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Le Sénat approuve à l'unanimité le projet de loi visant à interdire l'achat de matériel Huawei avec des fonds fédéraux,
Et crée un fonds d'un milliard $ pour aider à remplacer le matériel existant

Le , par Stan Adkens

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Plusieurs fournisseurs de télécommunications en milieu rural aux Etats-Unis utilisent toujours des équipements de Huawei / ZTE sur leurs réseaux, alors que ces entreprises sont considérées comme une menace pour la sécurité nationale par les autorités américaines. Mais cette situation ne devrait plus durer. Jeudi, le Sénat américain a approuvé à l'unanimité une loi visant à créer un fonds d'un milliard de dollars qui aidera les petits fournisseurs de télécommunications à retirer et à remplacer les équipements de réseau Huawei et ZTE. Le projet de loi interdit également aux opérateurs de télécommunications d'utiliser les fonds de la Commission fédérale des communications pour acheter des équipements Huawei ou ZTE, a rapporté le site Web The Hill.

La nouvelle loi bipartite baptisée "Secure and Trusted Communications Networks Act " avait été approuvée par vote par acclamation à la Chambre en décembre. Elle ne mentionne pas le nom de Huawei ou de ZTE mais stipule que la FCC doit produire une liste des fournisseurs d'équipements « présentant des risques pour la sécurité nationale » et interdit aux fournisseurs d'accès à Internet et aux compagnies de téléphone d'utiliser les fonds de la FCC pour acheter, louer, donner en crédit-bail ou entretenir les équipements et les services de ces compagnies, d’après The Hill.


La FCC avait déjà pris des mesures contre l’une des sociétés en novembre dernier, lorsqu'elle a désigné Huawei comme une menace pour la sécurité nationale et a interdit aux groupes de télécommunications d'utiliser les fonds de la FCC pour acheter des équipements à Huawei. En décembre, Huawei s’est retourné contre la FCC et l’a poursuivie en justice pour tenter de mettre fin à l'interdiction, mais un juge du tribunal de district américain a statué en faveur de la FCC.

Le fonds d’aide pour "retirer définitivement", "remplacer" et "éliminer" les équipements Huawei ou ZTE de tous les réseaux peut être utilisé pour acheter, louer ou donner en crédit-bail des équipements et des services de remplacement. Le projet de loi tente d'empêcher l'utilisation abusive des fonds en exigeant des fournisseurs d’accès à Internet qu'ils fournissent une "comptabilité détaillée" de la manière dont ils dépensent le fonds. Les membres démocrates et républicains de la Commission du commerce de la Chambre des représentants ont salué l'action du Sénat, en déclarant :

« Dans le monde interconnecté d'aujourd'hui, l'avenir du sans-fil en Amérique dépend de la mise en place de réseaux qui soient à l'abri des interférences étrangères malveillantes », ont-ils déclaré dans une déclaration commune, jeudi. « L'existence de la technologie de Huawei dans nos réseaux représente une menace immense pour la sécurité nationale et économique de l'Amérique ». « Nous remercions nos collègues du Sénat d'avoir fait passer cette importante mesure bipartite à la ligne d'arrivée et nous attendons avec impatience que le président la signe pour en faire une loi », ont ajouté les responsables de la Chambre.

Le président de la commission du commerce du Sénat, Roger Wicker, dont le panel a compétence sur le projet de loi, a salué également son adoption : « Les équipements de télécommunications de certains adversaires étrangers constituent une menace importante pour notre sécurité nationale, notre prospérité économique et l'avenir du leadership américain en matière de technologie sans fil avancée », a déclaré M. Wicker dans un communiqué. « En établissant un programme "rip and replace", cette loi fournira des garanties significatives pour nos réseaux de communication et des connexions plus sûres pour les Américains », a-t-il ajouté.

Roger Wicker, président de la Commission du commerce du Sénat


La nouvelle législation, si elle est promulguée par le président Trump, aura un effet majeur sur les fournisseurs de télécommunications en milieu rural. La Rural Wireless Association, un groupe commercial qui représente les petits fournisseurs d'accès Internet, a estimé dans une déclaration de 2018 à la FCC qu'environ 25 % de ses entreprises membres utilisent des équipements provenant soit de Huawei, soit du groupe chinois ZTE, a rapporté The Hill.

La nouvelle législation est considérablement sous-financée et pourrait mettre en danger certains des fournisseurs de télécommunications en milieu rural

Le projet de loi demande à la FCC de créer un fonds de remboursement d'un milliard de dollars pour les fournisseurs d’accès qui ont 2 millions de clients ou moins. La Rural Wireless Association a déclaré jeudi que « L'adoption de cette législation arrive à un moment critique ». Avant d’ajouter que « Sans ce financement crucial, les opérateurs ruraux manqueraient de moyens financiers pour effectuer un remplacement rapide des équipements interdits ».

Dans une déclaration adressée à The Hill jeudi, un porte-parole de Huawei a fait part de ses préoccupations concernant l'impact de la législation sur les fournisseurs de télécommunications qui utilisent les équipements de la société :

« Malheureusement, la législation qui vient d'être adoptée est considérablement sous-financée, prendrait plus de temps que prévu et pourrait mettre en danger certain de nos clients, qui desservent les zones les plus mal desservies », a déclaré le porte-parole. « Cette législation ne fera que réduire la capacité des fournisseurs de haut débit à fournir les équipements de réseau les plus sûrs et, par conséquent, portera préjudice aux consommateurs et aux entreprises locales ». Le porte-parole a ajouté que « bien que l'intention de ce projet de loi soit de fournir un réseau robuste et sécurisé pour tous les Américains, si elle est mise en œuvre, la législation adoptée aujourd'hui sera terriblement insuffisante ».

Pour aider les FAI à trouver des technologies de remplacement, le projet de loi charge la FCC de « dresser une liste de suggestions de remplacement des équipements de communication physiques et virtuels, des applications et des logiciels de gestion ». La liste doit être « neutre sur le plan technologique ». La FCC également a ouvert un portail en ligne pour les FAI qui reçoivent des fonds du FCC afin qu'ils soumettent des informations sur leur utilisation des équipements et services Huawei et ZTE. La collecte de données vise à déterminer la quantité d'équipements Huawei et ZTE dans les réseaux financés par la FCC et les coûts associés au retrait et au remplacement de ces équipements.


