
Qui a permis de blanchir 95% des paiements liés aux attaques par ransomware jusqu'en 2017
Aux États-Unis, le Département de la Justice (DoJ) a décidé de trainer la défunte entreprise BTC-e qui proposait des services pour le change de devises cryptographiques devant la Cour de district Nord de Californie afin de récupérer plus de 100 millions de dollars. Le DoJ affirme que cette plateforme était impliquée dans des activités illégales de blanchiments de fonds volés par des cybercriminels. L’argent « sale » proviendrait notamment du piratage d’autres plateformes d’échange de cryptomonnaies, du paiement de rançons suite à des attaques par ransomwares et du trafic de drogue sur le Dark Web.
Dans son acte d’accusation, le gouvernement américain précise vouloir récupérer 88 596 314 dollars des comptes de la plateforme de change de cryptomonnaies BTC-e aujourd’hui disparu ainsi que 12 millions de dollars supplémentaires des comptes personnels d’Alexander Vinnick alias « M. Bitcoin », fondateur et ancien PDG de BTC-e. Le montant réclamé par le DoJ représente l’amende imposée par le Financial Crimes Enforcement Network (FinCEN) du Trésor américain en 2017, après la fermeture de la plateforme BTC-e par le FBI et l’arrestation de Vinnick par les autorités grecques.
Signalons au passage qu’au cours des deux dernières années, les États-Unis et la France ont demandé l’extradition d’Alexander Vinnick pour qu’il réponde de ses actes, mais sans succès. En 2018, la plus haute instance judiciaire de Grèce a plutôt choisi de l’extrader vers la Russie, son pays d’origine, où il sera jugé pour des charges beaucoup plus légères que celles portées par les États-Unis et la France.
Le procès civil que vient de lancer le DoJ est une méthode juridique alternative pour s’assurer que le FinCEN recouvre l’amende qui lui est due dans l’affaire ouverte en 2017 par les autorités américaines qui ont estimé que la BTC-e a enfreint la loi sur le secret bancaire (BSA) parce que :
- elle n’a pas été déclarée auprès des régulateurs US en tant qu’entreprise de services monétaires ;
- elle n’a pas mis en place un programme de lutte contre le blanchiment d’argent conforme aux normes américaines ;
- elle n’a pas soumis de rapport d’activité suspect (SAR) pour les nombreuses transactions douteuses qui se sont produites sur sa plateforme.
En 2017, le DOJ a déclaré que la plateforme BTC-e avait blanchi plus de 4 milliards de dollars sur les 7 milliards de dollars que l’entreprise affirmait avoir déjà traités. Peu de temps après la fermeture de la plateforme, des chercheurs de Google ont présenté une étude lors de l’édition 2017 de la conférence Black Hat sur la sécurité, révélant que 95 % de tous les paiements liés aux attaques par ransomware effectués jusqu’alors avaient été encaissés et convertis en monnaie fiduciaire via le portail BTC-e de Vinnick. Une enquête similaire menée par un groupe d’experts anonymes, baptisé WizSec, a relié les comptes Bitcoin de Vinnick à des opérations de blanchiment d’argent impliquant des fonds volés de la plateforme d’échange de bitcoins Mt. Gox.
Sources : Plainte (PDF), Wizsec
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