Rappelons qu'à la fin du mois dernier, à Christchurch en Nouvelle-Zélande a eu lieu une fusillade dans 2 mosquées au cours de laquelle plus de 40 personnes ont trouvé la mort. Il se trouve que 2 des victimes de cette fusillade faisaient partie de la communauté des partenaires Microsoft. Une équipe de Microsoft qui s'y était rendue en visite le lendemain de la fusillade, a pu apprécier la gravité de ce qui s'est passé et la société dans son ensemble a examiné la manière dont ses divers services étaient utilisés pour diffuser la vidéo de la fusillade sur la toile.Les vidéos de la fusillade se sont rapidement répandues sur Internet. Microsoft, dans l'optique de stopper la propagation de ces vidéos, a procédé à des améliorations des outils existants pour identifier et classifier les contenus violents extrémistes ainsi qu'à des modifications du processus permettant aux utilisateurs de signaler ces contenus. La société a affirmé qu'une collaboration entre les entreprises du secteur technologique, les gouvernements et les organisations non gouvernementales permettrait de franchir des étapes plus importantes dans le processus d'éradication de ce genre de vidéos sur internet. Microsoft a également expliqué les 3 domaines fondamentaux sur lesquels les acteurs impliqués dans cette collaboration devront se concentrer afin que celle-ci soit plus efficace.
Suite à ces événements, l'Australie a envisagé d'introduire des peines de prison et des amendes de plusieurs millions de dollars aux géants des médias sociaux qui n'enlèvent pas rapidement les contenus violents. Le pays a donc adopté ce jeudi (en urgence) cette loi de grande envergure qui menace les réseaux sociaux avec d’énormes amendes et les emprisonnements pour leurs dirigeants si ceux-ci ne retirent pas rapidement les « contenus violents odieux » de leurs plateformes. La loi - à laquelle le secteur de la technologie s’oppose fermement - place l’Australie à l’avant-garde d’un mouvement mondial visant à responsabiliser les entreprises comme Facebook et YouTube pour le contenu qu’elles hébergent.
Lors d'un débat sur le projet de loi jeudi à la Chambre des représentants, Christan Porter, le procureur général de l'Australie, a d'ailleurs déclaré que « ces plateformes ne devraient pas être utilisées » à des fins de propagation de contenus haineux. Les plateformes Internet doivent prendre au sérieux la diffusion de contenus violents et odieux en ligne, a-t-il ajouté. Rédigée rapidement et sans grande participation d'entreprises ou d'experts technologiques, cette mesure va aussi loin que toute tentative d'une autre démocratie visant à punir les plateformes technologiques multinationales du comportement de leurs utilisateurs. Cette mesure est très probablement une première sur le plan international, a déclaré Porter, ajoutant que « les Australiens étaient presque unanimes à penser que les plateformes de médias sociaux devaient assumer davantage de responsabilités pour leur contenu ».
La loi criminalise les « contenus violents odieux», définis comme des vidéos montrant des attaques terroristes, des meurtres, des viols ou des enlèvements. Les entreprises de médias sociaux qui ne parviennent pas à supprimer ces genres de contenus « rapidement » peuvent être condamnées à des amendes pouvant aller jusqu'à 10 % de leurs bénéfices annuels et les dirigeants de l'entreprise à des peines pouvant aller jusqu'à trois ans de prison. Les entreprises doivent également informer la police lorsqu'elle détecte de contenus illégaux sur leur plateforme. Le projet de loi, avant même son dépôt à la Chambre des représentants jeudi, a intensifié le débat mondial déjà passionné sur la liberté d'expression, la violence et la technologie. Toutefois, les entreprises de médias australiennes ont averti cette semaine que la loi pourrait entraîner la censure des discours légitimes.
Un consortium de superpuissances technologiques mondiales, y compris Google, Facebook et Amazon, a également fait valoir que cela nuirait aux relations de l'Australie avec d'autres pays, car le pays exigerait une surveillance « proactive » de tous les utilisateurs du monde entier, tout en criminalisant le contenu republié par les utilisateurs sans que les entreprises le sachent. « Cette loi, qui a été conçue et adoptée en cinq jours sans aucune consultation sérieuse, ne résout en rien le...
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