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Apple dit au Congrès qu'il n'a pas profité des réparations, en réponse à l'enquête antitrust,
Les services de réparation coûtant chers que le revenu généré par les réparations

Le , par Stan Adkens

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Apple a répondu à la lettre du Comité judiciaire de la chambre des États-Unis envoyée en septembre dernier dans le cadre de la vaste enquête antitrust contre les géants américains de la technologie aux États-Unis. L’enquête, qui s’adressait aussi aux dirigeants Amazon, Facebook et Google, exigeait des cadres supérieurs d’Apple des courriels internes, des informations financières détaillées et d'autres dossiers d’entreprise glanés au cours de la dernière décennie. Le panel de la Chambre des représentants avait besoin de ces informations pour déterminer si des comportements anticoncurrentiels ont lieu à la Silicon Valley.

Apple a répondu à des questions – concernant des préoccupations sur ses politiques liées à l'App Store, son navigateur, les réparations de produits, et plus encore –, et bien que de nombreuses réponses soient attendues, la lettre révèle quelques détails qui attirent l’attention. Apple a défendu bon nombre de ses politiques tout au long de la lettre. Par exemple, à la question du panel de la Chambre de savoir si la firme imposait des restrictions lorsque les navigateurs Web concurrents cherchent à introduire leurs propres nouvelles fonctionnalités et nouveaux systèmes de sécurité qui offriraient aux utilisateurs une meilleure protection de la vie privée, Apple a déclaré que les navigateurs Web tiers sur les périphériques iOS doivent utiliser son framework WebKit pour des raisons de confidentialité et de sécurité.


Apple a cité également des exemples de fonctionnalités de WebKit qui ne sont pas disponibles pour les navigateurs tiers : la fonctionnalité WebRTC pour la visioconférence, le Service Workers, l'activation de l'option Intelligent Tracking Protection et l'API plein écran. Les navigateurs Web tiers n’y ont pas droit parce que, soit Apple n'a pas encore trouvé le moyen de faire fonctionner cette interface dans d'autres clients WebKit, soit Apple n’a pas encore déterminé des mesures pour empêcher les abus de fonctionnalités dangereux pour la sécurité de l’utilisateur.

À la question de savoir si Apple trouvait approprié de permettre à ses propres applications d'avoir des fonctionnalités ou des caractéristiques dans iOS qu'il ne permet pas aux applications concurrentes d'utiliser, le géant de la technologie a déclaré qu’il serait difficile, voire impossible, d'offrir le même niveau d'accès dont bénéficient ses applications à des tiers. Apple a dit que ses ingénieurs travaillent pour créer les produits les meilleurs et les plus sûrs sur le marché. Selon la firme, ces décisions reflètent des décisions de conception et de développement, et non des décisions commerciales.

Lorsqu'on le Comité judiciaire de la chambre des États-Unis lui a demandé d'identifier le revenu total qu'il tire des services de réparation depuis 2009, Apple a déclaré que « le coût des services de réparation a dépassé le revenu généré par les réparations » chaque année au cours de cette période. Ceci est difficile à croire venant d’un fabricant qui empêche les ateliers indépendants de réparer ses produits depuis des années.


En 2017, en lançant ses iPhone, Apple avait fait en sorte que seuls l’entreprise et ses partenaires aient le droit de réparer ses appareils. Autrement dit, tout réparateur qui s’y engageait indépendamment d’Apple prenait donc le risque d’endommager l’appareil pour de bon. Bien qu’Apple ait déployé ensuite des outils de réparation d'iPhone, sous la pression du mouvement Right To Repair, l’entreprise a ciblé des iMac Pro et MacBook Pro 2018 avec un nouveau logiciel propriétaire d’Apple empêchant la réparation par des ateliers tiers. Ces modèles devant en effet passer avec succès des diagnostics Apple pour que certaines réparations soient terminées.

En octobre 2018, une enquête en caméra cachée de CBC News a suggéré qu’Apple ferait de la surenchère lorsqu'il faut réparer l'un de ses dispositifs. L’enquête a révélé que le fabricant n’hésite pas à saler la facture de réparation d’iPhone. L’entreprise menacerait même les réparateurs tiers qui sont prêts à effectuer les mêmes réparations pour une fraction du prix. Mettant à jour sa fiche de tarification des réparations hors assurance en 2018, toute réparation d’un iPhone Xs coûtait 549 dollars US.

Mais si les services de réparation ne sont pas rentables pour le fabricant, pourquoi ne laisse-t-il pas les tiers s’en occuper ?

Sources : Réponses d’Apple

Et vous ?

Que pensez-vous des réponses d’Apple ?
Apple dit que « le coût des services de réparation a dépassé le revenu généré par les réparations » chaque année, mais il empêche les réparations par les tiers. Quel commentaire en faites-vous ?

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Apple ferait-elle de la surenchère lorsqu'il faut réparer l'un de ses dispositifs ? Une enquête en caméra cachée suggère une réponse positive

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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 07/10/2020 à 9:00
Facebook, Google, Apple et Amazon enfreignent la loi antitrust des USA d'après les conclusions d'une enquête parlementaire.
Les démocrates recommandent entre autres le démantèlement

Le comité judiciaire de la Chambre a publié ses conclusions sur la question de savoir si Amazon, Facebook, Apple et Google enfreignent la loi antitrust. Son rapport de 449 pages critique ces entreprises pour avoir acheté des concurrents, fais du favoritisme quant à leurs propres services et détenu un pouvoir démesuré sur les petites entreprises qui utilisent leurs plateformes. « Notre enquête a révélé un schéma alarmant de pratiques commerciales qui dégradent la concurrence et étouffent l'innovation », a déclaré Val Demings (Démocrate, de Floride), membre du comité. « La concurrence doit récompenser la meilleure idée, pas le plus gros compte d'entreprise. Nous prendrons les mesures nécessaires pour responsabiliser les contrevenants aux règles. »

Le rapport de la majorité présente un certain nombre de recommandations politiques concrètes qui, prises ensemble, changeraient radicalement le fonctionnement de l’industrie technologique. Il exhorte le Congrès à envisager d'adopter des règles de non-discrimination commerciale qui obligeraient les grandes entreprises à offrir des conditions égales aux entreprises vendant des produits et des services sur leurs plateformes. Il recommande d'interdire à certaines plateformes dominantes de faire de la concurrence dans des « secteurs d'activité adjacents » où elles auraient un énorme avantage.

« Pour dire les choses simplement, les entreprises qui étaient autrefois des startups rebelles et négligées qui remettaient en question le statu quo sont devenues les types de monopoles que nous avons vus pour la dernière fois à l'époque des barons du pétrole et des magnats des chemins de fer », indique le rapport. « En contrôlant l'accès aux marchés, ces géants peuvent choisir des gagnants et des perdants dans toute notre économie. Non seulement ils exercent un pouvoir énorme, mais ils en abusent également en facturant des frais exorbitants, en imposant des conditions contractuelles oppressives et en extrayant des données précieuses des personnes et des entreprises qui en dépendent ».

Plus largement, il suggère que le Congrès définisse une nouvelle norme pour les violations des lois antitrust, déclarant que les lois devraient être « conçues pour protéger non seulement les consommateurs, mais aussi les travailleurs, les entrepreneurs, les entreprises indépendantes, les marchés ouverts, une économie équitable et les idéaux démocratiques ».


Le rapport a été retardé en raison de désaccords politiques au Congrès. Le New York Times a rapporté que les républicains se sont séparés de la majorité démocrate sur des solutions proposées au comportement monopolistique et qu'ils étaient contrariés par le fait que le rapport n'ait pas discuté des allégations selon lesquelles les entreprises de technologie discriminent les utilisateurs conservateurs.

La réaction d'un républicain de la sous-commission

Il n'est pas encore clair si les républicains de la sous-commission souscriront aux recommandations complètes de la majorité démocrate. Ken Buck, un membre républicain de la sous-commission, a déclaré que le rapport contenait des recommandations qui sont inacceptables pour les conservateurs. Bien qu'il existe une demande bipartite pour réduire le pouvoir des plus grandes entreprises technologiques, le comité n'a pas réussi à se fixer sur une vision unique de la manière d'aller de l'avant.

Dans un mémo intitulé « La troisième voie », Buck aboutit à certaines des mêmes conclusions. Il fait l'éloge de la majorité pour avoir proposé « des ressources et des outils supplémentaires » pour les agences de réglementation antitrust, y compris des modifications de la norme relative aux effets anticoncurrentiels, mais il rompt avec le rapport primaire sur un certain nombre de questions, comme les règles de non-discrimination. « Je suis d'accord avec environ 330 pages du rapport majoritaire, que ces entreprises technologiques ont agi de manière anticoncurrentielle », a déclaré Buck. « Il est très courant que les républicains et les démocrates s'entendent sur un problème et proposent différentes solutions pour résoudre un problème. »

Buck dit partager les craintes des démocrates sur la toute-puissance des géants de la technologie, notamment leur appétit pour des « acquisitions meurtrières » destinées à supprimer la concurrence, mais il estime que le démantèlement n’est pas la solution au problème. Par ailleurs, l’élu républicain a indiqué qu'il s’opposerait notamment à tout projet obligeant les GAFA à limiter leurs activités à un seul et unique secteur. Il est peu probable que les républicains soutiennent les réformes plus agressives des démocrates, selon le mémo.

Les GAFA sont dans le collimateur des autorités politiques qui les accusent depuis un certain temps d’être trop puissants pour respecter les règles. Le premier réseau social au monde Facebook est également le propriétaire de la messagerie WhatsApp et du site de partage de photos Instagram. Google de son côté, premier moteur de recherche sur Internet au monde, détient le site de partage de vidéos YouTube et le système d’exploitation mobile Android qui équipe l’immense majorité des smartphones vendus dans le monde. Amazon, pour sa part, leader mondial du commerce électronique, est aussi un géant du Cloud Computing.

« Cette proposition est un appel à peine voilé pour démanteler les grandes entreprises technologiques. Nous ne sommes pas d’accord avec l’approche de la majorité (démocrate à la Chambre) », a écrit Ken Buck.


Vers la voie du démantèlement ?

Les recommandations majoritaires pourraient avoir des conséquences considérables pour les plus grandes entreprises technologiques. Elles restreindraient les secteurs d'activité dans lesquels les entreprises dominantes pourraient opérer, divisant potentiellement de nombreuses entreprises en entités distinctes.

