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Les agences fédérales américaines utiliseraient les données de localisation des téléphones portables pour l'application des lois sur l'immigration,
Selon un nouveau rapport

Le , par Stan Adkens

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Les publicités effrayantes vous ont longtemps suivi sur Internet. Maintenant, il s’agirait des forces d’application de la loi qui épient chaque mouvement des millions de téléphones portables aux États-Unis. L'administration Trump aurait acheté des données de localisation de téléphones portables disponibles dans le commerce, depuis au moins 2017, pour aider les agences de l'immigration et de la surveillance des frontières, selon un nouveau rapport du Wall Street Journal, qui cite des personnes connaissant le sujet et des documents examinés.

Selon le quotidien américain, ces données sont le type d'informations de localisation anonymes que les sociétés d'analyse vendent généralement aux annonceurs numériques afin qu'ils ciblent des consommateurs spécifiques. En d'autres termes, il s'agirait des données collectées à partir d'applications de jeux, de météo et de shopping qui demandent aux utilisateurs de leur accorder un accès à la localisation, ce que la plupart d’entre eux consentent à partager chaque fois qu'ils installent une nouvelle application sur leur téléphone.


Le Wall Street Journal a indiqué dans son rapport le vendredi que la base de données, que le département de la sécurité intérieure utilise pour détecter les immigrants sans papiers et les personnes qui pourraient entrer illégalement aux États-Unis, appartient à une société appelée Venntel.

Selon le rapport, des sources ont indiqué au Journal que les services de l'immigration et des douanes (ICE) et des douanes et de la protection des frontières (CBP), deux divisions du ministère de la Sécurité intérieure (DHS), ont utilisé ses informations. L'ICE aurait payé 190 000 dollars à Venntel pour des licences en 2017 et le CBP aurait dépensé 1,1 million de dollars pour des licences de logiciels qui incluaient les services de Venntel en septembre dernier, a rapporté le Journal.

Dans un communiqué, un porte-parole du CBP a déclaré que « Toutes les opérations du CBP dans lesquelles des données télémétriques disponibles dans le commerce peuvent être utilisées sont entreprises dans le cadre de la responsabilité du CBP de faire respecter la loi américaine à la frontière et conformément aux exigences légales, politiques et de confidentialité pertinentes ».

Dans un cas, par exemple, le rapport indique que l'agence a utilisé les données pour découvrir un tunnel souterrain qui reliait le Mexique à un KFC fermé à San Luis, en Arizona. La découverte aurait finalement conduit à l'arrestation du propriétaire du restaurant sur la base de l'accusation de conspiration - bien que les dossiers de la police ne mentionnent pas le rôle que les données de localisation ont joué dans cette affaire.

Le journal a souligné que « l'utilisation de telles données par le gouvernement fédéral à des fins d'application de la loi n'a pas été signalée auparavant ».

« Cela montre le chevauchement des droits des immigrants et des droits à la confidentialité des données », a déclaré dans un communiqué Adam Schwartz, avocat principal de l'Electronic Frontier Foundation. « Notre société n'a pas réussi à protéger les consommateurs contre les entreprises qui récoltent et monétisent leurs informations personnelles, y compris leurs données de localisation sensibles. Maintenant, le gouvernement fédéral aurait acheté l'accès à ces données et les utilise pour localiser et expulser les immigrants ». Il a ajouté que « C'est une raison de plus pour laquelle nous avons besoin de lois fortes sur la protection des données des consommateurs ».

L’identifiant unique de chaque téléphone portable ne permet pas de le lier directement à un client, d’après les agences

Selon le journal, les deux agences ont déclaré au Journal que les données sont "pseudonymisées", ce qui signifie que les données qu'ils utilisent ne comprennent pas d'informations personnelles identifiables comme le nom d'un utilisateur, pouvant permettre de lier un téléphone portable à une personne.

Cependant, comme l'a montré une enquête du New York Times sur ce type de données en décembre 2019, il est assez facile de déterminer quelle personne correspondante à l'identifiant unique de chaque appareil en se basant sur d'autres données comme sa localisation. En effet, si une personne passe chaque nuit à un certain endroit et travaille en semaine à un autre endroit, par exemple, il est relativement simple de déterminer où cette personne vit et travaille. Grâce à ces deux informations, les agences peuvent intercepter la personne.


Dans une déclaration, Dragana Kaurin, chercheur au Berkman Klein Center for Internet & Society de l'université de Harvard, à dit : « Même si l'on dit que c'est anonyme, en compilant différents ensembles de données, cela vous donne une image très détaillée de qui vous êtes, mieux que vous ne l'avez fait ». « Ces données peuvent être utilisées pour discriminer les gens en fonction de leur race, leur identité sexuelle, leur ethnicité, leur orientation sexuelle ou leur classe sociale », a-t-elle ajouté, en donnant l'exemple de la façon dont on peut déterminer qu'une personne est, par exemple, musulmane en se basant sur ses achats dans les marchés halals ou en visitant les mosquées.

Cependant, l'utilisation de ces données ne semble pas différente de certaines stratégies de marketing. Les annonceurs peuvent utiliser des données de géolocalisation anonymes provenant de téléphones portables pour cibler les gens lorsqu'ils se rendent, par exemple, dans une boutique donnée.

En 2018, dans l'affaire Carpenter contre United States, la Cour suprême a statué que les forces de l'ordre avaient besoin d'un mandat pour obtenir des données de localisation des tours de téléphonie cellulaire. Cependant, comme les données que le gouvernement achète sont disponibles dans le commerce et qu'elles ne comprennent pas les données de localisation des tours de téléphonie cellulaire, ses avocats affirment que l'affaire Carpenter contre les États-Unis ne s'applique pas.

« Dans ce cas, le gouvernement est un acheteur commercial comme tout le monde. Carpenter n'est pas pertinent » a déclaré Paul Rosenzweig, un ancien fonctionnaire du DHS qui est un membre senior au R Street Institute, un groupe de réflexion conservateur et libertaire qui promeut le libre marché. « Le gouvernement ne fait qu'acheter un widget », a-t-il ajouté, d’après le quotidien.

Les experts ont déclaré au Journal que c'était l'une des plus grandes utilisations connues de données en vrac par les forces de l'ordre américaines. Ils ont également déclaré que cela semblait légal parce que le gouvernement a acheté les données à une société privée, par opposition à la collecte directe des données à partir des téléphones des utilisateurs, une pratique pour laquelle la police a généralement besoin d'un mandat.

Cette affaire est l’une de celles qui ont souligné comment des données de localisation supposées anonymes et inoffensives peuvent être utilisées pour identifier des personnes. Elle montre également que les logiciels gratuits comme les applications de la météo ou de jeu sur les smartphones ne sont pas vraiment gratuits. Il est courant que les logiciels et services gratuits vendent vos informations personnelles, y compris votre localisation, à des courtiers en données qui peuvent ensuite les vendre à d'autres entités et même aux forces de l'ordre. Par conséquent, les logiciels gratuits peuvent avoir un coût important pour la vie privée. La Maison-Blanche, le Département de la Justice et l'ICE n'ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires du journal.

Source : The Wall Street Journal

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