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Les PDG des GAFA ont été auditionnés par le Congrès américain dans le cadre d'une enquête antitrust,
Une séance marquée par des échanges tendus entre les participants

Le , par Axel Lecomte

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Les patrons des GAFA, Sundar Pichai (Alphabet, maison mère de Google), Tim Cook (Apple), Mark Zuckerberg (Facebook) et Jeff Bezoz (Amazon), ont été auditionnés hier par la Commission judiciaire de la Chambre des représentants du Congrès américain. Celle-ci enquête depuis plus d'un an sur la possibilité d'abus de position dominante par ces géants du numérique ainsi que sur la pertinence des lois antitrust existantes et de leur application. L'audience a été marquée par des échanges tendus entre les participants et une menace du président américain de forcer les Big Tech à être « équitables » avec des décrets.


« Ils ont trop de pouvoir »

« Ce que nous avons entendu des témoins à l'audience a confirmé les preuves que nous avons rassemblées au cours de l'année dernière », a déclaré David Cicilline, le président du sous-comité sur la concurrence. De plus, celui-ci estime que les GAFA ont « trop de pouvoir » et qu'ils vont « certainement émerger [de la pandémie] encore plus forts et plus puissants qu'avant ».

Sundar Pichai a été le premier à être interrogé

Cicilline a commencé par accuser Google de vol. Il a notamment affirmé que Google avait volé des avis à Yelp Inc tout en menaçant de supprimer Yelp des résultats de recherche si la société s'y opposait. « Pourquoi Google vole-t-il du contenu à des entreprises honnêtes ? », a-t-il demandé.

Le PDG d'Alphabet a répondu qu'il aimerait connaître les détails de cette accusation. « Nous nous conduisons selon les normes les plus élevées », a-t-il indiqué.

David Cicilline lui a également demandé si Google utilisait sa surveillance du trafic Internet pour voir ce que faisait la concurrence. Sur ce point, Pichai a été vague et il ne semblait pas avoir contesté cette affirmation. « Nous essayons de comprendre les tendances à partir des données que nous pouvons voir », a-t-il affirmé.

L'élu républicain Jim Jordan a ensuite demandé à Sundar Pichai si Google aiderait l'ancien vice-président Joe Biden, candidat démocrate présumé à la présidence, à remporter les prochaines élections. « Nous soutenons les deux campagnes. Nous abordons notre travail de manière non partisane », a alors répondu Pichai.

Mark Zuckerberg a été particulièrement critiqué

Les membres du Congrès se sont acharnés sur le PDG de Facebook en dévoilant de nombreuses captures d'écran des échanges par mail entre Zuckerberg et d'autres dirigeants de Facebook. D'après les législateurs, Mark Zuckerberg considérait Instagram et WhatsApp comme des concurrents lorsque Facebook les a acquises. « Les entreprises sont naissantes, mais... si elles se développent à grande échelle, elles pourraient être très perturbatrices pour nous », avait indiqué Zuckerberg deux mois avant l'achat d'Instagram en 2012.

Dans un autre e-mail, le PDG du réseau social a admis qu'Instagram était une « menace » pour Facebook, tout en ajoutant : « Une chose à propos des startups est que vous pouvez souvent les acquérir ».

En réponse à ses accusations, Mark Zuckerberg a indiqué qu'Instagram était à l'époque une petite application de partage de photos.

L'élu démocrate Joe Neguse a ensuite dévoilé un e-mail de 2014 montrant que le directeur financier de Facebook qualifiait la stratégie d'acquisition de l'entreprise de « saisie de terres ». « Nous avons un nom pour cela ; c'est un monopole », a déclaré Neguse.

Pour sa part, la représentante Pramila Jayapal, une démocrate, a demandé à Zuckerberg si Facebook avait déjà copié ses concurrents comme Snapchat pour des raisons anticoncurrentielles. « Nous avons certainement adapté des fonctionnalités que d'autres ont introduites », a répondu Zuckerberg.

Pramila Jayapal est allée jusqu'à demander le nombre d'entreprises que Facebook a fini par copier. « Je ne sais pas », a répondu Zuckerberg.