Le projet de loi prévoit également que la Commission fédérale tienne « informer immédiatement » le Congrès, si elle détermine qu'un milliard de dollars ne seront pas suffisants « pour financer entièrement toutes les demandes de remboursement approuvées ». Le Congrès envisagera probablement d'augmenter le fonds.

Le président de la Commission Ajit Pai a justifié l'interdiction de Huawei et ZTE en disant qu'ils « ont des liens étroits avec le gouvernement communiste et l'appareil militaire chinois ». Les deux sociétés seraient soumises aux lois chinoises qui les obligent largement à coopérer avec toute demande des services de renseignement du pays et à garder ces demandes secrètes. Des représentants du gouvernement américain ont récemment déclaré qu'ils avaient « la preuve que Huawei a la capacité d'accéder secrètement à des informations sensibles et personnelles dans les systèmes qu'elle maintient et vend dans le monde entier ». Mais Huawei a plusieurs fois déclaré ne pas être lié au gouvernement chinois et qu'il « n'a jamais et n'aura jamais accès secrètement aux réseaux de télécommunications, et que nous n'avons pas la capacité de le faire ».

L'année dernière, le ministère du Commerce a ajouté Huawei à sa liste de groupes avec lesquels il est interdit aux entreprises américaines de faire des affaires, bien que des permissions limitées pour faire affaire avec les entreprises américaines lui ont été accordées. L'administration Trump a également fait de l'éloignement de Huawei une priorité essentielle, en faisant pression sur les entreprises alliées pour qu'elles s’éloignent du matériel du géant chinois des télécommunications.

Toutefois, le Royaume-Uni a pris la décision au début de l'année d'autoriser l'utilisation des équipements de Huawei dans les réseaux 5G périphériques, mais pas dans les réseaux plus sécurisés. Une décision qui pourrait mettre en mal le partage des renseignements entre les États-Unis et le Royaume-Uni.

Huawei a annoncé jeudi, à l’occasion d’une conférence de presse, un investissement de 200 millions d’euros pour la construction d’une usine de production d’équipements réseau 4G et 5G en France, la plus grande usine du constructeur hors de la Chine. Qu’arrivera-t-il aux relations entre Washington et Paris, si le géant chinois installe une usine en France, alors que la taxe GAFA française a déjà occasionné l’imposition des taxes punitives par l’administration Trump sur des produits français ?

Source : The Hill

Et vous ?

Que pensez-vous de la nouvelle loi ?
Selon vous, quelles seront les conséquences immédiates et futures de cette loi ?
Pensez-vous, comme Huawei, que le budget de 1 milliard de dollars n’est pas suffisant ?

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Huawei annonce son intention d'investir 200 millions d'euros à la construction d'une usine en France, la première hors Asie qui produira des équipements réseau 4G et 5G

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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 16/07/2020 à 9:32
Huawei voudrait court-circuiter les approvisionnements d'entreprises US via la juridiction US sur les brevets,
afin de lutter contre l'administration Trump qui l'a écarté du marché de l'infrastructure réseau

Mettre Huawei sur liste noire l'a peut-être empêché de profiter des licences sur une technologie américaine critique, mais Huawei cherche à générer des revenus par d'autres moyens. Huawei a déposé des demandes de violation de brevet contre Verizon ainsi que pour des produits que Verizon acquiert auprès d'autres sociétés américaines telles que Cisco et Hewlett-Packard ; Huawei exige le paiement de royalties pour des centaines de brevets. Les brevets de Huawei ne sont pas nécessairement utilisés dans les produits des entreprises, mais Huawei est autorisé à utiliser le processus juridique pour contraindre le tribunal à se pencher sur les informations confidentielles de Verizon et de ses fournisseurs. Des observateurs pensent que Huawei pourrait alors utiliser illégalement ces données pour enrichir ses connaissances sur les produits et technologies de ses concurrents.

Pour ne rien arranger, un changement de politique des États-Unis sur les technologies standardisées a involontairement suralimenté le jeu de brevets de Huawei, donnant la possibilité au Chinois de revenir sur ses engagements antérieurs d'accorder des licences équitables sur ses brevets. Cela pourrait empêcher les titulaires de licence en aval d'expédier et de vendre des produits, ce qui pourrait nuire à de nombreuses entreprises américaines.

En ce qui concerne l'industrie mobile, l'analyste Richard Windsor explique que si la 5G était un avion, les brevets des moteurs, les ailerons et les ailes (les brevets essentiels standard ou SEP) sont détenus par Qualcomm, Nokia et Ericsson tandis que Huawei détient les brevets pour les chariots de boissons ainsi que pour les sièges. En 2019, Nokia a généré 740 millions de dollars de revenus en royalties ; Ericsson, environ 800 millions de dollars. Le seul chiffre comparable pour Huawei est un « gain / (perte) net » de 98 millions de dollars pour 2018, noté dans ses états financiers. Ce chiffre montre la faible valeur des brevets de Huawei.

Cependant, bien que tous les brevets ne soient pas égaux, les titulaires de brevets ont un accès égal aux tribunaux américains. En tant que tel, Huawei, récemment considéré comme une société-écran pour l'armée chinoise, utilise ses brevets de manière spéculative alors qu'il fait face à un éventail d'accusations : vol de secrets commerciaux, fraude électronique et obstruction à la justice ; blanchiment d'argent, complot en vue de frauder les États-Unis et violations des sanctions ; et complot de racket et complot pour voler des secrets commerciaux.


Les technologies standardisées utilisées dans de nombreuses entreprises et produits (5G, Bluetooth, WiFi, etc.) sont basées sur les propriétaires de brevets qui acceptent volontairement de concéder sous licence leurs brevets en vertu des accords FRAND (équitables, raisonnables et non discriminatoires). Les propriétaires de brevets adoptent cette structure, car elle leur permet de tirer des revenus de leurs brevets tandis que d'autres entreprises paient des frais pour mettre en œuvre la norme (souvent de manière innovante, en générant des produits plus nombreux, différents et meilleurs pour le consommateur). Mais FRAND et d'autres accords de bonne foi contraignent également les titulaires de SEP, les empêchant de s'engager dans des pratiques de licence discriminatoires telles que refuser à un concurrent l'accès à la technologie. Une fois qu'un accord FRAND est conclu, les titulaires de brevets ne peuvent plus reculer et retenir captives les entreprises en refusant d'accorder une licence. Comme l'explique Michael Rosen, avocat plaidant en matière de brevets et associé à l'American Enterprise Institute, « les propriétaires de SEP sont, par définition, obligés de négocier de bonne foi pour fournir une licence aux conditions FRAND. S'ils abusent de leurs obligations FRAND, ils ne devraient pas avoir le droit d'en récolter les bénéfices ».

