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La Chambre des lords britannique vote en faveur de l'extension de la vérification de l'âge aux VPN
Quand la protection des mineurs devient un prétexte à la mise sous tutelle du Web

Le , par Stéphane le calme

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La Chambre des lords britannique vote en faveur de l'extension de la vérification de l'âge aux VPN,
quand la protection des mineurs devient un prétexte à la mise sous tutelle du Web

La bataille autour de la vérification de l’âge sur Internet vient de franchir un nouveau cap au Royaume-Uni. En votant un amendement visant à étendre les obligations de contrôle d’âge aux services de VPN, la chambre haute du Parlement britannique ouvre un front inédit contre les outils traditionnellement associés à la protection de la vie privée et à la liberté de navigation. Officiellement, il s’agit de protéger les mineurs. Officieusement, le débat révèle une transformation profonde de la gouvernance du Web, où la neutralité technique cède progressivement la place à une logique de surveillance structurelle.

Depuis le 25 juillet, des milliers de sites proposant du contenu pour adultes, ainsi que des applications de réseaux sociaux populaires telles que X, Reddit et TikTok, ont mis en place de nouveaux systèmes et contrôles de « vérification de l'âge » pour les utilisateurs britanniques. Ce jour-là, une partie des dispositions du Online Safety Act est entrée en vigueur, imposant à de nombreuses plateformes une vérification stricte de l’âge des internautes accédant à certains contenus jugés sensibles. Si l’objectif est clair (protéger les mineurs des contenus pornographiques, violents ou incitant à des comportements dangereux), les conséquences inattendues ont été immédiates : une explosion des téléchargements de VPN, révélant la profonde fracture entre les objectifs politiques et la réalité des usages numériques.

Face à cette intrusion perçue dans leur vie privée, de nombreux internautes britanniques se tournent vers les VPN comme solution quelques heures à peine après l’entrée en vigueur du texte :
  • Proton VPN a vu ses inscriptions grimper de plus de 1 400 % en quelques heures au Royaume-Uni, propulsant l’app au sommet de l’App Store britannique, devant WhatsApp, Instagram ou encore ChatGPT.
  • NordVPN a enregistré une hausse de 1 000 % de ses ventes quotidiennes.
  • Sur Google Trends, les recherches associées aux mots-clés tels que Proton VPN ont connu un pic.

Des fournisseurs de VPN majeurs ont rapporté une augmentation significative de leurs téléchargements au Royaume-Uni. Cette hausse est d'autant plus remarquable qu'elle survient dans un contexte où la demande de VPN était déjà forte pour diverses raisons, notamment l'accès à du contenu géo-restreint ou la protection de la vie privée face à la surveillance en ligne. Cependant, l'impulsion actuelle est clairement attribuée aux nouvelles réglementations.

Ce comportement traduit une réalité simple : les internautes refusent massivement de soumettre leurs pièces d’identité à des plateformes de divertissement ou de médias sociaux.


Depuis le renforcement des contrôles d'âge, 29% utilisent un VPN pour éviter de fournir leurs données personnelles

D'après un récent sondage réalisé par la Lucy Faithfull Foundation, depuis la modification de la loi en juillet 2025, 45 % des 1 469 adultes qui consomment de la pornographie ont consulté des sites web sans contrôle d'âge afin d'éviter de fournir leurs informations personnelles, .

L'étude a également révélé que 29 % des utilisateurs de pornographie avaient utilisé un VPN pour contourner les contrôles d'âge sur les sites web qui les exigent. Un VPN, ou réseau privé virtuel, peut être utilisé pour masquer la localisation d'un utilisateur, lui permettant ainsi de se connecter à Internet comme s'il se trouvait dans un autre pays.

Aujourd'hui, l'organisation caritative tire la sonnette d'alarme, avertissant que les adultes qui ne souhaitent pas révéler leur identité se tournent vers des sites plus risqués où ils sont plus susceptibles de voir des images d'abus sur des enfants.

