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Le ministère de la Justice enquêtera sur l'acquisition de Fitbit par Google,
Le Département s'inquiète de l'accès du géant aux données de santé des utilisateurs, selon un rapport

Le , par Stan Adkens

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L'accord sur l’acquisition de Fitbit, une entreprise de mise en forme intelligente, par Google est intervenu en début novembre, alors que les organisations de protection de vie privée ainsi que le gouvernement américain s'interrogent sur l’accès déjà étendu du géant de la Silicon Valley à une gamme de données privées sur ses consommateurs. Cette fusion pourrait donner un large accès à des données sensibles sur la santé des utilisateurs, et c’est ce qui a suscité des inquiétudes immédiates. Mais l'acquisition fera maintenant l'objet d'un examen minutieux de la part du ministère de la Justice en raison des craintes concernant la confidentialité des données, a rapporté le New York Post qui cite des sources.

The Post a rapporté mardi que le ministère de la Justice a été autorisé à examiner la toute dernière acquisition de Google après que la Federal Trade Commission (FTC), qui avait également demandé l'autorisation d'enquêter sur l'opération, se soit heurtée à la police fédérale, selon une source proche de la situation. Les deux organismes gouvernementaux craignent qu'un Fitbit appartenant à Google ne donne au géant de la recherche une fenêtre encore plus grande sur les données privées des gens, y compris les renseignements médicaux sensibles, d’après The Post.


Fitbit est une entreprise américaine fondée en 2007 qui conçoit, développe et commercialise des montres intelligentes et des bracelets de fitness qui sont capables de suivre les habitudes de sommeil, la fréquence cardiaque et d'autres informations personnelles du porteur. Au fil des années, Fitbit a établi de nombreux partenariats avec diverses entreprises impliquées dans la santé. En octobre dernier, la société avait annoncé un nouveau partenariat avec de grands groupes pharmaceutiques, notamment Bristol-Myers et Pfizer, axé sur la détection précoce des battements cardiaques irréguliers (ou fibrillation auriculaire) par l’intermédiaire de ses dispositifs.

Les appareils de Fitbit mesurent le nombre de pas effectués au quotidien, la distance parcourue et surveillent les calories brûlées. L’acquisition donnerait à Google l'une des principales sociétés sur le marché en pleine croissance des appareils informatiques portables. Le géant de la technologie a déclaré en novembre qu’elle voyait dans cette acquisition une occasion d’introduire ses propres wearables sur le marché, d’aller plus loin avec Wear OS, son système d'exploitation mobile conçu pour faire fonctionner les technologies portables, et d’investir davantage dans la santé numérique.

Les entreprises qui envisagent de fusionner sont tenues de déposer des propositions auprès du ministère de la Justice et de la FTC, afin que l'un ou l'autre organisme antitrust puisse examiner la transaction. Historiquement, la FTC, qui a mis sur pied un groupe de travail qui surveille le comportement anticoncurrentiel dans la Silicon Valley, a examiné bon nombre des opérations de Google. Mais le DOJ se serait battu pour obtenir la compétence d'examiner l'opération Fitbit et a soutenu que l'examen de la fusion cadrait avec l'enquête antitrust plus vaste de l'organisme gouvernemental concernant ce géant technologique, a rapporté The Poste.

Google a annoncé l’acquisition de Fitbit au moment où il faisait l’objet de pression antitrust de la part des autorités

Googel a acquis Fibit à 2,1 milliards dollars en novembre alors qu’une vaste enquête antitrust ouverte par le ministère américain de la Justice contre les géants américains de la technologie était en train de prendre de l’ampleur. En septembre, un panel de la Chambre des représentants des États-Unis a exigé des courriels internes, des informations financières détaillées et d'autres dossiers d’entreprise de la part des dirigeants de Google et des autres entreprises de la big tech – Amazon, Facebook et Apple, selon un rapport de Reuters.

L’enquête annoncée porte sur « la question de savoir si et comment les plateformes en ligne, leaders sur le marché, ont acquis un pouvoir de marché et se livrent à des pratiques qui ont réduit la concurrence, étouffé l'innovation ou causé d'autres préjudices aux consommateurs », a déclaré le ministère de la Justice dans un communiqué. Mais 50 procureurs généraux qui enquêtent également sur Google se prépareraient à élargir leur enquête antitrust au-delà du secteur de la publicité afin de l’étendre à ses activités de recherche et Android, selon un rapport de CNBC publié en novembre.



