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Très critiquée, la loi « anti-Huawei » pour sécuriser la 5G est désormais une réalité,
Mais elle ne discrimine pas un équipementier en particulier

Le , par Stan Adkens

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L’urgence de la transition vers la technologie 5G et l’inquiétude liée aux risques potentiels de sécurité que pourraient poser les équipements de certains constructeurs, en l’occurrence le géant Huawei, ont motivé l’émergence d’un texte de loi en France. C’est ainsi qu’un nouveau projet de loi, initié à l’Assemblée nationale en avril dernier et visant à sécuriser cette nouvelle technologie ultra-rapide, a été publié par le gouvernement au Journal officiel vendredi.

Les réseaux 5G introduisent la rapidité dans les secteurs stratégiques tels que le domaine de mobilité, e-santé, industrie, robotique, et bien d’autres domaines. Mais les suspicions autour d’un des acteurs majeurs de cette technologie, le chinois Huawei, ont poussé plusieurs pays à prendre des mesures dans l’intérêt de la sécurité nationale. C’est dans ce contexte que la France a adopté une loi qui s’étend à tous les fournisseurs d’équipements 5G, mais qui a parfois été présentée comme une loi anti-Huawei, pour contraindre le seul équipementier chinois à entrer dans une moule réglementaire plus stricte afin de protéger le pays, si les accusations d’espionnage dont fait l’objet Huawei s’avèrent exactes.


Les Etats-Unis ont lancé en novembre dernier une campagne de sensibilisation, pour tenter de persuader les fournisseurs d'accès à Internet sans fil des pays alliés d'éviter les équipements de télécommunication provenant de Huawei, évoquant des préoccupations de sécurité nationale. Par ailleurs, dans une demande plus explicite adressée à l’Allemagne concernant Huawei, le gouvernement américain a demandé à son allié d'abandonner la société chinoise dans ses projets ou de risquer de perdre l'accès à certaines données des services de renseignement américains, a rapporté le Wall Street Journal en mars dernier.

Sous cette pression américaine, certains alliés ont retiré le géant chinois de leur processus de transition vers la 5G. Après la mise sur « la liste noire » américaine de Huawei, ce fut le tour de certains opérateurs américains et étrangers de couper tous liens avec l’entreprise. Néanmoins, certains pays ont déjà commencé le processus d’octroi de la 5G, sans avoir banni l’équipementier Huawei. C’est le cas de l’Allemagne qui a lancé, le mardi 19 mars dernier, une vente aux enchères de plusieurs semaines pour les fréquences 5G, après avoir proposé des règles de sécurité plus strictes pour les réseaux de données plutôt que de faire blocage à Huawei.

C’est ce qu’a fait également la France, qui verra ces premiers réseaux 5G arriver en 2020. « Notre niveau d’exposition aux risques devient un peu plus important. Il faut donc faire évoluer le périmètre pour s’assurer que les usages puissent se dérouler dans de bonnes conditions », avait dit le député LaREM, Eric Bothorel, lors de l’initiation du projet de loi à l’Assemblée nationale en avril. Mais la loi française dont « Le but étant de valider le choix de l'équipementier réseau 5G des opérateurs » est taxée de vouloir écarter le géant des télécommunications chinois Huawei de la compétition pour le déploiement du 5G en France.

Mais, selon le directeur de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information, le texte évite de discriminer une entreprise en particulier. Si des doutes sont plus ou moins saillants d’un industriel à l’autre, pour Guillaume Poupard, « Se focaliser sur un seul équipementier, c’est une erreur, très clairement ». D’après lui, un acte d’espionnage et de piratage peut tout aussi bien se passer sur un autre matériel, indépendamment de sa provenance.

Concrètement, la loi couvre tous les appareils installés depuis le 1er février 2019 en France et prévoit un « régime d’autorisation préalable, fondé sur des motifs de défense et sécurité nationale, des équipements de réseaux ». Éclairé par ses services spécialisés, le Premier ministre dira « s’il existe un risque sérieux d’atteinte aux intérêts de la défense et de la sécurité nationale » avec tel équipement ou tel logiciel.

La proposition de loi « 5G » a finalement été adoptée en commission mixte paritaire mercredi dernier, un vote dont se réjouit la sénatrice Catherine Procaccia qui n’est pas aussi d’accord avec l’idée que la loi « 5G » soit seulement dirigée contre Huawei. En répondant à une question d’un site Web, elle a expliqué :

« Justement, je ne suis pas d'accord. C'est évidemment lié à Huawei, sans aucun doute. Les critiques américaines interpellent forcément. Mais ce n'est pas une loi « anti Huawei » comme j'ai pu le lire dans de nombreux médias. Historiquement, les premiers connus pour nous avoir espionnés sont les Américains... Alors Américains, Chinois, Coréens... qu'importe, c'est le même combat... La loi vise à sécuriser la 5G française contre tout ce qui pourrait compromettre sa sécurité, pas seulement contre Huawei ».


La loi prévoit également que, chaque année à partir du 1er juillet 2020, le gouvernement remettra au parlement un rapport sur l’application du régime d’autorisation préalable. Le rapport en question analysera les effets de ce régime sur les opérateurs, et le rythme et le coût du déploiement des équipements en 4G et 5G en France. Il évaluera aussi le nombre d’appareils n’ayant pas pu être installés ou ayant dû être retirés à la suite d’une décision de refus.

Que reproche-t-on au géant chinois Huawei ?

Depuis déjà quelques mois la multinationale Huawei, fondée par Ren Zhengfei, ancien officier de l’Armée de libération du peuple, essuie beaucoup de reproches. Les discussions lors d’une réunion, qui avait regroupé les représentants des pays tels que l'Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni et les États-Unis en juillet 2018, ont porté sur les capacités de la Chine en matière de cyber espionnage et sur l'expansion militaire croissante. Il faut noter aussi que des responsables américains ont publiquement déclaré que leur plus gros souci était que Pékin puisse contraindre Huawei à utiliser ses connaissances en matière de matériel pour espionner ou saboter des réseaux de télécommunications étrangers. Ces inquiétudes proviennent du fait que Huawei ait fait l’objet d’un examen minutieux de ses liens présumés avec les services de renseignement chinois.

L'article 7 de la loi de 2017 sur le renseignement de la Chine brandi par Danielle Cave de l'Australian Strategic Policy Institute (ASPI) renforce les suspicions autour de Huawei. Le passage de la loi qui montre l’ampleur de l'emprise du Parti communiste chinois sur des entreprises chinoises stipule que « Toutes les organisations et tous les citoyens doivent, conformément à la loi, soutenir, coopérer et collaborer au travail de renseignement national et garder le secret du travail de renseignement national dont ils ont connaissance[...]. L'État protégera les individus et les organisations qui soutiennent, coopèrent et collaborent dans le travail de renseignement national ».

Les pays qui travaillent avec Huawei devraient également se préoccuper des risques de niveau logiciel et des pratiques d’ingénierie du chinois Huawei. En effet, le rapport Huawei Cyber Security Evaluation Centre (HCSEC) Oversight Board 2019 publié en mars par le Comité de surveillance du HCSEC, a averti que Huawei n’avait pas apporté les modifications promises depuis longtemps au niveau de son logiciel et de ses pratiques d’ingénierie, des modifications pourtant indispensables à l’amélioration de la sécurité. Un précédent rapport du gouvernement britannique publié en juillet 2018 avait révélé que des problèmes techniques, affectant la chaîne d’approvisionnement des équipements du groupe chinois et qui avaient exposé les réseaux de télécoms nationaux à de nouveaux risques de sécurité, existaient.

La loi « 5G » française ne fait pas l’unanimité sur le fond et la forme

Même si la loi « 5G » de la France n’est pas anti-Huawei et qu’elle devra s’appliquer à l’ensemble des télécoms, la démarche législative qui a conduit à son adoption ne fait pas l’approbation de tous. En effet, en plus de l’absence d’étude d’impact et d’avis du Conseil d’État, il est reproché au texte de faire plus ou moins doublon avec des dispositions qui existent déjà, notamment dans le Code de la défense.

Au-delà des préoccupations de démarche législative, des opérateurs craignent à la fois des obstacles dans le déploiement de la 5G et des coûts supplémentaires à supporter pour respecter les exigences du législateur. Les concurrents européens de Huawei, qui devraient se satisfaire du champ libre que leur offre la loi en France, sont aussi en désaccord avec la nouvelle loi.
Les réseaux 5G sont attendus en France pour 2020. Pour l’heure, seuls quelques sites 5G expérimentaux sont actifs et les opérateurs tels qu’Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free Mobile n’attendent que l’attribution des fréquences pour commencer la transition vers la technologie 5G.

Source : Legifrance

Et vous ?

Que pensez-vous de la loi « 5G » française maintenant publiée ?
Pensez-vous aussi qu’elle pourrait priver Huawei des partenariats français ?
Selon le directeur de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information, cette loi n’est pas focalisée seulement sur Huawei. Quels commentaires en faites-vous ?
Pensez-vous que la loi adoptée écartera tous les risques liés aux matériels ?

