Les nouvelles taxes douanières annoncées par Donald Trump ont provoqué une onde de choc immédiate : les marchés boursiers chutent, les cryptomonnaies plongent, et l’Europe, par la voix de la France et de l’Autriche, envisage de cibler les géants technologiques américains en retour. De son côté, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s'est engagée à répondre à la guerre commerciale de Trump, tout en privilégiant la voie de la négociation pour éviter une escalade du conflit commercial. Elle a souligné que l'UE disposait d'un « plan solide » pour riposter, incluant des mesures telles que la limitation de l'accès des entreprises américaines aux marchés publics européens et la suspension de certains droits de propriété intellectuelle.Mais derrière ces échanges musclés, une question bien plus profonde se pose : assistons-nous à la fin de la mondialisation telle que nous la connaissons ?
L’administration Trump, fidèle à sa doctrine « America First », a relancé la machine à tarifs en espérant, une fois de plus, remodeler à son avantage les termes du commerce mondial. L’objectif affiché : protéger l’industrie nationale et « corriger » des déséquilibres commerciaux. Mais cette approche, déjà critiquée durant son premier mandat, révèle de nouveau ses limites.
Les marchés n’ont pas tardé à réagir : une perte de plus de 5 % pour le S&P 500, un recul spectaculaire de l’Ethereum de 17 %, et une baisse notable du Bitcoin. Autrement dit, une perte de confiance brutale des investisseurs dans la stabilité économique à venir, reflétant les inquiétudes croissantes des investisseurs quant à une possible récession mondiale induite par les tensions commerciales. Et pour cause : les tarifs douaniers n’ont jamais été un levier magique. Ils pénalisent souvent les consommateurs, affaiblissent les chaînes d’approvisionnement et fragilisent des secteurs entiers, y compris ceux que l’on prétend défendre.
Réaction de la France et de l'Union européenne
Face à ces mesures protectionnistes, la France a exprimé sa volonté de riposter en ciblant spécifiquement les grandes entreprises technologiques américaines. Le ministre français de l'Économie et des Finances, Éric Lombard, a suggéré que l'Union européenne pourrait renforcer la régulation de l'utilisation des données par ces entreprises et envisager de nouvelles taxes sur certains services numériques. Cette position est partagée par d'autres responsables européens, notamment en Autriche, où le ministre de l'Économie, Wolfgang Hattmannsdorfer, a proposé que les contre-mesures de l'UE visent les États américains dirigés par les Républicains et les entreprises technologiques, afin de contraindre l'administration Trump à négocier.
Réglementer plus strictement l'utilisation des données par les grandes entreprises américaines
Le ministre français de l'Économie et des Finances, Éric Lombard, a suggéré de riposter aux tarifs douaniers imposés par le président américain Donald Trump en réglementant plus strictement l'utilisation des données par les grandes entreprises américaines.
Dans une interview accordée au Journal du Dimanche, il a d'abord noté que la situation n'était pas une surprise : « On s’y attendait. Le président Trump ne s’en est jamais caché pendant sa campagne. Il ne manquait plus que l’annonce officielle — elle est tombée cette semaine. Ces droits de douane à 20 % sont d’abord une mauvaise nouvelle pour les Américains : ils vont provoquer aux États-Unis une hausse des prix, alourdir les charges des entreprises et faire baisser la croissance dès 2025 ».
Il a estimé que, puisque les règles du jeu sont rompues, « nous sommes contraints de répondre à armes égales ». Parlant d'une « réponse ciblée », il a noté : « Plusieurs outils sont à notre disposition au niveau européen : réglementaires, fiscaux, douaniers. Par exemple, nous pouvons renforcer certaines exigences administratives ou encadrer l’usage des données. Sur le plan fiscal, il est possible de taxer certaines activités. Toutes ces options, le cadre européen nous y autorise et elles sont en cours de discussion – rien n’est décidé à ce stade ».
Un porte-parole du gouvernement français a déjà déclaré il y a quelques jours que les mesures de rétorsion de l'UE contre les droits de douane américains pourraient inclure « des services numériques qui ne sont actuellement pas taxés ». Cette suggestion a été violemment rejetée par l'Irlande, qui accueille le siège européen de plusieurs entreprises américaines du secteur des grandes technologies.
La technologie est considérée comme un domaine où l'Europe pourrait prendre des mesures de rétorsion. L'Union européenne affiche un excédent commercial de 157 milliards d'euros pour les marchandises, ce qui signifie qu'elle exporte plus qu'elle n'importe, mais elle accuse un déficit de 109 milliards d'euros pour les services, y compris les services numériques.
Les géants de la technologie comme Apple, Microsoft, Amazon, Google et Meta dominent de nombreux segments du marché européen.
Lombard a déclaré vendredi que la guerre commerciale avec Washington pourrait empêcher la France de réduire son déficit budgétaire excessif. « Les recettes fiscales...
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