Bien que sévères, ces actions empêcheraient les entreprises technologiques de surpasser leurs concurrents sur leurs propres plateformes (et plus important encore, d'utiliser leur position privilégiée sur ces plateformes pour obtenir un avantage injuste). « En fonctionnant comme des intermédiaires critiques qui sont également intégrés dans tous les secteurs d'activité, les plateformes dominantes sont confrontées à un conflit d'intérêts majeur », indique le rapport. « Les données de surveillance qu'ils collectent grâce à leur rôle d'intermédiaire leur permettent d'exploiter ce conflit avec une précision inégalée. »

Les législateurs recommandent également une barre plus élevée pour les acquisitions par les entreprises technologiques dominantes, stimulées par les centaines d'acquisitions répertoriées dans l'annexe du rapport. Pour équilibrer les règles du jeu, le rapport suggère un changement de présomption pour toute demande de rachat soumise par une grande entreprise de technologie. « En vertu de ce changement, toute acquisition par une plateforme dominante serait présumée anticoncurrentielle à moins que les parties directement concernées ne puissent montrer que la transaction était nécessaire pour servir l'intérêt public », indique le rapport.

À la base de tout cela, il y aurait une application plus vigoureuse de la loi antitrust, rendue possible par des modifications ciblées des lois existantes. En particulier, le rapport demande au Congrès de reformuler les lois antitrust existantes, « précisant qu'elles sont conçues pour protéger non seulement les consommateurs mais aussi les travailleurs, les entrepreneurs, les entreprises indépendantes, les marchés ouverts, une économie juste et les idéaux démocratiques. » S'ils sont approuvés par le Congrès, ces changements autoriseraient des actions anti-monopole plus agressives bien au-delà de l'industrie technologique, renversant la norme de bien-être des consommateurs qui a guidé la loi antitrust américaine pendant 40 ans.

« Tels qu'ils existent aujourd'hui, Apple, Amazon, Google et Facebook possèdent chacun un pouvoir de marché significatif sur de larges pans de notre économie. Ces dernières années, chaque entreprise s'est développée et a exploité son pouvoir du marché de manière anticoncurrentielle », ont déclaré le président du Comité judiciaire Jerrold Nadler (Démocrate de New York) et le chef du sous-comité antitrust David Cicilline (Démocrate du Rhode Island) dans un communiqué. « Notre enquête ne laisse aucun doute sur le besoin clair et impérieux que le Congrès et les organismes chargés de l'application des lois antitrust prennent des mesures.»

Sources : rapport et recommandations du sous-comité judiciaire, mémo Ken Buck

Et vous ?

Pour ou contre le démantèlement des GAFA pour résoudre les problèmes liés à la concurrence ? Pourquoi ?
Que pensez-vous de la proposition visant à restreindre le secteur d'activité des entreprises ?
Que pensez-vous de la proposition visant à considérer dès le départ toute demande de rachat émis par une grande enseigne technologique comme étant anticoncurrentielle ?

Voir aussi :

Une ONG parle de l'accélération des dépenses en lobbying des GAFAM en Europe, qui sont deux fois plus élevées que celles des sept plus grands constructeurs automobiles européens selon Corporate Europe
Taxe GAFA : la France accuse les USA de chercher à bloquer les discussions à l'OCDE "même si le travail technique est terminé" et convie l'Europe à se préparer à adopter une taxe à l'échelle du bloc
Appel à la diversité des approvisionnements informatiques face aux GAFAM, par un collectif de 25 personnalités de la tech.
Taxe GAFA : Apple indique aux développeurs iOS en France qu'ils vont devoir payer la taxe de 3 % en plus de la taxe sur la valeur ajoutée existante de 20 % et de la commission d'Apple de 30 %
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Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 17/09/2020 à 13:14
Antitrust : Google affirme qu'il ne monopolise pas le marché de la publicité numérique,
mais les sénateurs ne sont pas de cet avis

Mardi, Google s’est présenté devant une sous-commission sénatoriale américaine pour répondre de questions liées aux allégations qui l’accusent d’exercer un monopole sur le marché de la publicité en ligne. Et comme l’on pouvait s’y attendre, Google a nié ces allégations, disant que le marché est aussi ouvert qu’il ne peut l’être. La société maintient cette position, alors qu’un rapport de l’autorité de la concurrence britannique (CMA) en décembre 2019 a révélé que Google et Facebook réunissaient 70 % de toutes les dépenses liées à la publicité dans le pays, Google ayant la plus grande part.

La question du monopole des GAFAM sur les différentes sphères du Web est sur la table depuis des années déjà, et la majorité des gouvernements conviennent qu’il y a lieu de trouver une solution en vue de développer un marché équitable pour toutes les entreprises, mais aussi pour encourager la concurrence. Ainsi, dans le cadre des enquêtes antitrust qui le visent, un haut cadre de Google, en la personne de Donald Harrison, a été confronté mardi au Sénat à un interrogatoire bipartite sur la domination de l'entreprise dans le domaine de la publicité numérique.

Google nie détenir un monopole et estime qu’il existe une concurrence

Notons que les activités de recherche et de publicité massives de Google sont au cœur des enquêtes du ministère de la Justice et de presque tous les procureurs généraux de l'État. Le ministère s'apprêterait à intenter un procès à la société dans les prochaines semaines. Mardi, les sénateurs ont interrogé Donald Harrison, le président de la division “Global Partnerships and Corporate Development” de l’entreprise, sur la portée et l'ampleur de l'activité de publicité numérique de Google. Les questions ont concerné dans un premier les outils publicitaires de la société.

« Connaissez-vous une autre société qui exerce ce genre de concentration et de domination à tous les niveaux de la pile publicitaire », a demandé le sénateur Josh Hawley, R-Mo, en référence à la collection d'outils reliant les annonceurs aux éditeurs. « Google est impliqué dans presque toutes les étapes de la chaîne, partant des annonceurs qui cherchent à placer leurs annonces aux éditeurs qui vendent de l'espace sur leurs sites Web », a fait remarquer le sénateur. En plus de cela, le sénateur Hawley n’a pas hésité à rappeler les conclusions du régulateur antitrust du Royaume-Uni, la CMA.


Harrison, témoignant à distance par vidéo, a répondu que « les éditeurs et les annonceurs ont d'autres choix que Google ». Il a souligné le fait que les prix de la publicité numérique ont baissé au fil des années, la preuve que la concurrence est robuste. La réponse de Harrison signifie en effet que les annonceurs portent volontairement leur choix sur l’entreprise. Selon lui, il s’agit d’une chose qui n’a aucun trait monopoliste. Cet aspect de la chose, certains l’expliquent par le fait que Google représente un opérateur historique aux yeux des annonceurs et des gens en général.

Il bénéficie d’avantages considérables sur le marché, dont le trafic Web via son moteur de recherche et les données qui en découlent. Il faut en effet avoir accès à des données personnelles pour faire de la publicité ciblée, ce qui n’est pas le cas de toutes les entreprises engagées dans le secteur, mis à part Facebook. Ainsi, les analystes estiment que c’est cela qui lui confère une position dominante. Google utilise ensuite les données acquises grâce à sa position dominante sur le marché pour créer des filiales afin de faire une concurrence déloyale aux autres entreprises du secteur.

La sénatrice Amy Klobuchar (D-Minn.) a demandé à Harrison “pourquoi le secteur de la publicité numérique ne devrait pas être réglementé pour éviter les conflits d'intérêts, les opérations personnelles inappropriées et les transactions qui utilisent des informations privilégiées, car les marchés financiers sont réglementés”. « Je pense qu'il y a un choix énorme. Je pense qu'il y a de nombreux concurrents. Je pense que les prix ont baissé. Je ne vois pas la défaillance du marché qui nécessiterait une réglementation », a déclaré Harrison en réponse à la question.

Par la suite, les sénateurs républicains ont aussi profité de l'occasion pour demander à Harrison si Google a un parti pris contre les conservateurs. La question fait référence à une plainte de longue date déposée par la droite et pour laquelle il existe peu de preuves. Les républicains, dont Hawley, Ted Cruz du Texas, ainsi que le président de la sous-commission Mike Lee de l'Utah, ont quand même tenté de présenter leurs plaintes sur les préjugés anti-conservateurs comme des preuves de l'influence indue de Google. Il aurait interdit un site Web conservateur de son réseau de publicité.

« Ce comportement n'est-il pas la preuve d'un pouvoir de marché ? », a demandé le sénateur Mike Lee. Harrison a répondu que les commentaires sur le site Web, le fédéraliste, avaient violé les politiques de Google contre le racisme. « Nous avons été clairs dans nos politiques que nos publicités ne peuvent pas apparaître à côté de ce genre de commentaires », a-t-il dit. Les enquêtes antitrust sur les grandes entreprises technologiques sont de plus en nombreux. Les PDG de Google, Facebook, Apple et Amazon ont témoigné ensemble devant une commission de la Chambre en juillet.

Les conclusions de l’enquête de la CMA sur Google et Facebook

Dans son rapport sur la publicité numérique en décembre 2019, la CMA a démontré que Google détient des positions dominantes dans différentes parties du marché des technologies publicitaires, allant de 40 % à plus de 90 %. Elle a révélé que, si les services fournis par ces entreprises (Google et Facebook) semblent être gratuits, les utilisateurs les paient d’une façon indirecte en fournissant leur attention et leurs données personnelles, que les plateformes utilisent pour vendre de la publicité. Au Royaume-Uni, les gens passeraient en moyenne 3 heures et 15 minutes en ligne chaque jour.

La CMA explique que plus d'un tiers de ce temps est passé sur des sites appartenant soit à Google (y compris YouTube), soit à Facebook (y compris Instagram et WhatsApp). De ce fait, le secteur de la publicité numérique a connu une croissance massive et vaut aujourd'hui environ 13 milliards de livres sterling, soit bien plus que toute autre forme de publicité. Selon les conclusions de l’enquête, Google a généré plus de 90 % de l'ensemble des revenus provenant des annonces de recherche au Royaume-Uni en 2018, avec des recettes d'environ 6 milliards de livres sterling.

La même année, Facebook a représenté près de la moitié des revenus de la publicité par affichage au Royaume-Uni, atteignant plus de 2 milliards de livres sterling. « “Grand” ne signifie pas nécessairement “mauvais” et ces plateformes ont déployé sur le marché des produits et des services très innovants et de grandes valeurs. Mais la CMA craint que leur position ne se soit ancrée, avec des conséquences négatives pour les personnes et les entreprises qui utilisent ces services au quotidien », a écrit l’organisme de régulation dans son rapport.

Selon la CMA, l'absence de réelle concurrence avec Google et Facebook pourrait signifier que les gens passent déjà à côté de la prochaine grande nouvelle idée d'un rival potentiel. Cela pourrait également se traduire par un manque de choix approprié pour les consommateurs et des prix plus élevés pour les annonceurs, ce qui pourrait entraîner la hausse des coûts des biens et services, notamment les vols, l'électronique et les assurances achetés en ligne. Mais ce n’est pas tout. L’enquête de la CMA a également étudié le sujet concernant la presse et les éditeurs.

