Les actionnaires de Facebook forcent un vote pour évincer Mark Zuckerberg du poste de président
Et imposer une nouvelle gouvernance du réseau social

Le , par Stan Adkens

21PARTAGES

24  0 
C’est bientôt mai, et plus d’un se demande si Zuckerberg pourra encore cette fois compter sur son pouvoir spécial pour faire échouer les nouvelles propositions des actionnaires activistes de Facebook. Attendons la fin du mois prochain pour le savoir, toutefois, pour l’heure, l’entreprise a déposé vendredi un document à la SEC (Securities and Exchange Commission), annonçant son assemblée annuelle des actionnaires du 30 mai et confirmant les propositions des investisseurs qui seront soumises au vote pendant l'événement. En effet, certains investisseurs reviennent à la charge pour tenter à nouveau de démettre Zuckerberg du poste de président du groupe, renverser la structure à deux catégories d'actions de Facebook et imposer une nouvelle gouvernance sur le réseau social.

Le document déposé le vendredi dernier, contient huit propositions des actionnaires de Facebook, selon Business Insider, y compris deux qui sont bien connues des internautes du fait qu’elles ont déjà fait la une des médias en ligne à plusieurs reprises. Les investisseurs veulent, non seulement, évincer Zuckerberg en tant que président du conseil d'administration de Facebook en faveur de l'embauche d'un dirigeant indépendant, mais aussi instaurer de nouveaux « mécanismes équitables et appropriés permettant d'éliminer les droits disproportionnés des actionnaires de catégorie B ».

Pour rappel, en 2017, l’un des gros investisseurs de Facebook, Trillium Asset Management, a été à l’origine d’une proposition visant à obtenir un président indépendant. Mais cette résolution a connu d’importantes oppositions parmi les investisseurs. D’autres gros investisseurs tels que les fonds Vanguard Total Stock Market Index et Fidelity Contrafund avaient voté contre la proposition de 2017.


En octobre 2018, quatre grands fonds publics américains investisseurs de Facebook ont proposé, à nouveau, de démettre Mark Zuckerberg en tant que président-directeur général au profit d’un président indépendant. Ils avaient justifié leur proposition par la série de scandales notoires qui ont émaillé la vie du réseau social depuis un certain temps et avaient espèrent obtenir le soutien de grands gestionnaires d'actifs. La chute régulière des actions depuis le début des problèmes de Facebook a aussi été citée comme un autre motif de leur résolution.

En novembre 2018, suite à la publication d’un rapport selon lequel Facebook aurait embauché une entreprise de relations publiques pour lutter contre les critiques dirigés contre la société, des investisseurs ont réitéré leur proposition de mettre fin à la fonction de président du conseil d’administration qu’exerce Mark Zuckerberg en plus de son poste de directeur général du groupe. Toutefois, la position du réseau social sur la question de création d’une présidence indépendante est très bien connue. Selon Facebook, un président indépendant pourrait « créer de l'incertitude, de la confusion et de l'inefficacité dans les fonctions et les relations du conseil d'administration et de la direction».

Cependant, les efforts continuent. Des investisseurs militants qui contrôlent plus de 3 milliards de dollars d'actions font pression pour évincer Mark Zuckerberg du poste de président du conseil d'administration de Facebook. Bien d'autres changements dans la gouvernance de l’entreprise sont également prévus à condition que le vote soit favorable pour ces investisseurs activistes le 30 mai prochain.

Les actionnaires voteront pour pousser Zuckerberg à se retirer de la présidence du conseil d’administration

L’une des propositions qui feront l'objet d'un vote le 30 mai obligerait M. Zuckerberg à se retirer et à nommer un président indépendant pour aider à diriger Facebook après que plusieurs scandales majeurs, depuis l’année dernière, aient mis l'entreprise sous un jour de plus en plus négatif. Facebook, pour sa part, a dit à ses actionnaires qu'ils devraient voter contre les propositions contenues dans le dépôt auprès de la SEC.