Auparavant, la politique américaine obligeait en fait les titulaires de SEP à tenir leurs accords FRAND. Cependant, la nouvelle politique publiée conjointement en 2019 par le ministère de la Justice (DOJ), le US Patent and Trademark Office (USPTO) et le National Institute of Standards and Technology (NIST), modifie l'équilibre des pouvoirs entre le propriétaire et le licencié du SEP en supprimant d'importants obstacles juridiques au refus d'un titulaire de brevet de concéder sous licence ses brevets à des concurrents ou à des fournisseurs de composants. Huawei, malheureusement, est susceptible de militariser ce changement pour punir les entreprises américaines. En outre, Huawei peut également refuser d'accorder des licences à des fournisseurs de composants tiers pour les entreprises américaines, voire demander une injonction pour fermer efficacement les chaînes d'approvisionnement pour les produits américains.

Il est probable que l'administration Trump n'avait tout simplement pas réfléchi à la manière dont Huawei retournerait la loi américaine sur les brevets contre les entreprises américaines, car le président Donald Trump et son équipe ont constamment mené la charge pour débarrasser les infrastructures de communication aux États-Unis et chez leurs alliés du contrôle des entreprises chinoises, en particulier en ce qui concerne la 5G. Néanmoins, le Ministère pourrait étouffer cette initiative de l'entreprise chinoise dans l’œuf en clarifiant quelles parties peuvent demander une licence et en interdisant que des injonctions soient introduites par des parties qui ont accepté un engagement FRAND. Dans cette optique, les Sénateurs Marco Rubio (R-FL) et John Cornyn (R-TX) ont proposé des projets de loi pour empêcher Huawei (et potentiellement toute entreprise ajoutée à la liste noire) d'abuser de ces avantages qui sont censés profiter aux acteurs légitimes du marché.

Source : nouvelle politique sur les brevets, analyse de Richard Windsor, analyse de Bird&Bird, chefs d'accusation contre Huawei au sein du ministère de la Justice (vol de secrets commerciaux, fraude électronique et obstruction à la justice; blanchiment d'argent, complot en vue de frauder les États-Unis et violations des sanctions; et complot de racket et complot pour voler des secrets commerciaux), proposition de loi des Sénateurs

Et vous ?

Que pensez-vous de cette stratégie ?
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Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 16/05/2020 à 13:44
Les États-Unis tentent de couper Huawei des fournisseurs mondiaux de puces,
alors que la Chine envisage des représailles

Le président Donald Trump a signé en mai 2019 un décret établissant les bases pour empêcher des entreprises de télécommunications chinoises telles que Huawei de vendre du matériel aux États-Unis, visant à neutraliser la capacité de Beijing à compromettre les réseaux sans fil et les systèmes informatiques américains de la prochaine génération. L’ordonnance interdit l’achat ou l’utilisation de toute technologie de communication produite par des entités contrôlées par « un adversaire étranger » et susceptible de créer un « risque de sabotage indu » des systèmes de communication américains ou des «effets catastrophiques» sur l’infrastructure américaine.

Suite à cette décision, Google a décidé de ne plus fournir de logiciels, de matériel informatique ou service technique à Huawei à l’exception des services disponibles en open source. L'éditeur d'Android a toutefois assuré que Google Play et les protections de sécurité de Google Play Protect continueront de fonctionner sur les appareils Huawei existants. En plus d’être coupé du système d’exploitation le plus vendu au monde, Huawei a vu certains des principaux concepteurs et fournisseurs de puces au monde suspendre également leurs relations commerciales jusqu’à nouvel ordre. Et récemment, la Maison-Blanche a prolongé un décret signé en mai 2019 et interdisant aux entreprises américaines d'utiliser des équipements de télécommunications fabriqués par des entreprises « présentant un risque pour la sécurité nationale », parmi lesquelles figurent Huawei ou encore ZTE.

Les USA vont encore plus loin. Vendredi dernier, l’administration Trump a décidé de bloquer les expéditions de semi-conducteurs vers Huawei Technologies par les fabricants de puces, non seulement aux USA, mais dans tout le monde entier. Le département américain du Commerce a déclaré qu’il modifiait une règle d’exportation pour « cibler stratégiquement l’acquisition de semi-conducteurs par Huawei qui sont le produit direct de certains logiciels et technologies américains ». Le ministère a ajouté que « l’annonce met fin aux efforts de Huawei pour saper les contrôles à l’exportation des États-Unis ».


Rappelons que les États-Unis tentent aussi de convaincre leurs alliés d’exclure les équipements Huawei des réseaux 5G de prochaine génération au motif que son équipement pourrait être utilisé par la Chine pour espionner. Bien-sûr, Huawei a, à plusieurs reprises, nié ces allégations. Selon le Département américain du Commerce, Huawei a continué d’utiliser des logiciels et des technologies américains pour concevoir des semi-conducteurs bien qu’il ait été placé sur une liste noire en mai 2019.

Une nouvelle règle, dévoilée par le Département du Commerce, élargit l'autorité américaine pour exiger des licences pour la vente à Huawei de semi-conducteurs fabriqués à l'étranger avec la technologie américaine, élargissant considérablement sa portée pour arrêter les exportations vers l'équipementier chinois. « Cette action fait passer l'Amérique en premier, les entreprises américaines en premier et la sécurité nationale américaine en premier », a déclaré un haut responsable du Département du Commerce. La plupart des fabricants de puces s’appuient sur des équipements produits par des sociétés américaines comme KLA, Lam Research et Applied Materials, selon un rapport publié l’an dernier par la société chinoise Everbright Securities.

La réaction de la Chine a été rapide, avec un rapport publié vendredi par le Global Times, un quotidien chinois, indiquant que Pékin était prêt à placer les entreprises américaines sur une "liste d'entités non fiables", dans le cadre de contre-mesures en réponse aux nouvelles limites imposées à Huawei. « La Chine prendra des contre-mesures énergiques pour protéger ses propres droits légitimes », si les États-Unis vont de l'avant avec le plan visant à empêcher les fournisseurs essentiels de puces, y compris TSMC basé à Taiwan, de vendre des puces à Huawei, a déclaré une source au Global Times dans une interview exclusive.