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Le 14/09/2019 à 15:18
Les activités liées aux appareils de Huawei ont rapporté 11 milliards de yuans au premier semestre 2019,
soit 1,55 milliard de dollars malgré la pression des États-Unis

Alors que la guerre économique entre les États-Unis et la Chine continue de faire de Huawei une des principales victimes, l’entreprise classée premier constructeur mondial des équipements de télécommunication et deuxième producteur mondial de smartphones annonce un bénéfice de 11 milliards de yuans soit 1,55 milliard de dollars au premier semestre de cette année. Fondé en 1987, Huawei est l'un des principaux fournisseurs d'infrastructures de technologies de l'information et de la communication (TIC) et de dispositifs intelligents dans le monde. Avec près de 188 000 employés dans plus de 170 pays, l’entreprise s’est positionnée comme l’un des piliers dans le domaine technologique au monde.

Plutôt cette année, l'administration Trump avait interdit aux entreprises américaines de traiter avec Huawei, sous le motif que cette société entretiendrait des liens étroits avec le gouvernement chinois et pourrait être utilisé par celui-ci, comme outil d'espionnage. Une interdiction qui empêche des sociétés américaines telles que Google d’Alphabet de traiter avec Huawei.


Lors d'une récente sortie, l’entreprise a indiqué que, même si l'impact des restrictions était plus faible que prévu, le chiffre d'affaires de son produit smartphone pourrait connaître une baisse d'environ 10 milliards de dollars au cours de l’année. Elle a également déclaré que les livraisons de smartphones au cours du premier semestre de l'année avaient augmenté de 24 %, pour atteindre 118 millions d'unités. Huawei a publié les nouveaux chiffres des bénéfices réalisés par Huawei Investment, la société mère de Huawei. Les bénéfices de Huawei Device Ltd, une section à part entière de la société mère ont été de 11,2 milliards de yuans au premier semestre de 2019, pour un chiffre d'affaires de 211 milliards de yuans. Huawei Device a gagné le même montant d'argent en 2018 pour un chiffre d'affaires de 329 milliards de yuans. « Nos résultats commerciaux pour ce premier semestre sont assez bons », s’est prudemment félicité Liang Hua, président de Huawei.

Malgré les sanctions américaines imposées à l’entreprise chinoise, Huawei a conservé sa place de numéro 2 de l'industrie du smartphone au monde, devant Apple. Elle a réalisé également un bénéfice net de 30,27 milliards de yuans et un chiffre d'affaires de 353 milliards de yuans au premier semestre de 2019. « Huawei a surpris tout le monde avec une croissance annuelle de 8 % sur les ventes de ces smartphones », a déclaré Neil Mawston, directeur de Strategy Analytics. « Ils ont notamment progressé sur leur marché domestique ce trimestre. Ils cherchent à compenser les incertitudes en termes de régulation dans d'autres régions, comme l'Amérique du Nord et l'Europe », a-t-il ajouté.

Pour obtenir ces résultats, le numéro un mondial des ventes des équipements de télécommunication a, notamment, pu compter sur la ferveur nationale de ses compatriotes après l’annonce des sanctions à son encontre par les États-Unis. Il a enregistré des augmentations de ses marges brutes dans les trois activités des réseaux d’opérateurs, des particuliers et des entreprises au cours de la période. La contribution des recettes de la Chine à 58,12 % au premier semestre est passée à 52,02 % pour l’ensemble de l’année 2018.

Source : Reuters

Et vous ?

Quel est votre avis sur le sujet ?

Selon vous, Huawei réussira-t-elle à résister à la pression américaine ?

Voir aussi :

Le chiffre d'affaires de Huawei est en hausse de 23 % au premier semestre de 2019, malgré la répression américaine

Les USA ont-ils sous-estimé la capacité de Huawei à surmonter leur sanction ? Cela ne va-t-il pas encourager des alternatives à Play Store ?

Huawei se prépare à une baisse de 40 % à 60 % des ventes internationales de smartphones, malgré le lancement de Honor 20, selon un rapport

Huawei prévoit le lancement de son prochain téléphone sans les applications populaires de Google, notamment Maps et YouTube, le smartphone n'aura pas non plus accès à Google Play
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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 02/12/2019 à 5:41
Huawei, qui était dépendant des constructeurs US, a présenté un smartphone sans puces américaines
dans un contexte où les entreprises US voudraient reprendre les affaires avec lui

Mi-mai, l'administration Trump a publié un décret qui plaçait Huawei sur une liste noire, une décision qui contraignait les entreprises américaines à ne plus faire affaire avec l'équipementier chinois, à moins de disposer d'une autorisation officielle. Suite à cette décision, Google a décidé de ne plus fournir de logiciels, de matériel informatique ou service technique à Huawei à l’exception des services disponibles en open source. L'éditeur d'Android a toutefois assuré que Google Play et les protections de sécurité de Google Play Protect continueront de fonctionner sur les appareils Huawei existants.

En plus d’être coupé du système d’exploitation le plus vendu au monde, Huawei a vu certains des principaux concepteurs et fournisseurs de puces au monde suspendre également leurs relations commerciales jusqu’à nouvel ordre.

S'étant sans doute vite rendu compte de la sévérité du décret de Trump et de ses conséquences sur les USA eux-mêmes, Washington a réduit les restrictions commerciales imposées à Huawei. L’administration Trump a publié un nouvel arrêté qui prolonge de 90 jours (désormais jusqu’en février 2020) « la période de grâce » durant laquelle elle autorise les entreprises américaines à faire des affaires avec l’entreprise chinoise Huawei Technologies. Il a également été rapporté que le département américain du Commerce examinait en parallèle la possibilité d’octroyer des licences individuelles aux entreprises locales qui souhaitent continuer à faire des affaires avec des entités « à risque » comme Huawei qui figurent sur la liste noire du gouvernement US pour des raisons de sécurité nationale. Des sociétés comme Google, Intel ou Microsoft sont particulièrement intéressées par la seconde option qui leur procurerait, à eux ainsi qu’à leurs partenaires (Huawei en l’occurrence) une certaine stabilité et de meilleures garanties pour la poursuite de leurs transactions commerciales.

Les entreprises de technologie américaines ont donc obtenu le feu vert de Washington pour reprendre leurs affaires avec le constructeur de smartphones Huawei Technologies Co., mais il est peut-être trop tard : l'entreprise construit actuellement des smartphones sans puce américaine.


Le dernier téléphone de Huawei, qu'il a dévoilé en septembre (le Mate 30 avec un écran incurvé et des caméras grand angle qui rivalise avec l'iPhone 11 d'Apple Inc.) ne contenait aucune pièce américaine, selon une analyse effectuée par UBS et Fomalhaut Techno Solutions, un Laboratoire technologique japonais qui a démonté l'appareil pour en inspecter l'intérieur.

Le décret de Trump en mai a empêché des sociétés comme Qualcomm Inc. et Intel Corp. de vendre des puces à Huawei, bien que certaines ventes de pièces aient repris au cours de l’été, après que les sociétés ont déterminé qu’elles n’étaient pas concernées par cette interdiction. Pendant ce temps, Huawei a beaucoup progressé dans la réduction de sa dépendance vis-à-vis de sociétés américaines.

Huawei a longtemps compté sur des fournisseurs tels que Qorvo Inc., le fabricant de puces basé en Caroline du Nord pour connecter des smartphones avec des tours de téléphonie cellulaire, et Skyworks Solutions Inc., une entreprise basée à Woburn, dans le Massachusetts, qui fabrique des puces similaires. Il a également utilisé des composants de Broadcom Inc., le fabricant de puces Bluetooth et Wi-Fi basé à San Jose, et de Cirrus Logic Inc., une société basée à Austin, au Texas, qui fabrique des puces pour la production de son.

« Lorsque Huawei a lancé ce téléphone haut de gamme - et il s'agit de son produit phare - sans contenu américain, cela a eu l'effet d'une grosse annonce », a déclaré Christopher Rolland, analyste des semi-conducteurs chez Susquehanna International Group.

Les dirigeants de Huawei ont dit à Rolland que la société s'éloignait des pièces américaines, mais la vitesse à laquelle cela se produit reste surprenante même pour les analystes. Néanmoins, nombreux sont ceux qui pensent que cette réduction de la dépendance aux entreprises US devait arriver, mais que le décret de Trump a été le catalyseur qui a précipité les choses.

Sur le marché du smartphone, Huawei conserve sa seconde place selon les baromètres depuis plusieurs trimestres déjà, se rapprochant sensiblement du numéro un mondial Samsung. Par exemple, Gartner indiquait qu'Huawei a enregistré la plus forte croissance parmi les constructeurs malgré une absence aux USA, précisant que « Huawei a particulièrement bien réussi dans deux de ses plus grandes régions, l’Europe et la Grande Chine, où ses ventes de smartphones ont augmenté de 69% et 33%, respectivement ».

Huawei s'est également préparé à l'éventualité de perdre sa licence d'exploitation sur Android et a continué de développer son propre OS au cas où ses relations avec Google se dégraderaient. De plus, le constructeur est également en train de développer une alternative au Play Store de Google, avec sa galerie d'applications, présente depuis un certain temps sur les appareils Android Huawei et Honor.

En 2018, Huawei a promis aux développeurs d’applications de les aider à percer en Chine, le plus grand marché de smartphones du monde, s’ils construisaient des applications pour sa vitrine de téléchargements. En passe de devenir le fabricant de smartphones le plus prolifique au monde cette année, Huawei a aussi assuré à des partenaires développeurs d’applications que 50 millions de personnes utiliseraient son app store en Europe en 2018. La société aurait également proposé de fournir « un outil simple permettant de modifier les applications écrites pour Play Store afin qu'elles fonctionnent avec App Gallery », sa boutique d'applications. Une situation qui pourrait avoir des répercussions sur les entrées de Google.

