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L'Australie engage des poursuites contre Facebook suite au scandale Cambridge Analytica,
L'amende pourrait s'élever à 529 milliards de dollars

Le , par Christian Olivier

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Par l’intermédiaire d’Angelene Falk, la Commissaire australienne à l’information et à la protection de la vie privée, le gendarme australien de la vie privée (OAIC pour Office of the Australian Information Commissioner) a engagé une procédure judiciaire à l’encontre de Facebook devant la Cour fédérale nationale, alléguant que le géant américain des réseaux sociaux a partagé les données personnelles de plus de 300 ;000 citoyens australiens avec le consultant politique Cambridge Analytica à l’insu de ces derniers.


Angelene Falk soutient que les données personnelles des utilisateurs australiens de Facebook ont été communiquées à l’application « ;This is Your Digital Life ;» dans un but autre que celui pour lequel les données avaient été collectées, en violation de la loi sur la protection de la vie privée de 1988. Par la suite, ces données ont été exposées au risque d’être divulguées à Cambridge Analytica et utilisées à des fins de profilage politique, ainsi qu’à d’autres tiers.

Elle a d’ailleurs effectué plusieurs déclarations dans ce sens :

« ;Toutes les entités opérant en Australie doivent être transparentes et responsables dans la manière dont elles traitent les informations personnelles, conformément à leurs obligations en vertu de la loi australienne sur la protection de la vie privée ;».

« ;Nous considérons que la conception de la plateforme Facebook fait que les utilisateurs n’étaient pas en mesure d’exercer un choix et un contrôle raisonnables sur la manière dont leurs informations personnelles étaient communiquées ;».

« ;Les paramètres par défaut de Facebook ont facilité la divulgation d’informations personnelles, y compris d’informations sensibles, au détriment de la vie privée ;».

« ;Nous affirmons que ces actions ont laissé les données personnelles d’environ 311 ;127 utilisateurs australiens de Facebook exposées à la vente et à un usage à des fins incluant le profilage politique, bien au-delà des attentes des utilisateurs ;».

La plainte déposée devant la Cour fédérale de l’Australie souligne que, de mars 2014 à mai 2015, la firme de Menlo Park a divulgué les données personnelles des utilisateurs australiens de Facebook à This Is Your Digital Life, en violation de l’Australian Privacy Principle n°6. La plupart de ces utilisateurs n’ont pas installé l’application eux-mêmes, et leurs données personnelles ont été divulguées par l’intermédiaire d’une application tierce utilisée par leurs amis. Il est également reproché à Facebook de n’avoir pas pris de mesures raisonnables au cours de cette période afin de protéger les données personnelles de ses utilisateurs australiens contre une divulgation non autorisée, ce qui constitue une violation de l’Australian Privacy Principle n°11.

L'OAIC considère qu’il s’agit de manquements systémiques aux lois australiennes sur la protection de la vie privée de la part de l’une des plus grandes entreprises technologiques du monde. La Cour fédérale australienne peut imposer une sanction civile allant jusqu’à 1 ;700 ;000 dollars pour chaque ingérence grave et/ou répétée dans la vie privée. Sachant que 311 074 utilisateurs locaux de Facebook sont concernés sur les 86 millions de profils divulgués dans le cadre du scandale Cambridge Analytica, l’amende infligée à la société de Mark Zuckerberg pourrait au final s’élever à 529 milliards de dollars. En juillet dernier, Facebook a été condamné à une amende record de 5 milliards de dollars par la FTC (Federal Trade Commission) aux États-Unis après une enquête.

Sources : OAIC, plainte (PDF)

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
La France devrait-elle entreprendre des actions similaires pour recadrer Facebook ?

Voir aussi

Mark Zuckerberg s'est enrichi d'un milliard de dollars à la suite de l'annonce de l'amende de 5 Md$ pour le scandale Cambridge Analytica
Cambridge Analytica : un an après l'avoir contestée, Facebook accepte enfin de payer l'amende de 500 000 £ au Royaume-Uni, mais ne s'estime pas coupable pour autant
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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 27/04/2020 à 19:27
Cambridge Analytica : un juge valide l'amende record de 5 milliards de dollars imposée à Facebook par la FTC,
le réseau social assure que l'accord a été un catalyseur pour changer sa culture d'entreprise

En juillet 2019, la Commission fédérale du commerce a annoncé la signature d'un accord avec Facebook de 5 milliards de dollars sur des allégations relatives à la protection de la vie privée des utilisateurs. Dans l’arrêté de la FTC, la commission note qu’à plusieurs reprises Facebook a « subverti les choix des utilisateurs en matière de confidentialité pour servir ses propres intérêts commerciaux ». Les actions de la société ont violé un règlement antérieur exigeant que Facebook respecte certaines directives de confidentialité.