Les mesures comprennent l'ajout de sociétés américaines à la "liste d'entités non fiables" de la Chine, l'imposition de restrictions ou le lancement d'enquêtes sur des sociétés américaines comme Qualcomm, Cisco et Apple conformément aux lois et règlements chinois comme les mesures d'examen de la cybersécurité et la loi anti-monopole, et la suspension des achats d'avions de Boeing.

Source : Reuters

Et vous ?

Que pensez-vous de ces nouvelles mesures prises par les USA et la réaction de la Chine ?
Selon vous, Huawei pourra-t-il s'en sortir sans les semi-conducteurs du reste du monde ?

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Avatar de Stan Adkens
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 19/05/2020 à 8:32
La Chine injecte 2,2 milliards de dollars dans une entreprise locale de fabrication de puces,
Alors que Washington tente de couper Huawei des fournisseurs mondiaux de semi-conducteurs

La Chine continue de multiplier des manœuvres pour réduire sa dépendance à l'égard de la technologie américaine. Alors que Washington est en train de resserrer ses restrictions technologiques à l'égard de ce pays et de ses entreprises technologiques, les fonds soutenus par l'État chinois ont injecté 2,25 milliards de dollars dans une usine de fabrication de plaquettes de Semiconductor Manufacturing International Corp. (SMIC), l'un des principaux producteurs de semi-conducteurs de Chine, pour soutenir la fabrication de puces avancées, a rapporté Bloomberg.

Le capital social de l'usine de Semiconductor Manufacturing International Corp. passe par conséquent de 3,5 à 6,5 milliards de dollars après l'investissement, a déclaré la société dans une annonce publiée en chinois vendredi. La participation du fabricant de puces dans l'usine de Shanghai passera de 50,1 % à 38,5 %, selon Bloomberg. L'usine a une capacité de production de 6 000 plaquettes de 14 nanomètres par mois et prévoit de la porter à 35 000, soit une augmentation d’environ six fois.


SMIC est l'une des nombreuses entreprises de fabrication de puces qui incarnent l'espoir de Pékin de créer une industrie de semi-conducteurs autonome et de classe mondiale. La société cotée à Hong Kong, un fabricant de puces sur lequel Pékin compte pour réduire sa dépendance à l'égard de la technologie américaine, prévoyait un peu plus tôt ce mois une vente de jusqu'à 1,69 milliard de nouvelles actions sur le marché de Shanghai, selon Bloomberg.

SMIC prévoyait d'utiliser les recettes de cette vente pour développer la fabrication de puces de nouvelle génération afin d'essayer de concurrencer Intel Corp. et Taiwan Semiconductor Manufacturing Co. (TSMC). Cet effort intervient à un moment où l'administration Trump se préparait à renforcer les restrictions sur la vente de technologies à la Chine, menaçant de refuser aux entreprises nationales comme SMIC ou Huawei Technologies Co. l'accès à des composants et circuits essentiels.

« Stratégiquement, nous pensons que le SMIC coupe progressivement ses liens avec les marchés financiers américains, alors que la tension entre les États-Unis et la Chine s'intensifie à cause du Covid-19 et qu'un nouveau cycle de guerre commerciale se prépare », avaient écrit les analystes de Bernstein dans une note, d’après Bloomberg.

Washington a modifié ses règles pour empêcher Huawei de concevoir et de produire ses propres puces

Ce nouvel investissement chinois intervient alors que Washington a pris des mesures pour empêcher les ventes à Huawei Technologies par des fabricants de puces utilisant la technologie américaine. Le ministère du Commerce a déclaré vendredi qu'il exigerait des licences avant d'autoriser l'utilisation de la technologie américaine par l'entreprise chinoise ou ses 114 filiales, dont son unité de conception de puces HiSilicon.

Dans un communiqué publié le 13 mai, la Maison-Blanche a décidé de prolonger un décret signé en mai 2019 qui interdit aux entreprises américaines d'utiliser des équipements de télécommunications fabriqués par des entreprises « présentant un risque pour la sécurité nationale », parmi lesquelles figurent Huawei ou encore ZTE. Selon l’administration Trump, « les technologies ou de services d'information et de communication conçus, développés, fabriqués ou fournis par des personnes détenues, contrôlées ou soumises à la juridiction ou à la direction d'adversaires étrangers » comme Huawei et ses filiales continuent de constituer une menace contre les Etats-Unis. Pour cette raison, l'urgence nationale déclarée le 15 mai 2019 doit se poursuivre jusqu’en 2021.


Les actions de la Maison-Blanche ne se sont pas arrêtées là, la semaine dernière. Vendredi dernier, elle a décidé de bloquer les expéditions de semi-conducteurs vers Huawei Technologies par les fabricants de puces, non seulement aux USA, mais dans tout le monde entier. Le département américain du Commerce a déclaré qu’il modifiait une règle d’exportation pour « cibler stratégiquement l’acquisition de semi-conducteurs par Huawei qui sont le produit direct de certains logiciels et technologies américains ». Le ministère a ajouté que « l’annonce met fin aux efforts de Huawei pour saper les contrôles à l’exportation des États-Unis ».

Ce changement de règle élargit l'autorité américaine pour exiger des licences pour la vente à Huawei de semi-conducteurs fabriqués à l'étranger avec la technologie américaine, élargissant considérablement sa portée pour arrêter les exportations vers l'équipementier chinois. « Cette action fait passer l'Amérique en premier, les entreprises américaines en premier et la sécurité nationale américaine en premier », a déclaré un haut responsable du Département du Commerce. La plupart des fabricants de puces s’appuient sur des équipements produits par des sociétés américaines comme KLA, Lam Research et Applied Materials, selon un rapport publié l’an dernier par la société chinoise Everbright Securities.

La Chine a réagi spontanément à cette décision avec un rapport publié le même vendredi par le biais de Global Times, un quotidien chinois, indiquant que Pékin était prêt à placer les entreprises américaines sur une "liste d'entités non fiables", dans le cadre de contre-mesures en réponse aux au plan américain visant à bloquer les livraisons de semi-conducteurs à Huawei. La Chine a également déclaré être prête à lancer des enquêtes, à imposer des restrictions à des sociétés américaines telles qu'Apple, et à arrêter l'achat d'avions Boeing, d’après le quotidien chinois.