Selon un rapport de CNBC publié le mois dernier, plusieurs groupes de protection de la vie privée et de défense des droits des consommateurs ont exhorté le gouvernement à bloquer l'acquisition de Fitbit par Google. L'accord pourrait aider Google à concurrencer Apple (1er fabricant de wearable au 3T19, d’après IDC) sur le marché de l'informatique portable. Mais contrairement à Apple, Google s'occupe principalement de publicité ciblée, d'exploration de données et de services qui gèrent une grande partie de notre vie numérique. L'achat d'une société d’appareil de suivi de la condition physique populaire lui permet d'accumuler encore plus de données.

Suite à l’annonce de l’acquisition de Fitbit, le sénateur républicain Josh Hawley a tweeté une critique immédiate, demandant pourquoi Google devrait être en mesure d'acquérir plus d'entreprises dans le cadre d'une enquête en cours du ministère de la Justice. Le représentant de la Chambre David Cicilline, qui dirige l'enquête antitrust de la Chambre sur la big tech, a également déclaré à Bloomberg que l'accord menaçait « de renforcer le pouvoir [Google] du marché en ligne ». Il faut noter que Google et les autres géants de la technologie font aussi l’objet de menace pour démantèlement par les autorités politiques et les acteurs du secteur, afin de restaurer la concurrence.

Les préoccupations relatives à la vie privée pourraient jouer un rôle déterminant dans la vaste enquête antitrust contre Google

L’enquête antitrust plus vaste a été le principal argument du DOJ lorsqu'il a demandé l'examen de Fitbit, a confié une source à The Post. « Le traitement de Fitbit par le ministère de la Justice donnera une première lecture de l'enquête Google », a ajouté la source.

Makan Delrahim, le chef de la division antitrust du ministère de la Justice, a laissé entendre que les préoccupations relatives à la vie privée pourraient jouer un rôle dans toute enquête, a rapporté The Post. « Ce serait une grave erreur de croire que les préoccupations relatives à la protection de la vie privée ne pourront jamais jouer un rôle dans l'analyse antitrust », a déclaré M. Delrahim lors d'une conférence en novembre, peu après l'acquisition. « Sans concurrence, une entreprise dominante peut plus facilement réduire la qualité - par exemple en diminuant la protection de la vie privée - sans perdre un nombre important d'utilisateurs », a-t-il ajouté.

Google a déjà alimenté la controverse pour son accès et traitement des données médicales

Google a été critiqué le mois dernier pour son accord avec Ascension, le deuxième système de soins de santé en importance aux États-Unis. L’initiative lui permet de recueillir des renseignements sur les patients auprès de millions d'Américains, y compris des données sur les résultats de laboratoire, les diagnostics et les dossiers d'hospitalisation – le nom et la date de naissance des patients. Le projet a suscité une enquête du Département de la santé et des services sociaux des États-Unis.

Un autre accord sur les données de santé date d’il y a deux ans. Google, l'Université de Chicago et un centre médical affilié ont conclu un partenariat qui a permis au géant de la recherche d'utiliser les données sur les patients et les dossiers médicaux afin d'améliorer l'analyse prédictive. Mais en juillet dernier, l’entreprise et ses partenaires ont été poursuivis en justice après que le centre médical aurait partagé des dossiers avec Google sans retirer les informations identifiables.

Fitbit avait déclaré en novembre que l'opération de fusion devrait être conclue en 2020, sous réserve de l'approbation des organismes de réglementation et d'autres conditions de clôture. Maintenant, l’opération dépend aussi de l’enquête du DOJ. Mais vous pouvez toujours effacer vos données Fitbit au cas où la fusion est accordée.

Sources : New York Post

Et vous ?

Que pensez-vous de l’enquête dirigée par le DOJ sur l'acquisition de Fitbit par Google ?
Pensez-vous que le DOJ, qui cherche à limiter le pouvoir des grandes entreprises de technologie, annulera la fusion ?

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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 15/01/2021 à 9:57
Google procède au rachat de Fitbit pour 2,1 milliards de dollars alors que des enquêtes antitrust au sujet de ce rachat sont en cours,
l'entreprise promet de ne pas utiliser les données à des fins publicitaires

Rick Osterloh, le vice-président senior de la division hardware de Google, a annoncé que son entreprise avait clôturé son acquisition de Fitbit. L'accord de 2,1 milliards de dollars a été annoncé en novembre 2019 et a lancé un processus d'examen réglementaire par des gouvernements du monde entier préoccupés par l'influence de Google sur Internet et les données qu'il peut collecter sur les utilisateurs.

