L'Assemblée nationale française a rejeté en mars une loi visant à exiger des services de messagerie chiffrés qu'ils installent des portes dérobées dans leurs applications. Les partisans de la loi ne s'avouent toutefois pas vaincus. Il y a quelques jours, le préfet de police de Paris a de nouveau plaidé en sa faveur. En réaction, Pavel Durov, cofondateur et PDG de Telegram, a exprimé sa frustration à l'égard des attaques répétées contre le chiffrement en France et a menacé de retirer l'application du pays si les pressions se poursuivent. Selon les experts, « il est techniquement impossible de garantir que seule la police puisse accéder à une porte dérobée ».Le PDG de Telegram, Pavel Durov, a fait part de ses inquiétudes concernant la menace croissante qui pèse sur les messageries privées en France et dans d'autres pays de l'Union européenne. Il a dénoncé les pressions des autorités et averti que Telegram pourrait se retirer de certains marchés européens plutôt que de compromettre la vie privée des utilisateurs en mettant en place une porte dérobée qui compromettrait le chiffrement de l'application.
« Telegram préfèrerait se retirer d'un marché plutôt que de compromettre le chiffrement avec des portes dérobées et de violer les droits fondamentaux de l'homme. Contrairement à certains de nos concurrents, nous n'échangeons pas la vie privée contre des parts de marché. En 12 ans d'existence, Telegram n'a jamais divulgué un seul octet de messages privés », a déclaré Pavel Durov dans un message publié le 21 avril 2025 sur son canal Telegram.
« Conformément à la loi européenne sur les services numériques, Telegram ne divulguerait que les adresses IP et les numéros de téléphone des personnes soupçonnées d'activités criminelles, et non les messages, sur présentation d'une décision de justice valide », poursuit le message de Pavel Durov.
Contexte des récentes préoccupations exprimées par Pavel Durov
La loi Narcotrafic, proposée par les sénateurs Jérôme Durain et Étienne Blanc le 12 juillet 2024, allait bien au-delà de son objectif affiché et inquiétait les groupes de défense des droits et libertés numériques. Un amendement introduit par Cédric Perrin, président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense au Sénat, visait à obliger les messageries chiffrées à compromettre les protections en matière de vie privée offertes par leurs services.
La loi a été adoptée telle quelle par le Sénat. Heureusement, elle a été rejetée par l'Assemblée nationale en mars. L'article controversé 8ter, qui exigeait des services de messagerie chiffrés qu'ils mettent en place des portes dérobées permettant à la police d'accéder aux conversations privées, a été retiré. Toutefois, il y a quelques jours, le préfet de police de Paris a de nouveau plaidé en sa faveur, suscitant l'indignation de la communauté technologique.
Pavel Durov s'est alarmé des efforts déployés par la France pour affaiblir le chiffrement des services de messagerie. Il a souligné les risques associés aux portes dérobées de chiffrement, notant qu'elles peuvent être exploitées par les autorités, mais aussi par des pirates informatiques et des agents étrangers.
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