Trois membres sur les cinq de la commission se sont prononcés en faveur de ce règlement. Les démocrates Rebecca Kelly Slaughter et Rohit Chopra, les membres qui ont voté contre l’adoption de ce règlement, ont déclaré que celui-ci n’allait pas assez loin, laissant ainsi à Facebook une marge de manœuvre suffisante pour faire face à des méfaits à l’avenir. « Tant que nous n'aborderons pas les principales incitations financières de Facebook pour mettre en péril notre vie privée et notre sécurité nationale, nous ne pourrons pas empêcher ces problèmes de se reproduire », a déclaré Chopra.

L'autre commissaire démocrate, Rebecca Slaughter, a déclaré que la FTC aurait dû poursuivre en justice Facebook et Zuckerberg. Elle a également critiqué la décision de la FTC d’accorder à Facebook et à ses dirigeants une décharge de responsabilité pour toute réclamation selon laquelle elle aurait violé le règlement antérieur de la FTC. Slaughter a estimé que la FTC n’avait « pas imposé de restrictions substantielles à la collecte et à l’utilisation par Facebook de données provenant d’utilisateurs ou concernant leurs utilisateurs ».

L'enquête de la FTC qui a abouti au règlement de 5 milliards de dollars a mis au jour un large éventail de problèmes de confidentialité. Elle a été déclenchée un an auparavant par des allégations selon lesquelles Facebook aurait violé un décret de 2012 en partageant de manière inappropriée des informations appartenant à 87 millions d'utilisateurs avec le cabinet britannique de conseil politique aujourd'hui disparu Cambridge Analytica. Parmi les clients du cabinet de conseil figurait la campagne électorale de 2016 du président Donald Trump.


Les trois commissaires républicains de la FTC, qui se sont prononcés en faveur de ce règlement, l’ont qualifié le règlement de « coup de circuit complet » qui dépassait toute décision judiciaire (au baseball, un coup de circuit, circuit, ou home run en anglais, est un coup sûr qui permet au frappeur de passer par toutes les bases d'une seule frappe, sans erreur de la défensive adverse). Les deux commissaires démocrates ont déclaré que cela n'allait pas assez loin ou ne nécessitait pas une amende suffisante. Le règlement nécessite l'approbation du tribunal.

Le président républicain de la FTC, Joe Simons, a souligné l’autorité limitée de la FTC et son désir d’éviter une longue bataille devant les tribunaux.

« Aurait-il été agréable d’obtenir plus, d’obtenir 10 milliards de dollars, au lieu de 5 milliards de dollars par exemple, pour imposer de plus grandes restrictions sur la manière dont Facebook collecte les utilisations et partage des données ? » a-t-il demandé lors d’une conférence de presse. « Nous n'avions pas ces options. Nous ne pouvons pas imposer de telles choses par notre propre décret ».

Le commissaire démocrate à la FTC, Rohit Chopra, s’est plaint du fait que la sanction prévoyait une « immunité générale » pour les dirigeants de Facebook, « ne restreignait pas réellement le modèle commercial de Facebook », « ne réglait pas les problèmes fondamentaux qui avaient conduit à ces violations » et ne limitait pas la capacité de Facebook à collecter des données.

L'amende validée par un juge

Ce n'est que ce jeudi 23 avril que l'amende a été validée par un juge. C’est une décision « historique », a estimé vendredi le président de l'agence américaine de protection des consommateurs, Joe Simons, en soulignant que la FTC n’avait jamais infligé une amende aussi importante.

En plus de l’amende, la FTC avait imposé à l’entreprise de la Silicon Valley de mettre en place un comité indépendant sur la protection de la vie privée qui enlèvera « le contrôle absolu du PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, sur les décisions affectant la confidentialité des utilisateurs ». Le réseau social avait aussi dû s’engager à ajouter des fonctionnalités permettant aux utilisateurs de mieux contrôler leur vie privée à tous les niveaux de la plateforme, et à fournir des rapports réguliers sur les risques, les problèmes et les solutions mises en place pour assurer la confidentialité des informations.


