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Richard Stallman sur le piratage : « Le partage est une bonne chose et devrait être légal ». Il affirme que partager n'est pas voler et accuse l'industrie d'avoir transformé l'entraide numérique en faute morale

Le , par Stéphane le calme

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22  0 
Piratage logiciel : Richard Stallman affirme que partager n’est pas voler et accuse l’industrie d’avoir transformé l’entraide numérique en faute morale,
« Le partage est une bonne chose et devrait être légal »

Pour Richard Stallman, le mot « piratage » est déjà une concession idéologique. Derrière ce terme chargé, forgé par l’industrie culturelle et logicielle, se cache selon lui une réalité bien différente : le partage. Dans une intervention publique longuement commentée où il a éclairé sans filtre sa pensée, Stallman ne se contente pas de défendre le logiciel libre. Il attaque frontalement l’idée même qu’il serait immoral de copier, de partager ou de contourner les barrières juridiques et techniques imposées aux utilisateurs

Vendredi, Richard Stallman, âgé de 72 ans, a fait une apparition de plus de deux heures à l'Institut de technologie de Géorgie, où il a abordé des sujets aussi variés que l'intelligence artificielle, les voitures connectées, les smartphones, les lois sur la vérification de l'âge et sa distribution Linux préférée. Mais dès le début, Stallman a également déclaré à l'auditoire : « Eh bien, je déteste les DRM et je n'ai aucune copie de quoi que ce soit avec DRM. Je ne veux aucune copie de quoi que ce soit avec DRM. Je n'ai jamais voulu quoique ce soit au point de m'incliner devant les DRM. Alors je dis : "Au diable Spotify et Netflix !" ».

Cela a donné lieu à un moment intéressant lorsqu'une personne lui a demandé plus tard si nous avions l'obligation éthique d'éviter le piratage : « Pensez-vous que nous avons l'obligation éthique d'éviter le partage interdit ? L'article en question parle de piratage. »

Pour mémoire, la Biélorussie légalise le piratage de films, de musique et de logiciels... en provenance de pays « ennemis », en réponse aux sanctions qu'elle a subies pour avoir soutenu l'invasion russe en Ukraine

Refuser le vocabulaire du mot « piratage »

Stallman commence par un geste simple mais radical : il refuse d’employer le terme « piratage » pour parler de la copie de logiciels, de musiques ou de films. Pour lui, le mot n’est pas neutre. Il assimile volontairement le partage à une activité criminelle violente, alors qu’il s’agit d’un acte coopératif entre individus. Copier un fichier ne prive personne de l’original, ne détruit aucun bien et ne crée aucune pénurie artificielle, si ce n’est celle imposée par le droit.

Il est explicite : « La seule façon dont je peux regarder un film, c'est d'obtenir un fichier, par exemple un fichier MP4 ou MKV. Et je suppose que je l'obtiendrais en le copiant à quelqu'un d'autre. Le partage est une bonne chose. Empêcher les gens de partager est mal. » Cette phrase résume une position constante depuis des décennies. Les lois qui interdisent la copie ne protègent pas la société ; elles divisent les individus et instaurent un rapport de domination où l’utilisateur devient suspect par défaut.

Voici un extrait de sa réaction :

« Je n'utiliserai pas le mot "piratage" pour désigner le partage. Le partage est une bonne chose et devrait être légal. Ces lois sont injustes. Le droit d'auteur tel qu'il existe actuellement est une injustice. Et l'article l'explique clairement. Je n'hésite donc pas à partager des copies de quoi que ce soit. Je n'ai pas de copies de logiciels non libres, car cela me dégoûte et je ne veux pas en avoir. Je n'utilise pas de copies. Mais si vous vouliez en copier, j'ai probablement quelque part des CD-ROM qui m'ont été donnés et qui contiennent des logiciels non libres que je n'ai jamais regardés ni utilisés.

« Mais, si vous les vouliez, je vous les donnerais. Je dirais "eh bien, prenez le CD. Je n'en veux pas de toute façon". Mais ce n'est pas parce qu'il existe une loi qui donne à certaines personnes un pouvoir injuste que le fait d'enfreindre cette loi devient répréhensible. Maintenant, en ce qui concerne la musique, je partage la musique. Les lois qui empêchent les gens de partager sont un exemple de division pour mieux régner. Elles sont injustes. Directement injustes sur le plan moral. Diviser les gens en leur interdisant de s'entraider est méchant. Et en ce qui concerne le piratage, j'aime bien le premier Pirates des Caraïbes, mais dans le deuxième, il y avait un méchant qui était un perroquet. J'aime les perroquets, donc je n'ai pas aimé celui-là. »


Une position fidèle à l’ADN du logiciel libre

Pour comprendre la réponse de Richard Stallman, il faut revenir à la philosophie qui structure toute son œuvre. Depuis les années 1980, il défend l’idée que le logiciel n’est pas un bien ordinaire. Copier un programme ne prive personne de l’original, contrairement à un objet matériel. Dès lors, assimiler la duplication logicielle à un vol relève, selon lui, d’un abus de langage soigneusement entretenu par les ayants droit.

Dans cette logique, Stallman distingue clairement la légalité de la moralité. Un acte peut être illégal sans être immoral. Le droit d’auteur appliqué au logiciel est, à ses yeux, une construction politique destinée avant tout à préserver des rentes économiques, souvent au détriment des libertés fondamentales des utilisateurs. Copier un logiciel propriétaire pour l’utiliser, l’étudier ou simplement accéder à une fonctionnalité essentielle ne constitue donc pas, dans son raisonnement, une faute morale intrinsèque.

Il rappelle aussi que l’industrie du logiciel a largement prospéré grâce au partage, à la circulation des idées et à la réutilisation du code, bien avant que les modèles propriétaires ne deviennent dominants. La criminalisation du « piratage » serait ainsi une réécriture de l’histoire au profit des acteurs les plus puissants.


Les arguments « pour » : quand le piratage devient un acte défensif

Les partisans de la position de Stallman avancent plusieurs arguments récurrents. Le premier concerne l’accès. Dans de nombreuses régions du monde, le prix des logiciels propriétaires est totalement déconnecté du pouvoir d’achat local. Interdire la copie revient, de facto, à exclure des millions de personnes de l’éducation, de la création et même parfois de l’emploi.