« Depuis plus d'une décennie, Fitbit aide les gens du monde entier à vivre une vie plus saine et plus active. Pionnier incontesté de l'industrie, Fitbit a bâti une communauté dynamique de plus de 29 millions d'utilisateurs actifs en créant des appareils portables incroyables et des expériences de bien-être immersives. Aujourd'hui, je suis ravi d'annoncer que Google a finalisé son acquisition de Fitbit et je voudrais personnellement souhaiter la bienvenue à cette équipe talentueuse chez Google.

« La dernière et la plus avancée montre intelligente de santé et de fitness de Fitbit, Fitbit Sense, propose des outils de gestion du stress et de nouvelles façons de gérer votre santé cardiaque, y compris une application ECG pour évaluer le rythme cardiaque pour détecter les signes de fibrillation auriculaire (AFib). Et avec son dernier tracker, Inspire 2, Fitbit a apporté une conception et des fonctionnalités améliorées, y compris Active Zone Minutes, à son appareil le plus accessible. Fitbit a ajouté un nouveau tableau de bord Health Metrics dans l'application Fitbit qui vous permet de suivre et de voir les changements dans la variabilité de la fréquence cardiaque, la fréquence respiratoire et la saturation en oxygène. Ces nouveaux appareils et services vous aident à mieux gérer votre santé et votre bien-être, et lorsqu'ils sont combinés avec les informations personnalisées, le contenu et les conseils pratiques de Fitbit Premium, vous avez tout ce dont vous avez besoin pour atteindre vos objectifs.

« La technologie peut changer la façon dont les gens gèrent leur santé et leur bien-être, et c'est particulièrement important de nos jours. Nous travaillerons en étroite collaboration pour créer de nouveaux appareils et services qui vous aideront à améliorer vos connaissances, votre réussite, votre santé et votre bonheur. Votre confidentialité et votre sécurité sont essentielles pour y parvenir et nous nous engageons à protéger vos informations de santé et à vous donner le contrôle de vos données.

« Cet accord a toujours porté sur les appareils, pas sur les données, et nous avons clairement dit depuis le début que nous protégerons la confidentialité des utilisateurs Fitbit. Nous avons travaillé avec les régulateurs mondiaux sur une approche qui protège les attentes des consommateurs en matière de confidentialité, y compris une série d'engagements contraignants qui confirment que les données de santé et de bien-être des utilisateurs Fitbit ne seront pas utilisées pour les annonces Google et que ces données seront séparées des autres données relatives aux annonces Google. Nous maintiendrons également l'accès aux API Android qui permettent à des appareils tels que les trackers de fitness et les montres intelligentes d'interagir avec les smartphones Android, et nous continuerons à permettre aux utilisateurs de Fitbit de choisir de se connecter à des services tiers afin que vous puissiez toujours synchroniser vos applications de santé et de fitness préférées avec votre compte Fitbit. Ces engagements seront mis en œuvre au niveau mondial afin que tous les consommateurs puissent en bénéficier. Nous continuerons également de travailler avec les régulateurs du monde entier afin qu’ils puissent être assurés que nous respectons ces engagements.

« Ensemble, nous pouvons rendre la santé et le bien-être plus accessibles à plus de gens. Nous sommes convaincus que la combinaison de la technologie de pointe, de l’expertise produit et de l’innovation en matière de santé et de bien-être de Fitbit avec le meilleur de l’intelligence artificielle, des logiciels et du matériel de Google stimulera davantage la concurrence dans les appareils portables et rendra la prochaine génération d’appareils meilleure et plus abordable ».


Des enquêtes antitrust encore en cours

Normalement, lorsqu'Osterloh annonce que « Google a finalisé son acquisition de Fitbit, et je veux personnellement souhaiter la bienvenue à cette équipe talentueuse chez Google », cela devrait signifier que les enquêtes antitrust internationales et nationales qui ont été lancées se sont achevées avec une conclusion en la faveur de ce rachat. L'annonce de Google est très inhabituelle, car le ministère américain de la Justice n'a pas encore autorisé ce rachat. Comme le DOJ l'a déclaré à la journaliste du New York Times, Cecilia Kang, « l'enquête de la division antitrust sur l'acquisition de Fitbit par Google se poursuit ». Les régulateurs australiens n'ont pas non plus annoncé de décision finale sur ce rachat. Il semble particulièrement provocant pour Google de prendre une telle décision dans un tel contexte.