Si Facebook avait déjà confirmé son intention de payer les 5 milliards de dollars, la Securities and Exchange Commission (SEC) a déclaré que Facebook avait accepté de verser 100 millions de dollars supplémentaires pour régler les accusations selon lesquelles elle induirait les investisseurs en erreur quant à la gravité de son utilisation abusive des données des utilisateurs.

Mais plusieurs législateurs ont critiqué le règlement. Le sénateur Richard Blumenthal, du Connecticut, l’a qualifiée de « feuille de vigne » qui n’apporte « aucune responsabilité pour les hauts dirigeants » (la feuille de vigne est un voile de pudeur que l'on appose à une chose considérée comme choquante ou embarrassante ; on parlait à l'origine d'une feuille de figuier, en référence à celle utilisée par Adam et Eve pour cacher leur nudité).

« En optant pour une sanction pécuniaire, la FTC prouve qu’elle n’a pas retenu les leçons de l’histoire. Facebook a déjà inscrit cette pénalité en tant que coût ponctuel en contrepartie des bénéfices extraordinaires générés par une décennie d'utilisation abusive des données », a déclaré Blumenthal, un démocrate.

Le sénateur républicain Josh Hawley du Missouri a également critiqué l’accord, affirmant « qu’il ne fait rien pour obliger les dirigeants à rendre des comptes. Il échoue totalement à pénaliser Facebook de manière efficace ».

Pourtant, la majorité républicaine de la FTC a déclaré que le règlement « réduit considérablement le pouvoir de Mark Zuckerberg - une chose qu'aucune agence gouvernementale, nulle part dans le monde, n'a encore accomplie ».

La réaction de Facebook

Michel Protti, Chief Privacy Officer, Product chez Facebook, a déclaré :

« Cet accord a déjà apporté des changements fondamentaux à notre entreprise et fait progresser la façon dont nous protégeons la vie privée des gens au-delà de tout ce que nous avons fait auparavant. Cela a changé notre façon de travailler, la façon dont nous créons de nouveaux produits et technologies et la façon dont nous gérons les informations des gens. Surtout, il apporte un nouveau niveau de responsabilité et garantit que la confidentialité est la responsabilité de tous sur Facebook.

« Avec cet accord maintenant en place, les dirigeants de l'entreprise, y compris notre PDG, certifieront désormais notre conformité trimestrielle et annuelle à la FTC. Nous créons également un nouveau comité de confidentialité au sein de notre conseil d'administration qui sera composé uniquement d'administrateurs indépendants, et nous travaillerons avec un tiers évaluateur indépendant qui fera régulièrement et directement rapport au comité de confidentialité sur la conformité de notre programme de confidentialité. .

« Bien que nous ayons plus à faire, nous avons déjà fait des progrès significatifs en matière d'amélioration de la confidentialité dans toute l'entreprise. Nous avons mis à jour notre outil de vérification de la confidentialité pour guider les utilisateurs dans certains de leurs choix de confidentialité les plus importants sur Facebook, et nous avons rappelé aux utilisateurs du monde entier de revoir leurs paramètres de confidentialité. Nous avons terminé le déploiement de notre outil d'activité hors Facebook, afin que les gens puissent voir un résumé des informations que les entreprises partagent avec nous et les effacer de leur compte s'ils le souhaitent. Nous avons également commencé à publier des détails sur notre approche en matière de confidentialité et les protections que nous avons intégrées à nos produits dans une série appelée Privacy Matters. Par exemple, voici notre publication Privacy Matters sur Facebook Pay.


« Notre travail de confidentialité n'est jamais terminé, et nous comprenons que cet engagement signifie se concentrer sur cela tous les jours.

« Nous avons créé des dizaines d'équipes, techniques et non techniques, qui se concentrent uniquement sur la confidentialité. Nous regardons maintenant de manière plus critique l'utilisation des données dans toutes nos opérations. Cela signifie que nous analysons la façon dont les données sont collectées, utilisées et stockées, à partir du moment où les gens partagent de nouvelles données avec nous, jusqu'au moment où ces données sont supprimées. Nous nous assurons qu'elles sont utilisées correctement grâce à un processus d'évaluation des risques; un audit complet de la façon dont nous utilisons les données dans l'ensemble de l'entreprise - évaluation des risques et mise en place de garanties pour y faire face. Nous comptons actuellement des milliers de personnes travaillant sur ces projets liés à la confidentialité et nous en recrutons beaucoup plus.