Tous les fabricants de puces du monde, y compris TSMC et SMIC, ont besoin de l'équipement des entreprises américaines pour fabriquer des puces pour tout, des smartphones aux superordinateurs. Mais la dernière mesure touche TSMC de manière disproportionnée, car elle compte sur Huawei pour environ 10 % de ses revenus, selon les estimations de Bloomberg.

« Nous suivons de près le changement des règles d'exportation américaines », a déclaré la TSMC dans un communiqué, suite à la décision américaine. « La chaîne d'approvisionnement de l'industrie des semi-conducteurs est extrêmement complexe, et est desservie par un large éventail de fournisseurs internationaux. Faisant partie de l'écosystème mondial des semi-conducteurs, TSMC entretient des collaborations à long terme avec des partenaires d'équipement du monde entier, y compris ceux situés aux États-Unis ».

« La Chine prendra des contre-mesures énergiques pour protéger ses propres droits légitimes », si les États-Unis vont de l'avant avec le plan visant à empêcher les fournisseurs essentiels de puces, y compris TSMC basé à Taiwan, de vendre des puces à Huawei, a déclaré une source au Global Times dans une interview exclusive.

Avec ce nouvel investissement, la Chine parie sur le fabricant de puces local pour pouvoir réduire la dépendance du pays à l'égard de la technologie américaine. Huawei a pris un bon nombre de décisions stratégiques pour aller de l’avant alors que les mesures de restrictions américaines persistent et qu’il est privé des ressources comme les applications Google sur ses smartphones. Mais jusqu’à quand ses premières puces seront-elles exportées à partir de ses propres usines ?

Source : Bloomberg

Et vous ?

Que pensez-vous du nouvel investissement chinois ?
Selon vous, cette initiative pourra-t-elle permettre à la Chine d’être à l’avenir indépendante de la technologie américaine ?

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Les USA ont-ils sous-estimé la capacité de Huawei à surmonter leur sanction ? Cela ne va-t-il pas encourager des alternatives à Play Store ?
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Avatar de Patrick Ruiz
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 14/07/2020 à 22:16
Le Royaume-Uni annonce le retrait total des équipements de Huawei de son réseau 5G d’ici à 2027
S’alignant ainsi sur la position de Donald Trump sur la Chine

La campagne mondiale des États-Unis pour empêcher ses alliés les plus proches d'utiliser Huawei n’avait jusqu’ici pas porté de fruits ; du moins, pour ne citer que le cas du Royaume-Uni qui, au mois de janvier de l’année en cours, a autorisé l’entreprise chinoise à participer au déploiement de la 5G sur son territoire. On est désormais en plein revirement puisque le gouvernement britannique annonce le retrait total des équipements de Huawei de son réseau 5G d’ici à 2027. Le Royaume-Uni finit par s’aligner sur la position de Donald Trump sur la Chine.

Les équipements de réseau de Huawei vont être retirés des réseaux 5G du Royaume-Uni. Les opérateurs de télécommunications ne seront pas autorisés à acheter de nouveaux équipements de télécommunications 5G à la société chinoise à partir de janvier prochain. Ils disposent de sept ans pour retirer la technologie existante du constructeur chinois de leur infrastructure 5G. Voilà en substance le contenu de la récente annonce du gouvernement britannique au sujet de ses choix en matière de déploiement de la technologie 5G sur son territoire.

On part donc d’une situation où Huawei plafonne à 35 % de parts de marché (avec des équipements écartés de parties centrales du réseau ou de zones géographiquement sensibles) à une autre où l’entreprise va voir ses équipements complètement retirés des réseaux 5G du pays. La décision va retarder le déploiement de la 5G de deux à trois ans et introduire des dépenses additionnelles estimées à 2,5 milliards de dollars.

Au cours des derniers mois, le gouvernement britannique a subi une pression croissante, tant à l’internationall, pour que Huawei soit totalement mis en touche. Cette pression tire ses racines des craintes des experts en sécurité que les équipements de Huawei constituent un risque pour la sécurité nationale en permettant à Pékin d'espionner les pays occidentaux. La pression internationale est venue principalement des États-Unis. Depuis mai 2019, Huawei est sur une liste d’entités qui ne peuvent pas se fournir en technologies auprès des entreprises américaines.

Au mois de mai de l’année en cours, les USA ont même durci leur position en annonçant de nouvelles sanctions contre Huawei. En vertu de ces nouvelles mesures qui doivent entrer en vigueur en septembre, Huawei et ses fournisseurs (comme le fabricant de puces TSMC) ne peuvent pas utiliser la technologie américaine pour concevoir ou produire les produits de Huawei. C’est notamment sur cette dernière mesure que la décision du Royaume-Uni de se passer de Huawei s’appuie. Son application implique, d’après un rapport du service de renseignements électroniques du Royaume-Uni, que l’impossibilité pour Huawei de faire usage de la technologie américaine signifie que les équipements du constructeur chinois sont douteux du point de vue de la sécurité.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a également subi des pressions de l'intérieur de son propre parti. Le gouvernement a essuyé la plus grande défaite de son mandat actuel en mars dernier. 38 députés conservateurs votaient contre le gouvernement en faveur d'un amendement demandant la fin de l'utilisation d'équipements Huawei dans les réseaux 5G du pays d'ici 2023. Bien que le gouvernement a remporté le vote, l'incident a mis la pression sur le premier ministre britannique pour qu'il adopte une position plus ferme.


En réponse à la nouvelle, un porte-parole de Huawei a qualifié la décision de décevante et a déclaré que la société est confiante que les nouvelles sanctions américaines n'affecteront pas la résilience ou la sécurité des produits qu’elle fournit au Royaume-Uni. Il a jouté que ces sanctions étaient motivées par la politique commerciale américaine plutôt que par la sécurité et a exhorté le gouvernement britannique à reconsidérer sa décision.

La manœuvre devrait toutefois profiter à Nokia et Ericsson qui sont les deux autres principaux fournisseurs de kits 5G.

« Nous avons la capacité et l'expertise nécessaires pour remplacer tout l'équipement Huawei des réseaux britanniques à l'échelle et à la vitesse voulues, ce, avec un impact minimal sur les personnes qui utilisent les réseaux de nos clients », a déclaré Nokia.

« Cette décision lève l'incertitude qui ralentissait les investissements autour du déploiement de la 5G au Royaume-Uni et nous sommes prêts à travailler avec les opérateurs britanniques pour respecter leur calendrier », a ajouté Ericsson.