Source : WSJ

Et vous ?

Qu'en pensez-vous ?
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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 19/02/2020 à 8:20
Huawei serait-il en train de prendre l'avantage sur le bras de fer l'opposant aux États-Unis ?
Les Américains ne parviennent pas à pousser la Grande-Bretagne et l'Allemagne à bannir l'entreprise

La campagne mondiale des États-Unis pour empêcher ses alliés les plus proches d'utiliser Huawei, la grande enseigne chinoise des télécommunications, dans le déploiement de la prochaine génération de réseaux sans fil semble ne pas porter ses fruits ; les dirigeants des nations alliées révoquent l'argument des États-Unis selon lequel l'entreprise représente une menace à leur sécurité.

Une situation qui a conduit les responsables américains qui, jusqu’à lors, étaient restés plutôt vagues et maintenaient le secret sur les éventuelles preuves susceptibles de confirmer les soupçons qui pèsent sur Huawei en matière d’espionnage technologique, à affirmer détenir des preuves que Huawei installe et entretient des portes dérobées dans les réseaux de télécommunications du monde entier où l’entreprise a pu gagner des marchés, à commencer par les équipements 4G vendus en 2009. Washington a été contraint de partager ces éléments de preuve avec le Royaume-Uni et l'Allemagne.

La Grande-Bretagne a déjà qualifié de bluff les décisions de l'administration Trump, pariant que les responsables reculeraient devant leur menace de cesser de partager des informations avec tout pays utilisant des équipements Huawei dans son réseau. Elle a décidé de ne pas céder à la pression américaine.

L'Allemagne lui a emboîté le pas, malgré un flot alterné de promesses et de menaces du secrétaire d'État Mike Pompeo, du secrétaire à la Défense Mark T. Esper et d'autres responsables américains lors d'une conférence mondiale sur la sécurité à Munich le week-end dernier.

Dans des discours publics et des conversations privées, Pompeo et Esper ont continué à rappeler les dangers de laisser une entreprise chinoise dans des réseaux qui contrôlent les communications critiques, disant que cela donnerait au gouvernement chinois la capacité d'espionner (ou, en temps de conflit, de couper) ces réseaux. Les risques pour la sécurité sont si graves, ont-ils averti, que les États-Unis ne pourraient plus partager de renseignements avec aucun pays dont le réseau utilise Huawei.

« Si les pays choisissent d'emprunter la voie Huawei », a déclaré Esper aux journalistes samedi, « cela pourrait bien mettre en péril tout le partage d'informations et le partage de renseignements dont nous avons parlé, et cela pourrait saper l'alliance, ou du moins notre relation avec ce pays ».


Une méthode qui s’essouffle

Pourtant, les responsables sentent que leur rythme continu d'avertissements perd de son efficacité en Europe, de sorte que l'administration modifie son approche. Les États-Unis visent maintenant à paralyser Huawei en étouffant son accès à la technologie américaine dont ils ont besoin et en essayant de concocter une alternative américano-européenne viable pour la concurrencer.

À en croire les récentes informations rapportées par le quotidien londonien Financial Times, l’administration Trump pourrait envisager de subventionner (à travers des crédits) les concurrents de Huawei, à savoir le suédois Ericsson et le finlandais Nokia (qui a avalé le franco-américain Alcatel-Lucent) pour les rendre plus attractifs auprès des opérateurs télécom. Selon les analyses du journal, ce geste revient à admettre que Huawei est clairement le moins cher. Cela pourrait aussi signifier que malgré la position actuelle délicate de Huawei, bon nombre d’opérateurs télécom dans le monde ont tout de même du mal à le concurrencer.

Selon le Financial Times, Washington serait prêt à délivrer des crédits à Ericsson et Nokia pour leur permettre de mieux résister au géant chinois. Parallèlement, les États-Unis tentent de convaincre des sociétés américaines de se lancer sur le marché des équipements 5G. Le Financial Times a expliqué que l'objectif de Washington est de permettre à ces entreprises de s'aligner commercialement avec Huawei qui propose des conditions de financement généreuses (grâce au soutien des banques de Pékin) à ses clients et des délais de paiement plus longs.

Le combat contre Huawei n'est qu'une partie d'une plus grande bataille américano-chinoise, alors que Washington essaie de contenir l'influence et le pouvoir de Pékin et de s'assurer que la deuxième économie mondiale ne domine pas les industries avancées qui pourraient lui donner un avantage économique et militaire. Cela inclut les réseaux de télécommunications de nouvelle génération que Huawei construit, connus sous le nom de 5G. Ces réseaux ultrarapides contrôleront les communications, les infrastructures critiques et, ce qui est le plus inquiétant pour les responsables américains, les appareils « Internet des objets » qui contrôlent déjà les usines, les véhicules autonomes et les opérations quotidiennes des bases militaires.

Les États-Unis tentent également de limiter plus largement l'accès de la Chine aux technologies américaines et envisagent de restreindre les ventes de micropuces, d'intelligence artificielle, de robotique et de certains types de logiciels avancés, ainsi que d'empêcher les entreprises technologiques de s'associer (ou même de faire de la recherche) avec les entreprises chinoises.


Une action en justice

La semaine dernière, des procureurs américains ont accusé l’entreprise Huawei d’avoir volé des secrets commerciaux pour soustraire des technologies clés à d’autres entreprises et chercheurs aux États-Unis et renvoyer ces informations en Chine. Les procureurs affirment que Huawei a même mis en place un système de primes pour les employés qui pourraient voler la meilleure technologie et a aidé l’Iran à traquer des manifestants. Le nouvel acte d’accusation qui remplace celui qui a été rendu public l’année passée et déposé devant la Cour fédérale de Brooklyn, à New York.

En tout, la société Huawei est poursuivie par le gouvernement américain pour 16 chefs d’accusation. Une panoplie de techniques aurait permis à la firme de Shenzhen de réduire ses coûts en matière de R/D et de prendre un avantage non négligeable sur ses concurrents. On peut voir dans le dossier d’accusation que le géant Huawei et certaines de ses filiales sont poursuivis pour conspiration, violation d’une loi sur le racket utilisée en général pour lutter contre le crime organisé, vol des secrets commerciaux dans six entreprises américaines, mais aussi pour fraude et blanchiment d’argent.

Le dossier d'accusation contient en outre de nouvelles allégations concernant l’implication de l’entreprise dans des pays faisant l’objet de sanctions (Iran et la Corée du Nord notamment) établies par les USA et affirme, entre autres, qu'elle a installé en Iran du matériel de surveillance qui a été utilisé pour surveiller, identifier et séquestrer des manifestants lors des manifestations antigouvernementales de 2009 à Téhéran.

Les nouvelles allégations de vol de secrets commerciaux proférées par l'Oncle Sam concernent le détournement (par des moyens physiques ou autres) de la technologie liée aux antennes cellulaires, de la technologie robotique, du code source et des manuels d’utilisation de routeurs. Huawei est aussi accusé d’avoir élaboré un programme récompensant les employés-informateurs ayant détourné et transmis le plus de données confidentielles sur ses concurrents, de recruter des employés d’autres entreprises, de faire des efforts pour obtenir la propriété intellectuelle de ces entreprises et d’utiliser des professeurs d’instituts de recherche et divers autres moyens pour s’approprier des technologies protégées par le droit d’auteur.

Les nouvelles accusations ont été ajoutées à un ensemble plus large déposé en 2019 qui accusait la société et son directeur financier, Meng Wanzhou, de fraude et d'évasion de sanctions. Dans le cadre de cette affaire, l'administration Trump a fait pression sur le Canada pour extrader Meng, qui a été arrêtée fin 2018 à Vancouver à la demande de responsables américains, afin qu'elle puisse faire face à des accusations aux États-Unis. Meng est la fille aînée du fondateur de Huawei, Ren Zhengfei.

Un bouc émissaire trop « complexe » pour les États-Unis ?

Ce mois-ci, l'administration devrait essayer de resserrer encore l’étau autour d’Huawei en fermant une échappatoire qui a permis à la société de continuer à acheter des pièces et des produits à des sociétés américaines, malgré l'interdiction imposée par l'administration Trump de vendre à Huawei. Alors que le Pentagone s'est initialement opposé à cet effort, craignant que cela ne nuise aux fournisseurs de matériel de défense, il a maintenant inversé sa position sous la pression d'autres responsables administratifs.

Mais l'effort pour handicaper Huawei a été compliqué par le manque d'alternative à la société, qui propose des équipements de télécommunications à bas prix partiellement subventionnés par le gouvernement chinois. À l'heure actuelle, les seuls véritables concurrents sont Nokia et Ericsson, deux entreprises européennes qui affirment avoir déployé plus de réseaux 5G que Huawei, mais ont clairement du mal à égaler ses prix ou à suivre la recherche et le développement de l'entreprise chinoise.

Aussi, l'administration Trump s’est empressée de présenter aux pays européens et autres une autre option. En l'espace de 10 jours, le procureur général William P. Barr, le vice-président Mike Pence et d'autres responsables ont proposé différentes stratégies américaines pour construire un concurrent crédible pour Huawei. Pourtant, parfois, ils se contredisent, souvent en public.