« Cet accord a été un catalyseur pour changer la culture de notre entreprise. Nous avons modifié le processus par lequel nous intégrons chaque nouvel employé de Facebook pour nous assurer qu'il pense à son rôle à travers une optique de confidentialité, conçoit en tenant compte de la confidentialité depuis le début et travaille de manière proactive pour identifier les risques potentiels de confidentialité afin que les atténuations puissent être mises en œuvre . Tous les nouveaux employés et les employés existants doivent suivre une formation annuelle sur la confidentialité ».

Source : FTC, Facebook

Et vous ?

Quelle est votre analyse de la situation ?
Un accord qui est réellement un catalyseur pour que Facebook améliore la confidentialité de ses utilisateurs ?
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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 25/09/2020 à 17:33
Le service britannique d'insolvabilité interdit à l'ancien PDG de Cambridge Analytica Alexander Nix
d'exercer les fonctions de directeur d'entreprise pendant sept ans pour comportement « potentiellement contraire à l'éthique »

C’est en mars 2018 que le scandale a fait la une de la presse : le quotidien américain New York Times et britannique The Guardian ont publié des informations relatives à une campagne de manipulation orchestrée par l’entreprise Cambridge Analytica, une société spécialisée dans l’analyse de données (data mining). La source, un lanceur d’alerte canadien répondant au nom de Christopher Wylie, a été employé au sein de cette entreprise qui était à ce moment-là suspectée d’avoir exploité les données de 50 millions d’utilisateurs de Facebook à leur insu.

C’était le début d’une série de scandales qui ont éclaboussé Facebook. Le public a par exemple appris que la société Cambridge Analytica s’est servi des données personnelles d’utilisateur Facebook afin de faire du profilage sur 87 millions de personnes pour influencer le vote à la présidentielle américaine en faveur de Trump mais aussi des millions d’autres personnes pour inciter des Britanniques à voter « Oui » pour le Brexit.

Le PDG de Cambridge Analytica suspendu après un reportage en caméra cachée

D’ailleurs, dans une série de réunions filmées en caméra cachée, qui ont été diffusées sur Channel 4 News, Alexander Nix, qui était le patron de Cambridge Analytica, a confirmé le rôle joué par la société dans l’élection de Donald Trump aux États-Unis.

Ces réunions ont été filmées dans des hôtels londoniens pendant quatre mois, entre novembre 2017 et janvier 2018, par un journaliste infiltré de Channel 4 News qui s'est fait passer pour un client aisé cherchant à faire élire des candidats au Sri Lanka. En dehors d’Alexander Nix, elles ont impliqué Mark Turnbull, Managing Director Political Global pour le compte de Cambridge Analytica, et le Dr Alex Tayler, data scientist en chef de l'entreprise.

Dans une troisième partie, les cadres supérieurs de Cambridge Analytica ont parlé de :
  • l'ampleur de leur travail pivot dans la victoire électorale de Trump ;
  • comment ils évitent les enquêtes du Congrès sur leurs clients étrangers ;
  • la configuration d'organisations proxy pour diffuser des messages introuvables sur les médias sociaux ;
  • l’utilisation d'un système de messagerie secret où les messages s'autodétruisent et ne laissent aucune trace ;
  • la participation de Cambridge Analytica à la campagne d'attaques « Defeat Crooked Hilary ».

La société a affirmé que son travail avec les données et la recherche ont permis à Trump de gagner avec une marge étroite de « 40 000 voix » dans trois États assurant la victoire dans le système des collèges électoraux, malgré la perte du vote populaire de plus de 3 millions de voix.