Un autre argument porte sur la préservation de l’autonomie numérique. Les logiciels modernes intègrent de plus en plus de mécanismes de surveillance, de restrictions artificielles et de dépendance aux serveurs de l’éditeur. Copier un logiciel, le contourner ou le maintenir hors ligne peut être perçu comme une manière de reprendre le contrôle sur son propre outil de travail.

Un internaute résume cette idée de façon assez crue : « Quand un éditeur vend une licence qui expire, espionne l’utilisateur et peut désactiver le produit à distance, le problème moral n’est plus la copie, mais le modèle économique lui-même. »

D’autres rappellent que le piratage a souvent servi de porte d’entrée vers des carrières techniques. De nombreux développeurs admettent avoir appris sur des outils qu’ils n’auraient jamais pu se payer légalement, avant de contribuer ensuite à des projets open source ou à des entreprises innovantes.

Les arguments « contre » : la réalité économique des créateurs

À l’inverse, les critiques de cette vision soulignent que le logiciel n’est pas créé par magie. Derrière chaque programme se trouvent des ingénieurs, des designers, des testeurs, parfois des petites structures dont la survie dépend directement des ventes. Assimiler toute copie à un acte moralement neutre reviendrait à nier cette réalité.

Certains commentateurs rappellent que, même si la copie ne prive pas l’auteur de l’original, elle peut réduire sa capacité à financer les versions futures, le support ou la maintenance. Dans le cas des logiciels spécialisés, professionnels ou de niche, le piratage massif peut réellement tuer un produit.

Un autre point souvent soulevé concerne la cohérence éthique. Accepter le piratage tout en exigeant une rémunération pour son propre travail intellectuel crée une tension difficile à résoudre. Comme l’écrit un intervenant sceptique : « Si tout le monde applique cette logique, plus personne ne pourra vivre de la création logicielle hors subventions ou mécénat. »

Enfin, certains estiment que la position de Stallman ignore volontairement l’évolution des modèles. Entre le logiciel propriétaire classique et le logiciel libre, il existe aujourd’hui toute une gamme de solutions intermédiaires : freemium, open core, licences communautaires. Copier indistinctement reviendrait à fragiliser ces équilibres déjà précaires.

Une question moins juridique que politique

Au fond, la réponse de Richard Stallman ne cherche pas à absoudre ou condamner, mais à déplacer le débat. Pour lui, la vraie question n’est pas « le piratage est-il mal ? », mais « pourquoi acceptons-nous des systèmes qui retirent aux utilisateurs le contrôle de leurs propres outils ? ».

À l’ère du cloud obligatoire, des abonnements perpétuels et des logiciels qui cessent de fonctionner sans connexion ou autorisation distante, cette interrogation résonne fortement chez les professionnels de l’informatique. Le piratage, dans cette lecture, devient moins un acte de délinquance qu’un signal d’alarme sur les dérives d’un modèle économique.

Qu’on partage ou non la radicalité de Stallman, une chose est sûre : tant que le logiciel restera un levier de pouvoir économique et politique majeur, la frontière entre légalité, moralité et légitimité continuera d’alimenter des débats passionnés. Et c’est peut-être là, finalement, le véritable héritage de cette prise de position : forcer l’industrie à se justifier, plutôt que d’imposer le silence par la loi.

Source : vidéo dans le texte

Et vous ?

Que pensez-vous de la position de Stallman sur le sujet ?

Le piratage logiciel est-il réellement un vol ou une construction rhétorique destinée à protéger des modèles économiques dépassés ?

Un éditeur peut-il encore invoquer la morale lorsqu’il impose des abonnements à vie, des DRM intrusifs et un contrôle à distance des logiciels installés chez l’utilisateur ?

Quand un étudiant ou un développeur débutant pirate un outil qu’il ne peut pas se payer, commet-il une faute morale ou subit-il une inégalité d’accès au savoir numérique ?

Le piratage massif n’est-il pas avant tout le symptôme d’une offre logicielle trop chère, trop rigide ou mal adaptée aux réalités économiques mondiales ?

Peut-on défendre la rémunération légitime des développeurs tout en reconnaissant que certaines pratiques de l’industrie justifient une désobéissance numérique ?

À l’ère du cloud obligatoire et du SaaS, refuser les règles imposées par l’éditeur est-il encore du piratage ou déjà une forme de résistance technologique ?

Voir aussi :

La musique piratée n'affecte pas négativement les ventes, de nouvelles études révèlent que c'est plutôt le phénomène inverse

Le piratage des contenus en ligne serait-il vraiment nuisible aux tiers ? MUSO révèle que les pirates sont les plus gros acheteurs d'œuvres légales
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Avatar de smarties
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 28/01/2026 à 10:14
De toute façon les ayant droit cherchent à nous faire consommer comme ils le veulent et la tendence est de nous mettre des abonnements sur tout et tout en ligne... quand il y a des coupures d'internet, plus rien ne fonctionne.

Pour la musique, du streaming ou des fichiers avec probablement des DRM. Quand ça me plaît j'achète le vinyle et télécharge le FLAC avec Nicotine ou parfois je l'achete sur Qobuz

Pour les films, acheter des BD ou des DVD ça prend de la place donc en dehors de quelques excellents, j'ai sur des disques externes. J'emprunte de temps en temps à la médiathèque même si ce ne sont pas des nouveautés.
Avec les DRM sur ces supports, je ne me prends pas la tête, je télécharge comme ça j'ai le choix des formats.

Pour les ebooks c'est epub ou rien.
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Avatar de Os_Free_World
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 30/01/2026 à 4:50
Tout d'abord merci beaucoup pour ce super article. La synthétisation des propos de Stallman et le rappel des pour et des contre permet de bien saisir les enjeux.

La question est compliquée, et si je soutiens globalement la position de Stallman, je suis tout de même un tout petit peu plus nuancé.

Pour moi, pour des raisons éthiques, tout ce qu'on peut copier coller doit pouvoir être partagé librement, autant pour des raisons d'égalité d'accès que de possibilités d'évolutions. Si on ne partage pas ce qu'on garde lorsqu'on le donne, quel espoir de vivre ensemble ? S'ils n'ont pas accès aux oeuvres et outils, comment peuvent-ils participer à la société ? (Développer d'autres oeuvres, d'autres programmes ?) Le partage ouvert et gratuit est un symbole magnifique.