À ce propos, elle estime que la position de Google et de Facebook sur le marché peut potentiellement saper la capacité des journaux et des autres éditeurs à produire du contenu de valeur, puisque leur part de revenus est réduite par les grandes plateformes.

Sources : Audience des sénateurs, L’enquête de la CMA

Et vous ?

Quel est votre avis sur le sujet ?

Voir aussi

Les USA envisagent une importante enquête antitrust sur Apple, Amazon, Google et Facebook, une menace qui fait chuter le prix des actions

Les PDG des GAFA ont été auditionnés par le Congrès américain dans le cadre d'une enquête antitrust, une séance marquée par des échanges tendus entre les participants

50 États et territoires américains annoncent une vaste enquête antitrust sur Google, pendant que Facebook fait l'objet d'une enquête sur sa position dominante dans l'industrie des réseaux sociaux

Le gouvernement américain s'apprête à poursuivre Google, pour avoir monopolisé les publicités en ligne, dans les prochains mois
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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 24/07/2020 à 11:18
Trois législateurs chargés d'interroger les GAFA sur leur abus supposé de position dominante,
disposent de milliers de dollars d'actions dans ces entreprises

Le gouvernement américain enquête pour savoir si Amazon, Apple, Facebook et Google font un usage abusif de leur énorme pouvoir de marché pour étouffer la concurrence. La Federal Trade Commission et le ministère de la Justice, qui appliquent les lois antitrust aux États-Unis, se sont partagé l’examen de ces quatre sociétés ; Amazon et Facebook étant sous la surveillance de la FTC, et Apple et Google sous celle du ministère de la Justice.

Une fois la juridiction établie, l'étape suivante consiste pour les deux agences fédérales à décider si elles souhaitent ouvrir des enquêtes formelles.

Mais en attendant, trois des législateurs menant cette vaste enquête antitrust détiennent également des actions dans une ou plusieurs de ces sociétés, ce qui crée des conflits d'intérêts potentiels alors que l'enquête approche d'une étape importante, notamment avec les témoignages des PDG (Jeff Bezos d'Amazon, Tim Cook d'Apple, Mark Zuckerberg de Facebook et Sundar Pichai d'Alphabet, société mère de Google) qui doivent commencer lundi devant le comité judiciaire de la Chambre.

Mais le représentant Jim Sensenbrenner (du sous-comité antitrust de la Chambre) et les représentants. Zoe Lofgren et Steve Chabot possèdent également des actions dans ces sociétés, selon leurs dernières informations financières. Les trois membres du comité judiciaire de la Chambre seront chargés d'interroger les PDG de la technologie lundi.

Il n'est pas illégal pour les législateurs de détenir des actions dans des entreprises, même lorsqu'une enquête sur ces entreprises est en cours. Mais les avoirs pourraient créer des conflits d'intérêts potentiels ou miner la confiance du public dans l'enquête.

Sensenbrenner, un républicain du Wisconsin et le principal représentant du Parti républicain au sein du comité antitrust, possède plus de 98 000 $ d'actions dans les quatre sociétés réunies. Il possède 26 658 $ chez Apple, 27 035 $ sur Amazon, 37 384 $ dans Alphabet et 7 341 $ sur Facebook, selon ses derniers états financiers.

Lofgren, une démocrate californienne, détient entre 1 000 et 15 000 dollars d'actions Facebook, Apple et Alphabet chacune, selon ses plus récents états financiers. Elle a indiqué qu'elle avait vendu certaines de ces actions de chaque société au cours de la dernière année, sans toutefois préciser le montant exact qui avait été vendu.

Chabot, un républicain de l'Ohio, possède entre 15 000 et 50 000 dollars d'actions Facebook, selon ses plus récents états financiers.


Un porte-parole de Sensenbrenner a déclaré que les actions du membre du Congrès se trouvaient dans une fiducie créée par le défunt père de Sensenbrenner et qu'il ne gérait pas activement le portefeuille. Un porte-parole de Lofgren a déclaré que ses actions faisaient l'objet d'un roulement IRA géré par son mari et qu'elle ne gérait pas les avoirs.

Ce ne sont pas les premiers législateurs à attirer l'attention sur leurs possessions d'actions de sociétés sur lesquelles ils sont chargés d'enquêter. Stat News a rapporté lundi que les représentants Joe Kennedy et Michael Burgess sont membres d'un comité de la Chambre qui interrogera les sociétés pharmaceutiques sur la recherche sur le COVID-19, malgré le fait que les deux représentants détiennent des actions de ces sociétés.

Un abus de pouvoir qui étouffe la concurrence ?

Google

De nombreux concurrents de Google se sont plaints du fait que Google mette ses services, ainsi que ceux de ses partenaires, en premier plan dans le domaine de la recherche, érodant ainsi leur trafic organique. Après avoir noté que les consommateurs ne sont tout simplement plus satisfaits des 10 liens bleus des jours passés, Google a rétorqué que, malgré les changements, il continue d'envoyer une quantité considérable de trafic vers ces sites Web.

Pourtant, le Wall Street Journal a rapporté que la recherche de vidéos sur Google plaçait celles publiées sur sa plateforme YouTube plus haut que celles publiées sur les plateformes rivales, même lorsque ces vidéos avaient été publiées avant sur Facebook, Dailymotion et d'autres plateformes ou même si elles avaient obtenu plus de vues sur ces plateformes (Google a indiqué ne pas prendre en considération le nombre de vues qu'une vidéo reçoit lors du classement dans la recherche)

Sam Schechner, Kirsten Grind et John West du Wall Street Journal indiquent que :

« Les ingénieurs de Google ont apporté des modifications qui préfèrent effectivement YouTube à d'autres sources vidéo, selon des personnes familières avec le sujet. Au cours des dernières années, les dirigeants de Google ont décidé de donner la priorité à YouTube sur la première page des résultats de recherche, en partie pour générer du trafic vers YouTube plutôt que vers les plateformes des concurrents, et également pour donner à YouTube plus de poids dans les accords commerciaux avec les fournisseurs de contenu qui recherchent du trafic pour leurs vidéos, selon les dires d'une de ces sources. [...]


Une porte-parole de Google, Lara Levin, a déclaré qu'aucune préférence n'était accordée à YouTube ou à tout autre fournisseur de vidéos dans la recherche Google : « Nos systèmes utilisent un certain nombre de signaux provenant du Web pour comprendre quels résultats les gens trouvent les plus pertinents et utiles pour une requête donnée. Pour garantir que ces signaux sont utilisés de manière égale et équitable pour tous les sites, nous utilisons des signaux qui ne sont pas spécifiques à un site ou à une plateforme. Par conséquent, le nombre de vues, de "j'aime" ou de commentaires qu'une vidéo a reçus sur une plateforme donnée n'est pas un facteur dans nos systèmes de classement. Nos systèmes de classement vidéo utilisent les signaux de toutes les sources vidéo de la même manière - aucune préférence n'est accordée à YouTube ou à tout autre fournisseur de vidéos. »

La question sous-jacente ici est de savoir dans quelle mesure Google devrait être autorisé à présenter les résultats de recherche comme bon lui semble, quel que soit le coût pour les autres entreprises

Jusqu'à présent, le gouvernement américain ne s'est pas officiellement prononcé sur son cas, mais il est difficile d'examiner la recherche Google en 2020 et de conclure qu'elle s'est avérée d'une utilité concluante pour la concurrence. Quels que soient les signaux que les algorithmes de l'entreprise pourraient prendre en compte lors du classement des résultats de recherche, c'est toujours Google qui arrive en tête.

Apple

Il en va de même pour les autres GAFA. Le bras de fer entre Apple et le service d’e-mail Hey a levé le voile sur les règles qu'Apple applique à la tête du client. Avant cette année, Apple avait autorisé de nombreuses applications avec des modèles commerciaux similaires à Hey sur l'App Store et il n'était pas nécessaire que ces applications incluent des options d'achat intégrées. La société a également fait des exemptions célèbres pour de grands rivaux, comme Amazon et Netflix, qui ont soit désactivé la possibilité d'acheter des abonnements ou du contenu dans leur application ou ont, dans certains cas, dirigé les utilisateurs vers un navigateur pour ce faire.

La controverse a soulevé d'importantes questions sur la gestion par Apple de l'App Store et si le fabricant d'iPhone exerce un avantage anticoncurrentiel sur les services concurrents de développeurs tiers par le biais de sa taxe de 30 % et son application incohérente des règles de l'App Store.


Apple fait face à plusieurs problèmes, entre autres :
  • Match Group, le parent de Tinder, s'est prononcé cette semaine en disant qu'il n'était pas d'accord avec ses politiques, tout comme le créateur de Fortnite Epic Games.
  • Spotify, qui a déposé une plainte qui a contribué au lancement d’une enquête européenne antitrust, a également exprimé clairement son désaccord.

Apple est également critiqué pour empêcher les ateliers de réparations indépendants d'apporter des réparations à ses produits. Malgré le lancement de son programme de Réparation Indépendante qui est né après une bataille contre les organismes de défense des consommateurs qui a duré plusieurs années Gay Gordon-Byrne, directeur exécutif de Repair.org, qui travaille à l’adoption du projet Right To Repair, a estimé que « Ce geste est encore un écran de fumée » : « Ils vont simplement conserver le contrôle total du monopole de la réparation dans plus d'endroits ». En effet, le programme proposé par Apple a ses limites : pour adhérer au programme, le contrat stipule que les ateliers de réparation indépendants doivent accepter des audits et inspections inopinés par Apple, qui visent, au moins en partie, à rechercher et à identifier l'utilisation de pièces de rechange « interdites », et Apple se réserve le droit d'imposer des amendes au cas où il en découvrirait. Si les ateliers quittent le programme, Apple se réserve le droit de continuer à inspecter les ateliers de réparation sur une période de cinq ans. Apple exige également que les ateliers de réparation du programme partagent des informations sur leurs clients à sa demande, notamment les noms, numéros de téléphone et adresses personnelles.

Apple a également tenté de faire d'un atelier indépendant en Norvège un exemple pour décourager les réparateurs européens qui utilisent des pièces de rechange n'ayant pas été fournies par Apple pour réparer ses dispositifs.

Source : état des finances (Sensenbrenner, Logfren -1, 2 -, Chatbot), Stat News

Et vous ?

Pensez-vous qu'il soit possible de juger objectivement les activités d'une société dans laquelle nous détenons des actions ? Pourquoi ?
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Avatar de Stan Adkens
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 23/09/2020 à 9:46
Tim Cook à propos des enquêtes antitrust : « Il n'y a pas de monopole ici »,
« Nous sommes sur des marchés très, très concurrentiels »

Tim Cook, le PDG d'Apple, a accordé une interview à l'Atlantic Festival lundi dernier. Pendant l’interview à distance lors de l’ouverture de l'événement, M. Cook a parlé de l'enquête antitrust du Congrès, de la protection de la vie privée, de sa relation avec le président des États-Unis Donald Trump et de la manière dont Apple fait face aux mesures de confinement prises par les autorités pour freiner le coronavirus, d’après la vidéo YouTube de l’entretien.

