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La plus grande fédération syndicale américaine exige que Mark Zuckerberg s'excuse pour une fonction de Workplace
Qui permettrait aux employeurs de censurer les mots comme "syndiquer" dans les chats

Le , par Stan Adkens

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Depuis le début de la pandémie covid-19, Facebook a rapidement développé son produit Workplace pour gagner les bureaux qui travaillent à distance, alors que les entreprises font des efforts pour respecter les mesures de distanciation sociales imposées par les gouvernements. L’un des changements pourrait fournir aux employeurs les moyens de limiter les efforts de syndicalisation sur la plateforme de communication d’entreprise, selon The Intercept. Mais cette fonctionnalité ne verra pas le jour. L’AFL-CIO exige des excuses de la part de Mark Zuckerberg et demande que Facebook retire immédiatement cet outil.

Workplace est le produit de communication de bureau développé par Facebook et destiné à concurrencer Slack et Microsoft Teams. L’application permet aux employés de voir un flux de contenu similaire à un fil d'actualité, avec des sujets courants générés automatiquement en fonction de ce que les gens publient. L’une des fonctionnalités que le géant de la technologie a ajoutées dernièrement permettrait aux employeurs de supprimer et de bloquer certains sujets de tendance parmi les employés, notamment les discussions sur la syndicalisation.


Lors d'une présentation interne de Facebook sur le produit Workplace mercredi dernier, Facebook a présenté une nouvelle fonctionnalité pour le produit qui permet aux employeurs d'exercer un « contrôle de contenu » sur certains sujets sur lesquels les employés discutent, a rapporté The Intercept dans une publication du vendredi. La présentation comprenait le mot "syndiquer" comme exemple d'un terme que les employeurs pourraient vouloir supprimer.

Mais l'idée de Facebook de vouloir mettre au point des outils destinés à supprimer les organisations syndicales n’a pas été bien accueillie par les employés de l'entreprise. Selon The Intercept, ces derniers ont déclenché une vague de messages dénonçant cette fonctionnalité, plusieurs d'entre eux déclarant qu'ils ne croyaient pas que l'entreprise allait ouvertement présenter la "syndicalisation" comme un sujet à mettre sur la liste noire. Facebook a dû retirer la présentation de l'entreprise dès le lendemain.

Toutefois, le jeudi après-midi, après la suppression de la présentation, Karandeep Anand, chef de produit pour Facebook Workplace, s’est excusé devant le conseil d’administration pour l'exemple de la "syndicalisation" utilisé lors de la présentation. Il a également noté que « la censure des utilisateurs n'est pas le but de cette fonctionnalité et que l'ambition de Workplace est de donner la parole à chacun, tout en maintenant un environnement de travail respectueux ». Il a ajouté que la « surveillance » était probablement « le manque de contexte par rapport à la mauvaise intention de quiconque dans l'équipe ».

Un employé de Facebook qui a parlé avec The Intercept sous le couvert de l'anonymat a déclaré qu'il voyait la fonction de liste noire, avec un cas d'utilisation suggéré autour de la syndicalisation, comme un effort clair pour donner aux employeurs la possibilité d'exercer un contrôle sur les employés. Selon The Intercept, Workplace est actuellement utilisé par de grands employeurs tels que Walmart, qui est connu pour ses efforts actifs pour supprimer les organisations syndicales. L'application est également utilisée par le gouvernement de Singapour, Discovery Communications, Starbucks et Campbell Soup Corporation, selon The Intersep.

Mark Zuckerberg doit s'excuser personnellement auprès des travailleurs et retirer immédiatement la fonctionnalité

L’idée de la nouvelle fonctionnalité n’a pas plu à l'AFL-CIO, la plus grande fédération syndicale des États-Unis qui représente plus de 12,5 millions de travailleurs syndiqués. Deux jours après la présentation interne de Facebook, Richard Trumka, le président de fédération a exigé, dans une déclaration, des excuses personnelles du PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, après qu'il ait été révélé que l'entreprise travaillait sur une fonctionnalité qui pourrait limiter les campagnes syndicales.

« Il est illégal pour les employeurs de censurer le discours de leurs employés sur la syndicalisation », a déclaré le président Richard Trumka dans une déclaration le vendredi. « Facebook se présente sans relâche comme un champion de la liberté d'expression, et pourtant, il se présente ici comme un moyen pour les entreprises de supprimer le discours de leurs employés », a-t-il ajouté. « L'AFL-CIO exige que Mark Zuckerberg s'excuse personnellement auprès des travailleurs, retire immédiatement cet outil et mène une enquête au niveau du conseil d'administration sur la façon dont ce produit a vu le jour ».