Je n'avais jamais vu le terme "piratage" comme une assimilation à quelque chose de négatif pourtant c'est bien le cas. Et que quand un parent télécharge un Disney vieux de 20 ans sans payer parce qu'il n'a pas les moyens, il ne fait évidemment rien de mal. C'est pourtant illégal. Et les ayants droits ne veulent pas perdre leur poule aux oeufs d'or, bien que la légitimé morale de leur position est plus que douteuse. En effet cet argent est-il bien utilisé pour financer d'autres œuvres ? Et quand bien-même, qu'elle est la légitimité de ces ayants droits à choisir ce qui serait financé ou non ?

Ce partage est considéré comme utopique au regard des réalités économiques des créateurs. Artistes ou codeurs, tout travail mérite salaire, et ils méritent de vivre dignement de leur travail. Et je trouve que l'argument de l'intervenant sceptique tout à fait logique : « Si tout le monde applique cette logique, plus personne ne pourra vivre de la création logicielle hors subventions ou mécénat. » Mais je suis très triste que ce soit un argument "contre" (même si c'est réaliste). Vivre de dons et de subvention est perçu comme "mendier" alors que c'est de super système de financement en théorie. En pratique il faut qu'il y ait de l'argent dans les tuyaux. Le financement participatif est pour moi aussi un levier très puissant. En effet certaines personnes sont réticentes à l'idée de payer pour ce qui existe déjà (s'ils ont tort je trouve, je comprends). Payer pour permettre à quelquechose d'exister est plus concret et engageant. Je suis prêt à payer 5 fois plus cher pour un projet en Open-source accessible ensuite gratuitement à tous, ouvert à l'évolution. Alors que payer une fois un produit fermé que je serai le seul par ma contribution à pouvoir utiliser... Ces systèmes sont en plus opaques : quelle part revient vraiment aux créateurs ?

Et c'est pour moi la dessus qu'il faudrait insister : sur la vertu des systèmes de financement "ouverts". A quel point c'est important de financer l'Open-source, la science ouverte, et l'accès des oeuvres à tous.

Parce qu'en effet les situations de beaucoup de créateurs sont précaires et ce n'est pas acceptable. Quand je refuse de payer un abonnement, ce n'est pas que je ne veux pas rémunérer leur travail, c'est que je ne veux pas financer un intermédiaire et alimenter des rapports de force. Des rapports de force autant entre l'intermédiaire et les utilisateurs, mais aussi le rapport de force entre l'intermédiaire et le créateur. (C'est très caricatural mais pour le cinéma l'affaire Weinstein avait montré cette emprise. Alors pour ce qui est de la direction artistique ou les implications d'un projet, on comprend que les libertés peuvent s'effondrer).

Les créateurs sont précaires aussi à cause de ce système économique, du rapport de force énorme des diffuseurs vis à vis d'eux. Il ne faudrait pas que le partage libre soit un problème de plus, mais une solution. Et je comprends bien que "même quand les gens sont obligés de payer on n'a pas assez d'argent, alors si ils peuvent y accéder gratuitement..." c'est logique. Mais ce n'est pas prendre le problème par le bon bout selon moi.

En gros pour résumer ma position de manière grossière mais synthétique, soit on finance directement les artistes sans intermédiaires (+ d'argent pour eux) et ensuite l'accès est libre (+ de liberté et d'égalité). Soit on finance un système opaque avec forte concentration des pouvoirs + logiques liberticides.

En gros je suis contre la propriété intellectuelle, qu'une idée, oeuvre ou concept puisse être vendus comme un produit. C'est appliquer des logiques mercantiles à l'éducation et à la culture, alors qu'on pourrait faire autrement.
Mais je suis pour le droit d'auteur. Si un créateur veut le faire au sein d'un système économique, je trouverais cela tout aussi liberticide de récupérer son travail sans son consentement ou lui interdire de le partager selon le modèle économique qu'il souhaite.

Je trouve ce modèle critiquable, parce que si tout travail mérite salaire, une création intellectuelle (partageable à l'infini par informatique) ne devrait pas signifier pas argent infini par consommateur. Parce que pour les autres secteurs économiques, lorsqu'on fabrique une chaise on ne la vend qu'une fois. Et comme on est au sein d'un même système économique c'est injuste (cet argent te permet d'acheter en boucle, des légumes et de la nourriture qui eux ne sont pas multipliables à l'infini). Cependant il ne faut pas mettre les créateurs physiques et immatériels dos a dos. Bref il y a aussi une dimension politique très forte en considérant une oeuvre comme un produit. Les deux visions ont nécessairement des écueils, et c'est pour ça qu'il est important d'en discuter pour se comprendre.

La critique du système actuel ne suffit pas, il faut surtout proposer et construire une alternative. On ne peut pas exiger des créateurs qu'ils se jetent dans la fosse aux lions (même si énormément de codeurs l'ont fait, et ont créé des projets incroyables, fait vivre l'Open-Source etc.).

Il faut avant tout construire des structures pour les aider, mais surtout financer ses structures (même si c'est un peu le serpent qu il se mord la queue, il faut bien des créateurs qui s'essayent à ce modèle économique pour le faire tourner).

Mettons de l'argent dans ce modèle économique ! Comme il y a moins d'intermédiaire il fonctionnerait mieux avec moins d'argent, mais pas sans.

Pour revenir au "piratage" : récupérer une oeuvre à des ayants-droit, oui, court-circuiter les volontés d'un auteur, non. Et l'équilibre entre les 2 est compliqué, donc il faudrait mettre en place un financement pertinent en amont.
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Avatar de foetus
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 30/01/2026 à 20:14
Citation Envoyé par Os_Free_World Voir le message
... Et c'est pour moi la dessus qu'il faudrait insister : sur la vertu des systèmes de financement "ouverts". A quel point c'est important de financer l'Open-source, la science ouverte, et l'accès des oeuvres à tous. ...
C'est 1 vision étriquée qu'1 artiste c'est 1 musicien/ groupe de musique
Prenons 3 autres types d'œuvre/ artiste
  1. film/ jeu vidéo
  2. livre - bande dessinée/ fonte - police de caractères
  3. logiciel / *vidéo* style YouTube (rétrospective, journal, ...)