Alors que les autorités américaines enquêtent depuis plus d'un an sur la possibilité d'abus de position dominante par la big tech ainsi que sur la pertinence des lois antitrust existantes et de leur application, Tim Cook a déclaré à l'Atlantic Festival que les grandes entreprises méritaient d'être examinées et qu'il n'avait aucun problème à ce qu'Apple fasse l'objet d'une enquête pour des questions d'antitrust en déclarant qu’on ne devrait pas parler de monopole en ce qui concerne Apple.


« Je pense que les grandes entreprises méritent un examen minutieux. Et je pense que c'est non seulement juste, mais important pour le système que nous avons en Amérique. Je n'ai donc aucun problème à ce qu'Apple soit placée sous le microscope et à ce que les gens regardent et sondent. J'espère qu'à mesure que les gens entendront notre histoire et qu'ils continueront à l'entendre, il leur apparaîtra aussi clairement qu'à nous que nous n'avons pas de monopole. Il n'y a pas de monopole ici ».

Cook a poursuivi en a abordant la question du matériel, qui n'a jamais été soulevée comme une préoccupation, plutôt que de discuter de l'App Store. Il a déclaré que les marchés sur lesquels Apple opère pour les smartwatches, les tablettes et les ordinateurs étaient extrêmement concurrentiels, les décrivant comme « essentiellement des combats de rue pour des parts de marché ».

« Nous sommes sur des marchés très, très concurrentiels comme les smartphones, les smartwatches, les tablettes et les ordinateurs personnels. Ces choses sont très concurrentielles. Ce sont essentiellement des combats de rue pour des parts de marché. Notre stratégie de base en tant qu'entreprise est de faire le meilleur et non le plus... cette stratégie de base ne produira jamais un monopole. Il est très rare, presque impossible pour les meilleurs de devenir aussi les premiers. Quelqu'un choisira un produit de base et il y aura suffisamment de gens qui achèteront ce produit de base pour qu'il ait plus de parts de marché. Et c'est vrai dans tous les domaines où nous sommes présents ».

Pour cela le PDG d’Apple pense que son entreprise devrait se retirer de l’enquête en cours : « J'espère que les gens ont entendu cela et qu'ils ont entendu comment nous nous conduisons, parce que c'est très important pour nous. Nous faisons toujours ce que nous croyons être justes et nous nous conduisons avec la plus grande intégrité et le plus grand professionnalisme. J'espère que cela est apparu et que nous pourrons nous retirer de cette enquête ».

« Nous considérons la vie privée comme un droit de l'homme fondamental »

L'autre grande préoccupation à propos des entreprises technologiques est bien sûr la protection de la vie privée, et M. Cook a naturellement tenu à souligner la position d'Apple sur ce point - et à faire remarquer qu’Apple a vu les problèmes potentiels avant même que la plupart des entreprises ou des gouvernements n'y aient pensé.

« Nous considérons la vie privée comme un droit de l'homme fondamental, un droit de l'homme très fondamental. Et de notre point de vue, si vous la considérez du point de vue américain, elle est le fondement sur lequel reposent d'autres libertés », a déclaré Cook lors de l’interview.

« Et donc, depuis toujours, ce n'est pas quelque chose que j'ai commencé, mais depuis la fondation d'Apple, nous nous sommes toujours souciés de la vie privée des gens. Parce que nous avons vu le jour, pas exactement comment cela s'est passé, mais nous avons vu que le monde numérique avait la capacité de détruire la vie privée. Et donc je sais que nous avons été un peu sur une île. Il y a plus de gens qui viennent sur l'île, ce dont je suis très heureux, mais nous avons fait une série de choix différents de ceux de certaines autres entreprises ».

Tim Cook intervient à partir de la 15e minute


En ce qui concerne sa relation avec le président Trump et la manière dont il interagit avec le président, M. Cook a déclaré qu'il considérait les conversations spécifiques qu'il a eues avec M. Trump comme des « conversations privées » et qu'il ne voulait pas entrer dans le vif du sujet, mais il a réitéré une chose qu'il a déjà dite plusieurs fois : qu'il vaut mieux être impliqué que de ne pas faire partie de la conversation.

« Je crois qu'il vaut mieux être impliqué, que vous soyez d'accord sur une question ou que vous soyez en désaccord sur un point. Chez Apple, nous nous concentrons donc sur la stratégie. Nous ne nous concentrons pas sur la politique. Cela nous permet de rester en dehors de la mêlée quotidienne de la politique et de nous concentrer sur les choses qui sont très importantes pour nous ».

Apple ne compte pas rester en travail à distance à long terme

En ce qui concerne le passage au travail à domicile imposé par la crise du covid-19, M. Cook a déclaré qu’Apple était une entreprise très collaborative, et qu'il voulait vraiment que la plupart des gens retournent au bureau – à la différence de ces entreprises qui comptent laisser les employés travailler à domicile à long terme –, cependant, il a dit que certaines choses continueraient à se faire de manière virtuelle.

« En toute franchise, ce n'est pas comme être ensemble physiquement. Et donc j'ai hâte que tout le monde puisse revenir au bureau. Je ne crois pas que nous allons revenir à ce que nous étions, parce que nous avons découvert qu'il y a des choses qui fonctionnent très bien virtuellement. Mais des choses comme la créativité et l’heureux hasard dont vous parlez, ces choses-là, dépendent du fait que les gens se croisent au cours de la journée. Nous avons conçu l'ensemble de notre bureau de manière à ce qu'il y ait des zones communes où les gens se rassemblent et parlent de différentes choses. Et vous ne pouvez pas programmer ces moments ».

« Et donc je pense que la grande majorité d'entre nous ne peut pas attendre de pouvoir retourner au bureau. Vous savez, j'espère que cela se produira l'année prochaine, qui sait exactement quelle sera la date. Nous avons environ 10 à 15 % de nos effectifs qui travaillent aujourd'hui au bureau. Je suis également au bureau à différents moments de la semaine, mais la grande majorité, 85 à 90 % de l'entreprise travaille encore à distance ».

Apple a fait face à de nombreuses critiques concernant App Store, le seul moyen pour les propriétaires de produits de la marque d'acheter et d'installer des logiciels. Auditionné en juillet - en même temps que Sundar Pichai d’Alphabet, maison mère de Google, Mark Zuckerberg de Facebook et Jeff Bezoz d’Amazon - par la Commission judiciaire de la Chambre des représentants du Congrès américain, M. Cook a défendu son magasin en ligne et une commission qui y est appliquée aux vendeurs d’Applications.

« Les commissions d'Apple sont comparables ou inférieures aux commissions facturées par la majorité de nos concurrents », a déclaré Tim Cook. « Et elles sont largement inférieures aux 50 à 70 % que les développeurs de logiciels ont payé pour distribuer leur travail avant le lancement de l'App Store », a-t-il ajouté.

Le PDG d’Apple avait aussi souligné que son entreprise n’était pas en situation de monopole, en déclarant qu’Apple « n'a pas de part de marché dominante sur aucun des marchés où nous exerçons nos activités ». « Le marché des smatphones est extrêmement concurrentiel et des entreprises comme Samsung, LG, Huawei et Google ont bâti des entreprises de smartphones très réussies offrant différentes approches », a-t-il déclaré devant le Congrès.

Source : Vidéo YouTube

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
Pensez-vous aussi que les marchés sur lesquels Apple fait des affaires sont « très, très concurrentiels » ?

Voir aussi :

Les PDG des GAFA ont été auditionnés par le Congrès américain dans le cadre d'une enquête antitrust, une séance marquée par des échanges tendus entre les participants
Tim Cook, DG d'Apple, affirme que les monopoles ne sont pas mauvais tant qu'il n'y a pas d'abus, et insiste sur le fait qu'Apple n'est pas en situation de monopole
Tim Cook : Apple n'est pas en situation de monopole puisqu'il vend moins que Samsung, « nous n'avons une position dominante sur aucun marché »
Mark Zuckerberg : Apple fait payer des « loyers de monopole » avec sa « mainmise » sur les iPhone, l'App Store « bloque l'innovation, bloque la concurrence »
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Le 08/10/2020 à 12:01
Amazon, Facebook, Apple, et Google ont des pouvoirs de monopole, c’est pourquoi ils doivent être démantelés,
D'après le rapport parlementaire US

Une enquête approfondie de 16 mois menée par la sous-commission judiciaire de la Chambre des représentants sur les lois antitrust, commerciales et administratives sur quatre grandes entreprises - Amazon, Apple, Facebook et Google – a abouti à une conclusion. Un rapport de 450 pages des investigations, qui ont chercher à savoir si ces grandes entreprises technologiques ont abusé de leur position dominante pour empêcher la concurrence et demeurer au sommet, a été rendu mardi en fin d’après-midi : le secteur technologique souffre effectivement d'abus de « pouvoir monopolistique », a conclu la sous-commission.

La législation antitrust s'est intéressée à comment les quatre entreprises technologiques sont parvenues à leur domination sur le secteur. La sous-commission a voulu savoir si elles ont utilisé leur masse pour éliminer d’autres entreprises ou si elles ont injustement exploité différents secteurs de leur entreprise pour évincer les plus petits concurrents. Un rapport cinglant détaillant les abus de pouvoir de marché par les GAFA suggère un chemin difficile à parcourir avant de nouvelles règles et une application plus stricte pour la Big Tech si le candidat démocrate à la présidence Joe Biden accède à la Maison-Blanche.


« Tels qu'ils existent aujourd'hui, Apple, Amazon, Google et Facebook possèdent chacun un pouvoir de marché significatif sur de larges pans de notre économie. Ces dernières années, chaque entreprise a étendu et exploité son pouvoir sur le marché de manière anticoncurrentielle », ont déclaré Jerrold Nadler, démocrate et président de la Commission judiciaire, et David Cicilline, démocrate et président de la sous-commission antitrust, dans une déclaration commune. « Notre enquête ne laisse aucun doute sur le fait qu'il existe un besoin clair et impérieux pour le Congrès et les autorités antitrust de prendre des mesures qui rétablissent la concurrence, améliorent l'innovation et protègent notre démocratie ».

Avec les élections qui approchent à grands pas et un nouveau Congrès qui doit prêter serment en janvier, il est peu probable que les recommandations de la sous-commission antitrust de la Chambre des représentants soient mises en œuvre cette année. Cependant, selon Reuters, les experts en matière de la concurrence et les assistants du Congrès ont déclaré que le rapport du panel établit une feuille de route pour le Parti démocrate afin de freiner la domination de Google d’Alphabet, Apple, Amazon, et Facebook.