Lors de réunions privées, Trump a exhorté les entreprises américaines à se lancer elles-mêmes dans la compétition. Mais l'administration est profondément divisée en interne sur la question de savoir si les États-Unis doivent investir dans la technologie ou quitter le marché pour la régler.

Barr s’est encore illustré dans un discours ce mois-ci où il a appelé à l'acquisition américaine de Nokia et d'Ericsson « par la propriété américaine d'une participation majoritaire, soit directement, soit par le biais d'un consortium de sociétés privées américaines et alliées ».

« Nous et nos alliés les plus proches devons certainement envisager activement cette approche », a estimé Barr.

Source : NYT

Et vous ?

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Avatar de Stan Adkens
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 31/08/2019 à 8:07
Huawei prévoit le lancement de son prochain téléphone sans les applications populaires de Google, notamment Maps et YouTube,
Le smartphone n'aura pas non plus accès à Google Play

Malgré l’interdiction américaine qui a privé Huawei d’importantes licences, le géant chinois des télécommunications veut progresser dans ces activités smartphone. Huawei prévoit le lancement de nouveaux smartphones haut de gamme en Europe, même s’ils ne pourront pas être alimentés par le système d'exploitation officiel Android de Google et des applications populaires telles que Google Maps et YouTube en raison de l’interdiction américaine, selon Reuters.

Un porte-parole de Google a confirmé à Reuters que le Mate 30 ne peut pas être vendu avec des applications et services Google sous licence en raison de l'interdiction américaine des ventes à Huawei. Un sursis temporaire annoncé par le gouvernement américain la semaine dernière ne s'appliquant pas aux nouveaux produits tels que le Mate 30, selon le porte-parole.

En effet, la première période de sursis qui a expiré le 19 août dernier a été renouvelée pour 90 jours supplémentaires. Pendant cette période, le Département américain du Commerce permet à Huawei de continuer d'acheter des produits de fabrication américaine. Cette décision a pour but de permettre au fabricant d’équipement de télécommunication de soutenir des clients existants dans le secteur des téléphones intelligents et de l'infrastructure cellulaire afin de réduire au minimum les perturbations liées à l’interdiction. Mais cette exemption ne s’applique pas au nouveau Huawei Mate 30.


Le Mate 30, conçu pour fonctionner sur les nouveaux réseaux mobiles 5G, est le premier smartphone phare de Huawei depuis que l'administration du président américain Donald Trump l'a effectivement mis sur liste noire à la mi-mai, alléguant qu'elle est impliquée dans des activités qui compromettent la sécurité nationale américaine, une accusation que la société nie. Selon une source familière avec le sujet, le géant chinois va présenter sa nouvelle gamme de téléphones Mate 30 le 18 septembre à Munich.

Google pouvait demander la permission d'offrir ses applications à Huawei, mais Reuters ne dit pas s’il l’a fait. Toutefois, aucune des plus de 130 demandes de licences reçues par le Département américain du Commerce de la part des entreprises pour vendre des marchandises américaines à Huawei n'a été accordée, selon Reuters. Cela signifie également que le prochain téléphone Huawei n'aura pas accès au magasin d'applications Google Play, ce qui pourrait laisser les clients sans accès à d'autres applications populaires.

Bien que Huawei ait été ajouté à la liste noire en réponse à des préoccupations sécuritaires, l'incertitude qui entoure le Mate 30 ne pourrait être levée que si un accord est trouvé dans le cadre de la guerre commerciale qui fait rage entre Pékin et Washington depuis plusieurs mois – le président Trump avait indiqué cela par le passé.
Selon Reuters, Huawei a dit dans une déclaration : « Huawei continuera à utiliser l'OS et l'écosystème Android si le gouvernement américain nous y autorise. Sinon, nous continuerons à développer notre propre système d'exploitation et écosystème. »

L’entreprise a mis en ligne un site Web nommé « Huawei Answers » pour répondre aux préoccupations des consommateurs concernant la relation de l'entreprise avec Android. On peut lire sur ce site ce qui suit :

« Tous les smartphones, tablettes et ordinateurs Huawei continueront de recevoir les correctifs de sécurité, les mises à jour Android et le support technique de Microsoft.

« Quiconque a déjà acheté ou est sur le point d'acheter un smartphone Huawei peut continuer à accéder au monde des applications comme ils l'ont toujours fait. Tous les appareils continuent d'être couverts par la garantie de notre fabricant et bénéficieront d'une assistance technique complète en conséquence ».

Huawei, qui est seulement à quelques semaines du premier lancement majeur de smartphone depuis l'application des restrictions américaines en mai dernier, compte également sur les autres équipements du nouveau téléphone. Selon Reuters, le cerveau de la ligne Mate 30, le chipset Kirin 990, sera officiellement dévoilé le 6 septembre par Richard Yu, le plus haut responsable des consommateurs de Huawei, lorsqu'il prononcera le discours d'ouverture du salon IFA à Berlin. Le Kirin 990 a été développé par HiSilicon, l'unité des puces de Huawei, à partir des plans du designer britannique ARM Holdings.

ARM fait partie des entreprises qui ont suspendu leurs activités avec Huawei après l'interdiction américaine parce que ses conceptions contiennent des technologies d'origine américaine. Mais selon Reuters, Huawei a déclaré la semaine dernière qu'il est propriétaire perpétuel de la licence ARMv8 et que les puces basées sur cette licence, y compris le Kirin 990, ne seraient pas affectées par cette interdiction.

ARM n’a pas répondu à une demande de commentaire de Reuters concernant sa relation avec Huawei. La société s’est contentée de dire que « ARM continue de se conformer aux dernières restrictions du Département du Commerce américain et nous nous conformons aux directives relatives aux types spécifiques de conversations autorisées, techniques ou autres ».

Huawei pourra-t-il vendre sa ligne Mate 30 sans Google Services ?

Huawei peut toutefois utiliser une version open source d'Android sans enfreindre l'interdiction de vente des États-Unis. Mais les applications de Google ne peuvent être utilisées en Europe que sous une licence payante du géant de la recherche.


Selon les analystes, le lancement sans les applications de Google en Europe sera un coup dur. « Sans Google Services, personne n'achètera l'appareil », a déclaré l'analyste indépendant Richard Windsor.

En effet, les consommateurs s'attendent à avoir accès à toutes les principales applications auxquelles ils sont habitués, y compris Maps et YouTube. Sans elles, les téléphones de Huawei sembleront beaucoup moins attrayants. Et ne pas accéder au Play Store signifie que Huawei devra fournir aux clients un autre moyen d'accéder à d'autres applications populaires telles que Facebook, Twitter et WhatsApp.

Ces dernières années, Huawei s'est rapidement hissée au sommet de l'industrie mondiale des smartphones grâce à son matériel de haute qualité, et l'Europe a été un marché clé. Mais l'interdiction américaine a eu un impact négatif sur la part de marché de Huawei en Europe qui est passée de 24,9 % au premier trimestre 2019 à 19,3 % au deuxième trimestre, selon les chiffres de Counterpoint Research.

Huawei a également annoncé plus tôt ce mois-ci son propre système d'exploitation mobile, baptisé Harmony OS. Mais les analystes et les dirigeants de Huawei sont sceptiques quant au fait qu'il s'agit d'une alternative viable à Android.

Lancer un produit majeur en Europe sans les applications Google sera un véritable défi pour Huawei. Quel avenir est réservé à la ligne Mate 30 de Huawei sans le magasin de jeu en ligne ?

Sources : Reuters, Huawei Answers

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
Quel commentaire faites-vous du lancement de Mate 30 sans les services Google ?
« Tous les smartphones, tablettes et ordinateurs Huawei continueront de recevoir les correctifs de sécurité, les mises à jour Android … ». Qu’en pensez-vous ?
Quel avenir prévoyez-vous pour la branche smartphone de Huawei avec Harmony OS ?

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Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 22/11/2019 à 7:58
L’administration Trump octroie à certaines entreprises US, y compris Microsoft, des licences
Pour continuer de faire affaire avec Huawei, mais des sénateurs US fustigent déjà cette mesure

Il y a quelques jours, l’administration Trump a publié un nouvel arrêté qui prolonge de 90 jours (désormais jusqu’en février 2020) « la période de grâce » durant laquelle elle autorise les entreprises américaines à faire des affaires avec l’entreprise chinoise Huawei Technologies. Il a également été rapporté que le département américain du Commerce examinait en parallèle la possibilité d’octroyer des licences individuelles aux entreprises locales qui souhaitent continuer à faire des affaires avec des entités « à risque » comme Huawei qui figurent sur la liste noire du gouvernement US pour des raisons de sécurité nationale. Des sociétés comme Google, Intel ou Microsoft sont particulièrement intéressées par la seconde option qui leur procurerait, à eux ainsi qu’à leurs partenaires (Huawei en l’occurrence) une certaine stabilité et de meilleures garanties pour la poursuite de leurs transactions commerciales.

Ce mercredi, le département US du Commerce a confirmé qu’il a commencé à délivrer des licences à certaines entreprises américaines qui souhaitent continuer à faire des affaires avec Huawei qui, il faut le souligner, reste le premier fabricant mondial d’équipements de télécommunications, le deuxième fabricant mondial de smartphones et un fournisseur important dans le marché des PC et tablettes 2-en-1. Le département US du Commerce a déclaré que 50 % environ des 300 demandes de permis ont été traitées et que la moitié de celles-ci, soit un quart du total, ont été approuvés. Une source proche du dossier a précisé à Reuters que certaines licences pour la vente de composants de smartphones et de composants non électroniques ont été approuvées.