Comment gagner sa vie sans vendre ton *œuvre* ?
Les musiciens peuvent vendre des places de concerts, avoir des commissions pour les festivals ou des émissions
C'est pour cela que c'est 1 vision étriquée, pour les autres *artistes* il n'y a pas cela
  1. tu peux vendre des éditions collector pour 1 film/ jeu vidéo, mais sinon il n'y a rien - et cela coûte des frais de production/ logistique/ distribution
  2. pour 1 livre, 1 fonte, là tu n'as rien : des séances de lecture publiques ? des autographes payants ?
  3. pour 1 logiciel, 1 *vidéo*, tu as les magasins/ sites en ligne qui proposent 1 rémunération - mais c'est très très variable et fluctuant

Il y a éventuellement faire du merchandising ... mais cela demande aussi des frais de production/ logistique/ distribution (sauf les trucs style "drop shipping") - mais tu t'éloignes de ton domaine et les bénéfices ne sont pas du tout assuré d'être garantis (il y a pleins de témoignages d'échec)

Que demander pour 1 financement participatif ?
Pour les musiciens, 1 album, cela ne doit pas dépasser 500K : donc cela est raisonnable

*) pour 1 livre, 1 fonte, 1 logiciel, 1 *vidéo*, cela ne doit pas dépasser 150K : donc cela est raisonnable
Après certains projets doivent être plus *motivants* : par exemple faire 1 *vidéo* cool (sur la musique, ciné, ...) vs 1 fonte ou 1 livre

*) pour 1 film ou 1 jeu vidéo, là c'est compliqué. Tu prends 1 jeu comme Clair Obscur estimé à 8 millions (apparemment fausse et c'est +)
Cela commence à faire beaucoup surtout lorsqu'on arrive à + de 20 millions pour 1 financement participatif.
Alors certes tu peux demander moins, mais le résultat final dépend fortement du budget - Clair Obscur est 1 bon exemple.
Et ne pas sortir les quelques jeux vidéos indépendants qui ont fait des millions : il y a plus de 10 000 jeux qui sortent chaque année sur Steam. Donc ces jeux à succès sont 1 goutte d'eau

Ensuite écoute les streameurs - créateurs de contenus sur YouTube et Twitch. Eux aussi c'est du participatif - les vues, les souscriptions (les subs), les dons directs, TIPEEE, ...
Les rénumérations sont très variables et fluctuantes (en 2025 - 2026 le taux de change dollar américain -> €uro n'aide pas) et il faut qu'ils streament beaucoup beaucoup d'heures avec au moins 2-3 opérations commerciales par an [et éventuellement faire du contenu vertical à côté]
Les gros streameurs (le fameux 1%, les millionnaires) ont tous au moins 1 très gros partenariat, sponsor : Webedia, Playstation, ... - ou alors 1 très grosse communauté sur les réseaux sociaux (comme Anyme023) qu'ils peuvent monnayer.

Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Copier une chanson c'est comme enregistrer un morceau qui passe à la radio sur une cassette.
C'est 1 raisonnement assez faux
  • à la radio, les titres sont coupés
  • à la radio, tu as la *pub* - par exemple, au début de la chanson, 1 ajout comme *exclusivité NRJ*
  • à la radio, tu n'auras ni l'album complet ni certaines chansons ni certains artistes - mais même en téléchargement les vieux trucs (films, musiques, séries, livres, ...), pas trop connus, non américains, ... sont assez difficiles à trouver
  • à la radio, il faut attendre que la chanson passe - le téléchargement est très direct ... sauf temps de téléchargement
  • avec la radio numérique DAB+/ streamée, tu fais comment ?
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Avatar de Ryu2000
Inactif https://www.developpez.com
Le 31/01/2026 à 7:27
Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
Je ne suis pas
Le topic c'est Richard Stallman qu'arrive et qui dit, en gros : "allez-y copiez des logiciels, copiez de la musique, copiez des films".
Je n'ai pas dis pire que lui…

Le gars dit "on m'a donné des logiciels craqués, je ne les ai jamais essayé, mais si vous les voulez je vous les donne".

=======
Copié des œuvres ça peut te faire acheter plus de produits culturel au final.
Comme les gens qui ont copié tous les épisodes d'une série pour ensuite acheter l'intégralité en coffret DVD.
Parfois le gars qui copie va aller à plus de concerts, plus de séances de cinéma, etc.

Généralement, copier ne fait pas tant de mal que ça.
Mais ouais c'est illégal.
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Avatar de Os_Free_World
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 20/02/2026 à 1:10
Citation Envoyé par Mat.M Voir le message
bonsoir oui d"accord mais ce que vous ne dites pas c'est que pour ce qui est des technos propriétaires rien ne nous dit que ça soit fait 100% maison
Rien qu'un logiciel de la suite Office ( Word,Excel..) utilise des briques logicielles venant de tierces parties bref des modules venant d'autres édtieurs.
+1

Oui le code est opaque on ne peut rien vérifier. Raison de plus que dire que propriétaire = sérieux et rigueur c'est de l'association politique, pas du tout une considération technique.

Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
En entreprise, vous avez d'une part besoin de stabilité, d'un logiciel fort bien pensé avant, mené pas uniquement par des informaticiens (des juristes, des ergonomistes, de l'assurance qualité...) ce que l'on a du mal à trouver dans le mode de développement du logiciel libre
C'est un peu le serpent qui se mord la queue ton affaire, parce que le raison d'être des juristes c'est justement de défendre les logiques propriétaires. En soit d'un point de vue technique ils sont totalement dispensables.

Défendre le propriétaire en disant "eux ils sont sérieux ils ont des juristes" c'est fallacieux comme argument, c'est leur mode de fonctionnement privatif qui nécessite des juristes (qu'on paye malgré le fait que leur boulot soit de nous restreindre l'accès, en plus des marges, plus value, marketing etc qui ne sont pas dans nos intérêts).