Alexandra Bailey, responsable du département de psychologie de la fondation et professeure associée à l'université de Roehampton, a déclaré : « Ces sites peuvent exposer les gens à des contenus préjudiciables, notamment des contenus illégaux représentant des abus sexuels sur des enfants. [...] Même si vous ne le cherchez pas, vous pourriez y être confronté, ce qui peut avoir des conséquences graves et bouleversantes. »

Des lois « encore plus strictes » sont nécessaires

L'Internet Watch Foundation réclame aujourd'hui des règles encore plus strictes pour restreindre l'accès aux contenus pour adultes. Sa directrice générale, Kerry Smith, a déclaré qu'il était « très préoccupant que certaines plateformes ne mettent pas en œuvre de mesures de vérification de l'âge ».

« Les mesures de protection sur les sites pornographiques sont essentielles pour empêcher les enfants d'accéder à la pornographie, qui, comme nous le savons, peut, si elle est visionnée à un jeune âge, normaliser des comportements sexuels néfastes et rendre les enfants plus vulnérables au grooming par des prédateurs », a-t-elle précisé. « Il faut appliquer strictement l'OSA afin de garantir la mise en place de mesures de sécurité solides et efficaces sur les plateformes pornographiques, notamment l'utilisation de messages dissuasifs et l'orientation des adultes vers des services d'aide appropriés. »

« Nous encourageons également le gouvernement à adopter une législation encore plus stricte, afin que la pornographie en ligne soit traitée de la même manière que dans le monde réel. », a ajouté Kerry Smith.

La Chambre des lords britanniques passe au vote

La Chambre des lords britannique a voté en faveur de l'extension des exigences en matière de « vérification de l'âge », c'est-à-dire des obligations de vérification de l'âge, aux réseaux privés virtuels (VPN) et à un large éventail de plateformes en ligne dans le cadre du projet de loi sur le bien-être des enfants et les écoles. Cette décision renforce la portée de la loi sur la sécurité en ligne, déjà controversée, en liant les objectifs de sécurité des enfants à des mécanismes qui pourraient avoir des effets graves sur la communication privée et l'autonomie numérique.

Dans le cadre de la loi sur la sécurité en ligne existante, les « services d'utilisateur à utilisateur » comprennent presque toutes les plateformes en ligne qui permettent aux individus de publier, de partager ou d'interagir avec le contenu d'autres personnes. Cette définition couvre les réseaux sociaux, les applications de messagerie, les forums et les services de jeux en ligne. Seules quelques formes de communication, telles que les e-mails, les SMS, les MMS et les appels vocaux en direct entre deux personnes, sont explicitement exclues.

Si les messages politiques autour du vote ont souvent décrit cette mesure comme une « interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans », son champ d'application réel est considérablement plus large. En effet, la plupart des plateformes interactives en ligne devront désormais collecter et vérifier les données relatives à l'âge des utilisateurs, même lorsque ces services ne s'adressent pas principalement aux enfants.

Il s'agit là d'une extension majeure des contrôles d'identité à l'ensemble de l'infrastructure numérique, autrefois considérée comme neutre ou protectrice de la vie privée, et l'une des propositions les plus disciplinaires en Occident.

Jusqu’ici, l’effort réglementaire se concentrait sur les plateformes de contenu et les fournisseurs d’accès. Avec ce nouveau vote, les VPN, longtemps considérés comme de simples intermédiaires techniques, entrent explicitement dans le champ de la régulation.

Le raisonnement des législateurs est simple dans sa formulation. Puisque les VPN peuvent être utilisés pour contourner les systèmes de vérification d’âge mis en place au Royaume-Uni, ils doivent à leur tour être soumis à des obligations équivalentes. Ce glissement marque un changement de paradigme : l’outil n’est plus neutre, il devient suspect par nature dès lors qu’il permet d’échapper à un contrôle.

VPN : d’outil de sécurité à objet de méfiance politique

Les réseaux privés virtuels sont historiquement conçus pour sécuriser les connexions, protéger les données sur des réseaux publics et garantir un certain niveau d’anonymat. Ils sont utilisés par des entreprises, des journalistes, des militants, mais aussi par des citoyens ordinaires soucieux de leur vie privée. Les assimiler à des instruments de contournement pose un problème conceptuel majeur.