Le représentant américain David Cicilline, président du panel antitrust de la Chambre, a déclaré à Reuters dans une interview mercredi qu'il pense qu'une administration Biden serait réceptive au rapport. « Il (Biden) a parlé de la façon dont les plateformes de Big Tech abusent de leur pouvoir », a déclaré Cicilline. « Il reconnaît que ce genre de concentration économique sape la démocratie ». Dans tous les cas, les conclusions du rapport augmentent les chances de nouvelles lois à l'avenir.

Les abus de marché par les GAFA découverts par l’enquête de la Commission parlementaire antitrust

Après avoir tenu sept audiences, examiné plus de 1,3 million de documents internes, mené plus de 240 entretiens et étudié les observations de 38 experts en matière d'ententes, la Commission a trouvé des preuves que les quatre entreprises ont agi de manière anticoncurrentielle et continuent de le faire jusqu’à présent. La sous-commission a constaté que les GAFA utilisaient des « acquisitions tueuses » pour frapper leurs rivaux, facturaient des frais exorbitants et forçaient les petites entreprises à conclure des contrats « oppressants » au nom du profit.

Le comportement d’Amazon sur le marché du détail décrié

Amazon est dominant dans les ventes en ligne, selon le comité antitrust. Entre ses ventes de première partie et son marché tiers, Amazon contrôle environ 50 % du marché américain du commerce électronique et un pourcentage beaucoup plus élevé dans certains secteurs, comme les livres électroniques. Et la société utilise ce pouvoir monopolistique de contrôle de manière déloyale, a conclu la commission.

Le rapport mentionne également le fait qu’Amazon soit aussi un détaillant sur sa plateforme dans de nombreuses catégories de marchandises. Il est en concurrence directe avec les vendeurs pour lesquels il fournit des infrastructures et qui dépendent de la plateforme en ligne pour leur subsistance. Selon le rapport, il récupère les données des ventes de tiers pour informer ses propres lancements de produits. Amazon exploite également une entreprise de logistique qu'elle force les vendeurs à utiliser en permettant à son algorithme opaque de "boîte d'achat" de pénaliser les vendeurs qui ne le font pas.

Le comité a aussi relevé un comportement anticoncurrentiel d’Amazone lors de plusieurs de ses dizaines d'acquisitions au cours de la dernière décennie. Ces achats ont, non seulement, réduit le choix des consommateurs et ont considérablement élargi la réserve de données d'Amazon sur les consommateurs, mais dans au moins un cas, Amazon a utilisé des prix d'éviction pour sous-coter et finalement acquérir une entreprise rivale de manière anticoncurrentielle, d’après le panel de la Commission.

Des pratiques commerciales anticoncurrentielles d’Apple sur l’App Store visées par le panel

Entre autres, le comité a constaté qu’Apple contrôle environ 45 % du marché américain des smartphones et 20 % du marché mondial des smartphones. S’il est exact que, sur le marché des smartphones, Apple n'est pas un monopole, - et qu’au contraire, iOS et Android détiennent un duopole effectif dans les systèmes d'exploitation mobiles -, le rapport conclut qu'Apple a une emprise monopolistique sur ce que l'on peut faire avec un iPhone.

Vous ne pouvez mettre des applications sur votre téléphone que via l'App Store, et Apple a un contrôle total sur ce magasin en ligne - c'est pour cela qu'Epic Games et plusieurs autres entreprises se plaignent des pratiques de la société. Ce contrôle monopolistique permet à Apple de « générer des profits supranormaux » à partir de l'App Store, selon le rapport, et ces profits sont devenus un pourcentage considérablement plus élevé des revenus d'Apple au fil du temps, générant maintenant des milliards de plus que ce que la société dépense annuellement pour gérer l'App Store.

Le rapport mentionne également le système de paiement in-app qu’Apple lie à l'App Store de manière anticoncurrentielle. Citant des communications internes d'Apple ainsi que des témoignages des fondateurs de ProtonMail et Hey, entre autres, le rapport constate qu'« Apple a utilisé son pouvoir sur l'App Store pour exiger des développeurs qu'ils mettent en place l’option d’achat in-app, sous peine d'être expulsés de l'App Store ».

L'utilisation des données et les acquisitions par Facebook scrutées

Selon le rapport, Facebook a carrément « un pouvoir de monopole sur le marché des réseaux sociaux », et ce pouvoir est « fermement ancré et peu susceptible d'être érodé par la pression concurrentielle » de quiconque en raison « des barrières à l'entrée élevées - y compris les effets de réseau importants, les coûts de changement de fournisseur élevés, et l'avantage significatif de Facebook en matière de données - qui découragent la concurrence directe d'autres entreprises pour offrir de nouveaux produits et services ».

Facebook prétend qu'il est en concurrence avec d'autres plateformes telles que Twitter, TikTok, Snapchat et Pinterest. Mais il ne concurrence pas les autres grandes plateformes, comme Instagram, parce qu'il les a rachetées avant qu'elles ne puissent devenir une véritable concurrence. Les quatre principales applications de la société, Facebook, Instagram, Messenger et WhatsApp, regroupent quatre des sept applications mobiles les plus populaires aux États-Unis.

Comme preuve de comportements antitrust, le rapport a cité les communications internes du PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, et d'autres dirigeants de l'entreprise. « Les acquisitions en série de Facebook reflètent l'intérêt de l'entreprise pour l'achat de sociétés qui avaient le potentiel de devenir des rivales avant qu'elles ne deviennent de véritables menaces concurrentielles », conclut-il. Facebook a utilisé certaines de ces acquisitions, comme le service VPN Onavo, pour recueillir des données non publiques sur les applications d'autres entreprises, puis utiliser ces données pour étayer sa propre stratégie d'acquisition, selon le comité.

De mauvaises pratiques de Google avec Search mis en avant

Si la position de Google en tant que moteur de recherche dominant est établie, le rapport a constaté qu’au cours des 20 dernières années, l'entreprise a modifié son comportement « pour classer les résultats de recherche en fonction de ce qui est le mieux pour Google, plutôt que de ce qui est le mieux pour les utilisateurs », « que ce soit en préférant ses propres sites verticaux ou en allouant plus d'espace aux annonces ».

Un annonceur a déclaré au comité que Google « force effectivement ses clients publicitaires à payer pour la capacité à atteindre les consommateurs qui recherchent spécifiquement la marque du client », ajoutant que puisqu'il n'y a presque pas de réelle concurrence dans la recherche, « Google a la capacité de facturer des prix potentiellement gonflés pour ses services publicitaires en forçant les clients à augmenter leurs offres afin de recevoir une position plus favorable ».

Le comité a également constaté que Google a étendu sa portée sur Android de manière anticoncurrentielle en regroupant et en donnant la préférence à de nombreuses autres fonctionnalités de Google, notamment Google Search. La stratégie de l'entreprise consistant à accorder des licences gratuites pour Android, mais « en conditionnant l'accès aux applications incontournables de Google à un traitement favorable pour Google Search » a permis à l'entreprise de bloquer avec succès ses concurrents. Les régulateurs européens ont infligé à Google une amende de 5 milliards de dollars pour un comportement similaire en 2018.

La réaction des GAFA suite au rapport

Selon Reuters, Google a déclaré dans un communiqué qu'il est en concurrence « équitable dans un secteur en évolution rapide et hautement compétitif. Nous ne sommes pas d'accord avec les rapports d'aujourd'hui, qui présentent des allégations dépassées et inexactes de la part de rivaux commerciaux concernant Search et d'autres services ». Apple a déclaré que « L'examen est raisonnable et approprié, mais nous sommes en désaccord total avec les conclusions ». La société a également défendu ses taux de commission et a déclaré qu'elle publierait une réponse plus détaillée dans les prochains jours.

Facebook dit aussi qu’il est en situation de concurrence : « Nous sommes en concurrence avec une grande variété de services et des millions, voire des milliards, de personnes les utilisent. Les acquisitions font partie de tous les secteurs d'activité, et ne sont qu'un moyen parmi d'autres d'innover en matière de nouvelles technologies pour offrir plus de valeur aux gens ».

En prévision de la publication de ce rapport, Amazon a mis en garde, dans un billet de blog publié mardi, contre les « notions marginales d'antitrust » et les interventions sur le marché qui « tueraient les détaillants indépendants et puniraient les consommateurs en forçant les petites entreprises à quitter les magasins populaires en ligne, en augmentant les prix et en réduisant le choix des consommateurs ».

Les recommandations de la Commission antitrust de la Chambre

Le rapport recommande des séparations structurelles et des restrictions de branches d'activité, c’est-à-dire que les GAFA doivent être scindés. Selon le panel, ces plateformes exploitent leur intégration, liant les produits et les services entre eux de manière anticoncurrentielle tout en exploitant cette domination pour soutirer des profits à des concurrents potentiels. Le Congrès devra aussi examiner les projets de loi qui imposeraient la non-discrimination. Les géants de la technologie ne devront plus préférer systématiquement leur propre contenu à celui de tiers.

Promouvoir l'innovation par l'interopérabilité et le libre accès. En effet, si les données deviennent accessibles, il devient plus difficile d'en abuser de manière anticoncurrentielle, note le rapport. L'UE envisage également d'adopter une loi qui rendrait obligatoire l'interopérabilité des données entre les plateformes. La Commission parlementaire veut réduire le pouvoir de marché grâce aux présomptions de fusion. Elle propose de renverser la charge de la preuve : les acquisitions par des plateformes dominantes seraient considérées comme anticoncurrentielles jusqu'à ce que les parties à la fusion puissent prouver le contraire.

Les suggestions allaient de l'agressivité, comme celle d'empêcher des entreprises comme Amazon d'exploiter les marchés sur lesquels elles sont également en concurrence, à des mesures moins controversées, comme l'augmentation des budgets des agences chargées de faire appliquer la loi antitrust.

Bien que les représentants républicains membres du panel conviennent que les conclusions de l’enquête ont du mérite, ils ne sont pas d’accord avec toutes les recommandations du rapport. Maintenant que le rapport est rendu public, « Il est clair que la balle est dans le camp du Congrès », a déclaré Ken Buck, membre républicain de la sous-commission antitrust, qui a publié un projet de réponse.

Sources : Rapport d’enquête, Amazon

Et vous ?

Que pensez-vous du rapport ?
Quels commentaires faites-vous des arguments de la Commission antitrust pour proposer la désintégration des GAFA ?
Pensez-vous qu’une loi basée sur les propositions parviendra à diviser les géants de la technologie ?