Interrogé sur l'état d'avancement de l'enquête du DoJ sur ce rachat, un porte-parole de Google a déclaré : « Nous nous sommes conformés à l'examen approfondi du DoJ au cours des 14 derniers mois, et la période d'attente convenue a expiré sans leur objection. Nous continuons d'être en contact avec eux et nous nous engageons à répondre à toute question supplémentaire. Nous sommes convaincus que cet accord augmentera la concurrence sur le marché très fréquenté des appareils portables, et nous avons pris des engagements que nous prévoyons de mettre en œuvre à l'échelle mondiale ».

Cependant, les problèmes juridiques mis à part, l'annonce ne révèle pas grand-chose sur les projets futurs de Google pour Fitbit. Osterloh commence par faire l'éloge de la gamme existante de Fitbit, en évoquant la montre intelligente Fitbit Sense, le tracker Inspire 2 et diverses mesures de santé Fitbit. Google ne fabrique pas de trackers de fitness bon marché, mais l'application Google Fit de la société se trouve dans plusieurs modèles de montres connectées et les mesures de santé.

La plateforme de dispositifs portables existante de Google, Wear OS, semble ne plus évoluer. La dernière mise à jour majeure du système d'exploitation remonte à 2018, et même avant cela, Wear OS n'avait jamais eu de base matérielle solide sur laquelle s'appuyer. Qualcomm, le principal fournisseur de SoC d'Android, n'a jamais vraiment donné une chance à Wear OS. Depuis les débuts de Wear OS en 2014, le service marketing de Qualcomm a créé le Snapdragon 400, le Wear 2100 et le Wear 3100, mais au fond, ce sont tous des SoC Cortex A7 quad-core construits sur un processus de fabrication de 28 nm. Ce n'est que lors de l'annonce du Wear 4100 en 2020 que Qualcomm a publié un SoC pour les appareils portables dont les performances seront supérieures à celles des puces originales de 2014.

D'autre part, la principale concurrence de Wear OS, l'Apple Watch, a le luxe de la division SoC interne d'Apple, qui voit régulièrement ses performances s'améliorer chaque année. Apple ne parle pas officiellement des spécifications de la puce, mais l’entreprise indique que le dernier SoC Apple Watch S6 est basé sur l'A13 Bionic, et comme l'A13 mesure 7 nm, le S6 l'est aussi. En tant que SoC quadricœur à base de Cortex A53 de 12 nm, le Snapdragon Wear 4100 n'est toujours pas compétitif par rapport à ce qu'Apple propose, Qualcomm ne promettant qu'une amélioration des performances de 85 % sur ce qui était proposé il y a sept ans.

Ni Google Fit ni Wear OS n'ont été mentionnés une seule fois dans les annonces de Google et Fitbit


Le commentaire de Fitbit

Le PDG, président et cofondateur de Fitbit, James Park, a également publié un billet de blog dans lequel il a commenté ce rachat :

« Je suis convaincu que cette acquisition créera de nombreuses opportunités. Mais je veux aussi que vous sachiez que la plupart des choses que vous connaissez et aimez chez Fitbit resteront les mêmes. Nous resterons déterminés à faire ce qui est juste, à placer votre santé et votre bien-être au centre de tout ce que nous faisons et à offrir une approche unique avec des choix qui fonctionnent à la fois sur Android et iOS.

« La confiance de nos utilisateurs restera primordiale, et nous maintiendrons des protections solides en matière de confidentialité et de sécurité des données, vous permettant de contrôler vos données et de rester transparent sur ce que nous collectons et pourquoi. Google continuera de protéger la confidentialité des utilisateurs de Fitbit et a pris une série d'engagements contraignants avec les régulateurs mondiaux, confirmant que les données de santé et de bien-être des utilisateurs de Fitbit ne seront pas utilisées pour les annonces Google et que ces données seront conservées séparément des autres données publicitaires de Google. Google a également affirmé qu'il continuerait à permettre aux utilisateurs de Fitbit de choisir de se connecter à des services tiers. Cela signifie que vous pourrez toujours connecter vos applications de santé et de bien-être préférées à votre compte Fitbit ».


La Commission autorise l'acquisition de Fitbit par Google sous certaines conditions

La Commission européenne a autorisé, en vertu du règlement de l'UE sur les concentrations, l'acquisition de Fitbit par Google. Cette autorisation est subordonnée au respect intégral d'une série d'engagements proposés par Google.

