L’Union européenne a infligé à Google une amende record de 2,95 milliards d’euros pour abus de position dominante dans la publicité en ligne. Une décision qui intervient malgré les menaces de représailles de Donald Trump, prêt à déclencher une guerre commerciale pour défendre les géants américains. Entre bras de fer politique, fondements juridiques solides et conséquences économiques majeures, cette affaire redessine les rapports de force dans l’économie numérique mondiale.L’annonce par la Commission européenne, le vendredi 5 septembre, d’une amende de 2,95 milliards d’euros contre Google a provoqué la fureur de Donald Trump. Sur son réseau social Truth Social, le président américain a dénoncé une action « injuste » et accusé l’UE d’avoir « attaqué » un fleuron américain. Il a menacé de riposter en déclenchant la Section 301 du Trade Act de 1974 – un mécanisme permettant aux États-Unis d’imposer des droits de douane punitifs en cas de pratiques commerciales jugées « déraisonnables » ou portant préjudice aux entreprises américaines. « L’Union européenne doit IMMÉDIATEMENT arrêter ces pratiques contre les entreprises américaines », a-t-il exigé, promettant de « parler directement à l’UE » pour régler ce différend.
Cet accord prévoyait une trêve tarifaire (notamment une baisse des droits de douane américains sur les automobiles européennes) mais il reste politiquement délicat à mettre en œuvre. En défiant la pression politique américaine, la Commission européenne a pris le risque d’une escalade, au nom de la défense de ses principes. Comme l’a résumé un haut responsable européen, « la véritable liberté signifie des conditions de concurrence équitables » pour tous. Cette fermeté pourrait toutefois raviver les frictions dans la relation transatlantique, déjà mises à l’épreuve par la rhétorique protectionniste de Washington.
Abus de position dominante : le cadre juridique de la sanction
Du point de vue juridique, l’amende de 2,95 milliards d’euros infligée à Google repose sur une violation avérée du droit européen de la concurrence. Après une enquête lancée en 2021, la Commission a conclu qu’entre 2014 et 2023 Google avait abusé de sa position dominante sur le marché de la publicité en ligne. Plus précisément, le géant californien contrôlait des outils clés de l’Adtech – à la fois du côté des éditeurs (serveur publicitaire DoubleClick for Publishers – DFP) et des annonceurs (plates-formes d’achat d’annonces Google Ads et DV360) – et s’en est servi pour favoriser systématiquement sa propre plateforme d’échange publicitaire, Google AdX.
Par exemple, la Commission a découvert que DFP, largement utilisé par les sites web pour vendre leurs espaces publicitaires, transmettait à AdX des informations privilégiées sur les enchères concurrentes, donnant à AdX un avantage indu pour remporter ces annonces. Parallèlement, les outils d’achat publicitaire de Google orientaient préférentiellement les budgets des annonceurs vers AdX, délaissant les plateformes...
La fin de cet article est réservée aux abonnés. Soutenez le Club Developpez.com en prenant un abonnement pour que nous puissions continuer à vous proposer des publications.

Pensez-vous que cette déclaration est crédible ou pertinente ?