En imposant des mécanismes de vérification d’âge aux fournisseurs de VPN, le législateur britannique introduit une contradiction technique. Un VPN qui doit vérifier l’âge de ses utilisateurs doit nécessairement collecter, traiter et conserver des données sensibles. Cette exigence va à l’encontre même de la promesse commerciale et technique de nombreux services, fondée sur le non-journalisation et la minimisation des données.

Ce vote s’inscrit dans une dynamique plus large portée par la régulation britannique du numérique. Le cadre légal actuel repose sur l’idée que tout point d’accès potentiel à des contenus non conformes doit être contrôlé. Après les plateformes, les hébergeurs et les fournisseurs d’accès, ce sont désormais les outils de protection eux-mêmes qui sont intégrés au périmètre de surveillance.

Cette approche soulève une question centrale pour les professionnels de l’informatique. Si un VPN peut être contraint à vérifier l’âge, pourquoi pas demain un navigateur, un système d’exploitation ou un simple proxy réseau ? La frontière entre régulation ciblée et contrôle généralisé devient de plus en plus floue.

Des amendements apportés au projet de loi sur le bien-être des enfants et les écoles

Le 21 janvier 2026, la Chambre des lords britannique a adopté des amendements au projet de loi du gouvernement sur le bien-être des enfants et les écoles.

L'un de ces amendements, qui visait à interdire aux enfants d'utiliser des VPN, a été adopté par 207 voix contre 159. Il stipulait que, dans les 12 mois suivant l'adoption de la loi, « des réglementations interdisant la fourniture d'un service VPN pertinent aux enfants britanniques » devaient être promulguées. Il expliquait que son objectif était de « renforcer la protection et le bien-être des enfants ».

L'amendement a été présenté par Lord Nash, membre conservateur de la Chambre des lords, la baronne Benjamin, membre libérale-démocrate de la Chambre des lords, et la baronne Cass, membre indépendante de la Chambre des lords. L'exposé des motifs de l'amendement indiquait qu'il interdirait aux enfants d'utiliser des VPN pour contourner les « processus de vérification de l'âge de l'OSA ».

Le projet de loi amendé va maintenant être renvoyé à la Chambre des communes britannique, où les députés discuteront des propositions. Le gouvernement travailliste dispose d'une large majorité à la Chambre des communes, mais on ne sait pas encore s'il tentera de rejeter l'amendement ou s'il le soutiendra.

Les lords ont également voté à 261 voix contre 150 en faveur d'une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, similaire aux lois récemment adoptées en Australie. Comme l'amendement sur les VPN, celui-ci sera renvoyé à la Chambre des communes pour être débattu par les députés.

Dans une déclaration prononcée devant la Chambre des communes, Liz Kendall, Secrétaire d'État à la Science, à la Technologie et à l'Innovation, a déclaré que le gouvernement avait lancé une « consultation de trois mois sur les mesures supplémentaires à prendre pour assurer la sécurité des enfants en ligne ». Kendall a appelé à une « application plus rigoureuse » des lois existantes en matière de vérification de l'âge. Le Royaume-Uni a introduit l'OSA en juillet, qui oblige les utilisateurs de sites et d'applications hébergeant du contenu pour adultes à effectuer des contrôles d'âge.


Liz Kendall

Les risques techniques et économiques pour l’écosystème

Sur le plan opérationnel, l’impact est loin d’être anodin. Les fournisseurs de VPN devront soit se conformer, au prix d’investissements lourds dans des systèmes de vérification d’identité, soit quitter le marché britannique. Les plus petits acteurs, souvent européens ou indépendants, risquent de ne pas survivre à ces exigences réglementaires, renforçant mécaniquement la position des grands acteurs capables d’absorber les coûts de conformité.

Pour les utilisateurs, le risque est double. D’un côté, une réduction de l’offre et donc du choix. De l’autre, une exposition accrue de données personnelles dans un contexte où la sécurité des bases de données d’identité reste un sujet sensible, y compris dans des environnements très régulés.

Une protection des mineurs qui interroge son efficacité réelle

L’argument central reste la protection des mineurs, difficilement contestable sur le plan politique. Pourtant, de nombreux experts doutent de l’efficacité réelle de ces dispositifs. Les jeunes utilisateurs les plus déterminés disposent déjà d’une culture numérique suffisante pour contourner des systèmes centralisés, tandis que les adultes se retrouvent soumis à des contrôles intrusifs pour accéder à des contenus légaux.