Suite à la publication de la série de vidéos, le comité de direction de Cambridge Analytica a annoncé la suspension de son patron Alexander Nix « dans l’attente d’une enquête complète et indépendante ». Par ailleurs, l’entreprise a précisé que « De l'avis de la Commission, les récents commentaires de Nix, secrètement enregistrés par Channel 4 et d'autres allégations, ne représentent pas les valeurs ou les opérations de l'entreprise et sa suspension reflète le sérieux avec lequel nous considérons cette violation. »

Adieu Cambridge Analytica ! Bonjour à Emerdata Limited

Plus tard, en 2018 Cambridge Analytica a déclaré dans un communiqué qu’elle a déposé des demandes d'ouverture de procédures d'insolvabilité au Royaume-Uni. La Société a également annoncé qu’elle mettait immédiatement fin à toutes ses activités : « Au cours des derniers mois, Cambridge Analytica a fait l'objet de nombreuses accusations infondées et, malgré les efforts de la Société pour corriger le dossier, a été vilipendée pour des activités non seulement légales, mais largement acceptées comme une composante standard de la publicité en ligne dans les domaines politique et commercial » , a regretté l’entreprise.

Cambridge Analytica s’est donc mis en liquidation dans un contexte où elle était sous le coup d’enquêtes au Royaume-Uni (Brexit), aux États-Unis (campagne présidentielle de Trump), en Australie et également en Israël (utilisations frauduleuses de données personnelles).

Pourtant, même si Cambridge Analytica a déclaré cesser ses activités aux États-Unis et au Royaume-Uni, les têtes pensantes du groupe ont tenté de s’organiser pour reprendre ses activités sous une bannière différente.

En mai 2018, Companies House, le registraire officiel des entreprises et des organismes du Royaume-Uni, a répertorié une société active appelée Emerdata Limited, dont le siège social est situé dans les mêmes bureaux que SCL (la société mère de Cambridge Analytica) et gérée par la même direction que Cambridge Analytica. Même si à ce moment son champ d’action n'était pas décrit avec exactitude, elle était présentée comme étant une organisation de « traitement de données, d'hébergement et d'activités connexes ».

Les documents ont montré qu’Alexander Nix, l’ancien patron de Cambridge Analytica, a été démis de ses fonctions de directeur d’Emerdata le 28 mars 2018, soit une semaine après avoir été suspendu chez Cambridge Analytica et deux mois après avoir été nommé directeur d’Emerdata.

Dans le cadre de cette affaire, Facebook a accepté de payer une amende record de 5 milliards de dollars (3,9 milliards de livres sterling) aux États-Unis, ainsi qu'une amende de 500 000 livres - la plus élevée possible - au bureau du commissaire britannique à l'information.


La décision du service d'insolvabilité quant à Alexander Nix

Alexander Nix s'est vu interdire d'exercer les fonctions de directeur d'entreprise pendant sept ans pour comportement « potentiellement contraire à l'éthique » lié à sa position au centre de ce scandale mondial.

Le service d'insolvabilité a déclaré que Nix avait permis aux entreprises d'offrir des services potentiellement contraires à l'éthique, y compris « des pots-de-vin, des campagnes de désengagement des électeurs, l'obtention d'informations pour discréditer les opposants politiques et la diffusion anonyme d'informations dans des campagnes politiques ».

Alexander Nix n'a pas contesté le fait qu'il avait poussé ou permis à SCL Elections Ltd ou à des sociétés associées de se commercialiser comme offrant des services potentiellement contraires à l'éthique à des clients potentiels, un comportement « démontrant un manque de probité commerciale » selon le service d’insolvabilité. Aussi, le service a déclaré « qu'à compter du 5 octobre 2020, Alexander Nix a interdiction sur une durée de sept ans d'agir en tant qu'administrateur ou de s'impliquer directement ou indirectement, sans l'autorisation du tribunal, dans la promotion, la formation ou la gestion d'une société ».

« À la suite d'une enquête approfondie, nos conclusions étaient claires que SCL Elections avait offert à plusieurs reprises des services politiques louches à des clients potentiels pendant un certain nombre d'années », a déclaré l'enquêteur en chef du service d'insolvabilité, Mark Bruce.

« Les dirigeants d'entreprise doivent agir avec une probité commerciale et cela signifie agir honnêtement et correctement. Les actions d'Alexander Nix ne répondaient pas à la norme appropriée pour un directeur de société et sa disqualification de la gestion de sociétés à responsabilité limitée pendant une durée significative est justifiée dans l'intérêt public ».

Source : Service britannique d'insolvabilité

Et vous ?