Le gros bémol derrière est qu’il s’agit d’entreprises qui fabriquent leurs équipements en Chine, ce qui dans la logique devrait aussi poser problème aux USA. En juin, le ministère américain de la défense a publié une liste de 20 sociétés qui, selon lui, avaient des liens étroits avec l'armée chinoise. Parmi elles figurait Panda Electronics, la société avec laquelle Ericsson dirige une usine de fabrication dans la ville chinoise de Nanjing.

Sources : gov.uk, Reuters 1, 2, 3

Et vous ?

Quelle lecture faites-vous de cette décision ?

Voir aussi :

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Avatar de Victor Alisson
Membre chevronné https://www.developpez.com
Le 03/03/2020 à 10:10
Des documents montreraient que Huawei envoyait du matériel informatique américain vers l’Iran
pourtant interdits du fait de l’embargo commercial imposé par les États-Unis à l’Iran

Reuters annonce avoir mis la main sur des documents internes de Huawei montrant l’implication directe de la firme chinoise dans l’envoi d’équipements informatiques américains, pourtant interdits du fait de l’embargo commercial imposé par les États-Unis, à Mobile Telecommunication Co of Iran, un grand opérateur iranien de téléphonie mobile connu sous le nom de sa filiale MCI (une société contrôlée par des corps d’élite des gardiens de la révolution islamique). Il s’agirait notamment de documents qui datent de décembre 2010, indiquant deux listes de colis expédiés par Huawei contenant du matériel informatique produit par Hewlett-Packard Co à destination de l’Iran. Un autre document, qui daterait cette fois de février 2011, semble attester l’expédition évoquée précédemment en ces termes : « actuellement, l’équipement est délivré à Téhéran, et attend le dédouanement ».

Le géant chinois de l’équipement informatique a toujours nié toutes les accusations à son encontre concernant des violations faites aux sanctions commerciales imposées par Washington à la république islamique. Il y a lieu ainsi de rappeler l’inculpation portée contre Huawei de fournir des serveurs informatiques et d’autres équipements de ce genre de la marque HP, ainsi que des logiciels fabriqués par des firmes américaines, telles que Symantec Corp, Microsoft Corp et Novell Inc, à un opérateur de télécommunication iranien.

En décembre 2018, la fille du fondateur de Huawei et directrice financière de Huawei Technologies, Meng Wanzhou, a fini par comparaitre devant la justice canadienne, et pointée du doigt comme étant la dirigeante de Skycom Tech Co Ltd au début des années 2010. Ce dernier, considéré comme une filiale de Huawei, est désormais accusé de violer explicitement les sanctions commerciales contre l’Iran. D’autres affirmations indiquaient même Skycom comme « Huawei Iran ». Mais, les dirigeants de Huawei ont toujours nié ces accusations.


Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei et fille du fondateur de la firme chinoise, lors de la comparution devant la justice canadienne

Les documents qui seraient interceptés récemment évoquent l’implication de Huawei dans un projet de télécommunication avec l’Iran qui coûterait des millions de dollars. De même, ces documents citent le nom d’une autre société chinoise (contrôlée par une société d’État chinoise), Panda International Information Technology Co : celle-ci s’engagerait dans une relation commerciale étroite avec Huawei et s’appliquerait à réceptionner le matériel informatique et les logiciels destinés au projet iranien mentionné précédemment.

Huawei refuse actuellement d’émettre des commentaires sur cette affaire, « en raison des procédures judiciaires en cours », selon le porte-parole de la firme. Toutefois, cette dernière a affirmé ainsi : « Huawei s’engage à respecter toutes les lois et réglementations applicables dans les pays et régions où nous opérons, y compris toutes les lois et réglementations relatives au contrôle et à la sanction des exportations des Nations Unies, des États-Unis et de l’UE ».

Tout cela émerge dans le cadre de la bataille commerciale engagée entre la Chine et les États-Unis, et plus particulièrement dans le cadre des tentatives du gouvernement américain de contrôler et limiter l’ampleur de la puissance de Huawei. Il ne faut pas oublier que Washington s’efforce également de convaincre ses alliés européens d’éviter la coopération avec Huawei dans l’équipement des systèmes de télécommunications mobiles de nouvelle génération. La bataille semble alors se renforcer sur le plan juridique, et les autorités américaines ne tarderont probablement pas à creuser ces nouvelles pistes mises en avant à travers ces documents qui seraient interceptés récemment.

Source : Reuters, United States Department of State


Et vous ?

Selon vous, quels pourraient être les impacts de cette affaire, concernant le déploiement de la 5G en Europe, par exemple ?

Comment réagiront les pays de l’UE si les accusations portées contre Huawei sont justifiées ?

Voir aussi :

De nouveaux documents lieraient Huawei à des sociétés écran présumées en Iran et en Syrie

Les Etats-Unis accusent Huawei d'avoir volé la technologie de test de téléphone portable de T-Mobile et vendu de la technologie américaine à l'Iran

Huawei dans le collimateur de la justice américaine pour vol de secrets commerciaux et détournement des technologies de ses partenaires américains

Trump signe un décret pavant le chemin vers le blocage d'Huawei aux USA

5G en Europe : Stéphane Richard, le PDG d'Orange, s'oppose à l'exclusion de Huawei
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Avatar de Nancy Rey
Chroniqueuse Actualités https://www.developpez.com
Le 16/06/2020 à 11:23
Huawei est sur le point de perdre le Brésil, car les États-Unis ne financeront les infrastructures 5G brésiliennes qu'à une seule condition :
que le Brésil tourne le dos à Huawei

Dans une interview accordée au journal brésilien Folha de S.Paulo, l'ambassadeur américain au Brésil, Todd Chapman a déclaré que le retrait de Huawei du marché brésilien est une question de « sécurité nationale pour Washington et vise à protéger les données et la propriété intellectuelle, ainsi que les informations sensibles des nations ».

Le Brésil, l'un des plus grands marchés du géant chinois des télécommunications Huawei, pourrait être prêt à céder ses contrats 5G aux acteurs européens des télécommunications : Ericsson et Nokia. Les États-Unis sont en pourparlers avec le gouvernement brésilien, ils proposent de financer l'infrastructure 5G à condition que le Brésil se débarrasse de Huawei.