« Le Département délivre ces licences restreintes pour autoriser des activités limitées et spécifiques qui ne présentent pas un risque important pour la sécurité nationale ou les intérêts de la politique étrangère des États-Unis », pouvait-on lire dans un communiqué du ministère.

Par la voix d’un porte-parole, Microsoft, l’un des bénéficiaires de cette mesure d’assouplissement, s’est félicité de cette évolution : « Le 20 novembre, le département US du Commerce a accédé à la demande de Microsoft pour l’obtention d’une licence d’exportation de logiciels grand public à la faveur d’Huawei. Nous apprécions l’action du Ministère en réponse à notre demande ».

La Semiconductor Industry Association, un groupe américain de lobbying, s’est félicitée de l’annonce du département US du Commerce, affirmant que les ventes de produits non sensibles contribuent à assurer la compétitivité des États-Unis, ce qui est essentiel à la sécurité nationale. « Nous espérons que les approbations de licence continueront à se dérouler de manière appropriée et opportune », a ajouté l’association.

Ce nouveau geste de bonne volonté intervient alors que l’administration Trump s’attèle à finaliser la signature de la première étape d’un accord commercial avec la Chine afin de mettre fin au bras de fer commercial qui oppose les deux régimes depuis de longs mois. Huawei pourrait très bien se passer de matériels en provenance des États-Unis pour concevoir ses appareils, mais le faire sans logiciel US serait plus difficile. Le géant technologique chinois attendait avec impatience l’octroi de licences qui lui permettraient de continuer à exploiter les services et solutions logicielles « quasi incontournables à l’heure actuelle », comme Windows ou Azure chez Microsoft ou Android et ses services associés du côté de Google pour son essor sur le marché international.

Toutefois, côté américain, cette mesure d’assouplissement ne plait pas à tout le monde. Un groupe de sénateurs républicains et démocrates a récemment exhorté l’administration Trump à arrêter la délivrance de ces licences, avertissant que même des affaires limitées avec Huawei pourraient poser un risque pour la sécurité nationale. Dans une lettre au président Trump, un groupe de 15 sénateurs a fustigé cette mesure.

« Compte tenu des risques de sécurité posés par les activités de Huawei aux États-Unis, nous vous demandons de prendre des mesures immédiates pour suspendre l’approbation de ces licences et de veiller à ce que le Congrès soit correctement informé du processus d’approbation des licences et de ses implications pour la sécurité nationale à l’avenir », ont écrit les sénateurs Charles Schumer et Tom Cotton dans la lettre et demandé à Trump de s’assurer que l’administration informe les principaux législateurs et comités du Congrès de toute licence dont bénéficierait Huawei aux USA.

Par ailleurs, le sénateur Marco Rubio a fait une déclaration dans laquelle il avance que la société Huawei « représente une menace claire et croissante pour la sécurité économique et nationale des États-Unis et de leurs alliés », précisant : « Je crois fermement qu’il est contraire à l’intérêt de la sécurité nationale des États-Unis d’accorder des licences pour les exportations américaines qui soutiennent ou renforcent Huawei ».

Sources : Reuters, Lettre des sénateurs US (PDF)

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?

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Le 12/02/2020 à 3:00
Les États-Unis assurent avoir des preuves que Huawei peut espionner les réseaux de télécommunications
Intégrant le matériel qu’il vend et avoir partagé ces preuves avec le Royaume-Uni et l'Allemagne

D’après un récent rapport du Wall Street Journal, les responsables américains qui, jusqu’à lors, étaient restés plutôt vagues et maintenaient le secret sur les éventuelles preuves susceptibles de confirmer les soupçons qui pèsent sur Huawei en matière d’espionnage technologique affirment désormais avoir les preuves que Huawei installe et entretient des portes dérobées dans les réseaux de télécommunications du monde entier où l’entreprise a pu gagner des marchés. Washington assure également avoir communiqué ces éléments de preuve au Royaume-Uni et à l'Allemagne.

« Nous avons la preuve que Huawei a la capacité d’accéder secrètement à des informations sensibles et personnelles dans les systèmes qu’elle maintient et vend dans le monde entier », a déclaré à ce propos Robert O’Brien, conseiller à la sécurité nationale, au WSJ.

Les fabricants d'équipements de télécommunications qui vendent des produits aux opérateurs sont tenus par la loi d'intégrer dans leur matériel des moyens permettant aux autorités d'accéder aux réseaux à des fins légales. mais ils sont également tenus de construire les équipements de telle sorte que le fabricant ne puisse pas y avoir accès sans le consentement de l'opérateur de réseau. Les responsables américains affirment que Huawei a violé ces lois, qui sont appliquées dans de nombreux pays, précise le WSJ.


Cette nouvelle intervient dans le cadre du bras de fer commercial sino-étasunien étalé sur de longs mois qui a été marqué par une profusion de sanctions à l'égard de la société technologique chinoise. Pour rappel, invoquant des préoccupations en matière de sécurité nationale l’administration US a pris des mesures extrêmes et sans précédent contre la société chinoise en mai dernier en plaçant le géant chinois des télécoms sous embargo. Ces mesures incluaient l’ajout de Huawei dans une liste noire (comme la société russe de cybersécurité Kaspersky auparavant) qui contraint les entreprises étasuniennes à ne plus faire affaire avec Huawei, à moins d’avoir une autorisation officielle préalable. Cette décision avait poussé de nombreuses entreprises technologiques américaines (Microsoft, Intel, ARM, Google…) à mettre un terme à leurs relations commerciales avec le second fabricant mondial de smartphones qui occupe près du quart du marché dans la zone EMEA.

Par la suite, le département américain du Commerce avait fini par autoriser temporairement Huawei à continuer à faire des affaires avec ses homologues américains. La période de grâce initiale avait été fixée à 90 jours (jusqu’en février 2020). En parallèle, le département américain du Commerce délivre des licences à certaines entreprises américaines qui souhaitent continuer à faire des affaires avec la société chinoise qui représente le premier fabricant mondial d’équipements de télécommunications, le deuxième fabricant mondial de smartphones et un fournisseur important dans le marché des PC et tablettes 2-en-1. Des entreprises américaines de premier plan comme Microsoft ont déjà profité de cette mesure.


Aujourd’hui, les autorités américaines se montrent plus précises dans leurs accusations, prétendant même avoir des preuves que le fabricant chinois de matériel informatique a maintenu des backdoors (ou portes dérobées) dans certains des réseaux qu’il construit, à commencer par les équipements 4G vendus en 2009. Toutefois, en dépit du fait que les accusations américaines visant Huawei sont plus précises que jamais et proviennent maintenant de certains des plus hauts responsables de la sécurité nationale, aucune preuve tangible (mis à part l’assurance et les gages de bonne foi, côté américain, que ces preuves existent) n’a été fournie par l’Oncle Sam.

De son côté, Huawei a réagi par l’intermédiaire de son chef de la sécurité, Andy Purdy. Ce dernier a rejeté ces accusations : « Nous nions vigoureusement l’allégation selon laquelle nous conservons une telle capacité. Nous nions également avoir jamais accédé de manière abusive à des informations ou à des données relatives aux clients ». Il a poursuivi en expliquant : « les États-Unis sont engagés dans cette voie et je pense que c’est vraiment motivé par la situation géopolitique entre la Chine et les États-Unis. Les États-Unis ne veulent pas tenir compte des faits et des preuves, et ils vont faire tout ce qu’ils peuvent pour bloquer notre capacité à fournir des produits aux réseaux de communication du monde entier ».

Les nouvelles déclarations américaines font suite à une décision surprise du Royaume-Uni d’autoriser Huawei à fournir des équipements non essentiels aux réseaux du pays. Les États-Unis avaient fait un lobbying important contre l’inclusion de Huawei dans la préparation de la 5G, mais n’ont finalement pas réussi à convaincre d’autres pays, notamment ses partenaires européens, d’exclure totalement le fournisseur chinois du marché du déploiement de la 5G. On ne sait pas comment les autres pays vont réagir aux allégations, mais Huawei affirme que les nouvelles revendications ne sont pas surprenantes, étant donné la dernière année de pression croissante.

Sans preuve, il est probablement plus facile de croire que l’administration américaine est simplement engagée dans une « campagne classique de dénigrement » à l’encontre d’un concurrent peu enclin à se laisser contrôler. Et puis, les États-Unis sont peut-être les seuls à soutenir de telles accusations, car ils se sont déjà eux-mêmes livrés à de telles pratiques en profitant de l’ascendant technologique de leurs sociétés dans le monde. Sinon, comment expliquer l’absence de preuves et le comportement hostile des décideurs US ? Ne serait-il pas plus simple de présenter ces fameuses preuves pour clore le sujet ou de laisser tout le monde s’espionner gentiment ?

Source : WSJ

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
Comment expliquer l’absence de preuves et le comportement hostile des décideurs US à l'égard de Huawei ?
Ne serait-il pas plus simple de les présenter pour clore le sujet ?
Est-il préférable, selon vous, de se faire espionner par le gouvernement de son pays, plutôt que par un autre ?