Voir aussi :

Antitrust : les USA pourraient poursuivre Google en justice dès la semaine prochaine, le DOJ cherche à obtenir le soutien des États, Google pourrait faire face à un bloc très difficile à affronter
USA : le rapport antitrust parlementaire propose un démantèlement des GAFA, alors que de nouvelles informations sur l'acquisition d'Instagram par Facebook retardent la remise du rapport
Facebook, Google, Apple et Amazon enfreignent la loi antitrust des USA d'après les conclusions d'une enquête parlementaire. Les démocrates recommandent entre autres le démantèlement
Google aurait renforcé sa position sur le marché des comparaisons des prix malgré les injonctions de l'UE, selon une étude publiée par 25 de ses concurrents
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Le 15/07/2020 à 19:59
L'enquête antitrust américaine contre Google se rapproche à grands pas,
pour déterminer si l'entreprise fait un usage abusif de son énorme pouvoir sur le marché de la recherche

Des enquêtes sur la concurrence sont en cours contre les GAFA aux États-Unis et les PDG de ces sociétés devraient être entendus par la Chambre des représentants plus tard ce mois-ci via une réunion en ligne. Certains éléments indiquent que le cas contre Google ouvrira le bal.

Le contrôle des pratiques commerciales de l’entreprise s’est accéléré depuis. Politico a rapporté la semaine dernière que la Californie, qui avait suspendu une enquête menée par 48 procureurs généraux, se préparait à lancer sa propre enquête sur les pratiques de Google en matière de concurrence. Comme le notait Leah Nylen dans ce rapport : « L'Alabama est désormais le seul État à ne pas enquêter sur l'entreprise ».

De nombreux concurrents de Google se sont plaints du fait que Google mette ses services, ainsi que ceux de ses partenaires, en premier plan dans le domaine de la recherche, érodant ainsi leur trafic organique. Après avoir noté que les consommateurs ne sont tout simplement plus satisfaits des 10 liens bleus des jours passés, Google a rétorqué que, malgré les changements, il continue d'envoyer une quantité considérable de trafic vers ces sites Web.

Ailleurs, le Wall Street Journal a rapporté mardi que la recherche de vidéos sur Google plaçait celles publiées sur sa plateforme YouTube plus haut que celles publiées sur les plateformes rivales, même lorsque ces vidéos avaient été publiées avant sur Facebook, Dailymotion et d'autres plateformes ou même si elles avaient obtenu plus de vues sur ces plateformes (Google a indiqué ne pas prendre en considération le nombre de vues qu'une vidéo reçoit lors du classement dans la recherche)

Sam Schechner, Kirsten Grind et John West du Wall Street Journal indiquent que :

« Les ingénieurs de Google ont apporté des modifications qui préfèrent effectivement YouTube à d'autres sources vidéo, selon des personnes familières avec le sujet. Au cours des dernières années, les dirigeants de Google ont décidé de donner la priorité à YouTube sur la première page des résultats de recherche, en partie pour générer du trafic vers YouTube plutôt que vers les plateformes des concurrents, et également pour donner à YouTube plus de poids dans les accords commerciaux avec les fournisseurs de contenu qui recherchent du trafic pour leurs vidéos, selon les dires d'une de ces sources. [...]

Une porte-parole de Google, Lara Levin, a déclaré qu'aucune préférence n'était accordée à YouTube ou à tout autre fournisseur de vidéos dans la recherche Google : « Nos systèmes utilisent un certain nombre de signaux provenant du Web pour comprendre quels résultats les gens trouvent les plus pertinents et utiles pour une requête donnée. Pour garantir que ces signaux sont utilisés de manière égale et équitable pour tous les sites, nous utilisons des signaux qui ne sont pas spécifiques à un site ou à une plateforme. Par conséquent, le nombre de vues, de "j'aime" ou de commentaires qu'une vidéo a reçus sur une plateforme donnée n'est pas un facteur dans nos systèmes de classement. Nos systèmes de classement vidéo utilisent les signaux de toutes les sources vidéo de la même manière - aucune préférence n'est accordée à YouTube ou à tout autre fournisseur de vidéos. »


Et pourtant, malgré l'utilisation de tous ces signaux, YouTube reste le plus souvent le gagnant. Google parle souvent des résultats de recherche comme s'il s'agissait de phénomènes naturels, comme la gravité, plutôt que du résultat d'une prise de décision insufflée dans un algorithme.

La question sous-jacente ici est de savoir dans quelle mesure Google devrait être autorisé à présenter les résultats de recherche comme bon lui semble, quel que soit le coût pour les autres entreprises. L'Union européenne a infligé une amende à la société à trois reprises au fil des ans pour avoir agi d'une manière qui, selon elle, a nui à la concurrence.

Jusqu'à présent, le gouvernement américain ne s'est pas officiellement prononcé sur son cas, mais il est difficile d'examiner la recherche Google en 2020 et de conclure qu'elle s'est avérée d'une utilité concluante pour la concurrence. Quels que soient les signaux que les algorithmes de l'entreprise pourraient prendre en compte lors du classement des résultats de recherche, c'est toujours Google qui arrive en tête.

Notons que le mois dernier, des sources ont indiqué que des procureurs généraux d'États américains, qui enquêtent sur Google à la recherche d’éventuelles violations des lois antitrust, planchaient vers une incitation à la dissolution de son activité publicitaire.

« Les tribunaux sont très préoccupés par le fait que le démantèlement d’une entreprise puisse nuire aux consommateurs et aggraver la situation pour les personnes qui n’ont pas l’expertise pour le faire », a déclaré Stephen Houck, conseiller de Google qui a été l’un des avocats du gouvernement dans l’affaire antitrust de Microsoft il y a deux décennies.

Pour la défense de Google, un porte-parole de l'entreprise a déclaré dans un communiqué : « nous continuons de participer aux enquêtes en cours menées par le ministère de la Justice et le procureur général Paxton, et nous n’avons aucune mise à jour ou commentaire sur la spéculation. Les faits sont clairs. Nos produits de publicité rivalisent dans une industrie surpeuplée avec des centaines de concurrents et de technologies, et ont contribué à réduire les coûts pour les annonceurs et les consommateurs ».

Source : Politico, Wall Street Journal
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Le 04/09/2020 à 8:44
Le procureur général US se donne jusqu'à la fin de ce mois pour lancer un procès antitrust contre Google,
mais les avocats s'inquiètent du fait que le délai soit précipité pour servir les intérêts de la campagne de Trump

Le ministère de la Justice prévoit d'intenter une action antitrust contre Google dès ce mois-ci, après que le procureur général William P. Barr a rejeté la demande des avocats qui ont déclaré qu'ils avaient besoin de plus de temps pour constituer une affaire solide contre l'entreprise, selon cinq personnes informées des conversations internes du service.

Des responsables du ministère de la Justice ont demandé aux avocats impliqués dans l'enquête antitrust sur Alphabet, la société mère de Google et YouTube, de conclure leurs travaux d'ici la fin du mois de septembre, selon trois personnes. La plupart des quelque 40 avocats qui avaient travaillé sur l'enquête se sont opposés au délai. Certains ont dit qu'ils n’allaient pas participer à l’action contre Google dans ces conditions et plusieurs d'entre eux ont quitté l'affaire cet été.

Certains ont fait valoir cet été dans une note de service qu'ils pouvaient présenter un dossier solide, mais avaient besoin de plus de temps, selon les personnes qui ont décrit le document. Le désaccord a persisté au sein de l'équipe sur l'ampleur de la plainte et sur ce que Google pourrait faire pour résoudre les problèmes découverts par le gouvernement. Les avocats ont considéré la date limite comme arbitraire.

Des avocats s'inquiètent du fait que le délai soit précipité pour servir les intérêts de la campagne de Trump

Bien qu'il y ait eu des désaccords sur les tactiques, les avocats ont également exprimé leur inquiétude quant au fait que Barr veuille annoncer l'affaire en septembre pour s'attribuer le mérite d'une action contre une puissante société de technologie sous l'administration Trump.

Mais Barr a estimé que le ministère avait progressé trop lentement et que le délai n'était pas déraisonnable, selon un haut fonctionnaire du ministère de la Justice.

Ancien dirigeant de l'industrie des télécommunications qui a plaidé une affaire antitrust devant la Cour suprême, Barr a montré un vif intérêt pour l'enquête Google. Il a demandé des séances d’information régulières sur le cas du ministère, prenant des informations même durant ses voyages et ses vacances.

Lorsque Barr a imposé une date limite à l'enquête, certains avocats craignaient que cette décision ne soit conforme à sa volonté de passer outre leur recommandation sur des affaires qui intéressent vivement le président Trump, qui a accusé Google de partialité à son égard.

L'affaire Google pourrait également être brandie par Trump comme un élément d’accomplissement durant la saison électorale sur une question que les démocrates et les républicains considèrent comme un problème majeur : l'influence des plus grandes entreprises technologiques sur les consommateurs et la possibilité que leurs pratiques commerciales aient étouffé de nouveaux concurrents et entravées des industries traditionnelles comme les télécommunications et les médias.


Procureur général William Barr

Une enquête bipartisane

Une coalition de 50 États et territoires soutient l'action antitrust contre Google, ce qui reflète le large soutien bipartite qu'une affaire du ministère de la Justice pourrait avoir. Mais les procureurs généraux des États menant leurs propres enquêtes sur l'entreprise sont divisés sur la façon de procéder, les démocrates étant perçus par les républicains comme ralentissant le travail afin que les affaires puissent être soumises à une administration potentielle de Biden, et les démocrates accusant les républicains de l'avoir précipité sous Trump. Ce désaccord pourrait limiter le nombre d'États qui se joignent à un procès du ministère de la Justice et mettre en péril la nature bipartisane de l'enquête.

Certains avocats du ministère craignent que la détermination de Barr à porter plainte ce mois-ci ne puisse affaiblir leur dossier et finalement renforcer la main de Google, selon des entretiens avec 15 avocats qui ont travaillé sur l'affaire ou qui ont été informés de la stratégie du département. Ils ont demandé à ne pas être nommés par crainte de représailles.

Brianna Herlihy, une porte-parole du ministère de la Justice, a refusé de commenter l'enquête en cours. Jose Castaneda, un porte-parole de Google, a déclaré que l'entreprise « continuerait à s'engager dans les enquêtes en cours » et que ses pratiques commerciales permettaient « d'accroître le choix et la concurrence ».

Lorsque le ministère de la Justice a ouvert son enquête sur Alphabet en juin 2019, les avocats de la division antitrust étaient impatients de participer. Certains au sein de la division l'ont décrit comme le cas du siècle, à égalité avec la dissolution de Standard Oil après l'âge d'or. L’affaire offrait également aux États-Unis une chance de rattraper les régulateurs européens qui se sont montrés plus agressifs sur le secteur technologique, notamment avec le RGPD et les affaires qui en ont découlé.