En plus les juristes sont payés "les uns contre les autres" parce que ceux de l'entreprise A sont payés pour savoir comment contourner les droits de l'entreprise B, en plus de mettre en place le cadre de défense de leur propre entreprise. Cette méthodologie de développement à l'échelle de la société est totalement contreproductive.

Pour les ergonomistes et l'assurance qualité, et bien le temps et l'usage fait le tri.

Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
Subsidiairement, on pourrait dire que la licence libre n'est de plus pas sérieusement acceptable dans un cadre professionnel.
Mais tu utilises du libre pour ton usage professionnel. Cela ne fait aucun sens ce que tu racontes.

Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
Ce n'est pas une vérité mais une évidence qui est souvent passée sous silence, opter pour le libre est aussi un choix politique, pas que technique.
C'est toi qui ramène pourtant toujours la discussion à des considérations techniques (cathédrales etc.)

Mais je te rejoins : ce qui est défendu par les logiques propriétaires ce n'est ni du mérite ni des considérations techniques pertinentes, c'est les logiques de développement capitaliste.

Dire que le libre tue les entreprises, c'est être incapable de réfléchir en dehors de ce prisme unique.
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Avatar de Jipété
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 23/03/2026 à 9:37
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Une des solutions pour sortir de la boucle c'est d'arrêter de répondre à l'autre.
Solution que tu n'appliques pas souvent...

Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
La copie de logiciel semble être un sujet qui ne passionne pas les foules en ce moment...
T'en connais beaucoup, des gens qui vont perdre leur temps à (essayer de) lire tout ce fatras de mots depuis quelques semaines et qui tourne en boucle ?

Quand il ne s'agit plus que d'un dialogue à deux personnes qui essayent à tour de rôle de clouer le bec à l'autre ?
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Avatar de Os_Free_World
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 02/04/2026 à 13:53
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Il y a des jeux qui ne se sont moins vendus tellement les gens les copiaient.
Les flashcarts était vraiment très répandus.

Donc les éditeurs étaient un peu déçu, ils pensaient que le piratage faisait baisser les ventes.
Rockstar espérait vendre plus de GTA Chinatown Wars sur Nintendo DS (bon après il y avait un public familial sur DS).

Du temps de la Playstation il y a eu beaucoup de piratage aussi, mais au final ça a peut-être été plus positif que négatif pour Sony et les éditeurs de jeux.
Ah oui ce qui peut être bon pour les vendeurs de console n'est pas forcément bon pour les vendeurs de jeux du coup.

Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Je n'ai pas compris la phrase.
Ce que je voulais dire, c'est que lorsque tu payes un logiciel, tu ne payes pas le créateur mais la société distributrice. En général bien plus cher que les coûts de développement. Il y a une decorellation des coûts de production et de vente. Transformer l'immatériel, techniquement partageable sans limite, en produit, c'est un choix de société afin de pouvoir générer des rentes. Et ces rentes on les paye tous (plus ou moins directement).

Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
En tout cas plein de gens copient des logiciels aujourd'hui, mais ils n'ont rien à dire, c'est juste que le prix du logiciel est trop élevé et ils veulent juste l'essayer.
Par exemple si quelqu'un veut s'essayer au montage vidéo, il va utiliser un logiciel craqué comme VEGAS Pro.
Si quelqu'un veut se mettre à la production de musique, il va craquer Cubase ou Ableton.
Si quelqu'un veut se mettre au montage photo, il va craquer PhotoShop.
Moi je pense que toute personne ayant besoin de ces outils et n'ayant pas les moyens ont bien raison de les craquer : comment faire autrement ?

Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Mais là ça devient chiant avec les abonnements. Je préfère payer la licence une fois et on en parle plus. (pour les antivirus, anti-malwares et logiciels du genre, je comprend qu'on paie un abonnement)
C'est aussi tout le problème de la propriété intellectuelle telle qu'elle est dans le logiciel : il appartient purement à l'entreprise, et tu peux potentiellement subir leurs choix : tripler le prix, passer en système d'abonnement (potentiellement sans la moindre innovation). Et là tout le temps que tu as passé à apprendre à utiliser le logiciel pour ton boulot fait de toi un utilisateur captif : soit tu payes, soit tu réapprend tout en passant à la concurrence.

La copie c'est aussi une façon de se stabiliser : tu as un exécutable qui fonctionne, sans mise à jour automatique non désirée, qui t'assures que tu puisses continuer ton boulot sur ta machine sans soucis.
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Avatar de Os_Free_World
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 31/01/2026 à 9:22
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Ceux qui n'ont pas les moyens ont bien raison de craquer des logiciels payants.
Oui je suis d'accord, mais je trouve très dommage qu'en tant que société on en arrive à de telles extrémités. En faisant passer la rentabilité avant les intérêts humains. Heureusement que des licences étudiantes existent, malheureusement c'est plus pour recruter des utilisateurs que dans des logiques de partage et d'accessibilité.

Il reste qu'utiliser des logiciels Open-Source, c'est légal, participer à des projets qui font plus sens et plus durables. Cela permet de s'assurer de ne jamais devenir un "utilisateur captif", victime des choix de l'entreprise qui sont et seront potentiellement contre ses intérêts.

Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
Je ne suis pas modérateur du forum, mais cela me paraît être de l'incitation à la copie illégale, donc des propos répréhensibles.
Il donne son opinion dans un débat d'idées, j'espère qu'il n'y a rien de répréhensible la dedans.

Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
Ces arguments ne tiennent pas la route, juridiquement, la copie privée est autorisée à fin de sauvegarde de son propre original, pas la copie de sauvegarde d'un produit propriété d'un tiers. Les partisans du "piratage" créent volontairement souvent cette confusion, alors que sur le support physique original, les règles d'usage et les rappels à la loi y sont la plupart du temps répétées. De même pour les livres.

Tu détournes la question : bien sûr le piratage est illégal, pas de questions la dessus. La question c'est est-ce moral ? Est-ce que la loi est juste ? Quand on copie le DVD d'un copain, est-ce qu'on fait vraiment quelque chose de mal ?

Citation Envoyé par foetus Voir le message
C'est 1 vision étriquée qu'1 artiste c'est 1 musicien/ groupe de musique
J'ai peur que tu aies raison, je ne suis pas sûr de bien comprendre en quoi ma vision est étriquée. Tu dis ça parce que la notion d'oeuvre/produit est selon toi indispensable en dehors de la musique ou on peut vivre des représentations ?