Ce déséquilibre alimente une critique de plus en plus audible dans les cercles techniques. À force de vouloir verrouiller l’Internet par couches successives, le régulateur risque surtout de déplacer les usages vers des solutions plus opaques, moins régulées et potentiellement plus dangereuses.

Un précédent qui dépasse largement le Royaume-Uni

Même si la décision concerne le Royaume-Uni, son impact dépasse largement les frontières nationales. Le pays sert souvent de laboratoire réglementaire pour d’autres juridictions occidentales. Ce qui est testé aujourd’hui à Londres peut devenir demain un standard discuté à Bruxelles ou ailleurs.

Pour les professionnels de l’IT, cette évolution doit être analysée comme un signal faible devenu fort. La question n’est plus seulement celle de la conformité légale, mais celle de la philosophie même d’Internet : un réseau conçu pour être ouvert, interopérable et neutre, ou un espace segmenté, conditionné à des contrôles d’identité permanents.

Vers un Internet sous contrôle permanent ?

En votant l’extension de la vérification d’âge aux VPN, la chambre haute britannique n’a pas simplement modifié un texte législatif. Elle a contribué à redéfinir la place des outils de protection de la vie privée dans l’espace numérique. Pour les entreprises technologiques, les développeurs et les architectes réseau, le message est clair : la neutralité technique n’est plus un argument suffisant face aux impératifs politiques.

La suite dépendra autant des réactions de l’industrie que de l’acceptation sociale de ces mesures. Une chose est certaine : ce vote marque une étape supplémentaire dans la normalisation d’un Internet où l’accès devient conditionnel, traçable et, de plus en plus, administré.

Sources : projet de loi, gouvernement britannique

Et vous ?

Jusqu’où un État peut-il aller dans la régulation d’outils conçus pour protéger la vie privée sans en vider le sens même ?

En assimilant les VPN à des instruments de contournement, le législateur ne criminalise-t-il pas implicitement des usages parfaitement légitimes, notamment professionnels et journalistiques ?

Peut-on sérieusement parler de protection des mineurs lorsque les adultes doivent fournir des preuves d’identité pour accéder à des contenus légaux, au risque de multiplier les bases de données sensibles ?

Cette stratégie de contrôle est-elle techniquement efficace ou ne fait-elle que déplacer le problème vers des solutions encore plus opaques et hors de portée des autorités ?

Enfin, le Royaume-Uni est-il en train d’établir un précédent qui pourrait normaliser un Internet sous surveillance permanente en Europe et au-delà ?
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Avatar de Ryu2000
Inactif https://www.developpez.com
Le 27/01/2026 à 11:52
Certains pays occidentaux veulent mettre en place des lois digne d'une dictature, mais ils ne peuvent pas y aller franchement, ils doivent utiliser la ruse.
Parfois en utilisant le prétexte de la protection des enfants, des lois passent.

Petit à petit ça va s'aggraver, de petite loi en petite loi.

La personne la plus naïve de l'univers va trouver ça chouette qu'on protège les enfants. Parce qu'elle n'anticipe pas la suite du projet.
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Avatar de Artaeus
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 27/01/2026 à 11:28
Je suis curieux de connaitre la position de ceux qui ne voyaient pas la suite logique de la "vérification d'âge" (=identité) des sites +18 ?
J'espère que vous défendez toujours la "protection des enfants" contre les dangereux VPN (puis moteur de recherche ou même site expliquant le fonctionnement d'un VPN) ?
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Avatar de totozor
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 06/05/2026 à 7:57
Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
Cette scène, aussi absurde qu'elle paraisse, est le symptôme le plus visible d'un échec systémique. [...]. C'était l'une des législations les plus ambitieuses en matière de protection des mineurs en ligne. Dix mois après son entrée en vigueur, la réalité du terrain la rattrape.
Echec systémique? Législation ambitieuse?
On parle surtout d'une absurdité législative et la suite de l'article le démontre bien.
c'est une pratique [...] de plus en plus sophistiquée.
[...]
la saisie d'une fausse date de naissance, l'utilisation de la carte d'identité d'une autre personne, la soumission de vidéos de visages tiers, ou encore l'utilisation d'avatars de jeux vidéo
Saisir une fausse date de naissance, c'est sophistiqué?
Prendre la carte d'identité de papa, c'est sophistiqué?
Utiliser un avatar de jeu vidéo, c'est sophistiqué? Et l'outil ne se rend même pas compte que le personnage est un faux?
Environ 26 % des parents déclarent avoir autorisé leur enfant à contourner des contrôles d'âge, et 17 % admettent les avoir activement aidés à le faire.