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Le 16/05/2020 à 13:44
Les États-Unis tentent de couper Huawei des fournisseurs mondiaux de puces,
alors que la Chine envisage des représailles

Le président Donald Trump a signé en mai 2019 un décret établissant les bases pour empêcher des entreprises de télécommunications chinoises telles que Huawei de vendre du matériel aux États-Unis, visant à neutraliser la capacité de Beijing à compromettre les réseaux sans fil et les systèmes informatiques américains de la prochaine génération. L’ordonnance interdit l’achat ou l’utilisation de toute technologie de communication produite par des entités contrôlées par « un adversaire étranger » et susceptible de créer un « risque de sabotage indu » des systèmes de communication américains ou des «effets catastrophiques» sur l’infrastructure américaine.

Suite à cette décision, Google a décidé de ne plus fournir de logiciels, de matériel informatique ou service technique à Huawei à l’exception des services disponibles en open source. L'éditeur d'Android a toutefois assuré que Google Play et les protections de sécurité de Google Play Protect continueront de fonctionner sur les appareils Huawei existants. En plus d’être coupé du système d’exploitation le plus vendu au monde, Huawei a vu certains des principaux concepteurs et fournisseurs de puces au monde suspendre également leurs relations commerciales jusqu’à nouvel ordre. Et récemment, la Maison-Blanche a prolongé un décret signé en mai 2019 et interdisant aux entreprises américaines d'utiliser des équipements de télécommunications fabriqués par des entreprises « présentant un risque pour la sécurité nationale », parmi lesquelles figurent Huawei ou encore ZTE.

Les USA vont encore plus loin. Vendredi dernier, l’administration Trump a décidé de bloquer les expéditions de semi-conducteurs vers Huawei Technologies par les fabricants de puces, non seulement aux USA, mais dans tout le monde entier. Le département américain du Commerce a déclaré qu’il modifiait une règle d’exportation pour « cibler stratégiquement l’acquisition de semi-conducteurs par Huawei qui sont le produit direct de certains logiciels et technologies américains ». Le ministère a ajouté que « l’annonce met fin aux efforts de Huawei pour saper les contrôles à l’exportation des États-Unis ».


Rappelons que les États-Unis tentent aussi de convaincre leurs alliés d’exclure les équipements Huawei des réseaux 5G de prochaine génération au motif que son équipement pourrait être utilisé par la Chine pour espionner. Bien-sûr, Huawei a, à plusieurs reprises, nié ces allégations. Selon le Département américain du Commerce, Huawei a continué d’utiliser des logiciels et des technologies américains pour concevoir des semi-conducteurs bien qu’il ait été placé sur une liste noire en mai 2019.

Une nouvelle règle, dévoilée par le Département du Commerce, élargit l'autorité américaine pour exiger des licences pour la vente à Huawei de semi-conducteurs fabriqués à l'étranger avec la technologie américaine, élargissant considérablement sa portée pour arrêter les exportations vers l'équipementier chinois. « Cette action fait passer l'Amérique en premier, les entreprises américaines en premier et la sécurité nationale américaine en premier », a déclaré un haut responsable du Département du Commerce. La plupart des fabricants de puces s’appuient sur des équipements produits par des sociétés américaines comme KLA, Lam Research et Applied Materials, selon un rapport publié l’an dernier par la société chinoise Everbright Securities.

La réaction de la Chine a été rapide, avec un rapport publié vendredi par le Global Times, un quotidien chinois, indiquant que Pékin était prêt à placer les entreprises américaines sur une "liste d'entités non fiables", dans le cadre de contre-mesures en réponse aux nouvelles limites imposées à Huawei. « La Chine prendra des contre-mesures énergiques pour protéger ses propres droits légitimes », si les États-Unis vont de l'avant avec le plan visant à empêcher les fournisseurs essentiels de puces, y compris TSMC basé à Taiwan, de vendre des puces à Huawei, a déclaré une source au Global Times dans une interview exclusive.

Les mesures comprennent l'ajout de sociétés américaines à la "liste d'entités non fiables" de la Chine, l'imposition de restrictions ou le lancement d'enquêtes sur des sociétés américaines comme Qualcomm, Cisco et Apple conformément aux lois et règlements chinois comme les mesures d'examen de la cybersécurité et la loi anti-monopole, et la suspension des achats d'avions de Boeing.

Source : Reuters

Et vous ?

Que pensez-vous de ces nouvelles mesures prises par les USA et la réaction de la Chine ?
Selon vous, Huawei pourra-t-il s'en sortir sans les semi-conducteurs du reste du monde ?

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Le 19/05/2020 à 8:32
La Chine injecte 2,2 milliards de dollars dans une entreprise locale de fabrication de puces,
Alors que Washington tente de couper Huawei des fournisseurs mondiaux de semi-conducteurs

La Chine continue de multiplier des manœuvres pour réduire sa dépendance à l'égard de la technologie américaine. Alors que Washington est en train de resserrer ses restrictions technologiques à l'égard de ce pays et de ses entreprises technologiques, les fonds soutenus par l'État chinois ont injecté 2,25 milliards de dollars dans une usine de fabrication de plaquettes de Semiconductor Manufacturing International Corp. (SMIC), l'un des principaux producteurs de semi-conducteurs de Chine, pour soutenir la fabrication de puces avancées, a rapporté Bloomberg.

Le capital social de l'usine de Semiconductor Manufacturing International Corp. passe par conséquent de 3,5 à 6,5 milliards de dollars après l'investissement, a déclaré la société dans une annonce publiée en chinois vendredi. La participation du fabricant de puces dans l'usine de Shanghai passera de 50,1 % à 38,5 %, selon Bloomberg. L'usine a une capacité de production de 6 000 plaquettes de 14 nanomètres par mois et prévoit de la porter à 35 000, soit une augmentation d’environ six fois.


SMIC est l'une des nombreuses entreprises de fabrication de puces qui incarnent l'espoir de Pékin de créer une industrie de semi-conducteurs autonome et de classe mondiale. La société cotée à Hong Kong, un fabricant de puces sur lequel Pékin compte pour réduire sa dépendance à l'égard de la technologie américaine, prévoyait un peu plus tôt ce mois une vente de jusqu'à 1,69 milliard de nouvelles actions sur le marché de Shanghai, selon Bloomberg.

SMIC prévoyait d'utiliser les recettes de cette vente pour développer la fabrication de puces de nouvelle génération afin d'essayer de concurrencer Intel Corp. et Taiwan Semiconductor Manufacturing Co. (TSMC). Cet effort intervient à un moment où l'administration Trump se préparait à renforcer les restrictions sur la vente de technologies à la Chine, menaçant de refuser aux entreprises nationales comme SMIC ou Huawei Technologies Co. l'accès à des composants et circuits essentiels.

« Stratégiquement, nous pensons que le SMIC coupe progressivement ses liens avec les marchés financiers américains, alors que la tension entre les États-Unis et la Chine s'intensifie à cause du Covid-19 et qu'un nouveau cycle de guerre commerciale se prépare », avaient écrit les analystes de Bernstein dans une note, d’après Bloomberg.

Washington a modifié ses règles pour empêcher Huawei de concevoir et de produire ses propres puces

Ce nouvel investissement chinois intervient alors que Washington a pris des mesures pour empêcher les ventes à Huawei Technologies par des fabricants de puces utilisant la technologie américaine. Le ministère du Commerce a déclaré vendredi qu'il exigerait des licences avant d'autoriser l'utilisation de la technologie américaine par l'entreprise chinoise ou ses 114 filiales, dont son unité de conception de puces HiSilicon.

Dans un communiqué publié le 13 mai, la Maison-Blanche a décidé de prolonger un décret signé en mai 2019 qui interdit aux entreprises américaines d'utiliser des équipements de télécommunications fabriqués par des entreprises « présentant un risque pour la sécurité nationale », parmi lesquelles figurent Huawei ou encore ZTE. Selon l’administration Trump, « les technologies ou de services d'information et de communication conçus, développés, fabriqués ou fournis par des personnes détenues, contrôlées ou soumises à la juridiction ou à la direction d'adversaires étrangers » comme Huawei et ses filiales continuent de constituer une menace contre les Etats-Unis. Pour cette raison, l'urgence nationale déclarée le 15 mai 2019 doit se poursuivre jusqu’en 2021.


Les actions de la Maison-Blanche ne se sont pas arrêtées là, la semaine dernière. Vendredi dernier, elle a décidé de bloquer les expéditions de semi-conducteurs vers Huawei Technologies par les fabricants de puces, non seulement aux USA, mais dans tout le monde entier. Le département américain du Commerce a déclaré qu’il modifiait une règle d’exportation pour « cibler stratégiquement l’acquisition de semi-conducteurs par Huawei qui sont le produit direct de certains logiciels et technologies américains ». Le ministère a ajouté que « l’annonce met fin aux efforts de Huawei pour saper les contrôles à l’exportation des États-Unis ».

Ce changement de règle élargit l'autorité américaine pour exiger des licences pour la vente à Huawei de semi-conducteurs fabriqués à l'étranger avec la technologie américaine, élargissant considérablement sa portée pour arrêter les exportations vers l'équipementier chinois. « Cette action fait passer l'Amérique en premier, les entreprises américaines en premier et la sécurité nationale américaine en premier », a déclaré un haut responsable du Département du Commerce. La plupart des fabricants de puces s’appuient sur des équipements produits par des sociétés américaines comme KLA, Lam Research et Applied Materials, selon un rapport publié l’an dernier par la société chinoise Everbright Securities.