La firme a déclaré :

« Nous croyons que notre conseil d'administration fonctionne efficacement dans sa structure actuelle et que la structure actuelle offre une protection appropriée en matière de surveillance ». « Nous ne croyons pas que le fait d'exiger que le président du conseil soit indépendant améliorera sensiblement l'orientation et le rendement, et pourrait plutôt entraîner une inefficacité dans les fonctions et les relations du conseil et de la direction », a-t-elle ajouté.

Les investisseurs veulent instaurer de nouveaux « mécanismes équitables et appropriés permettant d'éliminer les droits disproportionnés des actionnaires de catégorie B »

La structure de l’actionnariat actuelle de Facebook comporte deux classes d'actions, selon Business Insider. Les actions de catégorie B offrent 10 fois plus de droits de vote que les actions de catégorie A, et il se trouve que Zuckerberg possède plus de 75 % des actions de catégorie B. Ce qui signifie qu'il a plus de la moitié des droits de vote sur Facebook, d’après Business Insider. C’est ce pouvoir absolu de vote détenu par Zuckerberg que les actionnaires activistes veulent abolir lors de l'assemblée annuelle des investisseurs en mai par le vote.

Selon Busines Insider, la proposition des actionnaires dit ceci :

« Fausses nouvelles, ingérence électorale et menaces pour notre démocratie - les actionnaires ont besoin de plus que de nier, de détourner et de retarder. Nous exhortons les actionnaires à voter EN FAVEUR d'un plan de recapitalisation pour toutes les actions en circulation afin d'obtenir un vote par action. »

L'argument des actionnaires est que Facebook est actuellement incroyablement scandaleux. Il suffit de penser au rocambolesque scandale Cambridge Analytica qui a affecté les données personnelles de plus 87 millions de personnes, à la manipulation des élections par des agents russes, aux publicités discriminatoires, au rôle de Facebook dans le nettoyage ethnique du Myanmar et aux énormes cyberattaques dont certaines ont affecté jusqu’à 50 millions de comptes Facebook.

Le trésorier de l'État de l'Illinois, Michael Frerichs, a déclaré en octobre dernier :

« La structure de gouvernance de Facebook continue de mettre ses investisseurs en danger. C'est maintenant le temps du changement ». « Mark Zuckerberg doit davantage rendre compte au conseil d'administration afin de rétablir la confiance des investisseurs et de protéger la valeur pour les actionnaires. »

Le problème, c'est que la structure de partage de Facebook rend ce type d'action totalement dépourvu de sens. Bien que la proposition des actionnaires soit soutenue par des investisseurs qui contrôlent environ 3 milliards de dollars d'actions Facebook, avec des actions de classe B de Facebook détenues par Zuckerberg et bien d’autres initiés, la résolution ne prospérera probablement pas. Comme aux précédentes assemblées annuelles, Facebook a demandé une fois de plus que ses actionnaires rejettent la proposition. « Nous croyons que notre structure du capital est dans le meilleur intérêt de nos actionnaires et que notre structure de gouvernance actuelle est saine et efficace. »

Toutefois, ces actions répétées des investisseurs mettent davantage en lumière des scandales à répétition dans lesquelles est impliquée la société et la structure des actions de l’entreprise qui donne trop de pouvoir à Zuckerberg.

Source : Business Insider

Et vous ?

Que pensez-vous de cette nouvelles proposition des actionnaires ?
Quelle issue prévoyez-vous pour le vote du 30 mai ?

Lire aussi

En colère, un actionnaire de Facebook compare Zuckerberg à Vladimir Poutine, il est accusé de pratiquer la « dictature d'entreprise »
Facebook : Les actionnaires influents s'associent pour révoquer Zuckerberg en tant que président, afin d'améliorer la surveillance du réseau social
Facebook : les investisseurs appellent Mark Zuckerberg à démissionner de son poste de président, à la suite d'un nouveau rapport
Facebook va livrer « des dizaines de milliers » de contrôleurs VR avec des messages cachés, comme « Big Brother regarde » et « Cet espace à louer »
Données personnelles : après Twitter et Google, l'UFC-Que Choisir obtient la condamnation de Facebook, sur ses clauses abusives

Une erreur dans cette actualité ? Signalez-le nous !