Ce serait une grande perte pour le géant chinois des télécommunications, car l'entreprise a renforcé sa présence sur le marché brésilien au cours des deux dernières décennies. Huawei a mené des essais 5G pour les quatre grandes entreprises de télécommunications du Brésil : Telefonica Brasil SA, TIM Participacoes SA, America Movil's Claro et Oi SA. La société a également promis d'installer une usine à Sao Paulo d'ici 2022 avec un investissement de 800 millions de dollars.


Le marché brésilien était une valeur sûre pour Huawei, mais maintenant que les États-Unis sont prêts à financer les coûts d'infrastructure si le gouvernement brésilien se tourne vers les acteurs européens, l'accord semble très improbable. Et cela signifierait une perte énorme pour le géant chinois des télécommunications. « Qui veut faire des investissements dans des pays où ses informations ne seront pas protégées ? », s’est interrogé Chapman.

Antérieurement, les entreprises de télécommunications canadiennes ont fermé la porte aux entreprises chinoises en raison de la pression américaine. Deux entreprises de télécommunications canadiennes (BCE et Telus Corp) ont décidé d'utiliser des équipements de Nokia et de Ericsson pour construire leurs réseaux 5G de nouvelle génération au Canada.

Alors que Bell et Telus allaient certainement utiliser l'équipement 5G de Huawei pour déployer la technologie au Canada, les choses ont basculé en peu de temps. Bell qui utilise déjà Huawei dans son réseau 4G existant, a exclu la participation de l'entreprise chinoise au déploiement de la 5G. Telus a déclaré en février de cette année qu'il s'associerait à Huawei pour le déploiement de la technologie 5G dans le pays. Mais Bell et Telus ont tous deux rejeté Huawei de manière assez virulente. Les trois principaux opérateurs de télécommunications du Canada, à savoir Bell, Telus et Rogers, travaillent désormais avec Nokia et Ericsson.

Les États-Unis utilisent la même méthode que celle utilisée au Canada et, par conséquent, Huawei risque une seconde secousse majeure d’ici quelques semaines.

Parmi les principaux fournisseurs des équipements 5G dans le monde (Altiostar, Cisco Systems, Datang Telecom/Fiberhome, Ericsson, Huawei, Nokia, Qualcomm, Samsung et ZTE), les trois sociétés chinoises ont pris la tête de la course (Huawei, Datang et ZTE), compte tenu des produits moins chers et plus efficaces. Notons que la réaction hostile mondiale envers la Chine et les entreprises chinoises, en particulier les vendeurs d'équipements de télécommunications, a entraîné la renaissance de deux entreprises européennes. Il s'agit de la multinationale suédoise Ericsson et de la société finlandaise Nokia.

Le contrecoup à l'endroit de Huawei vient non seulement des gouvernements, mais aussi des acteurs du secteur des télécommunications eux-mêmes. Le gouvernement des États-Unis a déjà notifié aux pays européens d'utiliser les produits Ericsson, Nokia et Samsung à la place de Huawei. Ce que de nombreuses entreprises devraient suivre, car elles ne veulent pas avoir à dos l'administration Trump, au regard de l'importance des marchés américains.

Les actions Ericsson et Nokia sont en hausse depuis quelques mois, après des années de baisse constante, ceci grâce à Donald Trump et au ressentiment envers la Chine et ses entreprises après l'apparition du Covid-19.

Source : Folha de S.Paulo

Et vous ?

Que pensez-vous des manœuvres américaines imposées à Huawei et des justifications liées à la sécurité nationale avancées par l’ambassadeur américain ?

Voir aussi :

Huawei signe un accord avec TomTom pour utiliser son service de cartographie dans ses smartphones, le Chinois réduit encore plus sa dépendance aux entreprises US

Voici 6 raisons pour lesquelles Huawei donne aux États-Unis et à ses alliés des cauchemars en matière de sécurité informatique

Huawei poursuit le gouvernement des USA pour ce qu'il appelle une interdiction injuste, l'obligeant à rendre publiques ses accusations à son encontre

Après l'Allemagne et le Royaume-Uni, la Belgique blanchit Huawei, nouveau coup dur pour la campagne de diabolisation des États-Unis ?
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Avatar de Darkzinus
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 16/06/2020 à 13:49
On n'est pas à une ingérence près …
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Avatar de Pierre GIRARD
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 20/05/2020 à 13:33
Citation Envoyé par Eric80 Voir le message
...Au final, SMIC et la Chine sortiront gagnantes et renforcées...
C'est exactement ce que je pense. Trump est un accélérateur pour la technologie chinoise, pas un frein. Bien sur, ça va emmerder Huawei pendant quelque temps, mais ils en sortiront renforcés peu de temps après.

En fait, Trump fait juste preuve d'arrogance, et l'arrogance ne s'est jamais transformée en force.
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Avatar de yahiko
Rédacteur/Modérateur https://www.developpez.com
Le 18/07/2020 à 13:20
La démocratie n'est plus tendance. C'est le sentiment que j'observe sur les réseaux sociaux.
On en vient à préférer l'autoritarisme "éclairé" d'un Poutine ou d'un Xi Jinping en face d'une soupe politique insipide que nous offre nos parlements d'Europe Occidentale ou d'Amérique du Nord.
Bien sûr que nous partageons bien plus de valeur avec les Etats-Unis qu'avec la Chine. Il suffit de voyager un minimum pour s'en rendre compte.
Cela n'empêche pas que les Etats-Unis ont leur spécificités culturelles, tout comme l'Italie a les siennes.

Nous sommes les enfants d'Athènes.

Et nous sommes en train de renier notre héritage et notre civilisation en nous jetant dans les bras du nouveau Tsar de Russie ou du Parti Unique de la Chine et de sa République (sic) Populaire (re-sic).

Dans le discours anti-américain, je relève souvent notre propre aveux d'impuissance. On reproche souvent à autrui ce que nous aimerions pouvoir faire, mais que nous ne pouvons pas ou plus faire. C'est le drame de l'Europe.

Alors, on réécrit l'Histoire, en minimisant le rôle des Américains lors de la 2nde Guerre Mondiale. Pourtant, sans eux, sans leurs ressources industrielles, pétrolifères, et aussi humaines, nous serions encore sous domination Nazi. Dire le contraire n'est pas sérieux. L'URSS a certes beaucoup contribué à la victoire aussi, mais je suis heureux et reconnaissant que les Américains aient débarqué en Normandie et aient libérée la France, avant les Soviétiques. Le sort des états satellites sous occupation soviétique ne me fera jamais rêver.

