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Ryu2000
Ceux qui n'ont pas les moyens ont bien raison de craquer des logiciels payants.
Oui je suis d'accord, mais je trouve très dommage qu'en tant que société on en arrive à de telles extrémités. En faisant passer la rentabilité avant les intérêts humains. Heureusement que des licences étudiantes existent, malheureusement c'est plus pour recruter des utilisateurs que dans des logiques de partage et d'accessibilité.
Il reste qu'utiliser des logiciels Open-Source, c'est légal, participer à des projets qui font plus sens et plus durables. Cela permet de s'assurer de ne jamais devenir un "utilisateur captif", victime des choix de l'entreprise qui sont et seront potentiellement contre ses intérêts.

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Access_to_folder
Je ne suis pas modérateur du forum, mais cela me paraît être de l'incitation à la copie illégale, donc des propos répréhensibles.
Il donne son opinion dans un débat d'idées, j'espère qu'il n'y a rien de répréhensible la dedans.

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Access_to_folder
Ces arguments ne tiennent pas la route, juridiquement, la copie privée est autorisée à fin de sauvegarde de son propre original, pas la copie de sauvegarde d'un produit propriété d'un tiers. Les partisans du "piratage" créent volontairement souvent cette confusion, alors que sur le support physique original, les règles d'usage et les rappels à la loi y sont la plupart du temps répétées. De même pour les livres.
Tu détournes la question : bien sûr le piratage est illégal, pas de questions la dessus. La question c'est est-ce moral ? Est-ce que la loi est juste ? Quand on copie le DVD d'un copain, est-ce qu'on fait vraiment quelque chose de mal ?

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foetus
C'est 1 vision étriquée qu'1 artiste c'est 1 musicien/ groupe de musique
J'ai peur que tu aies raison, je ne suis pas sûr de bien comprendre en quoi ma vision est étriquée. Tu dis ça parce que la notion d'oeuvre/produit est selon toi indispensable en dehors de la musique ou on peut vivre des représentations ?

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foetus
Que demander pour 1 financement participatif ?
Pour les musiciens, 1 album, cela ne doit pas dépasser 500K : donc cela est raisonnable
*) pour 1 livre, 1 fonte, 1 logiciel, 1 *vidéo*, cela ne doit pas dépasser 150K : donc cela est raisonnable
Après certains projets doivent être plus *motivants* : par exemple faire 1 *vidéo* cool (sur la musique, ciné, ...) vs 1 fonte ou 1 livre
Oui c'est sûr que je ne pensais pas aux niches, et aux artistes qui interviennent tôt dans le processus créatif, en créant les polices en amont. Il faut bien sûr être vigilant, et inclure ceux avec moins de visibilité dans les processus de financement.

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foetus
*) pour 1 film ou 1 jeu vidéo, là c'est compliqué. Tu prends 1 jeu comme Clair Obscur estimé à 8 millions (apparemment fausse et c'est +)
Cela commence à faire beaucoup surtout lorsqu'on arrive à + de 20 millions pour 1 financement participatif.
Ça paraît en effet peut réaliste. J'ai pourtant vu des projets kickstarter lever des millions pour des glaciaires connectées.
Aussi, ces millions que possèdent ces entreprises ne sont pas magiques. Ils proviennent des consommateurs qui ont achetés les produits. En tant que société nous avons cet argent, et c'est à nous d'en organiser les flux. Donc c'est sûrement utopique, mais pas totalement impossible.
Je dois t'avouer que je rêve d'un projet de grande envergure libre de droit en financement participatif, pour montrer que c'est possible (en plus de promouvoir indirectement le modèle).

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foetus
Ensuite écoute les streameurs - créateurs de contenus sur YouTube et Twitch. Eux aussi c'est du participatif - les vues, les souscriptions (les subs), les dons directs, TIPEEE, ...
Les rénumérations sont très variables et fluctuantes (en 2025 - 2026 le taux de change dollar américain -> €uro n'aide pas) et il faut qu'ils streament beaucoup beaucoup d'heures avec au moins 2-3 opérations commerciales par an [et éventuellement faire du contenu vertical à côté]
Les gros streameurs (le fameux 1%, les millionnaires) ont tous au moins 1 très gros partenariat, sponsor : Webedia, Playstation, ... - ou alors 1 très grosse communauté sur les réseaux sociaux (comme Anyme023) qu'ils peuvent monnayer.
À mon sens, quand tu fais de la publicité tu vends ton audience (le temps de cerveau disponible). Quand tu regardes une publicité tu payes avec ton temps et ton attention. Après vu que c'est un modèle qui permet une stabilité financière et une grande accessibilité c'est un compromis pas mal. Mais je pense qu'on pourrait faire mieux ?
Et pour la comparaison à la radio, pour moi tu es à côté du propos : il ne voulait pas dire que c'est exactement la même chose, mais plutôt parler de la moralité de la copie : "c'est comme enregistrer un extrait radio ou télé sur cassette".

