Ryanair, un acteur majeur de l’aviation européenne, a remporté un procès devant un tribunal américain contre Booking.com, l’une des plus grandes agences de voyage en ligne au monde. Le tribunal américain a statué que l’agence néerlandaise avait violé la loi sur l’abus informatique en accédant au site Web de Ryanair sans autorisation.Le web scraping consiste à utiliser des moyens technologiques -notamment logiciels- pour collecter industriellement des données publiques présentes sur des supports digitaux sur Internet. Il peut s’agir de tous types de supports, comme des blogs ou des sites web. L’objectif de la collecte réalisée par le web scraping consiste à les restituer de manière organisée dans une base de données.
L’intérêt du web scraping est multiple. Certaines entreprises l'utilisent dans le but d’alimenter leur veille concurrentielle, d’autres pour enrichir leur propre base de données. La régularité de ces opérations permet d’offrir aux utilisateurs de ces outils de web scraping un véritable « trésor de données » qu’ils peuvent réutiliser par la suite dans de multiples cas d’usages : construction d’une stratégie de pricing et de prédiction de la demande, étude du paysage concurrentiel de leur entreprise, alimentation de modèles d’intelligence artificielle, enrichissement pertinent de données internes à l’entreprise…
Une question essentielle vient vite à l’esprit quand nous parlons de web scraping : est-ce que cette pratique est légale ?
Le cas de Ryanair
Un tribunal américain a jugé que Booking.com avait violé le Computer Fraud and Abuse Act en accédant à une partie du site web de Ryanair sans son autorisation, selon des documents judiciaires.
La Computer Fraud and Abuse Act (CFAA) est une loi du gouvernement fédéral américain mise en vigueur en 1986 qui porte sur la sécurité des systèmes d'information. Il s'agit d'un amendement à une loi sur les fraudes informatiques qui fait maintenant partie du Comprehensive Crime Control Act of 1984. Cette loi interdit tout accès à un ordinateur sans autorisation préalable ou tout accès qui excède les autorisations.
La compagnie aérienne, la plus importante d'Europe en nombre de passagers, a lancé ces dernières années une série d'actions en justice contre des plateformes de réservation tierces qui revendent ses billets sans autorisation. Elle affirme que ces sociétés, qui utilisent des logiciels de capture d'écran pour trouver et revendre des billets, ajoutent des frais supplémentaires et compliquent la tâche de la compagnie pour contacter les passagers.
Le jury du tribunal de district du Delaware a conclu à l'unanimité que Booking.com avait violé la loi sur la fraude et les abus informatiques et qu'il avait incité un tiers à accéder sans autorisation à certaines parties du site web de Ryanair « dans l'intention de frauder », selon le verdict. Le tribunal a également rejeté les demandes reconventionnelles de Booking.com selon lesquelles Ryanair avait diffamé la plateforme de réservation et que la compagnie aérienne se livrait à une concurrence déloyale.
Dans une déclaration, Booking.com s'est dit déçu par cette décision, avec laquelle il n'est pas d'accord. « Nous maintenons que le fait de permettre aux clients d'accéder aux tarifs et de les comparer dans l'ensemble de l'industrie du voyage favorise le choix des consommateurs, et nous prévoyons de faire appel », a ajouté le site.
« Nous espérons que cette décision mettra fin au piratage sur Internet...
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