Avatar de rawsrc
Modérateur https://www.developpez.com
Le 15/04/2019 à 11:15
Rien que pour le choix de la photo ça mérite +1
Avatar de earhater
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 15/04/2019 à 11:29
Il est grand temps que Zuzu parte. Il n'a pas été capable de limiter les scandales par rapports par rapport à la vie privée, à la sécurité (les mots de passes en clair des applications messenger), et ces derniers temps des casques de VR avec des trolls du type Big brother is watching you imprimé dessus. Je sais bien qu'une entreprise de cette taille est une sorte d'entité autonome mais il faut remettre les choses à plat et taper du poing sur la table à un moment donné.
Avatar de lsbkf
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 16/04/2019 à 4:20
Je ne suis pas derrière Zuckerberg, mais ces investisseurs et actionnaires veulent vraiment nous faire croire qu'ils sont surpris par les scandales ? C'est un coup de com' pour faire semblant d'être offusqué, se faire valoir en évincant le président fautif, mais dans le fond est-ce que ça va changer grand chose ?
Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 16/04/2019 à 8:08
Citation Envoyé par Stan Adkens Voir le message
Les actionnaires de Facebook forcent un vote pour évincer Mark Zuckerberg du poste de président
Voilà ce qui arrive quand on introduit son entreprise en bourse, les actionnaires prennent trop d'importance et peuvent vous virer.
Il doit avoir des milliards, il peut se casser et faire autre chose, de toute façon son image est trop ternie, chaque semaine il y a au moins une news anti Facebook.

Je pense que si le système s'en prend autant à Facebook c'est parce qu'il a participé à l’élection de Trump, les gens ont partagé des extraits de ses discours pendant la campagne de 2016, alors que les médias étaient très largement contre lui. Facebook a également permis la création du mouvement des gilets jaunes, tout à commencé par 2 randoms qui ont dit "Si vous n'êtes pas d'accord avec la politique de Macron mettez un gilet de sécurité sur votre tableau de bord" et ça a fini par prendre beaucoup d'ampleur.

Du temps du printemps arabe les médias étaient à fond "Facebook c'est génial, ça permet au peuple de faire des révolutions !", ça a changé depuis...
"Printemps arabe": internet a permis aux jeunes de faire entendre leur voix
DUBAI - Dans une région dominée par les médias officiels, les réseaux sociaux ont permis aux jeunes de faire entendre au monde entier la voix du "printemps arabe", même si la crédibilité de ces nouveaux médias est parfois remise en question.
(...)
Les réseaux sociaux ont joué un rôle primordial dans le déclenchement du "printemps arabe" dont l'étincelle a été l'immolation par le feu d'un jeune Tunisien le 17 décembre.

Depuis, les régimes tunisien et égyptien sont tombés et la révolte a gagné la Libye, le Yémen, la Syrie et Bahreïn, où un mouvement de contestation a été réprimé par la force à la mi-mars avec le soutien des monarchies du Golfe dont l'Arabie saoudite.
Comment Internet a fait les « printemps arabes »
Si les réseaux sociaux ont permis d’organiser les manifestations et de contourner les médias officiels, en 2011, ils ont aussi recomposé l’espace social.
Les médias ont perdu du pouvoir de manipulation, maintenant avec internet les gens peuvent voir autre chose, ils n'ont plus à subir la propagande officielle.
Bon en réalité Facebook, Twitter, etc, sont pas mal contrôlé et censuré, tous les propos n'ont pas la même visibilité.
Mais bon parfois un miracle se produit (gilets jaunes)
Avatar de Neckara
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 16/04/2019 à 8:11
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Voilà ce qui arrive quand on introduit son entreprise en bourse, les actionnaires prennent trop d'importance et peuvent vous virer.
As-tu bien lu l'actualité ?

