
Oui pour les députés qui ne proposent pas de solution technique pour contrôler les âges
Vers une « majorité numérique » en France ? C’est ce qui ressort d’une proposition de loi que vient d’adopter l’Assemblée nationale et qui attend désormais l’adoption du Sénat pour entrer en vigueur. En vertu de cette dernière, les jeunes en dessous de l’âge de 15 ans (seuil de la majorité numérique) devront obtenir un accord parental pour s’inscrire sur un réseau social (Facebook, Twitter, Snapchat, etc.). Bémol : l’Assemblée nationale ne propose pas de solution technique de vérification de l’âge. Et pour cause : la plupart des systèmes de vérification de l’âge en ligne s’avèrent invasifs et risqués. En l’absence de tels dispositifs techniques, de telles mesures s’avèrent inutiles, car il suffit aux enfants d’introduire de faux âges.
En effet, l’un des objectifs du projet de loi est de mettre les plus jeunes à l’abri de fléaux comme la pornographie, le harcèlement en ligne ou encore les complexes qui découlent des standards de beauté mis en place sur des plateformes comme Instagram. Le hic avec la mesure est que l’Assemblée nationale ne propose pas de solution technique de vérification de l’âge. Elle laisse plutôt cette charge aux réseaux sociaux.
TikTok vient de proposer une mesure pour encadrer la vie numérique des plus jeunes : « D’ici quelques semaines, tous les comptes d'utilisateurs de moins de 18 ans se verront automatiquement appliquer une limite de 60 minutes de temps d’écran quotidien. Si la limite des 60 minutes est atteinte, l'adolescent sera invité à saisir un mot de passe pour continuer à consulter l'application, ce qui l'amènera à prendre l'initiative de prolonger ou non son temps sur la plateforme. »
Fait notable dans la mesure proposée par les responsables de l’application : pas de solution technique pour le contrôle de l’âge. C’est pour cette raison que des internautes sont d’avis que des propositions de loi comme celle de l’Assemblée nationale de France ou des mesures comme celle des responsables de TikTok sont inutiles. En effet, la parade est aisée pour les plus jeunes : introduire de faux âges lors de la création des comptes sur les plateformes de réseaux sociaux.
Le système de vérification en ligne de l’âge sur la base de pièces d’identité à fournir fait partie de ceux explorés, mais est jugé invasif et risqué. Même conclusion pour d’autres approches comme le contrôle de carte de crédit ou le recours à des opérateurs de téléphonie mobile ou des fournisseurs de services Internet.
« Après les brèches d'Optus et de Medibank, des millions de personnes sont maintenant très conscientes des dangers de la collecte et du stockage de grandes quantités d'informations personnelles. La vérification de l'âge est une combinaison terrible d'invasivité et de risque, tout en étant inefficace pour l'objectif qu'elle est censée atteindre. Les méthodes qui sont moins invasives pour la vie privée sont facilement contournées par les enfants férus de technologie, et celles qui sont plus susceptibles de fonctionner pour limiter l'accès à la pornographie créent des risques massifs et disproportionnés pour la vie privée et la sécurité numérique », déclare un responsable de Human Rights Watch.
Les travaillistes du Royaume-Uni demandent que la responsabilité pénale de ceux qui dirigent ces entreprises soit engagée sur ces questions de gestion de l’exposition des enfants aux contenus sur les réseaux sociaux. Ainsi, le Royaume-Uni envisage d’emprisonner les responsables des réseaux sociaux qui enfreignent les règles sur la sécurité des enfants en cours d’élaboration dans le cadre d’un projet de loi similaire à celui de la France.
Source : Assemblée nationale
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