Les récentes interventions d'Elon Musk dans le débat politique européen ont suscité de vives réactions de la part des autorités françaises. Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de France, Jean-Noël Barrot, a exhorté la Commission européenne à agir avec « la plus grande fermeté » contre ces ingérences, menaçant de prendre des mesures nationales si Bruxelles n'intervient pas.Les prises de position de Musk sur sa plateforme X, notamment en faveur de partis d'extrême droite comme l'Alternative für Deutschland en Allemagne, et ses critiques envers des dirigeants politiques tels que le Premier ministre britannique Keir Starmer, ont été perçues comme une menace pour la souveraineté politique européenne. Le président Emmanuel Macron a accusé Musk de soutenir un mouvement « réactionnaire international », soulignant l'importance de protéger l'espace public européen contre de telles influences.
Sur son réseau X, Musk s'en est pris récemment à de nombreux dirigeants européens, tel le social-démocrate Olaf Scholz, aux prises à des législatives partielles délicates, ainsi qu'au travailliste britannique Keir Starmer. Il a même soutenu le parti d'extrême droite allemand, l'AfD.
« Lorsque l'on participe à un gouvernement ou lorsqu'on aspire à y participer, ses opinions ont une valeur un peu particulière », a noté Jean-Noël Barrot. « Soit Elon Musk lorsqu'il intervient dans le débat public dans certains débats électoraux européens, le fait pour faire le buzz et alors c'est extrêmement regrettable, soit il le fait en assumant des alliances nouvelles avec des partis d'ultra-droite comme l'AfD en Allemagne et alors il faudrait que le Parti républicain américain assume de lier son destin avec celui de tel parti qui représente tout ce que le Parti républicain a toujours combattu », a-t-il expliqué.
De son côté, le président français Emmanuel Macron a déclaré : « Il y a dix ans, qui aurait imaginé que le propriétaire de l'un des plus grands réseaux sociaux du monde soutiendrait un nouveau mouvement réactionnaire international et interviendrait directement dans des élections, y compris en Allemagne. Qui l'aurait imaginé ? C'est le monde dans lequel nous vivons et dans lequel nous allons devoir faire de la diplomatie ».
Il est possible de suspendre X en Europe, comme cela a été le cas au Brésil
Le 30 août 2024, la Cour suprême du Brésil a ordonné la suspension immédiate de la plateforme de médias sociaux X, anciennement connue sous le nom de Twitter, dirigée par Elon Musk.
La suspension de X au Brésil découle de la non-conformité de la société aux ordres judiciaires. Le juge de Moraes avait donné à Musk un délai de 24 heures pour nommer un représentant légal au Brésil, une exigence légale pour les entreprises de médias sociaux opérant dans le pays. Cette mesure vise à garantir que les entreprises respectent les demandes de retrait de contenu, notamment celles liées à la désinformation politique et aux incitations à la violence. La société n'a plus de représentant dans le pays depuis le début de ce mois-là.
« Elon Musk a montré son manque total de respect pour la souveraineté brésilienne et, en particulier, pour le pouvoir judiciaire, s'érigeant en véritable entité supranationale et immunisée contre les lois de chaque pays », a écrit de Moraes dans sa décision.
Interrogé sur le fait de savoir si « le bannissement » de X pouvait intervenir en Europe, comme au Brésil où le réseau a été suspendu 40 jours, Jean-Noël Barrot a répondu: « c'est prévu dans nos lois ».
En effet, en cas de non-respect du DSA, des astreintes et des sanctions peuvent être prononcées. Pour les très grandes plateformes et les très grands moteurs de recherche, la Commission peut infliger des amendes pouvant aller jusqu'à 6% de leur chiffre d'affaires mondial. En cas de violations graves et répétées au règlement, les plateformes peuvent se voir interdire leurs activités sur le marché européen.
« Soit la Commission européenne applique avec la plus grande fermeté les lois que nous nous sommes données pour protéger notre espace public, soit elle ne le fait pas et alors il faudra qu’elle consente à rendre aux États membres de l’UE, à rendre à la France, la capacité de le faire », a déclaré Jean-Noël Barrot sur la radio France Inter. « Il faut nous réveiller », a-t-il martelé.
La France pourrait geler les milliards d'actifs financiers d'Elon Musk s'il est prouvé qu'il a enfreint la loi
Les choses pourraient ne pas s'arranger pour Musk après que la France a récemment adopté de nouvelles lois visant à réprimer l'ingérence étrangère dans les élections. Il est possible que la France gèle les milliards d'actifs financiers d'Elon Musk s'il est prouvé qu'il a enfreint la loi.
En effet, la loi prévoit la possibilité de geler les avoirs financiers de toute personne (qu'il s'agisse d'une personne, d'une entreprise ou d'une entité) qui serait impliquée dans ce type d'ingérence :
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