Z. possède 75% des actions de type B, et possède donc plus de la moitié des droits de vote.
Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 16/04/2019 à 8:42
Citation Envoyé par Neckara Voir le message
Z. possède 75% des actions de type B
Non mais ok ils n'ont pas le pouvoir de le virer, mais en attendant ils pourrissent son image.

Citation Envoyé par Stan Adkens Voir le message
« Fausses nouvelles, ingérence électorale et menaces pour notre démocratie - les actionnaires ont besoin de plus que de nier, de détourner et de retarder. Nous exhortons les actionnaires à voter EN FAVEUR d'un plan de recapitalisation pour toutes les actions en circulation afin d'obtenir un vote par action. »
(...)
Toutefois, ces actions répétées des investisseurs mettent davantage en lumière des scandales à répétition dans lesquelles est impliquée la société et la structure des actions de l’entreprise qui donne trop de pouvoir à Zuckerberg.
Bon après si les actionnaires ne sont pas content ils n'ont qu'à se débarrasser de leur actions...
Avatar de AoCannaille
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 16/04/2019 à 9:58
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Je pense que si le système s'en prend autant à Facebook c'est parce qu'il a participé à l’élection de Trump, les gens ont partagé des extraits de ses discours pendant la campagne de 2016, alors que les médias étaient très largement contre lui.
Je ne pense pas qu'il faut porter une trop grande importance à cette "politisation" de facebook.

Le but de facebook, c'est de te vendre des pubs autour des vidéos. Du coup, il ne montre que des vidéos que tu es suceptible de regarder en entier.
Si FB te montre des vidéos de Trump, c'est qu'ils ont repérés avant ça que ça te plairait.
Pour ma part les vidéos de trump que me montrait fb étaient plutôt des parodies ou des débunkages....

Bref, il ne faut pas confondre corrélation et causalité.
Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 16/04/2019 à 10:26
Citation Envoyé par AoCannaille Voir le message
Je ne pense pas qu'il faut porter une trop grande importance à cette "politisation" de facebook.
En attendant les médias et les politiciens accusent les réseaux sociaux d'être responsable de la monté du populisme.

Les réseaux sociaux, poison de la démocratie et terreau du populisme
Emmanuel Macron a lui-même –selon le Journal du Dimanche du 10 décembre- parfaitement résumé les choses : « la jonction des réseaux sociaux et des télés en continu est un poison pour la démocratie ». Sur ce thème, France info ce lundi donne la parole à un politologue qui analyse parfaitement le phénomène nouveau auquel se heurte notre démocratie. Il titre son article: “peut-on encore gouverner à l’heure des réseaux sociaux?”.
Bolsonaro élu au Brésil : les réseaux sociaux font-ils la courte échelle aux populistes ?
Le candidat d’extrême droite a remporté l’élection présidentielle brésilienne haut la main dimanche 28 octobre. C’est notamment en s’appuyant sur WhatsApp, utilisé par 120 millions de personnes, qu’il a pu mettre en place une vaste opération de désinformation. De Trump à Salvini, décryptage d’une stratégie qui se répand chez les populistes.
(...)
Lors de son élection en mars dernier, l’Italien Matteo Salvini avait lancé ce cri du cœur : « Merci Dieu pour Internet. Merci Dieu pour les réseaux sociaux. Merci Dieu pour Facebook. » Au tournant des années 2010, les observateurs politiques et médiatiques croyaient déceler à chaque scrutin l’importance vitale des réseaux sociaux naissants.
Citation Envoyé par AoCannaille Voir le message
Si FB te montre des vidéos de Trump, c'est qu'ils ont repérés avant ça que ça te plairait.
Certes.

Facebook confirms: Donald trumped Hillary on the social network during 2016 election
Aside from the differential in ad spend, Trump’s team appeared to be the more sophisticated of the two in how it made use of Facebook’s outcome-oriented approach to optimization. All told, Trump ran 5.9 million ad variations, rapidly testing, tweaking, and killing non-performers — while increasing spend amounts on those that led to the desired outcome.

