Un juge US a rejeté une plainte déposée par la société X d'Elon Musk, qui accusait un groupe d'annonceurs et de grandes entreprises d'avoir illégalement boycotté sa plateformeUn juge américain a rejeté une plainte déposée en 2024 par X Corp, la société d'Elon Musk, qui accusait un groupe d'annonceurs, de grandes entreprises et la Fédération mondiale des annonceurs d'avoir orchestré un boycott illégal de sa plateforme. Dans une décision rendue jeudi, la juge fédérale Jane Boyle a estimé que X n'avait pas démontré l'existence d'un préjudice au regard des lois antitrust américaines, rejettant ainsi l'affaire sans possibilité de réexamen.
Pour rappel, en 2024, la plateforme de médias sociaux X d'Elon Musk avait engagé des poursuites contre plusieurs annonceurs, les accusant d'avoir coordonné un boycott illégal ayant entraîné une perte significative de revenus. Selon la société mère, X Corp, des entreprises telles que les géants de l'agroalimentaire Unilever et Mars, la société d'énergies renouvelables Orsted et la Fédération mondiale des annonceurs (WFA) se seraient entendues pour lui priver de « milliards de dollars » de recettes publicitaires.
Mais dans sa décision rendue le jeudi 26 mars dernier, la juge fédérale Jane Boyle a estimé que l'entreprise n'avait pas démontré avoir subi un préjudice au regard de la législation fédérale sur la concurrence.
Le procès intenté par X Corp devant un tribunal texan en 2024 faisait suite à une baisse des recettes publicitaires de la plateforme après le rachat de Twitter par Elon Musk en 2022. Le milliardaire de la tech avait mis en place des changements radicaux sur la plateforme après son rachat, notamment en réactivant les comptes de personnalités controversées et en levant certaines restrictions sur les contenus.
Moins d'un an après le rachat de X par Elon Musk, les recettes publicitaires avaient chuté de plus de moitié, certaines entreprises ayant suspendu ou réduit leurs campagnes publicitaires sur le site. La plainte affirmait que ce groupe d'annonceurs avait agi à l'encontre de ses propres intérêts économiques pour s'entendre contre la plateforme, affirmant que cela constituait une violation des lois antitrust américaines visant à promouvoir une concurrence loyale entre les entreprises.
À l'époque, Elon Musk avait tweeté : « Nous avons essayé d'être conciliants pendant deux ans et n'avons obtenu que des paroles en l'air. Maintenant, c'est la guerre. »
Dans sa plainte, X Corp affirmait que les entreprises mises en cause avaient indûment retenu des dépenses en se conformant aux normes de sécurité établies par une initiative de la WFA appelée Global Alliance for Responsible Media (Garm).
L'objectif déclaré du Global Alliance for Responsible Media est « d'aider le secteur à relever le défi posé par les contenus illégaux ou préjudiciables sur les plateformes de médias numériques et par leur monétisation par le biais de la publicité ».
Mars, CVS Health et les autres défendeurs ont nié toute faute et, dans leurs conclusions en réponse, ont exhorté le juge Jane Boyle à rejeter la plainte. Ils ont fait valoir qu'ils avaient agi en toute indépendance lorsqu'ils avaient pris des décisions commerciales concernant le moment et le lieu où investir leurs budgets publicitaires, et ont affirmé que X n'avait pas démontré le contraire.
La juge fédérale Jane Boyle semblait partager cet avis, écrivant dans un avis rendu parallèlement à son jugement que Garm « n'avait pas acheté d'espaces publicitaires à X pour les revendre à des annonceurs et n'avait pas non plus, dans le cadre d'un tel accord, demandé à X de ne pas vendre directement aux clients de Garm ».
« La nature même du complot allégué ne permet pas de fonder une action en matière d'ententes, et le tribunal n'hésite donc pas à rejeter l'affaire sans possibilité de réexamen », a-t-elle conclu.
Cette affaire survient alors que les répercussions financières de l'acquisition de la plateforme X (anciennement Twitter) par Elon Musk continuent de peser sur ses partenaires bancaires. L’acquisition de Twitter par Elon Musk en 2022 est en effet considérée comme la pire opération pour les banques depuis la crise financière mondiale de 2008.
Sept banques, dont Bank of America et Morgan Stanley, avaient accordé environ 13 milliards de dollars de financement à la holding d'Elon Musk. Contrairement aux pratiques habituelles, ces institutions n'ont pas réussi à céder rapidement cette dette sur le marché, exposant ainsi leurs bilans aux incertitudes liées à la gestion de la plateforme par Elon Musk.
Source : Jane Boyle, juge fédérale américaine
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Trouvez-vous la décision rendue par la juge Boyle cohérente et pertinente ?Voir aussi :
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