Jeff Bezos indisponible pendant environ une heure à cause d'un problème technique

Le patron d'Amazon n'a pas pu s'exprimer pendant environ une heure en raison d'un problème technique. Il a pu répondre aux questions plus tard. Jeff Bezos a notamment été interrogé par Pramila Jayapal, qui lui demandait si Amazon utilisait les données de vendeurs tiers pour prendre des décisions de vente. Jeff Bezos a répondu que l'entreprise avait une politique contre des actions de ce genre. « Je ne peux pas garantir que cette politique n'a jamais été violée », reconnaît-il. « Si nous constatons que quelqu'un l'a violé, nous prendrons des mesures contre eux », a ajouté Jeff Bezos.

Pour Apple, les accusations portent principalement sur l'App Store

L'App Store d'Apple est le seul moyen pour les propriétaires de produits de la marque d'acheter et d'installer des logiciels. L'entreprise a fait face à de nombreuses critiques sur ce point. En effet, les législateurs ont indiqué que rien n'empêche son entreprise d'augmenter les commissions qu'elle facture dans l'App Store. « Les commissions d'Apple sont comparables ou inférieures aux commissions facturées par la majorité de nos concurrents », a déclaré Tim Cook. « Et elles sont largement inférieures aux 50 à 70 % que les développeurs de logiciels ont payé pour distribuer leur travail avant le lancement de l'App Store », a-t-il ajouté. D'ailleurs, Cook a précisé qu'Apple n'avait jamais augmenté les taux de commission de l'App Store depuis 2008 et qu'environ un quart des développeurs sont concernés par des augmentations de frais, car leurs applications nécessitent des capacités fournies par les appareils Apple pour fonctionner normalement.

D'après lui, les développeurs « peuvent écrire leurs applications pour Android ou Windows ou Xbox ou PlayStation ». « Nous avons une concurrence féroce du côté des développeurs et du côté des clients, qui est essentiellement si compétitive que je la qualifierais de combat de rue », a-t-il ajouté.

En outre, « Apple n'a pas de part de marché dominante sur aucun des marchés où nous exerçons nos activités », s'est défendu Tim Cook. « Le marché des smatphones est extrêmement concurrentiel et des entreprises comme Samsung, LG, Huawei et Google ont bâti des entreprises de smartphones très réussies offrant différentes approches » a abondé le patron de la firme de Cupertino.

Trump menace d'imposer l'« équité »

Le président américain Donald Trump a menacé d'imposer l'« équité » aux géants du numérique via des décrets. « Si le Congrès n'instaure pas l'équité au sein de la Big Tech, ce qu'il aurait dû faire depuis des années, je le ferai moi-même par des décrets. À Washington, cela n'a été depuis des années que des paroles, mais aucune action et les habitants de notre pays en ont assez ! », a averti Donald Trump sur Twitter.


Par ailleurs, les hauts responsables du comité ont affirmé qu’un rapport détaillé contenant des allégations antitrust contre les GAFA ainsi que des recommandations devrait être publié d’ici la fin de l’été ou au début de l’automne.

Source : Vidéo, Twitter

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Voir aussi :

Trois législateurs chargés d'interroger les GAFA sur leurs pratiques anticoncurrentielles, disposent de milliers de dollars d'actions dans ces entreprises
50 États et territoires américains annoncent une vaste enquête antitrust sur Google, pendant que Facebook fait l'objet d'une enquête sur sa position dominante dans l'industrie des réseaux sociaux
Les USA envisagent une importante enquête antitrust sur Apple, Amazon, Google et Facebook, une menace qui fait chuter le prix des actions
La FTC exige des données sur les rachats de sociétés de Google, Amazon, Apple, Facebook, Microsoft, à cause des préoccupations de comportements potentiellement anticoncurrentiels
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Avatar de sirthie
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 30/07/2020 à 15:28
Citation Envoyé par brulain Voir le message
Cela s'apparente clairement à du harcèlement envers ces entreprises qui veulent simplement rendre le monde meilleur, avec une éthique et une transparence qui forcent l'admiration.
Heuuu... tu fais de l'humour, là, hein ?
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Avatar de Steinvikel
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 02/08/2020 à 12:32
Quand on confère à une entité un grand pouvoir, on la soumet à un "contrat" qui édicte un cadre et des règles à respecter.
Pour un gouvernement ça s'appelle une Constitution, pour une entreprise se sont les lois, décrets, code de machin-bidule... il n'y a aucune raison à ce que les "géants" ne soient pas encadrés par des textes différents si leur "pouvoir" /influence est différent des ces autres catégories.

