations de la ministre Anne Le Hénanff en exprimant leur inquiétude quant au fait que ces tentatives de mesures protectrices s'orientaient vers une direction autoritaire.
La France accusée de porter atteinte aux libertés numériques
Ce n'est pas la première fois que les VPN sont confrontés à des restrictions potentielles dans le pays. En 2023, un projet d'amendement à la loi SREN avait également exploré cette possibilité. Mais cette disposition a finalement été rejetée. La déclaration de la ministre Anne Le Hénanff a rapidement suscité des critiques en ligne. L'écrivain et réalisateur...
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