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Access_to_folder
D'où ma remarque précédente. Pirater est historiquement (faits réels ou romancés) associé à une notion d'attaque physique, d'assaut. Alors que " télécharge un Disney vieux de 20 ans sans payer parce qu'il n'a pas les moyens, il ne fait évidemment rien de mal" est aussi mal que d'aller piquer le DVD dans le rayon d'un magasin, mais se fait de manière plus discrète, sans action physique autre que d'être devant son écran.
Mais c'est justement la question qui est posée ici : dans la mesure où la copie ne prive pas de l'original, est-ce du vol ?
Pour moi non. Cependant cela peut nuire à la viabilité financière des artistes/créateurs, et je pense que c'est ici ce qui te pose problème. Un vol c'est physique justement. Une copier-coller c'est une copie. Ça ne veut pas dire que copier quelque chose que l'auteur ne veut pas que tu copies c'est moral, mais ce n'est pas du vol. C'est pour ça que ta comparaison avec le vol l'étalage me semble absurde.

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Access_to_folder
"sur la vertu des systèmes de financement "ouverts". A quel point c'est important de financer l'Open-source, la science ouverte, et l'accès des oeuvres à tous." Il y a eu et il y a toujours ce débat avec les bibliothèques publiques : rien d'illégal dans un tel cas, mais subventionner un bien pour qu'il soit collectif, avec de l'argent ponctionné auprès des contribuables (subsidiairement en y rajoutant un filtre politique quant au choix de ce qui est proposé en lecture), et que cela a un impact négatif sur les ventes de livres, pose question. Il en est de même pour le financement du "libre" qui va être un anti moteur économique la plupart du temps : cela va aider à couler les éditeurs conventionnels, ceux qui créent de l'emploi, de la valeur ; les partisans du libre alors surfent souvent sur l'idée de "revenu universel" : ponctionner les riches pour qu'on soit payés à œuvrer (dans ce cas pourquoi ne pas exercer normalement, ce qui serait plus rémunérateur, qu'une sorte de revenu minimum, sans sabotage économique ?).
Là tu es selon moi hors sujet : qui a parlé ici de revenu universel ?
Mais je pense tout de même comprendre ta critique. Tu es contre une forme de centralisation des pouvoirs par la subvention, et ça se comprend très bien. Que financer une fois pour que ce soit accessible à tous c'est très bien, mais on finance quoi comment ? Les risques de dérives lors de la sélection ou de détournement/corruption paraissent inévitables.
La proposition que je mets en avant n'est pas étatique mais populaire. Les financements participatifs ne sont pas des taxes imposées, mais des investissements individuels volontaires. On finance ce qu'on veut permettre d'exister, pour qu'ensuite ce soit partager à tous librement. Je pense qu'ils faut se former et mettre en place ces modèles économiques durables, qui seront à terme bénéfiques à tout le monde (même aux entreprises).
Les créateurs ne veulent plus "exercer normalement" au sein du système traditionnel, notamment parce que le système les depossede de leurs droits d'auteurs, peuvent leur imposer des directives, et récupèrent une partie de ce qu'ils génèrent. Les créateurs sont soumis à ces logiques à cause des rapports de force économique, qu'il conviendrait de ne pas alimenter.
Pour essayer d'aligner nos positions politiques il faut les exposer : Tu vois des entreprises qui créent de l'emploi. Moi je vois des services marketing qui manipulent et nous imposent des publicités, certains éditeurs qui vident des oeuvres de leur essence en toute légalité, et des ayants droit qui ponctionnent. Et tous ces salaires, tous ces frais qui vont pourtant clairement contre nos intérêts, se retrouvent dans les produits : nous les payons. Je ne veux pas les payer. Ça se défend non ?
Évidemment que certains intermédiaires sont cruciaux et indispensables : je propose ples payer de manière juste et transparente par financement participatif (je n'ai pas la prétention d'avoir réponse à tout c'est une piste de réflexion).

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Quant à la science ouverte, on ne peut que penser à l'affaire Aaron Swartz et son "Manifeste de la guérilla pour le libre accès" (Guerilla Open Access Manifesto 2008) suggérant qu'il fallait en passer par la désobéissance civile pour que les connaissances du passé comme de l'avenir soient à la portée de tous, il a fini poursuivi en justice pour piratage.
C'est vraiment triste ce qui est arrivé à ce jeune homme. Je pense que nous avons encore aujourd'hui beaucoup à apprendre de son histoire. Par ailleurs je ne comprends pas où tu veux en venir en y faisant référence.