PS: bien d'autres entités financières serait également concernés, hein !
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Avatar de xavfree
Futur Membre du Club https://www.developpez.com
Le 04/08/2020 à 9:17
Par contre l'Ami Microsoft lui pas inquiété du tout sa baigne Mdr
la planète entière lobotomisée à ses news MSN à chaque ouverture de laptop ...
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Avatar de tanaka59
Membre expert https://www.developpez.com
Le 30/07/2020 à 16:22
Bonjour,

Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Le président Donald Trump est très courageux, d'habitue personne n'ose s'attaquer à des groupes aussi puissants.
Ces entreprises sont si puissante que c'est peine perdu ... A moins que le gouvernement US ne mette la main au porte feuille pour avoir son mot à dire en temps qu'actionnaire ?

Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
C'est vrai que Google, Apple, Facebook, Amazon sont trop puissant et qu'il faut faire quelque chose pour les empêcher de trop abuser de leur position dominante.
J'en rigole ... Les USA essayent des les freiner ... Pendant ce temps les Russes font l'inverse avec "Vkontakte" et "yandex" , ainsi que les chinois avec "baidu", "tencent" et "alibaba" ... Pour même aller encore plus loin. Russes et chinois investissent massivement dans des opérateurs télécoms ... Histoire que des gros mammouths comme Google, Apple, Facebook, Amazon ne tiennent pas la main sur leur population .

Un jour on aura peut être des réseaux sociaux russes ou chinois si les big de la tech se cassent la figure.

Un Facebook ou Amazon chinois c'est moins sexy ... mais en gros c'est du Joom et Wish ... Encore plus de produit de "m**de".

Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Ces entreprises ont trop de pouvoir c'est donc un problème (et pas que pour le gouvernement US).
Les USA ont créé des monstres incontrolables ... Chinois et Russe investissent massivement pour essayer d'en créer ...

D'un côté on a une gouvernance ultra libéral par des entreprises. De L'autre des états hyper interventionnistes ...

Choisissez votre camps
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Avatar de brulain
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 30/07/2020 à 14:17
Cela s'apparente clairement à du harcèlement envers ces entreprises qui veulent simplement rendre le monde meilleur, avec une éthique et une transparence qui forcent l'admiration.
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Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 30/07/2020 à 14:44
C'est dommage de casser une chaîne de 5 news sans commentaire.
Citation Envoyé par Axel Lecomte Voir le message
Le président américain Donald Trump a menacé d'imposer l'« équité » aux géants du numérique via des décrets. « Si le Congrès n'instaure pas l'équité au sein de la Big Tech, ce qu'il aurait dû faire depuis des années, je le ferai moi-même par des décrets. À Washington, cela n'a été depuis des années que des paroles mais aucune action et les habitants de notre pays en ont assez ! », a averti Donald Trump sur Twitter.
Le président Donald Trump est très courageux, d'habitue personne n'ose s'attaquer à des groupes aussi puissants.
C'est vrai que Google, Apple, Facebook, Amazon sont trop puissant et qu'il faut faire quelque chose pour les empêcher de trop abuser de leur position dominante.

Face aux PDG des GAFA, les élus américains marquent des points
Que penser des cinq heures de l’audition inédite des quatre PDG de Google, Amazon, Facebook et Apple (GAFA), ce mercredi 29 juillet ? A chaud, Barry Lynn, grand pourfendeur du pouvoir des GAFA, ne cache pas sa satisfaction : « C’est un jour à marquer d’une pierre blanche. Cela a dépassé nos attentes. Les parlementaires ont réussi à amener de nouveaux documents pour soumettre les dirigeants à des questions inconfortables », se réjouit le fondateur d’Open Markets, un think tank qui milite activement pour le « démantèlement » des géants du numérique.

L’activiste n’aurait pas renié la conclusion assénée par David Cicilline, le président de la séance au sous-comité antitrust de la Chambre des représentants des Etats-Unis : « Ces entreprises ont des pouvoirs de monopole. Cela doit cesser. Certaines doivent être démantelées, toutes doivent être régulées correctement », a lancé le démocrate, après avoir comparé Sundar Pichai (Google), Jeff Bezos (Amazon), Mark Zuckerberg (Facebook) et Tim Cook (Apple) aux magnats du pétrole et de l’acier John Rockefeller et Andrew Carnegie.
Ces entreprises ont trop de pouvoir c'est donc un problème (et pas que pour le gouvernement US).
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