Les motivations invoquées sont pragmatiques. Une mère interrogée explique avoir aidé son fils de 13 ans à accéder à un jeu vidéo : elle connaissait le jeu, elle jugeait son contenu approprié, et elle s'est estimée mieux placée que l'algorithme pour prendre cette décision.
Et on parle de parents complices?
C'est à dire qu'un parent qui connait un jeu, qui l'estime adéquat pour son enfant (individu qu'il a élevé, qu'il connait, dont il connait au moins une partie des points sensibles et des points forts) et qui peut mettre en place d'autres sécurités bien plus solides qu'un contrôle d'âge serait complice de quoi?
D'avoir été plus malin que la loi?
Soit.
J'ai un filleul qui commence à demander une console à ses parents. Ses parents ne jouent pas aux jeux vidéos (en dehors de candy crush & Co) du coup on commence à échanger sur la façon d'aborder le sujet.
Pour quand la console? (je considère qu'il est trop jeune pour jouer dans un environnement familial qui ne joue pas)
Quelle console? Quels jeux?
Combien de temps? Avec quel encadrement?
Quel moyens de préventions? etc.
Je suis désolé mais ce n'est pas en l'empêchant de jouer à Wii Bowling qu'on va lui permettre de s'émanciper. Et je crois bien plus en la gestion raisonnable de l'entourage qu'en la (pseudo)sécurité intrinsèque du système.
Si les règles varient d'un foyer à l'autre, les protections au niveau de la plateforme perdent leur cohérence.
Oui et?
Les données suggèrent cependant que la communication joue un rôle protecteur : les enfants qui discutent régulièrement de leur activité en ligne avec leurs parents sont moins susceptibles de contourner les restrictions que ceux qui ne le font pas. La législation ne peut pas substituer au dialogue familial ce que le dialogue familial seul peut accomplir.
Quand même.
Et de mon point de vue il y a une raison à ça, les restrictions ne sont pas complètement absurdes et un enfant, même jeune, peut comprendre que certains contenus ne sont pas encore pour lui, et que le système n'est pas tant un gros mur infranchissable mais juste un rubalise qui lui dit qu'au delà il risque de voir des choses inadéquat pour lui.
Et il ne le passera souvent pas. Parfois il le passera sans que ça pose problème. Et un jour, peut être, il le passera et verra une chose qui l'aura choqué mais il sait qu'il pourra en parler avec ses parents qui pourront gérer cette crise.
Mais ces progrès paraissent bien minces au regard de l'exposition aux contenus préjudiciables qui persiste. Près de la moitié des enfants interrogés (49 %) déclarent avoir été exposés à des contenus nuisibles en ligne au cours du dernier mois, incluant des contenus violents (12 %), des contenus promouvant des corps irréalistes (11 %), et des contenus racistes, homophobes ou sexistes (10 %); autant de contenus pourtant explicitement interdits par les codes de sécurité enfants de la loi.
La question n'est pas tant est-ce qu'ils en ont vu (hormis pour les contenus violents) mais quel est le niveau d'exposition?
Vous voulez des contenus racistes, homophobes ou sexistes? Allumez CNews. Et il n'y a aucun contrôle d'âge.
Mon filleul, qui n'est pas si vieux, a déjà été exposé au racisme, à l'homophobie et au sexisme dans la vie quotidienne alors que c'est un petit garçon bien blanc. Parce que sa marraine vient d'Amérique du Sud, qu'une partie de l'entourage de ses parents sont des hommes homosexuels et que par conséquent il a déjà entendu des gens dans la rue traiter ses connaissances de conchita ou de PD. Et donc oui, avant d'entrer à l'école il a découvert qu'il y a des gens qui n'aiment pas les gens qui ont la peau foncée ou un accent ou les hommes efféminés. Et c'est devenu un petit militant de la tolérance et je trouve ça plutôt bien.
Un enfant avec un maquillage adulte peut franchir une barrière d'âge 18+. À l'inverse, on rapporte le cas notoire de l'homme le plus tatoué de Grande-Bretagne, dont le système de vérification d'âge ne parvenait pas à traiter le visage, le confondant avec un masque. Ces anecdotes, comiques en surface, révèlent les limites profondes d'une technologie utilisée à des fins réglementaires sans que son taux d'erreur ait été rendu public ni soumis à une évaluation indépendante.
Ces anecdotes montrent surtout que le système est nul et inadéquat, il ne remplit même pas sa mission.
Mission qui est nulle et inadéquate.
Les alternatives plus robustes (vérification par document d'identité, croisement avec une base de données gouvernementale, authentification via un tiers de confiance) soulèvent quant à elles des questions sérieuses de confidentialité des données et de surveillance.
Une maman a aidé son enfant à contourner le système, partant de là aucun système n'est robuste.
Donc plus de robustesse n'apporte pas plus de sécurité, ça ne fait que diminuer nos libertés individuelles.
L'Ofcom, le régulateur britannique des communications, se retrouve pris en étau entre l'impératif de protection des mineurs et celui de la vie privée des adultes qui n'ont aucune raison de devoir prouver leur âge pour naviguer sur Internet.
Quel impératif de protéger les mineurs?
C'est une promesse, en rien un impératif.
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Avatar de ALT
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 05/05/2026 à 11:34
Comme toujours, on légifère à tort & à travers & on s'étonne que la loi soit inapplicable.
Et à force de pondre de nouvelles lois, on finit par avoir des textes qui se chevauchent, se contredisent...
En fait, il serait plus simple de considérer que les gens sont adultes & n'ont pas besoin d'être protégés de tout. Ni qu'on protège leurs gamins.
Mais ça, en France, c'est hélas de la science-fiction.
4  0 
Avatar de der§en
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 29/03/2026 à 20:06
Bof, la commission passera outre et cela ne sera pas la première fois malheureusement
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Avatar de Jon Shannow
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 05/05/2026 à 11:44
Citation Envoyé par ALT
Mais ça, en France, c'est hélas de la science-fiction.
Citation Envoyé par Stéphane le calme
un tiers des enfants britanniques contournent les vérifications d'âge en ligne
L'article parle du Royaume Uni, pas de la France.

