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Un directeur informatique crée une fausse affaire, l'utilise pour facturer 6 millions $ à ses patrons pour du matériel fantôme,
Et se fait prendre par les métadonnées de Microsoft Word

Le , par Stan Adkens

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Un directeur informatique écopera jusqu’à 20 ans de prison après avoir admis avoir escroqué son employeur de 6 millions de dollars, en mettant sur pied une fausse entreprise de services technologiques qui facturait ses patrons pour des services fictifs. Selon un communiqué de presse des procureurs du District sud de New York, Hicham Kabbaj, 48 ans, de Floral Park, Long Island à New York, a plaidé coupable devant le juge Stewart D. Aaron à un chef d'accusation de fraude électronique.

Dans leur annonce, Geoffrey S. Berman, procureur des États-Unis pour le district sud de New York, et Jonathan D. Larsen, agent spécial responsable du bureau de New York du Service des revenus internes, Division des enquêtes criminelles ("IRS-CI", ont indiqué vendredi dernier que Kabbaj, ancien cadre supérieur à Manhattan pour une "société Internet mondiale" – nommée "Company-1" dans l’affaire –, sera condamné par le juge de district américain Richard M. Berman, auquel l'affaire est confiée.


« Comme il l'a admis aujourd'hui, Hicham Kabbaj a fraudé la société pour laquelle il travaillait en organisant le paiement de factures frauduleuses à une société écran qu'il a créée. M. Kabbaj attend maintenant la sentence pour sa tromperie de 6 millions de dollars », a dit M. Berman, procureur de Manhattan, selon le communiqué de presse.

Jonathan Larsen des revenus internes chargé de l'affaire a aussi déclaré : « Aujourd'hui, M. Kabbaj a plaidé coupable à un crime grave parce qu'il a choisi d'abuser de sa position de confiance en tant que cadre d'entreprise pour voler des fonds de la société pour son profit personnel ».

Les détails des faits dont Hicham Kabbaj est coupable

Selon les allégations contenues dans les renseignements et autres documents déposés à la Cour fédérale, ainsi que les déclarations faites lors de procédures judiciaires publiques, l’intéressé est coupable des faits qui suivent : entre au moins août 2015 et mai 2019, alors qu'il occupait divers postes qui lui permettaient de s'occuper des achats de technologies de l'information pour son employeur anonyme, décrit comme une "société Internet mondiale" basée à Manhattan, Kabbaj a fait passer des millions dans ses propres poches par le biais d'achats de technologies fictives.

Pendant cette période, Hicham Kabbaj a travaillé pour Rakuten Marketing, une entreprise mondiale de marketing en ligne, à New York, dans divers rôles liés aux IT, y compris comme vice-président principal des opérations techniques et de l'ingénierie, selon le compte LinkedIn de l’accusé. C’est à partir de 2015 qu’il s'est livré à un stratagème pour escroquer son employeur en payant un fournisseur nommé Interactive Systems, une société écran créée et contrôlée par lui-même et qui se présentait comme un fournisseur de divers produits et services de technologie de l'information, mais ce n'était vraiment pas le cas.

Dans le cadre de ce stratagème, Interactive Systems a facturé à son employeur divers éléments d'équipement - dont un pare-feu et 16 serveurs - et Kabbaj recevait et approuvait les factures à son tour, au cours des quatre années suivantes. La société écran recevait également des honoraires mensuels de la part de l’employeur. Cependant, d’après des documents judiciaires, aucun équipement ou service n'a jamais été livré, et les paiements pour le faux kit sont allés directement dans les comptes personnels de Kabbaj.

Afin de cacher sa ruse et échapper à tout contrôle minutieux, Kabbaj omettait de mettre des numéros de série sur les factures, ou réutilisait les numéros de série de matériel déjà dans l’entreprise de son employeur. Mais le stratagème de 4 ans a été découvert lorsque l’arnaqueur a rédigé quatre des factures en Microsoft Word, et que les métadonnées des fichiers montraient qu'elles provenaient de la copie du logiciel de Kabbaj.

A ce propos, le procureur Scott McNeil a déclaré au tribunal de New York : « D'août 2015 à avril 2019 environ, Interactive Systems a soumis à la "Compagnie-1" environ 52 factures ». « Quatre de ces factures ont été soumises en format de document Word, et les métadonnées de ces quatre factures identifiaient Kabbaj comme l'auteur. Chaque facture d'Interactive Systems était adressée à Kabbaj », a-t-il ajouté.

Les paiements à Interactive Systems pour les supposés kits informatiques étaient transférés simplement sur le propre compte bancaire de Kabbaj. Ce qui lui a permis de gagner 6 millions de dollars en trompant ses patrons pendant quatre années, d’après les documents déposés à la Cour fédérale, le dernier paiement ayant eu lieu en mai 2019. Quelques mois plus tard, Kabbaj a été arrêté et inculpé par les Fédéraux en septembre, après que les enquêteurs aient parlé à deux de ses collègues et rassemblé les preuves dont ils avaient besoin à cet effet.

Après avoir plaidé coupable, Kabbaj a accepté la confiscation de ses maisons de Palm Beach Gardens, en Floride, et de Hewitt, au New Jersey, en tant que biens pouvant être attribués à l'infraction, entre autres, et il a accepté de verser une restitution de 6 051 453 $ à ses anciens employeurs. Kabbaj risque jusqu'à 20 ans de prison, mais selon toute vraisemblance, il en prendra beaucoup moins, et sera condamné plus tard cette année par le juge Richard Berman, président du district fédéral.

Kabbaj n’est pas le premier à escroquer son employeur en procédant par l'abus de sa position de confiance. En 2017, Albert Shih-Der Chang, un ancien ingénieur en chef des systèmes d'une société de technologie de Dallas connue sous le nom de One Technologies, a également plaidé coupable à un chef d'accusation de fraude postale et à un autre chef d'accusation de blanchiment d'argent. En effet, Chang a fait en sorte que One Technologies transfère des fonds, sur la base de représentations matérielles, vers des comptes financiers qu'il contrôlait, en faisant payer la société pour des produits, prétendument pour l'usage de la société, que Chang a ensuite convertis à son propre usage, d’après les documents judiciaires.

De juillet 2008 à août 2014 environ, One Technologies a payé plus de 2,4 millions à des entreprises fictives montées par Chang. La peine maximale prévue par la loi pour les chefs d’accusation était de 30 ans d'emprisonnement pour la fraude postale et de 10 ans d'emprisonnement pour le blanchiment d'argent.

Sources : Communiqué de presse, Document judiciaire

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Avatar de i5evangelist
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 06/01/2020 à 11:08
La morale de cette histoire, c'est que si vous souhaitez continuer à frauder tranquillement, abandonnez Microsoft, pensez au libre ! (si vous voulez le rester)
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Avatar de CaptainDangeax
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 06/01/2020 à 14:58
Citation Envoyé par i5evangelist Voir le message
La morale de cette histoire, c'est que si vous souhaitez continuer à frauder tranquillement, abandonnez Microsoft, pensez au libre ! (si vous voulez le rester)
Ce qu'il faut, surtout, c'est écrire directement en html avec VI. Ou en texte brut...
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Avatar de Dasoft
Membre actif https://www.developpez.com
Le 06/01/2020 à 16:49
Citation Envoyé par CaptainDangeax
Ce qu'il faut, surtout, c'est écrire directement en html avec VI. Ou en texte brut...
Si tu passes sur du LibreOffice ou autre suite bureautique, tu auras pleins de méta-données.
Le Html et le texte brut peuvent aussi cacher certaines informations suivants certaines techniques
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