La Chine est une dictature, tout comme l'Arabie Saoudite ou le Qatar. Ceux qui méprisent l'Arabie Saoudite et le Qatar (j'en fais partie), restez cohérent, méprisez la Chine.

Mais j'ai l'impression que c'est pourtant vers ça que nous souhaitons aller dans des discours de plus en plus nombreux sur la Toile. A vouloir juste un hypothétique bonheur, sans la liberté, nous n'aurons ni l'un, et ni l'autre.

Les responsables de la situation de la France, ils sont connus de tous, c'est nous-même. Pas juste le Président, pas juste le Premier Ministre, pas les députés et la classe politique forcément corrompue et/ou incompétente. Mais à toi et à moi.

Le venin qui circule sur la Toile envers tout ce qui ne va pas, c'est surtout le reflet de notre propre lâcheté, de notre propre manque de courage, de notre propre passivité que nous déplorons.

Il y a un vrai combat à mener. C'est un combat envers nous-même.
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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 15/05/2020 à 9:28
La Maison-Blanche prolonge d'un an son décret mettant Huawei et ZTE sur liste noire,
gelant ainsi leurs relations commerciales avec des entreprises américaines

Mi-mai 2019, l'administration Trump a publié un décret qui plaçait Huawei sur une liste noire, une décision qui contraignait les entreprises américaines à ne plus faire affaire avec l'équipementier chinois, à moins de disposer d'une autorisation officielle. Suite à cette décision, Google a décidé de ne plus fournir de logiciels, de matériel informatique ou service technique à Huawei à l’exception des services disponibles en open source. L'éditeur d'Android a toutefois assuré que Google Play et les protections de sécurité de Google Play Protect continueront de fonctionner sur les appareils Huawei existants.

En plus d’être coupé du système d’exploitation le plus vendu au monde, Huawei a vu certains des principaux concepteurs et fournisseurs de puces au monde suspendre également leurs relations commerciales jusqu’à nouvel ordre.

La Maison-Blanche vient de prolonger un décret signé en mai 2019 et interdisant aux entreprises américaines d'utiliser des équipements de télécommunications fabriqués par des entreprises « présentant un risque pour la sécurité nationale », parmi lesquelles figurent Huawei ou encore ZTE.

S’exprimant sur la plateforme de la Maison-Blanche, Donald Trump a déclaré :

« Le 15 mai 2019, par décret exécutif 13873, j'ai déclaré une urgence nationale conformément à la loi sur les pouvoirs économiques internationaux d'urgence (50 USC 1701 et suiv.) Pour faire face à la menace inhabituelle et extraordinaire à la sécurité nationale, à la politique étrangère et à l'économie des États-Unis posés par l’acquisition et l’utilisation sans restriction de certaines transactions liées aux technologies et services de l’information et des communications.

« L'acquisition ou l'utilisation sans restriction aux États-Unis de technologies ou de services d'information et de communication conçus, développés, fabriqués ou fournis par des personnes détenues, contrôlées ou soumises à la juridiction ou à la direction d'adversaires étrangers augmente la capacité de ces adversaires étrangers à créer et exploiter des vulnérabilités dans les technologies ou services d'information et de communication, avec des effets potentiellement catastrophiques. Cette menace continue de représenter une menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale, la politique étrangère et l'économie des États-Unis. Pour cette raison, l'urgence nationale déclarée le 15 mai 2019 doit se poursuivre au-delà du 15 mai 2020. Par conséquent, conformément à l'article 202 (d) de la National Emergencies Act (50 USC 1622 (d)), j’ai décidé de prolonger pendant 1 an l'urgence nationale déclarée dans le décret 13873 concernant la sécurisation de la chaîne d'approvisionnement des technologies et services d'information et de communication ».


Le décret de la Maison-Blanche a obligé Huawei a prendre des décisions stratégiques. De sa place de second plus vendeur de smartphones dans le monde, le constructeur a encore plus la pression. En janvier, Huawei a signé un accord avec TomTom pour pouvoir utiliser les cartes, les informations sur le trafic et le logiciel de navigation de la société néerlandaise pour développer des applications pour ses smartphones. Le porte-parole de TomTom, Remco Meerstra, a déclaré que l'accord avait été conclu il y a quelque temps, mais n'avait pas été rendu public par la société.

Notons que TomTom a déjà fourni des données pour Apple Maps. En fait, Apple Maps a été lancé pour la première fois sur iOS 6. Avant, c'était sur Google Maps que l'entreprise s'appuyait pour proposer un service de cartographie sur iPhone. Mais la relation entre Apple et Google s'est vite dégradée, car Google ne proposait plus de caractéristiques essentielles à l'expérience de cartographie sur iPhone. À cette période, certains utilisateurs avaient noté que Google Maps sur l'iPhone n'avait même pas de directions étape par étape intégrées. Apple a commencé le processus de remplacement de Google Maps par Apple Maps et a dévoilé son travail lors de la keynote de la WWDC 2012. C'est à ce moment que TomTom est venu sur la scène pour proposer d'alimenter le service de cartographie Apple Maps.


Avec ses derniers flagship, les Huawei P40 et P40 Pro, l’entreprise a présenté des smartphones sans les services mobiles de Google, notamment YouTube, Maps et Play Store. Les téléphones de la série P40 sont basés sur le chipset Kirin 990 5G de Huawei avec 8 Go de RAM sur le P40 Pro+ et Pro, et 6 Go ou 8 Go sur le P40. Les options de stockage interne sont de 256 Go ou 512 Go sur le P40 Pro+, 128 Go, 256 Go ou 512 Go sur le P40 Pro, et 128 Go ou 256 Go sur le P40. Les trois modèles prennent en charge les cartes Nano Memory (NM) propriétaires de Huawei pour l'extension du stockage externe.

Mais malgré toutes les innovations présentées par le constructeur, le manque d’applications et de services Google rendra plus difficile la tâche de persuader les consommateurs d'acheter les téléphones hors du marché chinois. L’entreprise a tout de même lancé une vaste campagne de séduction des développeurs pour les encourager à proposer leurs applications sur sa vitrine de téléchargement.

Source : Maison-Blanche

Et vous ?

Que pensez-vous de cette décision ?
Les téléphones Android sans services et applications Google représentent-ils un handicap à l'extérieur de la Chine ? Dans quelle mesure ?
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