Un porte-parole de Facebook a déclaré à Business Insider que l'entreprise avait gelé la production de son outil potentiellement antisyndical. « Bien que ce genre d'outils de modération de contenu soit utile pour les entreprises, cet exemple a été mal choisi et n'aurait jamais dû être utilisé », a déclaré le porte-parole. « La fonction n'en était qu'à ses débuts et nous avons retiré tous les plans de déploiement pendant que nous réfléchissons aux prochaines étapes ».

Le fait que Facebook présente Workplace comme un outil intégré de suppression des syndicats survient à un moment où de plus en plus d'Américains utilisent probablement Facebook pour s'organiser. Selon un récent mémo aux employeurs, rapporté pour la première fois par The Intercept, un lobbyiste antisyndical a averti que la pandémie de coronavirus a suscité un soutien généralisé aux syndicats, et que les outils de réseautage en ligne sont devenus un puissant vecteur pour organiser des campagnes.

M.Trumka a aussi dit dans sa déclaration : « Face à la montée de l'action collective contre l'injustice raciale et économique, ce nouvel outil de Facebook n'est peut-être pas surprenant, mais il est aussi totalement inacceptable et illégal ».

Selon The Intercept, un certain nombre d'employés de Facebook a organisé, au début de ce mois, une protestation en ligne contre la décision de l'entreprise de ne pas signaler un message incendiaire du président Donald Trump, dans lequel ce dernier semblait approuver les tirs en réponse aux pillages et aux protestations généralisés. Twitter avait mis en garde sur le tweet du président concernant le même message. Le site de microblogage a placé un avis d'intérêt public sur le tweet du président Trump pour avoir enfreint les règles de la plateforme concernant la "glorification de la violence". Mais cela n’a pas empêché Facebook de présenter ce nouvel outil antisyndical.

La fédération demande également que Facebook adopte « les normes mondiales en matière de droits du travail pour l'ensemble de ses 48 000 travailleurs et pour ses sous-traitants qui en emploient des dizaines de milliers d'autres. Cela doit commencer par un engagement à être neutre par rapport aux efforts d'organisation de ses employés et de ses contractuels et à reconnaître leurs syndicats lorsqu'ils peuvent montrer qu'une majorité de leurs collègues ont signé des cartes syndicales ».

L'AFL-CIO attend que Facebook lui produise un rapport complet à ce sujet et que Mark Zuckerberg affirme son soutien sans équivoque au droit d'organisation ainsi qu’au droit à la liberté d'expression de tous les travailleurs. Un commentateur a raconté une expérience similaire en donnant son avis sur le sujet :

« Une entreprise est venue présenter son logiciel de filtrage du Web à notre DSI et à l'équipe. L'un des points sur lesquels elle insistait était la possibilité de mettre en place des alertes pour des choses comme la recherche d'emploi ou les syndicats. Cela nous a laissé un goût très amer dans la bouche. Nous n'avons pas ce type de culture sur notre lieu de travail et il était très facile de ne pas être intéressé quand ils avaient terminé ». « Mais... je parie que c'est un gros vendeur chez les géants de Fortune 100 et c'est pourquoi c'est un point central de leur présentation », a-t-il ajouté. Et vous, que pensez-vous de cette nouvelle fonctionnalité de Facebook Workplace ?

Sources : AFL-CIO, The Intercept

Et vous ?

Que pensez-vous de la fonctionnalité pour limiter les efforts de syndicalisation sur la plateforme ?
Avez-vous déjà eu affaire à une fonctionnalité similaire sur votre plateforme de travail ? Racontez votre expérience ?
Pensez-vous que l’appel d’ AFL-CIO sera entendu et que l’outil sera définitivement retiré ?

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Avatar de Neckara
Inactif https://www.developpez.com
Le 15/06/2020 à 11:53
Bah, suffit de rétorquer que ce mot est raciste, et que donc ils l'ont censuré. Et puis ceux qui se plaignent, c'est des racistes donc faut les virer parce que l'entreprise ne tolère pas les racistes dans ses rangs.

Parce que "syndicat", ça me fait penser au Gregson slave-trading syndicate.

Conclusion, tous les syndicats sont racistes et devraient être censurés et démantelés.
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