Alors que les projets de loi antitrust se multiplient dans plusieurs pays en Europe et aux États-Unis, les géants technologiques augmentent leurs dépenses en lobbying pour tenter de torpiller le vote de ces législations. Une récente enquête a révélé que les groupes de pression financés par les Big Tech ont dépensé au moins 36,4 millions de dollars en publicités télévisées et Internet pour s'opposer à la législation antitrust qui empêcherait les plateformes technologiques dominantes de favoriser leurs propres produits et services. Pendant ce temps, les partisans du projet de loi ont dépensé à peine 193 000 dollars.La plupart des dépenses de l'industrie technologique - 13,7 millions de dollars, soit près de 40 % - auraient été effectuées depuis le 1er mai en prévision d'un éventuel vote en séance plénière cet été sur le projet de loi, qui bénéficie d'un soutien bipartite. Ces dépenses constituent l'une des plus grandes campagnes publicitaires de la puissante industrie technologique de ces dernières années et reflètent sa crainte du potentiel perturbateur d'une législation antitrust plus stricte. L'une des associations ayant le plus dépensé dans ces campagnes de lobbying est l'association internationale "Computer and Communications Industry Association" (CCIA).
Matt Schruers, qui dirige l'association, a déclaré : « il s'agit sans aucun doute de l'une des campagnes les plus importantes dans laquelle l'association s'est lancée ces dernières années, car il s'agit de l'une des propositions politiques les plus radicales visant à réglementer un secteur de premier plan de l'économie américaine ». Il a confié que la CCIA a dépensé plus de 23 millions de dollars jusque-là. La CCIA n'a pas révélé quelles entreprises ont financé sa campagne publicitaire, se contentant de dire que "l'association finance la campagne". La CCIA compte parmi ses membres Google, filiale d'Alphabet inc., Amazon inc. et Apple inc.
Le projet de loi en question, l'"American Innovation and Choice Online Act", a été dévoilé en octobre dernier par une douzaine de sénateurs américains des deux partis. Il interdirait aux plateformes dominantes d'abuser de leur pouvoir de contrôle en favorisant leurs propres produits ou services, en désavantageant leurs rivaux ou en exerçant une discrimination entre les entreprises qui utilisent leurs plateformes d'une manière qui nuit à la concurrence sur la plateforme. Il vise les plateformes telles que le site de commerce électronique d'Amazon, le moteur de recherche de Google, l'App Store d'Apple et le réseau social Facebook.
D'ailleurs, un autre gros morceau de la CCIA est Facebook, filiale de Meta Platforms inc. Selon le rapport, ces entreprises s'efforcent depuis des mois de stopper ou de modifier le projet de loi, en déployant des équipes de lobbyistes et de cadres supérieurs à Washington. Les 36,4 millions de dollars dépensés par la CCIA remonteraient au 1er janvier 2021. La divulgation volontaire par Google de ses adhésions pour 2021 inclut la CCIA. Amazon a également déclaré avoir effectué des paiements de 10 000 dollars ou plus à la CCIA en 2021. D'un autre côté, les défenseurs du projet de loi tentent de s'accrocher comme ils le peuvent.
Des publicités en faveur de la législation auraient été diffusées dans les États et districts d'origine des législateurs. Elles visent à convaincre les électeurs que l'assouplissement des normes antitrust contribuerait à l'inflation, affaiblirait la position des États-Unis face à la Chine ou nuirait aux consommateurs et aux petites entreprises en renforçant le pouvoir des services en ligne populaires tels qu'Amazon Prime ou Google Maps. Les défenseurs menés par les sénateurs Amy Klobuchar (D., Minn.) et Chuck Grassley (R., Iowa) ont tenu une conférence de presse mercredi pour repousser la campagne de lobbying, affirmant qu'elle déforme les impacts du projet de loi.
« Nous sommes confrontés à ces grandes entreprises technologiques qui dépensent des dizaines de millions de dollars en publicités et aussi en groupes de façade pour répandre des...
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