Clinton ran around 66,000 ads during the same time period.

Trump also made use of a feature that creates lookalike audiences based on current supporters. Put simply, Facebook’s data insights gleaned information from each supporter in an attempt to find others just like them — these “others” would be new targets, those who weren’t already following Trump or interacting with his Facebook messages.
C'était chouette cette élection, tout le monde s'attendait à la victoire d'Hillary et en fait non !

===
Il y a 2 choses sur Facebook, les médias parlent toujours du contenu sponsorisé qui ciblent des utilisateurs selon leur centres d’intérêts, mais il y a aussi les utilisateurs qui cherchent du contenu et qui eux même s'abonnent à des pages sans qu'on leur en fasse de la pub.
Le contenu sponsorisé c'est pas terrible, mais par contre la liberté de suivre n'importe quoi sur Facebook c'est assez sympa.
Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 17/04/2019 à 13:36
Facebook a exploité les données de ses utilisateurs pour combattre la concurrence et aider ses « amis »,
selon une fuite de documents

Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, a supervisé les plans visant à consolider le pouvoir du réseau social et à contrôler ses concurrents en traitant les données de ses utilisateurs comme une monnaie d'échange, tout en proclamant publiquement qu'il protégeait ces données, selon environ 4 000 pages de documents d'entreprise divulgués couvrant une grande partie de 2011 à 2015. obtenu par NBC News.

Environ 400 des 4 000 pages de documents avaient déjà été rapportées par d'autres médias, ainsi que par un membre du Parlement britannique qui enquêtait sur les pratiques de Facebook en matière de confidentialité des données à la suite du scandale Cambridge Analytica. Cependant, ce cache représente l’image la plus claire et la plus complète des activités de Facebook pendant une période critique, alors que la société avait du mal à s’adapter à la montée en puissance des smartphones après ses débuts difficiles en tant que société publique.

Les milliers de documents récemment partagés ont été divulgués anonymement au journaliste d'investigation britannique Duncan Campbell, qui les a partagés avec une poignée d'organisations de médias parmi lesquels NBC News et Süddeutsche Zeitung. Campbell, membre fondateur du Consortium international des journalistes d'investigation, est un expert en criminalistique informatique qui a travaillé sur des enquêtes internationales, notamment sur les activités bancaires offshore et le grand tabac. Les documents semblent être les mêmes que ceux obtenus par le Parlement à la fin de 2018 dans le cadre d'une enquête sur Facebook. Facebook n'a pas remis en question l'authenticité des documents obtenus par NBC News.

Les documents, qui comprennent des courriels, des webchats, des présentations, des feuilles de calcul et des résumés de réunion, montrent comment Zuckerberg, ainsi que son conseil d'administration et son équipe de direction, ont trouvé des moyens d'exploiter les données de l'utilisateur, telles que des informations sur les amis, les relations et les photos, comme levier entreprises partenaires.


Dans certains cas, Facebook récompenserait les entreprises favorisées en leur donnant accès aux données de ses utilisateurs. Dans d'autres cas, Facebook empêchait l'accès aux données utilisateur à des entreprises ou des applications concurrentes.

Par exemple, Facebook a donné à Amazon un accès étendu aux données des utilisateurs, car l’entreprise dépensait de l’argent pour la publicité sur Facebook et s’était associée au réseau social pour le lancement de son smartphone Fire. Dans un autre cas, Facebook a discuté de la suppression de l'accès aux données utilisateur pour une application de messagerie devenue trop populaire et considérée comme un concurrent, selon les documents.

Pendant ce temps, Facebook élaborait une stratégie pour définir publiquement ces changements comme un moyen de protéger la confidentialité des utilisateurs.

La communication privée entre les utilisateurs est « de plus en plus importante », a déclaré Zuckerberg dans un entretien accordé au New York Times en 2014. « Tout ce que nous pouvons faire pour que les gens se sentent plus à l'aise est une bonne chose ».