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Access_to_folder
" Quand je refuse de payer un abonnement, ce n'est pas que je ne veux pas rémunérer leur travail, c'est que je ne veux pas financer un intermédiaire et alimenter des rapports de force" : C'est un argument habituel, le support de diffusion qui déplait, mais cela est un choix de l'éditeur et rien ne peut justifier le vol du fait que le support ne vous convient pas.
Tout comme les bibliothèques qui choisissent ce qu'elles mettent à disposition, le filtre politique de ces éditeurs est colossal : ils choisissent directement ce qui est produit et financé, et peuvent même censurer les auteurs au sein de leur propre œuvres (il n'y a qu'à voir les conflits entre réalisateurs et producteurs au cinéma).
C'est aussi ce filtre politique qu'on cherche à contourner, c'est un acte de désobéissance civile.
Mais ce n'est évidemment pas ce que je souhaite (je ne télécharge pas, je préfère autant que possible consommer du libre). D'où la volonté de financer directement les artistes pour court-circuiter l'intermédiaire. Moins cher et plus libre.

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Access_to_folder
C'est un acte volontaire, donc le choix vous appartient (les artistes de renoms, à étiquette communiste ou socialiste, ne sont pas allés jusqu'à vivre leurs convictions et aiment les éditeurs et leurs armadas qui vont les promouvoir et les instaurer sur le marché de la culture).
Je ne comprends pas trop ta position, défendre un système puis reproche aux gens de l'utiliser. Je comprends qu'il y ait une incohérence entre prôner la mise en commun et ne pas l'appliquer à ces propres productions. Il y aurait pour moi deux explications : un manque de connaissances quant aux modalités de partage ouvert mais aussi une soumission aux logiques économiques. Ils ont des frigos (rouges peut-être mais des frigos quand même) à remplir.
C'était aussi mon point, ne pas blâmer les choix des créateurs mais leur proposer autre chose. Si l'alternative existe, elle reste méconnue et sous-financée pour l'instant. C'est à nous en tant que société de créer autre chose.

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Access_to_folder
L'idée socialiste ci-dessus exprimée est au contraire de supprimer ces protections que la société a attribué aux auteurs qui y tiennent, le gain étant le moteur de leur créativité, leur prendre légalement, et non plus illégalement, tout le fruit de leur labeur.
Le point de l'article n'est pas de déposséder les acteurs de leurs droits, mais de ne plus sanctionner les particuliers qui réalisent des copies. La liberté de choisir la modalité de partage de la part de l'auteur et l'égalité d'accès, mais aussi la liberté de récupérer, modifier et faire évoluer des œuvres ou idées entrent en contradiction dans le modèle économique existant.
L'idée ici n'est pas de priver les travailleurs de leur gagne pain, mais de remodeler les flux économiques pour les rendre plus justes. D'aligner les intérêts de tout le monde dans un système plus libre.
Ensuite là c'est philosophico-politique, mais pour moi le gain n'est pas le moteur de la créativité.
La preuve en est que dans le modèle oeuvre-produit, on produit d'abord l'œuvre avant de la vendre. Alors comment remplis t-on notre fameux frigo (qu'elle qu'en soit la couleur) pendant ce temps ? Soit on a déjà des sous et on est auto-suffisant, soit on cède nos droits à des éditeurs. C'est l'espérance de gain futurs le moteur.
C'est toute une vision du monde, mais ce modèle économique est aussi une façon de rappeler que l'argent est un moyen est non une finalité. Donner de l'argent pour que quelque chose existe, plutôt que faire exister quelque chose pour que ça nous rapporte. L'argent arrive à la fin, est la finalité des développements. À tel point que certains imaginent même que sans modèle de rentabilité capitaliste, personne ne ferait plus rien.
Ce modèle s'est tellement généralisé qu'il est difficile d'envisager autre chose. Pourtant il a à maintes reprises montré ses limites. L'argent en finalité prédomine tellement que s'en est absurde, une concentration des pouvoirs colossale ("mais ils ont bossé durs ils le méritent ?"), de l'obsolescence programmé, et globalement un développement court-termiste du monde, aux dépens des intérêts communs sur de trop nombreux aspects.
L'art, et désormais les programmes informatiques, sont des modalités d'accès et de compréhension du monde. Il est nécessaire de développer de nouveaux modèles. L'aspect crucial de ces éléments justifie à mon sens la désobéissance civile. Bien qu'évidemment la vraie solution serait de faire évoluer le droit à ce sujet, pour permettre d'être libre en tout légalité. J'ai peur que le pouvoir de verrouillage des lobbys soit ici trop important pour que ce soit réaliste malheureusement...
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