Citation Envoyé par foetus Voir le message
Que demander pour 1 financement participatif ?
Pour les musiciens, 1 album, cela ne doit pas dépasser 500K : donc cela est raisonnable

*) pour 1 livre, 1 fonte, 1 logiciel, 1 *vidéo*, cela ne doit pas dépasser 150K : donc cela est raisonnable
Après certains projets doivent être plus *motivants* : par exemple faire 1 *vidéo* cool (sur la musique, ciné, ...) vs 1 fonte ou 1 livre
Oui c'est sûr que je ne pensais pas aux niches, et aux artistes qui interviennent tôt dans le processus créatif, en créant les polices en amont. Il faut bien sûr être vigilant, et inclure ceux avec moins de visibilité dans les processus de financement.

Citation Envoyé par foetus Voir le message
*) pour 1 film ou 1 jeu vidéo, là c'est compliqué. Tu prends 1 jeu comme Clair Obscur estimé à 8 millions (apparemment fausse et c'est +)
Cela commence à faire beaucoup surtout lorsqu'on arrive à + de 20 millions pour 1 financement participatif.
Ça paraît en effet peut réaliste. J'ai pourtant vu des projets kickstarter lever des millions pour des glaciaires connectées.

Aussi, ces millions que possèdent ces entreprises ne sont pas magiques. Ils proviennent des consommateurs qui ont achetés les produits. En tant que société nous avons cet argent, et c'est à nous d'en organiser les flux. Donc c'est sûrement utopique, mais pas totalement impossible.

Je dois t'avouer que je rêve d'un projet de grande envergure libre de droit en financement participatif, pour montrer que c'est possible (en plus de promouvoir indirectement le modèle).

Citation Envoyé par foetus Voir le message
Ensuite écoute les streameurs - créateurs de contenus sur YouTube et Twitch. Eux aussi c'est du participatif - les vues, les souscriptions (les subs), les dons directs, TIPEEE, ...
Les rénumérations sont très variables et fluctuantes (en 2025 - 2026 le taux de change dollar américain -> €uro n'aide pas) et il faut qu'ils streament beaucoup beaucoup d'heures avec au moins 2-3 opérations commerciales par an [et éventuellement faire du contenu vertical à côté]
Les gros streameurs (le fameux 1%, les millionnaires) ont tous au moins 1 très gros partenariat, sponsor : Webedia, Playstation, ... - ou alors 1 très grosse communauté sur les réseaux sociaux (comme Anyme023) qu'ils peuvent monnayer.
À mon sens, quand tu fais de la publicité tu vends ton audience (le temps de cerveau disponible). Quand tu regardes une publicité tu payes avec ton temps et ton attention. Après vu que c'est un modèle qui permet une stabilité financière et une grande accessibilité c'est un compromis pas mal. Mais je pense qu'on pourrait faire mieux ?

Et pour la comparaison à la radio, pour moi tu es à côté du propos : il ne voulait pas dire que c'est exactement la même chose, mais plutôt parler de la moralité de la copie : "c'est comme enregistrer un extrait radio ou télé sur cassette".

Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
D'où ma remarque précédente. Pirater est historiquement (faits réels ou romancés) associé à une notion d'attaque physique, d'assaut. Alors que " télécharge un Disney vieux de 20 ans sans payer parce qu'il n'a pas les moyens, il ne fait évidemment rien de mal" est aussi mal que d'aller piquer le DVD dans le rayon d'un magasin, mais se fait de manière plus discrète, sans action physique autre que d'être devant son écran.
Mais c'est justement la question qui est posée ici : dans la mesure où la copie ne prive pas de l'original, est-ce du vol ?

Pour moi non. Cependant cela peut nuire à la viabilité financière des artistes/créateurs, et je pense que c'est ici ce qui te pose problème. Un vol c'est physique justement. Une copier-coller c'est une copie. Ça ne veut pas dire que copier quelque chose que l'auteur ne veut pas que tu copies c'est moral, mais ce n'est pas du vol. C'est pour ça que ta comparaison avec le vol l'étalage me semble absurde.

Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
"sur la vertu des systèmes de financement "ouverts". A quel point c'est important de financer l'Open-source, la science ouverte, et l'accès des oeuvres à tous." Il y a eu et il y a toujours ce débat avec les bibliothèques publiques : rien d'illégal dans un tel cas, mais subventionner un bien pour qu'il soit collectif, avec de l'argent ponctionné auprès des contribuables (subsidiairement en y rajoutant un filtre politique quant au choix de ce qui est proposé en lecture), et que cela a un impact négatif sur les ventes de livres, pose question. Il en est de même pour le financement du "libre" qui va être un anti moteur économique la plupart du temps : cela va aider à couler les éditeurs conventionnels, ceux qui créent de l'emploi, de la valeur ; les partisans du libre alors surfent souvent sur l'idée de "revenu universel" : ponctionner les riches pour qu'on soit payés à œuvrer (dans ce cas pourquoi ne pas exercer normalement, ce qui serait plus rémunérateur, qu'une sorte de revenu minimum, sans sabotage économique ?).
Là tu es selon moi hors sujet : qui a parlé ici de revenu universel ?

Mais je pense tout de même comprendre ta critique. Tu es contre une forme de centralisation des pouvoirs par la subvention, et ça se comprend très bien. Que financer une fois pour que ce soit accessible à tous c'est très bien, mais on finance quoi comment ? Les risques de dérives lors de la sélection ou de détournement/corruption paraissent inévitables.

La proposition que je mets en avant n'est pas étatique mais populaire. Les financements participatifs ne sont pas des taxes imposées, mais des investissements individuels volontaires. On finance ce qu'on veut permettre d'exister, pour qu'ensuite ce soit partager à tous librement. Je pense qu'ils faut se former et mettre en place ces modèles économiques durables, qui seront à terme bénéfiques à tout le monde (même aux entreprises).

Les créateurs ne veulent plus "exercer normalement" au sein du système traditionnel, notamment parce que le système les depossede de leurs droits d'auteurs, peuvent leur imposer des directives, et récupèrent une partie de ce qu'ils génèrent. Les créateurs sont soumis à ces logiques à cause des rapports de force économique, qu'il conviendrait de ne pas alimenter.