Même si, c'est clair que l'on est pas meilleur qu'eux en terme de législation punitive, inutile et absurde.
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Avatar de Artaeus
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 05/05/2026 à 13:40
Il y a le texte ("protéger les enfants") et le sous texte ("introduire et normaliser l'identité numérique des adultes").
Vu qu'on peut contourner la reconnaissance faciale, ils vont la supprimer et imposer uniquement le contrôle d'identité ...
Nous ne sommes pas des lapins de 6 semaines, on a tous compris l'agenda.

Concernant les objections à mon raisonnement, cela viendra surement des mêmes qui pensaient que ces contrôles resteraient cantonné aux sites de +18 ans.
SPOIL : Les VPN et jeux vidéos seront attaqué ensuite.
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Avatar de MisterMoa
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 30/03/2026 à 11:40
Mais pourquoi donc ne pas rapatrier les mails et les données en Europe, voire en France ? C'est pourtant simple.
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Avatar de Artaeus
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 09/04/2026 à 11:36
Ils ont refait voter le texte déjà plusieurs fois.
La beauté de l'UE c'est qu'ils referont encore voter le texte jusqu'à ce qu'il passe ...
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Avatar de ALT
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 05/05/2026 à 12:06
Oui, j'avais vu que c'était pas d'chez nous !
Mais on en parle de plus en plus souvent aussi. D'où mon parallèle entre les deux situations.
Et nul doute que les jeunes Français trouveraient des moyens identiques.
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