Les législateurs américains dénoncent la volonté du Royaume-Uni de briser le chiffrement du service de stockage iCloud d'Apple. Un récent rapport a révélé que le Royaume-Uni a demandé à Apple de créer une porte dérobée à l'échelle mondiale qui lui permettrait d'accéder aux données d'iCloud. Cette révélation a suscité un tollé en raison de craintes liées à la mise en place d'une surveillance de masse. Aux États-Unis, des législateurs appellent la nouvelle responsable du renseignement, Tulsi Gabbard, à prendre des mesures énergiques pour contrecarrer cette demande controversée d'un allié de premier plan qui menace la sécurité de tout le monde.Les États-Unis se disent opposés à la guerre du Royaume-Uni contre le chiffrement
Le Royaume-Uni cherche depuis des années à briser le chiffrement en ligne prétendument pour lutter contre la criminalité et le terrorisme. Les législateurs britanniques tentent ainsi d'imposer aux entreprises technologiques de mettre en place des portes dérobées dans leurs services afin de permettre aux forces de l'ordre britannique d'accéder discrètement aux informations privées des utilisateurs. Cependant, la mesure reste impopulaire et très combattue.
Aux États-Unis, la grogne monte après la révélation de l’exigence faite à Apple par le Royaume-Uni. Apple aurait reçu l'ordre de créer une porte dérobée au-dessus du chiffrement d'iCloud à l'échelle mondiale. Cela garantirait au Royaume-Uni un accès général à tous les contenus chiffrés téléversés sur iCloud.
Le sénateur Ron Wyden (D-OR) et le représentant Andy Biggs (R-AZ) ont envoyé une lettre à Tulsi Gabbard dans laquelle ils affirment que si Apple se conforme à la demande non confirmée du ministère britannique de l'Intérieur, la sécurité des citoyens américains et des données gouvernementales sera mise en péril. Pour cela, ils demandent à la nouvelle directrice du renseignement national d'exiger du Royaume-Uni qu'il revienne sur sa décision polémique.
« Si le Royaume-Uni ne renonce pas immédiatement à cet effort dangereux, nous vous demandons instamment de réévaluer les accords et les programmes de cybersécurité entre les États-Unis et le Royaume-Uni, ainsi que les échanges de renseignements entre les États-Unis et le Royaume-Uni », indique la lettre.
« Les relations bilatérales entre les États-Unis et le Royaume-Uni doivent être fondées sur la confiance. Si le Royaume-Uni sape secrètement l'un des fondements de la cybersécurité américaine, cette confiance a été profondément rompue », expliquent Ron Wyden et Andy Biggs dans leur lettre.
La mise en œuvre de l'ordonnance détruirait toutes les protections des utilisateurs
L'ordre aurait été intimé à Apple en janvier 2025. Selon les experts juridiques, il s'agit d'une demande sans précédent qui n'avait jamais été formulée dans aucun autre pays démocratique. Une telle porte dérobée compromettrait l'engagement d'Apple envers ses utilisateurs en matière de protection de la vie privée. Selon les membres du Congrès, la demande du Royaume-Uni est tout simplement inacceptable et ils appellent le gouvernement fédéral à réagir.
La mise en œuvre de l'ordonnance compromettrait la protection des données des utilisateurs d'iCloud. Apple a commencé à déployer cette option, appelée « protection avancée des données », en 2022. Il avait cherché à l'offrir plusieurs années auparavant, mais il a fait marche arrière après les objections du FBI pendant le premier mandat de Donald Trump, qui a cloué l'entreprise au pilori pour ne pas avoir aidé à l'arrestation de « criminels violents ».
Le service est une option de sécurité disponible pour les utilisateurs d'Apple aux États-Unis et ailleurs. Cette fonctionnalité permet aux utilisateurs de chiffrer de bout en bout de nombreuses catégories de données iCloud supplémentaires, notamment les photos, les notes, les mémos vocaux, les sauvegardes de Messages, les sauvegardes d'appareils, etc., rendant ainsi leurs données personnelles...
La fin de cet article est réservée aux abonnés. Soutenez le Club Developpez.com en prenant un abonnement pour que nous puissions continuer à vous proposer des publications.