Mais les documents montrent que, dans les coulisses, contrairement aux déclarations publiques de Facebook, la société a proposé de nombreuses manières d'imposer aux applications tierces d'indemniser Facebook pour l'accès aux données de ses utilisateurs, notamment les paiements directs, les dépenses publicitaires et des arrangements sur le partage de données. Il n’est pas inhabituel que des entreprises collaborant partagent des informations sur leurs clients, mais Facebook a accès à des données sensibles que de nombreuses autres entreprises ne possèdent pas.

Facebook a finalement décidé de ne pas vendre les données directement, mais plutôt de les distribuer aux développeurs d'applications considérées comme des « amis » personnels de Zuckerberg ou ayant dépensé de l'argent sur Facebook et partageant leurs propres précieuses données, selon les mêmes documents.

Facebook a nié avoir accordé un traitement préférentiel aux développeurs ou aux partenaires en raison de leurs dépenses publicitaires ou de leurs relations avec les dirigeants. Il faut préciser que la société n'a pas été accusée d'avoir enfreint la loi.

Une vague de démissions chez Facebook

Mi-mars, Facebook a été confronté au départ de deux de ses plus importants cadres. Chris Cox, le responsable des produits chez Facebook et Chris Daniel ont quitté la direction de l’entreprise. Selon le New York Times, leur départ est étroitement lié à la très controversée idée de Mark Zuckerberg de vouloir unifier les trois principales plateformes du groupe notamment Facebook Messenger, Whatsapp et Instagram. Depuis un peu plus d'un an maintenant, les démissions se succèdent au sein de l’entreprise. On pourrait les illustrer en partant par exemple de la démission de Brian Acton et de Jan Koum, les deux cofondateurs de Whatsapp, respectivement en 2017 et 2018. Toujours en 2018, les deux cofondateurs d’Instagram ont également quitté la société. D'autres responsables, notamment le responsable des communications et des politiques de Facebook et le responsable de la sécurité, ont également quitté leurs fonctions.


Beaucoup d’explications à propos de ses vagues de démission laissent entendre que ces cadres sont partis à la suite de malversations entre ces derniers et Mark Zuckerberg concernant la façon dont le PDG de Facebook dirige l'entreprise. Des spéculations lient certains de ces départs au scandale qui a tant faire parler de lui, celui du Cambridge Analytica. Est-ce vrai ? On ne saurait y répondre avec certitude puisqu’à ce jour, aucun commentaire de la part de Facebook n’existe à ce propos. Si depuis l’explosion du scandale de Cambridge Analytica, Facebook a toujours nié être au courant de l’utilisation finale des données collectées et traitées par l’entreprise britannique, les récentes accusations à l’encontre de la société en disent totalement le contraire. D’après des révélations faites par l’hebdomadaire britannique The Observer en mars, Facebook aurait dissimulé depuis le début de cette histoire des preuves qui prouvent son implication directe dans l’affaire dite de Cambridge Analytica.

En effet, pour l’affaire qu’on cite et d’après les propos de The Observer relayés par The Guardian, au moins un membre du conseil d’administration de Facebook était au courant du but réel et permanent de la collecte de données litigieuse plusieurs années avant l’explosion du scandale. Facebook aurait-il menti jusque là en soutenant qu’il a appris de la presse ce à quoi les données collectées par Cambridge Analytica devraient servir ? C’est que ressortent les récentes affirmations de l’hebdomadaire britannique. « Des personnes de la Silicon Valley ont témoigné que Marc Andreessen, membre du conseil d'administration de Facebook, le fondateur de la société de capital-risque Andreessen Horowitz et l'une des personnes les plus influentes de la Silicon Valley, ont assisté à une réunion avec Christopher Wylie qui s'est tenue dans le bureau d'Andreessen Horowitz deux ans avant que Wylie ne se présente comme dénonciateur », a indiqué The Observer.