Pour essayer d'aligner nos positions politiques il faut les exposer : Tu vois des entreprises qui créent de l'emploi. Moi je vois des services marketing qui manipulent et nous imposent des publicités, certains éditeurs qui vident des oeuvres de leur essence en toute légalité, et des ayants droit qui ponctionnent. Et tous ces salaires, tous ces frais qui vont pourtant clairement contre nos intérêts, se retrouvent dans les produits : nous les payons. Je ne veux pas les payer. Ça se défend non ?
Évidemment que certains intermédiaires sont cruciaux et indispensables : je propose ples payer de manière juste et transparente par financement participatif (je n'ai pas la prétention d'avoir réponse à tout c'est une piste de réflexion).

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Quant à la science ouverte, on ne peut que penser à l'affaire Aaron Swartz et son "Manifeste de la guérilla pour le libre accès" (Guerilla Open Access Manifesto 2008) suggérant qu'il fallait en passer par la désobéissance civile pour que les connaissances du passé comme de l'avenir soient à la portée de tous, il a fini poursuivi en justice pour piratage.
C'est vraiment triste ce qui est arrivé à ce jeune homme. Je pense que nous avons encore aujourd'hui beaucoup à apprendre de son histoire. Par ailleurs je ne comprends pas où tu veux en venir en y faisant référence.

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" Quand je refuse de payer un abonnement, ce n'est pas que je ne veux pas rémunérer leur travail, c'est que je ne veux pas financer un intermédiaire et alimenter des rapports de force" : C'est un argument habituel, le support de diffusion qui déplait, mais cela est un choix de l'éditeur et rien ne peut justifier le vol du fait que le support ne vous convient pas.
Tout comme les bibliothèques qui choisissent ce qu'elles mettent à disposition, le filtre politique de ces éditeurs est colossal : ils choisissent directement ce qui est produit et financé, et peuvent même censurer les auteurs au sein de leur propre œuvres (il n'y a qu'à voir les conflits entre réalisateurs et producteurs au cinéma).

C'est aussi ce filtre politique qu'on cherche à contourner, c'est un acte de désobéissance civile.

Mais ce n'est évidemment pas ce que je souhaite (je ne télécharge pas, je préfère autant que possible consommer du libre). D'où la volonté de financer directement les artistes pour court-circuiter l'intermédiaire. Moins cher et plus libre.

Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
C'est un acte volontaire, donc le choix vous appartient (les artistes de renoms, à étiquette communiste ou socialiste, ne sont pas allés jusqu'à vivre leurs convictions et aiment les éditeurs et leurs armadas qui vont les promouvoir et les instaurer sur le marché de la culture).
Je ne comprends pas trop ta position, défendre un système puis reproche aux gens de l'utiliser. Je comprends qu'il y ait une incohérence entre prôner la mise en commun et ne pas l'appliquer à ces propres productions. Il y aurait pour moi deux explications : un manque de connaissances quant aux modalités de partage ouvert mais aussi une soumission aux logiques économiques. Ils ont des frigos (rouges peut-être mais des frigos quand même) à remplir.
C'était aussi mon point, ne pas blâmer les choix des créateurs mais leur proposer autre chose. Si l'alternative existe, elle reste méconnue et sous-financée pour l'instant. C'est à nous en tant que société de créer autre chose.

Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
L'idée socialiste ci-dessus exprimée est au contraire de supprimer ces protections que la société a attribué aux auteurs qui y tiennent, le gain étant le moteur de leur créativité, leur prendre légalement, et non plus illégalement, tout le fruit de leur labeur.
Le point de l'article n'est pas de déposséder les acteurs de leurs droits, mais de ne plus sanctionner les particuliers qui réalisent des copies. La liberté de choisir la modalité de partage de la part de l'auteur et l'égalité d'accès, mais aussi la liberté de récupérer, modifier et faire évoluer des œuvres ou idées entrent en contradiction dans le modèle économique existant.
L'idée ici n'est pas de priver les travailleurs de leur gagne pain, mais de remodeler les flux économiques pour les rendre plus justes. D'aligner les intérêts de tout le monde dans un système plus libre.

Ensuite là c'est philosophico-politique, mais pour moi le gain n'est pas le moteur de la créativité.

La preuve en est que dans le modèle oeuvre-produit, on produit d'abord l'œuvre avant de la vendre. Alors comment remplis t-on notre fameux frigo (qu'elle qu'en soit la couleur) pendant ce temps ? Soit on a déjà des sous et on est auto-suffisant, soit on cède nos droits à des éditeurs. C'est l'espérance de gain futurs le moteur.

C'est toute une vision du monde, mais ce modèle économique est aussi une façon de rappeler que l'argent est un moyen est non une finalité. Donner de l'argent pour que quelque chose existe, plutôt que faire exister quelque chose pour que ça nous rapporte. L'argent arrive à la fin, est la finalité des développements. À tel point que certains imaginent même que sans modèle de rentabilité capitaliste, personne ne ferait plus rien.

Ce modèle s'est tellement généralisé qu'il est difficile d'envisager autre chose. Pourtant il a à maintes reprises montré ses limites. L'argent en finalité prédomine tellement que s'en est absurde, une concentration des pouvoirs colossale ("mais ils ont bossé durs ils le méritent ?"), de l'obsolescence programmé, et globalement un développement court-termiste du monde, aux dépens des intérêts communs sur de trop nombreux aspects.

L'art, et désormais les programmes informatiques, sont des modalités d'accès et de compréhension du monde. Il est nécessaire de développer de nouveaux modèles. L'aspect crucial de ces éléments justifie à mon sens la désobéissance civile. Bien qu'évidemment la vraie solution serait de faire évoluer le droit à ce sujet, pour permettre d'être libre en tout légalité. J'ai peur que le pouvoir de verrouillage des lobbys soit ici trop important pour que ce soit réaliste malheureusement...
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Avatar de Os_Free_World
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Le 18/02/2026 à 17:44
Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
https://www.fsf.org/news/freebios.html par exemple ; il y a d'autres conférences sur les firmware, la demande de libérer les plans hardware du matériel propriétaire (ce qui à mon sens en soi n'est pas une garantie car il peut y avoir, tel indiqué, des fonctionnalités cachées non documentées, et le hardware n'est pas aisé à "autopsier", un jeu de tests sur une documentation de plans libérés parfait ne vous garanti pas d'avoir tout testé).