La Chine a réagi spontanément à cette décision avec un rapport publié le même vendredi par le biais de Global Times, un quotidien chinois, indiquant que Pékin était prêt à placer les entreprises américaines sur une "liste d'entités non fiables", dans le cadre de contre-mesures en réponse aux au plan américain visant à bloquer les livraisons de semi-conducteurs à Huawei. La Chine a également déclaré être prête à lancer des enquêtes, à imposer des restrictions à des sociétés américaines telles qu'Apple, et à arrêter l'achat d'avions Boeing, d’après le quotidien chinois.

Tous les fabricants de puces du monde, y compris TSMC et SMIC, ont besoin de l'équipement des entreprises américaines pour fabriquer des puces pour tout, des smartphones aux superordinateurs. Mais la dernière mesure touche TSMC de manière disproportionnée, car elle compte sur Huawei pour environ 10 % de ses revenus, selon les estimations de Bloomberg.

« Nous suivons de près le changement des règles d'exportation américaines », a déclaré la TSMC dans un communiqué, suite à la décision américaine. « La chaîne d'approvisionnement de l'industrie des semi-conducteurs est extrêmement complexe, et est desservie par un large éventail de fournisseurs internationaux. Faisant partie de l'écosystème mondial des semi-conducteurs, TSMC entretient des collaborations à long terme avec des partenaires d'équipement du monde entier, y compris ceux situés aux États-Unis ».

« La Chine prendra des contre-mesures énergiques pour protéger ses propres droits légitimes », si les États-Unis vont de l'avant avec le plan visant à empêcher les fournisseurs essentiels de puces, y compris TSMC basé à Taiwan, de vendre des puces à Huawei, a déclaré une source au Global Times dans une interview exclusive.

Avec ce nouvel investissement, la Chine parie sur le fabricant de puces local pour pouvoir réduire la dépendance du pays à l'égard de la technologie américaine. Huawei a pris un bon nombre de décisions stratégiques pour aller de l’avant alors que les mesures de restrictions américaines persistent et qu’il est privé des ressources comme les applications Google sur ses smartphones. Mais jusqu’à quand ses premières puces seront-elles exportées à partir de ses propres usines ?

Source : Bloomberg

Et vous ?

Que pensez-vous du nouvel investissement chinois ?
Selon vous, cette initiative pourra-t-elle permettre à la Chine d’être à l’avenir indépendante de la technologie américaine ?

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Les États-Unis tentent de couper Huawei des fournisseurs mondiaux de puces, alors que la Chine envisage des représailles
La Chine pourrait placer Apple et autres entreprises US sur une « liste d'entités non fiables » comme une contre-mesure au blocage de Huawei aux USA
Les USA ont-ils sous-estimé la capacité de Huawei à surmonter leur sanction ? Cela ne va-t-il pas encourager des alternatives à Play Store ?
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Le 20/09/2019 à 14:06
Huawei lance ses smartphones Mate 30 et Mate 30 Pro sans les applications Google
mais pilotés par EMUI 10 basé sur Android 10

Huawei a officiellement lancé hier ses nouveaux smartphones de la série Mate 30. Le constructeur chinois a lancé ses derniers smartphones sans la plupart des applications habituellement préinstallées sur les téléphones Android à cause de sa présence sur la liste noire des États-Unis. Les Mate 30 et Mate 30 Pro sont des téléphones sans Google Apps, c’est-à-dire sans aucune application Google, mais qui sont pilotés par EMUI 10 qui est basé sur Android 10. Toutefois, Huawei a précisé que les utilisateurs pourront installer par eux-mêmes les applications Google s’ils le désirent.

Le lancement des Mate 30 et Mate 30 Pro hier constitue le premier grand lancement de la société chinoise depuis qu’elle a été mise sur liste noire par les États-Unis, lui interdisant de faire affaire avec les entreprises américaines et de commercialiser ses produits dans le pays. Huawei est donc interdit d’utiliser la version d’Android fournit par Google et les services qu’il fournit par défaut. Par conséquent, les nouveaux téléphones de Huawei ont été lancés sans la plupart des applications généralement préinstallées sur les smartphones Android.

Le Mate 30 et le Mate 30 Pro de Huawei n’utiliseront pas les services et les applications Google (Services Google Play), mais une alternative que la société a nommée « Huawei Mobile Services (HMS) ». En effet, ce service n’est pas totalement nouveau, car il s’agit de son écosystème d’applications qu’il utilise en Chine, Google Play n'étant pas disponible sur son territoire. Désormais, cet écosystème devra s'établir en Europe et ailleurs dans le monde. Toutefois, les utilisateurs non chinois de Huawei pourraient se montrer réticents face à ce changement brusque.


Les nouveaux téléphones de la série Mate 30 ne disposent pas de YouTube, de Google Maps et de Gmail, entre autres. Ils ne disposent pas non plus du Play Store de Google, qui est la méthode habituelle utilisée par les utilisateurs situés en dehors de la Chine pour installer des logiciels tiers sur les téléphones Android. Le HMS a permis à Huawei de précharger de nouvelles applications alternatives à la place. Les utilisateurs pourront télécharger les applications telles que Whatsapp, Facebook ou Instagram à partir de « Huawei App Gallery », qui représente le magasin d’applications de Huawei.

« Vous savez, aujourd'hui, en raison de l'interdiction américaine, ce téléphone ne peut pas préinstaller le noyau GMS (Google Mobile Services). Cela nous a forcés à utiliser le noyau HMS », a expliqué Richard Yu, responsable des appareils grand public de l'entreprise. Il a ajouté que la société avait mis de côté 1 milliard de dollars US (801 millions de livres sterling) pour encourager les développeurs à rendre leurs applications compatibles, et que plus de 45 000 applications avaient déjà intégré la technologie de la société. Mais il n'en a nommé aucun.

Le Mate 30 Pro a un design standard avec une large encoche et un écran incurvé sur les côtés comme certains téléphones récents. C’est un nouveau type d’écran baptisé « waterfall », signifiant "chute d'eau" en français. C'est un écran encore plus incurvé que ce qui est proposé actuellement, avec une courbure qui va jusqu'au dos du boîtier pour un effet de finesse renforcé. L'encoche du téléphone est large et contient des capteurs pour la reconnaissance faciale avec un réseau infrarouge et une caméra 3D « depth-sensing », en plus de la caméra selfie de 32 Mo.

Il y a une troisième caméra « capteur de geste » dans l'encoche, qui vous permet de faire défiler ou de fermer votre main pour prendre une capture d'écran. Google s'apprêterait également à apporter une telle fonctionnalité pour le Pixel 4, en utilisant un radar au lieu d'une caméra. Le mode « AI Auto Rotate » du Mate 30 Pro utilise la caméra avant pour suivre votre visage, en s'assurant que l'écran tourne correctement par rapport à votre visage, plutôt que par rapport au sol. À l’arrière, le téléphone possède quatre caméras.

Le dos du Mate 30 Pro est équipé de quatre appareils photo :

  • un appareil photo « super-sensing » ou « super détection » de 40 mégapixels (MP) avec un capteur plus grand que la normale pour un combiné. Cela lui permet de capturer plus de lumière et donc de photographier en basse lumière ;
  • un appareil photo 8 MP avec un zoom optique 3x, ce qui signifie que l'utilisateur peut se rapprocher d'un sujet sans compromettre la résolution ;
  • une caméra cinéma de 40 MP, dédiée à la vidéo. Huawei a précisé qu’il a un capteur de rapport plus large que les autres. Le capteur offre également une meilleure sensibilité vidéo en basse lumière et un effet de ralenti plus lent, fournissant jusqu'à 7 680 images par seconde ;
  • une caméra 3D « depth-sensing », qui fournit des données pouvant être utilisées pour appliquer un effet de flou plus réaliste aux photos et aux arrière-plans vidéo.

Alors que l'approche de Google en matière de photographie mobile est principalement basée sur des logiciels, Huawei adopte l'approche complètement opposée et utilise des capteurs d'appareils photo de très grande taille. Toutes les caméras arrière des appareils sont fixées dans un cercle noir. La société chinoise espère bien que les caractéristiques citées pour les téléphones vont encourager ses utilisateurs à ne pas tenir compte des inconvénients auxquels ils pourraient être confrontés à cause de la sanction américaine. Le Mate 30 Pro est disponible en six couleurs au total, y compris deux options de cuir végétalien : vert et orange.

Les autres couleurs comprennent l'argent, le vert, le violet et le noir. Le modèle standard de la série, le Mate 30, est équipé de la même caméra « super-sensing », ainsi que d'une version grand-angle de 16 mégapixels et d'un téléobjectif de 8 mégapixels pour les portraits. Les écrans des deux appareils sont légèrement différents. Le Mate 30 Pro possède un écran de 6,53 pouces qui contourne les bords de l'appareil, tandis que le Mate 30 standard dispose d'un écran plat plus traditionnel et qui est légèrement plus grand (6,62 pouces).