Alphabet était une cible antitrust évidente. Grâce à YouTube, à la recherche Google, à Google Maps et à une suite de produits publicitaires en ligne, les consommateurs interagissent avec l'entreprise presque chaque fois qu'ils recherchent des informations, regardent une vidéo, parcourent un trajet, passent la commande d’un produit dans une application ou voient une annonce en ligne. Alphabet améliore ensuite ses produits en fonction des informations qu'il glane à chaque interaction de l'utilisateur, ce qui rend sa technologie encore plus dominante.

Des difficultés à s'accorder

Pendant près d'un an, des dizaines d'avocats du ministère de la Justice et d'autres membres du personnel ont travaillé en deux groupes, chacun supervisant un domaine d'enquête distinct: la domination de Google dans la recherche et son contrôle sur de nombreux aspects de l'écosystème de la publicité en ligne.

Google contrôle environ 90 % des recherches sur le Web dans le monde, et ses concurrents se sont plaints que la société ait étendu sa domination en rendant ses outils de recherche et de navigation par défaut sur les téléphones dotés de son système d'exploitation Android. Google capte également environ un tiers de chaque dollar dépensé en publicité en ligne, et ses outils publicitaires sont utilisés pour fournir et mettre aux enchères des publicités qui apparaissent sur Internet.

Le ministère de la Justice a rassemblé des preuves solides de pratiques anticoncurrentielles, ont déclaré trois personnes.

Mais les avocats ont également décrit la politique interne qui a parfois ralenti le travail du département ou creusé un fossé entre les membres de l’équipe.

Makan Delrahim, le chef de la division antitrust du ministère de la Justice, avait poussé le département à enquêter sur Google, mais a été récusé parce qu'il représentait la société dans une acquisition en 2007 qui l'a aidée à dominer le marché de la publicité en ligne.

Aussi, Barr a placé l'enquête sous la direction de Jeffrey A. Rosen, le sous-procureur général, dont le bureau ne superviserait généralement pas une affaire antitrust. Barr et Delrahim étaient également en désaccord sur la façon d'aborder l'enquête, et Barr avait dit à des assistants que la division antitrust était endormie depuis des décennies, en particulier pour ce qui concerne les examens de l'industrie technologique.

Rosen a une formation technique: il était l'avocat principal de Netscape Communications lorsqu'elle a déposé une plainte antitrust contre Microsoft en 2002.

En octobre, Rosen a embauché Ryan Shores, un ancien avocat antitrust, pour diriger l'affaire et s'est engagé à « chercher vigoureusement à remédier à toute violation de la loi, le cas échéant ».

Barr avait également une conseillère de son propre bureau, Lauren Willard, qui s'est jointe à l'équipe à titre de liaison. Elle a rencontré des membres du personnel et a demandé des informations sur l'enquête. Elle a également émis des directives et fait des propositions sur les prochaines étapes.


Qui est responsable de l'action menée par le gouvernement ?

L'affaire semblait avoir deux dirigeants qui n'étaient pas toujours en phase avec qui était responsable, et l'un d'eux siégeait dans le bureau du procureur général.

Alors que des débats au sein de l'équipe ont surgi sur la meilleure façon de procéder contre Google (principalement sur l'opportunité de déposer une plainte comprenant à la fois les éléments de recherche et de publicité, ou de se concentrer sur une ligne d'attaque) les avocats se sont demandé qui aurait le dernier mot. Barr est intervenu ce printemps pour préciser que Shores était responsable. Peu de temps après, Willard s'est retirée de l'affaire pour se concentrer sur d'autres missions.

Les procureurs généraux des États étaient également en désaccord sur la question de savoir s'il fallait porter une affaire avec moins d’éléments qui pourrait être lancée pendant la présidence de Trump ou prendre plus de temps pour déposer une plainte plus large. Le procureur général Phil Weiser du Colorado, un démocrate qui a travaillé au ministère de la Justice d'Obama, a planché pour intenter une vaste action en justice, ont déclaré trois personnes connaissant ses plans. Mais le procureur général Ken Paxton du Texas, un républicain, était à un stade avancé d’une affaire axée sur la technologie publicitaire de Google et estimait qu’elle pouvait être lancée rapidement.

Lorsque le ministère de la Justice a partagé cet été une approche potentielle de l'affaire, plusieurs procureurs généraux des États l'ont considérée comme trop étroite pour qu'ils puissent la soutenir, a déclaré une personne familière avec la présentation.

Les avocats de Google espèrent saisir la politisation de l'affaire par Trump si le ministère de la Justice poursuivait l'entreprise. Les législateurs républicains comme le sénateur Ted Cruz du Texas et le représentant Jim Jordan de l'Ohio, le principal républicain du comité judiciaire de la Chambre, ont accusé des plateformes comme YouTube et Facebook de censurer les voix conservatrices.

Les données des entreprises démentent leurs affirmations, montrant que les républicains sont parmi les chiffres les plus visibles sur leurs services. Et peu de personnalités ont autant de portée sur les réseaux sociaux que Trump lui-même.

Les plaintes du président

Mais le président en avait fait une affaire personnelle. En 2018, il a déclaré que lors de la recherche de « Trump News », le moteur de recherche de Google n'a révélé que des rapports d'organisations de presse qui, selon lui, étaient biaisés contre lui.


« Les résultats de recherche Google pour "Trump News" ne montrent que le visionnement / le reportage de Fake News Media », a-t-il déclaré sur Twitter. « En d'autres termes, ils l'ont TRUQUÉ, pour moi et les autres ». Il a également déclaré que Google avait potentiellement violé la loi.

Barr a récemment fait écho aux critiques du président et a déclaré que les lois antitrust pourraient être utilisées pour empêcher les entreprises de restreindre la diffusion d’opinions conservatrices.

De nombreux membres du personnel de la division antitrust, y compris plus d'une douzaine qui ont été embauchés sous l'administration Trump, ont estimé que les entreprises de recherche et de publicité de Google violaient la loi antitrust. Mais certains ont dit à des associés que Barr les obligeait à présenter des cas « à moitié prêts » afin qu'il puisse dévoiler une plainte d'ici le 30 septembre, selon trois personnes au courant des discussions.

Certains avocats qui estimaient avoir besoin de plus de temps ont fait part de leurs préoccupations dans la note de service et ont abandonné le dossier. Résultat ? Sur la quarantaine d'avocats, environ 20 sont restés dans l'équipe. Les avocats du département ont déclaré que Shores prévoyait de réduire l'équipe cet été. Certaines personnes sont également parties parce que la pandémie de coronavirus leur avait rendu difficile de consacrer du temps à l'affaire. Un avocat de la division civile du département a rejoint les autres membres de l’équipe de Shores.

Le département a approché des avocats d'au moins trois cabinets d'avocats externes pour prendre potentiellement en charge cette affaire, selon deux personnes au courant des discussions. Mais ils ont tous décliné, invoquant des conflits d'intérêts et d'autres obstacles logistiques créés par la pandémie.

Source : Reuters

Et vous ?

Partagez-vous l'inquiétude des avocats qui s'inquiètent du fait que le délai soit précipité pour servir les intérêts de la campagne de Trump ?
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Le 15/10/2020 à 15:42
Bill Gates : « j'étais naïf chez Microsoft, je n'ai pas réalisé que le succès entraînerait un examen antitrust »
une réglementation des grandes entreprises de la Tech pourrait arriver bientôt, dit-il

Bill Gates, le cofondateur et ancien PDG de Microsoft s’est entretenu avec CNBC cette semaine au sujet des relations tendues entre le gouvernement américain et la Big Tech, à un moment où la sous-commission judiciaire de la Chambre des représentants sur les lois antitrust a publié un rapport qui conclut que ces groupes détiennent un pouvoir monopolistique. Bill Gates a déclaré à CNBC que les règles vont quelque peu changer à propos de la possibilité d'une réglementation antitrust pour les grandes entreprises de la Tech. Selon lui, il y a de fortes chances que cette réglementation arrive.

Ces dix dernières années, les enquêtes antitrust visant la Big Tech se sont multipliées. Ces entreprises sont accusées d’user de pratiques déloyales en vue de garder leur pouvoir, mais aussi leur place de leader sur leur marché respectif. Parmi les accusateurs, on retrouve plusieurs jeunes concurrents, certains politiques et parfois même des États ou le ministère de la Justice. L’année dernière, la sous-commission judiciaire de la Chambre des représentants sur les lois antitrust a lancé une vaste enquête sur les GAFA. Elle a rendu son verdict au début du mois, avec de mauvaises conclusions pour les GAFA.

Interrogé sur la situation actuelle et l’évolution des GAFA, notamment celle de Microsoft, Bill Gates a déclaré à CNBC mercredi qu'il avait été naïf au sujet de la surveillance gouvernementale qui vient avec l'augmentation de la taille à l’époque où il dirigeait Microsoft. Gates a déclaré qu’il a été naïf lorsqu’il a ignoré de faire la lumière sur certaines choses dès le départ. « J'étais naïf chez Microsoft et je ne savais pas que notre succès attirerait l'attention du gouvernement », a déclaré Gates, faisant référence aux défis antitrust de Microsoft d'il y a plus de 20 ans.


« Et donc j’ai fait des erreurs, vous savez, en disant simplement : Hé, je ne vais jamais à Washington, D.C. Et maintenant, je ne pense pas, vous savez, que la naïveté soit au rendez-vous ». Selon ce qu’il dit, il était évident que le gouvernement allait s’en mêler, mais qu’il n’a pas su faire ce qu’il fallait. « Chaque fois que vous devenez une entreprise précieuse, affectant la façon dont les personnes communiquent et même le discours politique véhiculé par votre système et un pourcentage plus élevé de commerce, par le biais de votre système, vous allez vous attendre à beaucoup plus d'attention de la part du gouvernement », a-t-il déclaré.

Notons que Gates a démissionné de son poste de PDG de Microsoft au beau milieu de l'affaire antitrust du ministère américain de la Justice, qui accusait la société d'avoir tenté de monopoliser le marché des navigateurs Web en combinant Internet Explorer et Windows. La société a conclu un accord avec le ministère de la Justice en 2001. À l’époque, il a été remplacé par son ami Steve Ballmer, celui-là même qui avait qualifié Linux de cancer de la propriété intellectuelle. Il est resté PDG de Microsoft jusqu’en 2014, remplacé par Satya Nadella, et a depuis changé d’avis sur le noyau Linux.

Au sujet de la situation actuelle des GAFA, Bill Gates a déclaré qu’il est fort probable qu’une réglementation antitrust pour les grandes technologiques arrive bientôt. « Les règles vont quelque peu changer », a déclaré Gates, en contraste avec la possibilité d'une future réglementation. « Je dirais que les chances qu'ils fassent quelque chose sont assez élevées ». En effet, la semaine passée, la sous-commission judiciaire de la Chambre sur les lois antitrust a publié un rapport qui a conclu qu'Apple, Facebook, Google et Amazon détiennent un pouvoir monopolistique.