Les actionnaires de Facebook forcent un vote pour évincer Mark Zuckerberg du poste de président

Facebook a déposé vendredi un document à la SEC (Securities and Exchange Commission), annonçant son assemblée annuelle des actionnaires du 30 mai et confirmant les propositions des investisseurs qui seront soumises au vote pendant l'événement. En effet, certains investisseurs reviennent à la charge pour tenter à nouveau de démettre Zuckerberg du poste de président du groupe, renverser la structure à deux catégories d'actions de Facebook et imposer une nouvelle gouvernance sur le réseau social.

Le document déposé le vendredi dernier, contient huit propositions des actionnaires de Facebook, selon Business Insider, y compris deux qui sont bien connues des internautes du fait qu’elles ont déjà fait la une des médias en ligne à plusieurs reprises. Les investisseurs veulent, non seulement, évincer Zuckerberg en tant que président du conseil d'administration de Facebook en faveur de l'embauche d'un dirigeant indépendant, mais aussi instaurer de nouveaux « mécanismes équitables et appropriés permettant d'éliminer les droits disproportionnés des actionnaires de catégorie B ».

Pour rappel, en 2017, l’un des gros investisseurs de Facebook, Trillium Asset Management, a été à l’origine d’une proposition visant à obtenir un président indépendant. Mais cette résolution a connu d’importantes oppositions parmi les investisseurs. D’autres gros investisseurs tels que les fonds Vanguard Total Stock Market Index et Fidelity Contrafund avaient voté contre la proposition de 2017.


En octobre 2018, quatre grands fonds publics américains investisseurs de Facebook ont proposé, à nouveau, de démettre Mark Zuckerberg en tant que président-directeur général au profit d’un président indépendant. Ils avaient justifié leur proposition par la série de scandales notoires qui ont émaillé la vie du réseau social depuis un certain temps et avaient espèrent obtenir le soutien de grands gestionnaires d'actifs. La chute régulière des actions depuis le début des problèmes de Facebook a aussi été citée comme un autre motif de leur résolution.

En novembre 2018, suite à la publication d’un rapport selon lequel Facebook aurait embauché une entreprise de relations publiques pour lutter contre les critiques dirigés contre la société, des investisseurs ont réitéré leur proposition de mettre fin à la fonction de président du conseil d’administration qu’exerce Mark Zuckerberg en plus de son poste de directeur général du groupe. Toutefois, la position du réseau social sur la question de création d’une présidence indépendante est très bien connue. Selon Facebook, un président indépendant pourrait « créer de l'incertitude, de la confusion et de l'inefficacité dans les fonctions et les relations du conseil d'administration et de la direction».

Cependant, les efforts continuent. Des investisseurs militants qui contrôlent plus de 3 milliards de dollars d'actions font pression pour évincer Mark Zuckerberg du poste de président du conseil d'administration de Facebook. Bien d'autres changements dans la gouvernance de l’entreprise sont également prévus à condition que le vote soit favorable pour ces investisseurs activistes le 30 mai prochain.

Source : NBC News

Voir aussi :

Les fraudeurs achètent des milliers de faux commentaires Amazon notés 5 étoiles via Facebook, le système de notation d'Amazon est-il encore fiable ?
Facebook va livrer « des dizaines de milliers » de contrôleurs VR avec des messages cachés, comme « Big Brother regarde » et « Cet espace à louer »
Données personnelles : après Twitter et Google, l'UFC-Que Choisir obtient la condamnation de Facebook sur ses clauses abusives
Avatar de Jonathan
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 18/04/2019 à 18:30
Les actionnaires de Facebook en ont assez de Marc Zuckerberg, mais ne peuvent rien faire contre lui
En voici les raisons

La semaine dernière la société américaine Facebook a publié une déclaration de procuration dans laquelle il apparaissait clairement que les actionnaires de la société commencent à en avoir marre du leadership de Mark Zuckerberg qui est à la fois le cofondateur, président du conseil et directeur général de la société. Ces actionnaires estiment que le conseil d'administration est enfermé dans une structure de gouvernance obsolète qui réduit la responsabilité du conseil envers les actionnaires. Dans le but d'améliorer les choses, ils ont fait quatre propositions qu'ils ont soumises au vote visant à réduire l'autorité de Marc Zuckerberg sur Facebook.