Que pensez-vous de cette décision ? Privé pendant sept ans d'exercer à la tête d'une société suite au Scandale Cambridge Analytica est-ce suffisant, trop, ou pas assez selon vous ?
La décision étant prise en Angleterre, cela signifie-t-il qu'il peut être PDG dans une société hors des frontières britanniques ?
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Avatar de DelphiManiac
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 10/03/2020 à 10:51
L'amende pourrait s'élever à 529 milliards de dollars
Est-on sûr que c'est bien milliards et non millions ? Cela paraît quelque peu énorme. Ça fait tout de même plus d'un million de dollar par personne lésé (300 000)

[Edit]Rien dit, c'est noté dans le PDF, 1 700 000€ par infraction constatée.
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Avatar de Sikarii
Membre du Club https://www.developpez.com
Le 10/03/2020 à 9:21
Bien évidemment dans leur grande démarche pleine d'altruisme pour la défense des opprimés, ils reverseront une partie des gains du procès aux gens lésés? ça ils en parlent pas trop
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Avatar de eldran64
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 10/03/2020 à 10:59
Citation Envoyé par DelphiManiac Voir le message
Est-on sûr que c'est bien milliards et non millions ? Cela paraît quelque peu énorme. Ça fait tout de même plus d'un million de dollar par personne lésé (300 000)
Bof... ça fait juste 1.7M$ par personne...
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Avatar de Saverok
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 10/03/2020 à 11:05
528 milliards $ est un théroique max qui ne sera jamais atteind

Le scandale Cambridge Analytica a concerné 86 millions de comptes dont une très large majorité de comptes américains (plus de 70 millions) et la FTC Américaine a condamné Facebook à 5 milliards $ d'amende

L'Australie, avec 225x moins de comptes concernés que les USA n'iront pas au delà de ce qu'a fait la FTC (à moins de rentrer dans une guerre commerciale avec son premier partenaire mondial)
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Avatar de tanaka59
Membre expert https://www.developpez.com
Le 10/03/2020 à 13:09
Bonjour,

Citation Envoyé par Saverok Voir le message
528 milliards $ est un théroique max qui ne sera jamais atteind

Le scandale Cambridge Analytica a concerné 86 millions de comptes dont une très large majorité de comptes américains (plus de 70 millions) et la FTC Américaine a condamné Facebook à 5 milliards $ d'amende

L'Australie, avec 225x moins de comptes concernés que les USA n'iront pas au delà de ce qu'a fait la FTC (à moins de rentrer dans une guerre commerciale avec son premier partenaire mondial)
Théorique oui. Même minoré l'amende pourra atteindre le milliard ! Et j’espère bien que cela va faire mal, histoire d'avoir une jurisprudence. Pour en calmer plus d'un !

Qu’en pensez-vous ?
Il y a eu ingérence, négligence ... le tout en toute connaissance de cause par Facebook et ces prestataires. C'est donc normal qu'ils soient condamné. A trop jouer à la roulette russe on se fait prendre à un moment.

La France devrait-elle entreprendre des actions similaires pour recadrer Facebook ?
Tout à fait et d'ailleurs, je me demande bien pourquoi cela n'a pas déjà été fait ? A moins que la CNIL prépare un procés "surprise" ?
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Avatar de tanaka59
Membre expert https://www.developpez.com
Le 04/10/2020 à 17:16
Bonjour,

Que pensez-vous de cette décision ?
Être éjecté de la fonction de PDG d'une entreprise en UK c'est bien par rapport à ce qui a été commis. De plusieurs pays anglophones se serait mieux aussi. Si Biden passe , je ne serais pas étonné qu'un procès lui soit collé aux fesses ...

Privé pendant sept ans d'exercer à la tête d'une société suite au Scandale Cambridge Analytica est-ce suffisant, trop, ou pas assez selon vous ?
C'est nettement insuffisant . A quand une interdiction d’exercer aux USA ? A pardon ... me dit on dans l'oreillette que l'oncle SAM laisse certains selon des affinités ... Même quand il y a trempette dans de la magouille.

La décision étant prise en Angleterre, cela signifie-t-il qu'il peut être PDG dans une société hors des frontières britanniques ?
Oui il y a toujours possibilité de truander ... Quitte à passer par une Holding et via des montages financiers ... La on aura beau essayer de le coincer , créer et killer une entreprise est un jeu d'enfant au Royaumes Unis ... La justice arrivera a chaque fois trop tard pour tenter de mettre une interdiction et sanctionner.
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