L'arrestation du PDG de Telegram, Pavel Durov, a attiré l'attention sur la façon dont les réseaux pédophiles, les voleurs d'identité et les trafiquants de drogue utilisent la plateforme comme une vitrine pour vendre leurs marchandises. Les chercheurs ont recensé des milliers de chaînes et de groupes sur Telegram qui proposent des identités volées pouvant être utilisées pour ouvrir des comptes bancaires et des comptes d'investissement. Telegram serait l'application la plus utilisée par les délinquants pour visionner et partager des contenus pédophiles. En Russie, la plateforme serait utilisée par des intermédiaires pour organiser la contrebande de pièces d'armes.Telegram faciliterait le trafic de drogue et la vente de données personnelles volées
Telegram est à la fois un réseau social et une application de messagerie facile à utiliser. Il suffit d'un numéro de téléphone pour ouvrir un compte et Telegram affirme n'avoir jamais divulgué les données de ses utilisateurs à des tiers. Basé à Dubaï, Telegram a adopté une approche de laisser-faire en matière de modération de contenu. Selon la justice française, cela a fait de Telegram le nid de pédophiles et de dangereux criminels. Telegram serait devenu la première plateforme Internet où l'on peut tout acheter, des données piratées aux armes en passant par les drogues illicites et le matériel pédopornographique (CSAM).
Selon des chercheurs et des enregistrements de chats, les voleurs d'identité, les réseaux pédophiles et les trafiquants de drogue utilisent Telegram comme une vitrine pour vendre leurs articles. Les chercheurs ont dénombré un nombre important de chaînes Telegram proposant un flux de passeports, de cartes d'identité et de selfies que les escrocs peuvent acheter et utiliser pour ouvrir des comptes bancaires ou mener d'autres activités illicites au nom des victimes.
Il existerait des milliers de chaînes et de groupes Telegram de ce type. Certains prétendent proposer des comptes bancaires déjà créés à partir d'informations personnelles volées. Par exemple, une chaîne appelée "Bank Store Online" a listé des comptes dans plus de 60 banques et bourses de cryptomonnaie à vendre, allant de 80 dollars pour un compte personnel à 1 800 dollars pour un compte professionnel. Les paiements sont facturés en cryptomonnaie.
Une étude publiée en février suggère que Telegram est la plateforme la plus utilisée par les délinquants pour visionner et partager des contenus pédophiles. En Russie, pays d'origine de Durov et où l'application de messagerie a été lancée en 2013, Telegram serait également la plateforme de prédilection où les intermédiaires organisent toute sorte de transactions qui contournent les sanctions occidentales, notamment la contrebande de pièces d'armes.
Par ailleurs, plusieurs groupes Telegram annoncent la vente de drones et de terminaux Starlink à des unités de combat russes en Ukraine. En février, Elon Musk, PDG de SpaceX, a déclaré dans un message sur son réseau social X (ex-Twitter) qu'aucune antenne Starlink n'avait été vendue directement ou indirectement à la Russie, à la connaissance de l'entreprise. Cependant, plusieurs rapports de soldats ukrainiens indiquent que les troupes russes utilisent Starlink.
« C'est le point zéro de toutes les activités illicites auxquelles on peut penser », a déclaré Evan Kohlmann, fondateur de Cloudburst Technologies, qui surveille la cybercriminalité sur Telegram et ailleurs, et qui conseille fréquemment les agences américaines. Arrêté en France il y a quelques semaines, Durov fait l'objet d'une enquête formelle et est accusé d'un large éventail d'infractions graves. Il a l'interdiction de quitter le territoire français pendant la durée de l'enquête.
Les autorités judiciaires françaises ont accusé Durov de complicité de distribution de matériel pédopornographique, de drogues illicites et de logiciels de piratage sur l'application, qui dit compter près d'un milliard d'utilisateurs. Il est également accusé d'avoir refusé de coopérer à des enquêtes sur des activités illégales sur Telegram. Cependant, Durov a déclaré jeudi que Telegram n'était pas parfait, mais qu'il n'était pas non plus une « sorte de paradis anarchique ».
Telegram : une sorte de nouveau darknet pour les criminels et les trafiquants
Avant l'ascension de Telegram, les criminels se regroupaient généralement dans des zones d'Internet connues sous le nom de « darknet ». Ces sites ne sont pas indexés par les navigateurs Web et ne sont accessibles qu'à l'aide d'un logiciel spécifique qui masque l'identité des utilisateurs. Les utilisateurs réguliers d'Internet les rencontrent rarement. Un exemple bien connu est celui du marché noir en ligne Silk Road, qui a été démantelé depuis. Silk Road utilisait le bitcoin et le réseau...
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