« Nous devons obtenir les détails », a déclaré Gates lorsqu'on l'a interrogé sur le risque qu'une réglementation de plus réduise l'innovation. « Y a-t-il une règle concernant l'acquisition ? Y a-t-il une règle sur la division des parties des entreprises, soit - pour créer une disponibilité ouverte de ces ressources ? ». En outre, à la suite de la publication du rapport la semaine dernière, Ballmer a, de son côté, recommandé lors d’un interview sur CNBC que les sociétés de la Big Tech se rendent à Washington et s'engagent de manière proactive auprès des régulateurs.

Toutefois, si cette conclusion de la sous-commission a de quoi inquiéter la Big Tech, Ballmer a aussi déclaré qu’il parierait de l'argent que le Congrès ne les démantèlerait pas. Par exemple, la sous-commission parlementaire s'est penchée sur la question de savoir si Facebook a acquis Instagram pour éliminer un concurrent. Le panel a conclu que Facebook exerce des pouvoirs monopolistiques dans le réseau social et a maintenu sa position en acquérant, copiant ou éliminant ses concurrents. La scission de ces acquisitions pourrait être une possibilité de réglementation future.

Les auteurs du rapport recommandent que le Congrès examine une série de recours potentiels. Cela inclut une séparation structurelle, qui pourrait obliger les entreprises à scinder des parties de leurs activités. Facebook pourrait par exemple être contraint de séparer opérationnellement ou de céder Instagram et WhatsApp, tous deux acquis par l'entreprise. De même, ils demandent au Congrès de considérer toute acquisition par les grandes entreprises technologiques comme anticoncurrentielle, à moins que ces dernières puissent prouver que la fusion serait dans l'intérêt du public.

Source : CNBC

Et vous ?

Qu'en pensez-vous ?

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Trois législateurs chargés d'interroger les GAFA sur leurs pratiques anticoncurrentielles disposent de milliers de dollars d'actions dans ces entreprises
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Avatar de KEKE93
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 15/10/2020 à 17:31
Les procès pour situation monopolistique sont des procédures très très longues.
Le procès anti-trust d'IBM avait duré de 1969 à 1982 et a généré 30 millions de pages

https://www.historyofinformation.com/detail.php?id=923

Tellement long que la situation d'IBM s'est arrangée toute seule au début des années 80, de nouveau concurrents étant venus sur le marché (Cf les PC compatibles, Oracle puis Cisco...); la cour ayant jugé qu'IBM ne méritait plus un tel procés...
IBM, prévoyant un démantellement, avait changé sa structure organisationelle de sorte qu'un démantellement ait le moins d'effet possible et est ainsi devenu un monolithe elephantesque incapable de "danser" face à la concurrence...

C'est ce qui pourrait advenir aussi aux GAFAM.
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Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 26/10/2020 à 10:51
Apple et Google auraient conclu un accord, il y a 15 ans, pour contrôler Internet, le DoJ porte plainte
contre cet accord secret qui vaut des milliards de dollars pour les deux entreprises

Le mardi dernier, le DOJ, le département américain de la Justice, a déposé une plainte contre Google, l’accusant d’utiliser des pratiques illégales pour protéger son monopole sur le marché de la recherche. Google le ferait en concluant des accords avec de grandes enseignes, des contrats exclusifs lui permettant d’étouffer la concurrence. Selon de nouveaux rapports, il a conclu un accord, de plusieurs milliards de dollars, avec Apple pour être le moteur de recherche par défaut sur les appareils Apple, une tactique qui lui permet de contrôler Internet depuis plus de 15 ans.

Google et Apple ont conclu, il y a environ 15 années, un accord pour que le moteur de recherche de Google soit le choix présélectionné (par défaut) sur l'iPhone et d'autres appareils d’Apple. Courant 2017, l’accord, considéré comme étant l'un des accords commerciaux les plus lucratifs de l'histoire, a été révisé par ces deux géants d’Internet. L'accord actualisé a rapporté des milliards de dollars aux deux entreprises et a consolidé leur statut en tête du classement de l'industrie technologique. Désormais, le partenariat est en péril, car la plainte du DOJ le cible spécifiquement.

En déposant sa plainte contre Google mardi dernier, le DOJ a cité l’alliance comme étant un excellent exemple de ce que les procureurs considèrent comme des tactiques illégales de l'entreprise pour protéger son monopole et étouffer la concurrence dans la recherche sur le Web. En effet, l'examen du pacte a mis en lumière la relation particulière entre les deux sociétés les plus importantes de la Silicon Valley, une alliance improbable de deux rivaux historiques qui, d’après les régulateurs, empêche injustement les petites entreprises de prospérer.

Les deux entreprises sont contre l’avis des régulateurs et estiment qu’il y a de nombreux partenariats du genre dans la Silicon Valley. « Nous avons ce genre de terme étrange dans la Silicon Valley : co-opposition », a déclaré Bruce Sewell, avocat général d'Apple entre 2009 et 2017. « Vous avez une concurrence brutale, mais en même temps, vous avez une coopération qui est nécessaire ». Ils sont en concurrence sur pas mal de fronts, comme les smartphones, les cartes numériques et les ordinateurs portables. Mais ils savent aussi se montrer gentils quand cela leur convient.


Selon le DOJ, près de la moitié du trafic de recherche de Google provient d'appareils Apple

Sur plusieurs partenariats existant entre les deux sociétés, l’on estime que peu d'accords ont été plus avantageux pour les deux parties que celui de la recherche sur l'iPhone. À titre d’exemple, selon le DOJ, près de la moitié du trafic de recherche de Google provient désormais d'appareils Apple, et la perspective de perdre l'accord avec Apple aurait été décrite en interne comme un scénario de “code rouge” au sein de l'entreprise. Lorsque les utilisateurs de l'iPhone effectuent des recherches sur Google, ils voient les annonces de recherche qui font tourner l'activité de Google.

Ils peuvent également trouver leur chemin vers d'autres produits Google, comme YouTube. Un ancien dirigeant de Google, qui a demandé à ne pas être identifié parce qu'il n'était pas autorisé à parler de l'accord, a déclaré au New York Times (NYT) que la perspective de perdre le trafic venant des appareils Apple était “terrifiante” pour la société. Le DOJ, qui demande une injonction du tribunal empêchant Google de conclure des accords comme celui-ci, a affirmé que l'accord a injustement contribué à faire de Google une entité qui traite 92 % des recherches sur Internet dans le monde.

Le DOJ a également déclaré que cela a fait de Google le centre de la vie en ligne des consommateurs, une situation qui profite aussi bien à Apple qu’à Google. L’on estime qu'Apple reçoit aujourd'hui entre 8 et 12 milliards de dollars de paiements annuels, contre 1 milliard de dollars par an en 2014, en échange de l'intégration du moteur de recherche de Google dans ses produits. Il s'agit probablement du plus gros paiement que Google verse à quiconque et représente 14 à 21 % des bénéfices annuels d'Apple. Ce n'est certainement pas de l'argent qu'Apple serait impatient de laisser tomber.

L'accord a été révisé plusieurs fois ces dernières années pour leur permettre d'augmenter les revenus de la recherche en ligne

Selon la plainte du DOJ, outre la révision de 2017, l’accord entre Google et Apple aurait une fois de plus été discuté en 2018, à la suite d’une rencontre entre Sundar Pichai, le PDG de Google, et Tim Cook, le PDG d’Apple. Cela a été fait pour trouver des moyens pouvant leur permettre d'augmenter les revenus de la recherche. Le DOJ allègue qu’après la rencontre, un employé de haut niveau d'Apple a écrit à un homologue de chez Google que « notre vision est que nous travaillons comme si nous étions une seule entreprise ». Une rupture forcée pourrait signifier la perte d'argent facile pour Apple.

De son côté, cela constituerait une menace plus importante pour Google, qui n'aurait aucun moyen évident de remplacer le trafic perdu. Cela pourrait également pousser Apple à acquérir ou à construire son propre moteur de recherche. Au sein de Google, les gens pensent qu'Apple est l'une des rares entreprises au monde qui pourrait offrir une formidable alternative, selon un ancien dirigeant. Google s'inquiète aussi du fait que sans cet accord, Apple pourrait rendre plus difficile l'accès au moteur de recherche de Google pour les utilisateurs d'iPhone.

La facture de Google avec Apple ne cesse d'augmenter, cependant, Apple a rarement, voire jamais, reconnu publiquement son alliance avec Google. « Leur moteur de recherche est le meilleur », a déclaré Cook lorsqu'Axios lui avait demandé, fin 2018, pourquoi il s'était associé avec une société qu'il critiquait aussi implicitement. Cook a également ajouté qu'Apple avait créé des moyens l’aidant à atténuer la collecte de données par Google, comme un mode de navigation privé sur le navigateur Internet d'Apple. En outre, l’accord ne se limite pas qu'au navigateur Safari.

Il s'étend à pratiquement toutes les recherches effectuées sur les appareils Apple, y compris Siri, l'assistant virtuel d'Apple, et sur l'application iPhone et le navigateur Chrome de Google. Cela est arrivé alors qu’en 2010, quand Steve Jobs a appris que Google a secrètement développé Android, il avait promis de le “détruire”. Et lorsqu’Apple a introduit Siri plus tard, au lieu du moteur de recherche de Google pour soutenir l'assistant virtuel, c'était Bing de Microsoft. Pourtant, le partenariat entre les deux entreprises sur les iPhone s'est poursuivi.

Il est trop lucratif pour que l'une ou l'autre des parties le fasse sauter. Bing a été remplacé plus tard par le moteur de recherche de Google. Un ancien cadre supérieur a déclaré qu’Apple avait arrangé le partenariat de manière à exiger des renégociations périodiques, et chaque fois, il a soutiré plus d'argent à Google. « Vous devez être en mesure de maintenir ces relations et de ne pas faire sauter un pont », a déclaré Bruce Sewell, l'ancien avocat général d'Apple, qui a refusé de discuter des détails de l'accord. « En même temps, quand vous négociez au nom de votre société et que vous essayez d'obtenir le meilleur accord, alors, vous savez, les gants se détachent ».

En effet, vers 2017, l'accord devait être renouvelé. Google était confronté à une pénurie, les clics sur ses publicités mobiles n'augmentant pas assez vite. Apple n'était pas satisfait de la performance de Bing pour Siri. Cook venait d'annoncer qu'Apple avait l'intention de doubler ses revenus de services pour atteindre 50 milliards de dollars d'ici 2020, un objectif ambitieux qui ne serait possible qu'avec les paiements de Google. Ainsi, à l'automne 2017, Apple a annoncé que Google aidait désormais Siri à répondre aux questions. De son côté, Google a révélé que ses paiements pour le trafic de recherche avaient fait un bond.

Source : New York Times

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