La première des quatre propositions serait celle de créer un poste de président de la société qui serait indépendant, ce qui empêchera Marc Zuckerberg d'occuper à la fois ce poste et celui de directeur général. La deuxième proposition consiste à exiger la majorité des votes des administrateurs de la société de sorte qu'aucune décision ne puisse être adoptée en se basant uniquement sur l'avis de Zuckerberg. La troisième proposition exige que toutes les actions, qu’elles soient de classe A ou de classe B, disposent d’un droit de vote unique. La dernière proposition quant à elle invite le conseil à examiner des alternatives stratégiques, y compris une scission de la société.

Pour rappel, dans le domaine de la finance, une action de classe A, B ou C désigne une catégorie d'actions ordinaires ou privilégiées qui s'accompagne d'avantages accrus, tels que des droits de vote. Mais il faut savoir que les actions de classe A donnent droit à des avantages plus importants que ceux des classes B et C. Malgré le ressenti des actionnaires vis-à-vis de la gestion que Zuckerberg fait de Facebook, ils sont dans l'incapacité de faire grand-chose contre cela et l'échec de ces propositions lors du vote n'a rien de bien difficile à comprendre.


Zuckerberg détient à lui tout seul 88,1 % des actions de classe B de Facebook, qui disposent chacune de 10 voix en cas de vote à l'assemblée annuelle des actionnaires, soit 3,98 milliards de voix au total. En ce qui concerne les actions de classe A, il y en a que 2,4 milliards pouvant être acquises par des investisseurs ordinaires et chacune de ces actions disposent également de 10 voix à l'assemblée annuelle des actionnaires. Ce qui laisse donc comprendre que, quelle que soit la proposition qui sera soumise au vote de l'assemblée, si celle-ci n'est pas approuvée par Zuckerberg, il est très probable qu'elle ne puisse pas être adoptée.

C'est donc de cette même façon que toutes les propositions similaires à celles-ci ont abouti jusqu'à présent et à chaque fois on a l'impression que cela résulte de la volonté de la majorité des membres du conseil, alors que la réalité est toute autre. Selon certaines indications, la plupart des actionnaires extérieurs souhaiteraient voir un changement dans la structure de gestion de l'entreprise, mais cela ne risque pas d'arriver de si tôt. En fait, le contrôle inattaquable de Facebook par Zuckerberg est en place avant même son offre publique initiale en 2012 et l’office de la propriété intellectuelle a simplement intégré ce contrôle dans les règlements au moment de son introduction en bourse.

Ces actionnaires savaient très bien où ils mettaient les pieds lorsqu'ils achetaient des actions Facebook. Les premières années ont été assez fructueuses, mais après une certaine période, les préoccupations ont commencé à naître suite aux différents scandales qui ont entaché la société. Des préoccupations sur des questions managériales se sont faites ressentir, mais comme pour cette fois encore, c'est Marc Zuckerberg qui a toujours eu le dernier mot.

Source : Los Angeles Times

Et vous ?

Qu'en pensez-vous ?
Que pensez-vous de la gestion actuelle de Facebook ?
Êtes-vous du même avis que ceux qui souhaitent le départ de Zuckerberg ? Pourquoi ?

Voir aussi :

L'audition de Mark Zuckerberg devant le Congrès américain a révélé un PDG déconcerté le patron de Facebook aurait-il trompé les élus américains ?
Les sénateurs veulent savoir quand Zuckerberg a appris que Facebook piégeait les enfants pour les faire dépenser l'argent de leurs parents
Zuckerberg en passe d'être le milliardaire qui a le plus perdu en 2018 : sa fortune s'effrite de 23 milliards qui équivalent à la fortune d'Elon Musk
Contacter le responsable de la rubrique Droit

Partenaire : Hébergement Web