La puissance de la batterie varie également d’un téléphone à l’autre. Le Mate 30 Pro dispose d’une batterie plus grande de 4 500 mAh contre 4 200 mAh pour le Mate 30. Les deux téléphones peuvent prendre une charge rapide jusqu’à 40W avec un câble ou à 27W en mode sans fil. Les Mate 30 et Mate 30 Pro sont disponibles en version 4G et 5G, et la 5G est fournie par le puce Kirin de Huawei. La puce est la première de Huawei à inclure un modem 5G intégré. Huawei a expliqué que pour le modem 5G, le téléphone comprend 14 antennes pour la 5G, et 21 antennes au total.

Les nouveaux téléphones de Huawei fonctionnent sous EMUI 10 qui est une fork d’Android 10. Le Huawei Mate 30 sera disponible avec 8 Go de RAM et 128 Go de stockage. Il démarrera à 799 €, tandis que le Mate 30 Pro augmente la capacité de stockage interne à 256 Go et démarre à 1 099 € pour le modèle 4G ou à 1 199 € pour le modèle 5G. Il existe également une nouvelle édition nommée Porsche Design du Mate 30, qui utilise une finition en cuir à l'arrière de l'appareil.

La Porsche Design Huawei Mate 30 RS est disponible en rouge et en noir, et évite la bosse de caméra circulaire à l'arrière au profit d’un réseau de quatre capteurs plus intégré. Enfin, l'édition Porsche Design débutera à 2 095 € et viendra avec 12 Go de RAM et 512 Go de stockage interne. Selon certains, le matériel est très impressionnant, mais ils craignent que les ventes du chinois Huawei ne s’effondrent en dehors de la Chine. « Le matériel est très impressionnant et montre les points forts de Huawei », a déclaré Bryan Ma du cabinet d’études de marché IDC.

« Mais ce n'est pas suffisant pour compenser le manque de services Google sauf pour quelques clients très durs qui auront la patience d'écarter et de tolérer d'éventuels problèmes. Peut-être qu'ils essaient juste de s'en sortir dans l'espoir d'avoir accès à ces services Google plus tard », a-t-il ajouté. Huawei a expliqué que les utilisateurs peuvent installer plus tard les applications Google s’ils le désiraient. Un porte-parole de l’entreprise a déclaré qu’ il y a un moyen de charger latéralement les applications de Google et que le personnel de Huawei conseillera les clients sur la façon de le faire.

Cependant, il a également mentionné qu'elles pourraient ne pas fonctionner aussi bien que d'habitude. D’ailleurs, à ce sujet, un invité au lancement a tweeté des vidéos montrant deux des services de Google refusant de travailler sur le Mate 30. Malgré les efforts de Huawei et les fonctionnalités impressionnantes intégrées aux Mate 30 et Mate 30 Pro, certains pensent que le marché de Huawei en dehors de la Chine, en Europe et ailleurs, risque de chuter considérablement, en raison de la réticence que pourraient avoir certains consommateurs sur le produit.


Richard Yu a déclaré que l'entreprise a connu une croissance de 26 % de la demande pour ses smartphones au cours de la période de janvier à août, par rapport aux mêmes huit mois en 2018. Il n'a pas précisé si le chiffre faisait référence aux ventes ou aux expéditions. Cependant, les analystes suggèrent que les ventes ont commencé à souffrir en Europe après que les États-Unis aient ajouté Huawei à une liste noire qui empêche de nombreuses entreprises de fournir leur dernière technologie à la société chinoise.

La question que tout le monde se pose, c’est de savoir si les gens seront prêts à acheter un téléphone sans Google Play, Gmail, Google Maps et YouTube. Combien d’applications ne fonctionneront plus sans Google Play Services ? L’on estime que cela peut constituer une proposition effrayante pour les consommateurs. La société penserait également que l’offre ne passera pas du premier coup et s'attend donc à une baisse de 10 milliards de dollars de ses ventes d'appareils grand public cette année, à cause de l'interdiction des exportations.

Source : BBC

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Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 11/10/2019 à 4:52
Les États-Unis envisageraient de subventionner les concurrents européens de Huawei,
le pays aurait envisagé de porter son soutien aux européens Ericsson ou Nokia

Même si Huawei ne parle presque plus de ses déboires avec l’administration Trump et semble déterminé à survivre après la rupture de ses rapports commerciaux avec les entreprises américaines, Washington n’a peut-être pas encore fini avec sa campagne de boycott qu’il a entamé vis-à-vis de l’entreprise chinoise. Selon des informations rapportées par le média britannique Financial Times, les États-Unis envisageraient de subventionner les concurrents européens de Huawei à l'instar du finlandais Nokia et du suédois Ericsson.

Donald Trump et son administration ont accusé le chinois Huawei de fabriquer des équipements qui pourraient permettre à la Chine d’espionner les autres gouvernements dans le monde et d’autres systèmes sensibles. Résultat, le président américain a signé un décret en mai dernier qui a placé l’entreprise chinoise sur une liste noire. Elle est interdite, du moins jusqu’à nouvel ordre, de nouer des partenariats commerciaux avec les entreprises américaines, une situation qui a eu pour effet de déclencher une guerre commerciale entre Pékin et Washington.

Le président américain a voulu étendre sa campagne de boycott vis-à-vis de Huawei vers le reste du monde, notamment vers l’Europe en prévenant sur les dangers que représente l’utilisation des équipements du chinois, mais plusieurs pays européens comme l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne ont refusé de suivre les USA dans leur décision. Néanmoins, Trump et son administration semblent déterminés à poursuivre la guerre contre Huawei, cette fois en donnant du soutien et du poids à certaines entreprises européennes qu'ils jugent capables de concurrencer Huawei.

À en croire les récentes informations rapportées par le quotidien londonien Financial Times, l’administration Trump pourrait envisager de subventionner (à travers des crédits) les concurrents de Huawei, à savoir le suédois Ericsson et le finlandais Nokia (qui a avalé le franco-américain Alcatel-Lucent) pour les rendre plus attractifs auprès des opérateurs télécom. Selon les analyses du journal, ce geste revient à admettre que Huawei est clairement le moins cher. Cela pourrait aussi signifier que malgré la position actuelle délicate de Huawei, bon nombre d’opérateurs télécom dans le monde ont tout de même du mal à le concurrencer.


Selon le Financial Times, Washington serait prêt à délivrer des crédits à Ericsson et Nokia pour leur permettre de mieux résister au géant chinois. Parallèlement, les États-Unis tentent de convaincre des sociétés américaines de se lancer sur le marché des équipements 5G. Le Financial Times a expliqué que l'objectif de Washington est de permettre à ces entreprises de s'aligner commercialement avec Huawei qui propose des conditions de financement généreuses (grâce au soutien des banques de Pékin) à ses clients et des délais de paiement plus longs.

Washington s’est-il rendu compte de son échec dans sa campagne de boycott des équipements de Huawei ? Si la démarche annoncée par le Financial Times s’avère être vraie, cela pourrait signifier que les USA n’ont pas pu évincer Huawei de sa position de leader mondial sur le marché des équipements 5G, ce malgré la panoplie de barrières commerciales dirigées contre l’entreprise. Si l’on doit se référer à certaines bouches indiscrètes proches du dossier, cela représente une préoccupation majeure à l’heure actuelle de la Maison-Blanche.

« C’est l’une des grandes préoccupations du gouvernement à l’heure actuelle. Tout le monde, du département de la Défense au département du Commerce en passant par le département de la Sécurité intérieure, examine la question », a déclaré au Financial Times une source proche du dossier. La Maison-Blanche a toutefois refusé de commenter le sujet. D’autres sources ont également indiqué qu’une autre alternative évoquée par Washington serait la création d'un champion local. Mais la tâche s’avère plus compliquée qu’on pourrait le croire.

Pour certains, on ne s'improvise pas équipementier 5G, un domaine ultra-technique et très coûteux, en seulement quelques mois. Il est bien trop tard pour réagir, d'ailleurs d’autres acteurs concernés comme Oracle ou Cisco auraient poliment décliné. Nokia et Ericsson ont refusé de commenter l'article du Financial Times. Par contre, interrogé par BFM Business sur la question, le président de la branche française d’Ericsson a réfuté les dires selon lesquels Huawei aurait deux ans d'avance sur ses concurrents en 5G. Selon lui, il n’y a aucune évidence pour affirmer cela.

« Nous avons signé 47 accords de partenariats avec des opérateurs dont 26 sont déployés ou sont en cours de déploiements et 19 sont allumés sur les quatre continents, ce qui représente la moitié des réseaux 5G ouverts commercialement dans le monde », a déclaré Franck Bouétard, PDG d’Ericsson France. En juillet dernier, Huawei revendiquait 50 accords. Franck Bouétard a aussi ajouté qu'Ericsson est leader en matière de contributions de brevets (49.000), « il n'y a donc pas d'évidence que Huawei a deux ans d'avance sur ses concurrents en 5G ».

Un coup de pouce de l'administration américaine serait-il inutile ? Les opérateurs télécom restent pragmatiques. Le déploiement rapide de la 5G à coûts maîtrisés est stratégique. Une étude a montré cette année que sans les fournisseurs chinois, les déploiements coûteront 62 milliards d'euros de plus et provoquerait un retard de 18 mois en Europe. « Si nous concentrons nos efforts sur deux acteurs, je pense que c'est une position malsaine, non seulement pour nous en tant qu'industrie, mais également pour l'infrastructure nationale du pays », avait déclaré Nick Read, PDG de Vodafone en février dernier.

Sources : BFM Business, Financial Times

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