Margrethe Vestager, vice-présidente exécutive chargée de la politique de concurrence, s'est exprimée en ces termes: «Nous sommes en mesure d'autoriser l'acquisition envisagée de Fitbit par Google, car les engagements garantiront que le marché des appareils de technologie portable et l'espace naissant des services de santé numériques resteront ouverts et concurrentiels. Ces engagements détermineront la manière dont Google peut utiliser les données récoltées à des fins publicitaires, dont l'interopérabilité entre les appareils de technologie portable concurrents et Android sera préservée et dont les utilisateurs pourront continuer à partager leurs données relatives à la santé et à la forme physique s'ils en font le choix.»

Fitbit détient une part de marché limitée en Europe dans le segment à croissance rapide des montres intelligentes dans lequel sont présents de nombreux concurrents de plus grande taille tels qu'Apple, Garmin et Samsung. L'opération envisagée engendre des chevauchements horizontaux très limités entre les activités de Google et de Fitbit. L'enquête de la Commission s'est concentrée sur les données récoltées au moyen des appareils de technologie portable de Fitbit et sur l'interopérabilité des appareils de technologie portable avec Android, le système d'exploitation pour smartphones de Google.

Lors de son enquête approfondie, la Commission a recueilli une grande quantité d'informations et de réactions de la part de concurrents et de clients des sociétés parties à la concentration, ainsi que de divers autres acteurs des marchés et parties prenantes. La Commission a également travaillé en étroite coopération avec des autorités de concurrence du monde entier, ainsi qu'avec le Comité européen de la protection des données.

À la suite de son enquête, la Commission craignait que l'opération, telle que notifiée à l'origine, nuise à la concurrence sur plusieurs marchés. Plus particulièrement:
  • Publicité: En acquérant Fitbit, Google acquerrait i) la base de données gérée par Fitbit concernant la santé et la forme physique de ses utilisateurs et ii) les technologies permettant de développer une base de données similaire à celle de Fitbit. En augmentant le volume déjà important des données utilisables par Google pour la personnalisation des publicités, cette opération rendrait difficile aux concurrents de rivaliser avec les services de Google sur les marchés de la publicité contextuelle en ligne, de l'affichage publicitaire en ligne et de l'ensemble de l'écosystème de la technologie publicitaire. L'opération créerait donc des barrières à l'entrée et à l'expansion pour les concurrents de Google en ce qui concerne ces services, au détriment des annonceurs, qui finiraient par être confrontés à des prix plus élevés et par voir leur choix réduit.
  • Accès à l'interface de programmation d'application web («API») sur le marché des services de santé numériques: Un certain nombre d'acteurs de ce marché peuvent accéder à des données relatives à la santé et à la forme physique, mises à disposition par Fitbit via une API web, afin de fournir des services aux utilisateurs de Fitbit et d'obtenir leurs données en échange. La Commission a constaté qu'à la suite de l'opération, Google pourrait restreindre l'accès des concurrents à l'API Fitbit Web. Une telle stratégie serait particulièrement préjudiciable pour les jeunes pousses dans l'espace naissant des services de santé numériques.
  • Appareils de technologie portable à porter au poignet: La Commission craint qu'à la suite de l'opération, Google puisse désavantager les fabricants concurrents d'appareils de technologie portable à porter au poignet en bridant leur interopérabilité avec les smartphones Android.

Certains acteurs du marché qui estiment que Google affiche déjà une présence significative dans le secteur des services de santé numériques se sont inquiétés que Google puisse obtenir un avantage concurrentiel sur ce marché en combinant les bases de données de Google et de Fitbit et ce, à tel point que les concurrents ne pourraient plus exercer leur concurrence. L'enquête approfondie de la Commission n'a pas confirmé ces préoccupations; en effet, le secteur des services de santé numériques est encore balbutiant en Europe, avec de nombreux acteurs exerçant leurs activités dans cet espace. De plus, Fitbit possède une communauté d'utilisateurs limitée dans le segment à croissance rapide des montres intelligentes.

D'autres acteurs du marché ont fait part de préoccupations quant au respect de la vie privée, estimant qu'il deviendrait de plus en plus difficile pour les utilisateurs de suivre l'usage qui est fait de leurs données de santé. L'enquête de la Commission a abouti à la conclusion que Google devra veiller au respect des dispositions et des principes du RGPD, qui prévoit que le traitement des données à caractère personnel concernant la santé est interdit, à moins que la personne n'ait donné son consentement explicite. Ces préoccupations ne relèvent pas du champ du contrôle des concentrations et il existe des outils réglementaires mieux à même d'y remédier.

Sources : Google, Fitbit, Commission européenne (engagements de Google)
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