Pour M. Stallman, un BIOS propriétaire constitue une porte dérobée structurelle :
- impossible de vérifier ce qu’il fait réellement ;
- impossible de le modifier ;
- impossible de garantir qu’il ne restreint pas l’utilisateur ou ne contient pas de fonctionnalités malveillantes.
Dans sa logique, un ordinateur n’est vraiment libre que si le logiciel, le firmware et le matériel respectent les mêmes principes.
C'est une demande légitime

Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
Ce qui est une évidence et donc pour ma part, en l'absence de cette garantie, la ritournelle : "avec le libre, on sait ce que le logiciel fait" demeure un argument vain.
Mais du coup tu défends la position qu'il faudrait libérer le hardware ?

Quoi qu'il en soit plus on accès, comprends et peut utiliser/modifier mieux c'est.

Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
Pour en revenir à vos idées anti libérales, vous devriez jeter un œil aux comptes de résultats des diverses sociétés de l'univers Linux bénéficiant du travail bénévole de la communauté et de la R&D du propriétaire, même si certaines payent des développeurs sur certains projets. Leurs bénéfices ne sont pas libérés.
Et bien je ne suis pas totalement anti-libéral. Je dis juste que ces logiques nous montent les uns contre les autres.

Une libre concurrence et une liberté d'entreprendre restent des valeurs importantes.

Et oui, le libre bénéfice aux entreprises comme aux individus, je ne vois pas où est le problème. Par ailleurs "libérer des bénéfices" ne veut rien dire. La démarche c'est que ce ne soit plus au coeur des développements. Que se soit l'usage, avec le moins d'intermédiaires économiques possible (que les indispensables à un prix juste)
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Avatar de Os_Free_World
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Le 23/02/2026 à 10:28
Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
L'informatique ce n'est pas que du code, cela s'inscrit dans un environnement à la fois juridique et géopolitique.
Ce que j'ai répété à longueur de messages, c'est que ce cadre juridique repose sur des logiques et des bases mensongères, ou du moins questionnable : défendre les auteurs alors que cela défend les entreprises, booster la créativité alors qu'elle crée des freins voir des verrous légaux à l'innovation etc.

Et c'est donc la question du sujet - court-circuiter ses droits injustes est vraiment un problème ou une solution ?

Ce sujet de fond, sur la raison d'exister de ces lois, n'a presque pas été abordé dans cette discussion (alors que c'est finalement la question qui est indirectement posée quand on se questionne sur la moralité de la copie).

Et si fondamentalement, l'informatique ce n'est que du code. Du code dans un contexte, qui tourne sur hardware, pour remplir une fonction particulière, mais c'est avant tout du code. Le reste (juridique/géopolitique) s'y connecte bien sûr, mais dès lors le sujet n'est plus vraiment l'informatique.

Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
Je n'exclue absolument pas d'utiliser du libre, encore mieux s'il est sous licence permissive type MIT, avec tout un travail d'audit en amont et dans le respect du droit des autres, sans savoir à réinventer la roue et profitant du travail libéré m'évitant du travail à moi même.
De l'exacte même façon que le libre ne réinvente pas la roue en s'inspirant et copiant des logiciels propriétaires.

Par ailleurs respect du droit avec une astuce juridique, mais de leur volonté.

Et bref, cela montre bien que le libre n'est absolument pas incompatible avec un usage ou un développement professionnel.

Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
Le libre s'est développé à partir de la R&D propriétaire pour l'essentiel, on ne pipote pas l'histoire.
Comme la majorité des entreprises utilisent du libre pour leurs développements. On ne pipote un état de fait évident dû autant à des considérations techniques qu'économique.

C'est justement une conséquence des logiques propriétaires : chercher qui a fait quoi plutôt que ce qu'on pourrait faire ensemble.

Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
Vous avez le droit d'avoir des idées anti capitalistes, comme bien d'acteurs du logiciel libre, il faut juste par contre, comme tout acte de consommation, garder à l'esprit quelle est la conséquence de ce que l'on veut consommer.
C'est vraiment extrêmement facile de blâmer les utilisateurs "on vous donne ce que vous voulez". (Argument de tous les vendeurs de tabac et autres drogues / jeux d'argent)

C'est d'ailleurs ce qui est malhonnête avec le logiciel propriétaire, cela crée des utilisateurs captifs qui dépendent pieds et poings liés des décisions de l'entreprise.

La consommation dépend de l'offre et de la demande. Si on ne vend que des glands, et bien nous n'aurions que des glands à manger. "Si vous voulez manger autre chose que des glands fallait pas alimenter les entreprises qui en vendent " - Mais il n'y a que ça à manger !

Et quand on ne veut plus consommer de cette façon, et qu'on développe des alternatives, qu'on cherche à ne plus être utilisateur mais acteur d'un projet, on est exposé à des risques juridiques. D'où le fait que ce soit un système de verrouillage.

Le capitalisme n'est par ailleurs pas la source de la consommation que par l'offre qu'il monopolise par tous les moyens, dont les moyens légaux. Il est évidemment acteur par un matraquage publicitaire et marketing constant. Qu'il conviendrait aussi de ne plus financer.

Bon je vais résumer les points importants pour que vous répondiez à ceux-ci, et ainsi recentrer sur des points qui me semblent pertinents (parce qui de l'oeuf et la poule entre le libre et le propriétaire n'a aucun intérêt).

Ma position c'est que :

La propriété intellectuelle ne défends pas les auteurs : elle défend les entreprises qui usent de ce système pour récupérer leurs droits. Ainsi défendre la propriété intellectuelle, ce n'est pas défendre ni le mérite ni la création : c'est défendre un modèle économique capitaliste.
C'est votre droit, mais prétendre par ce biais défendre les intérêts des créateurs et des consommateurs, alors que tous deux dépendent de ce système à leurs dépens (Perte de ses propres droits et prix decorellés du coût de production), c'est malhonnête.

A moins qu'il y ait quelques choses que j'ai raté dans votre développement ?
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