Les contrôles d'âge en ligne sont désormais à la mode et une répression contre les VPN est susceptible de suivre, d’après des mesures légales en gestation dans divers pays dont la FranceLes réseaux privés virtuels (VPN), initialement développés dans les années 1990 pour sécuriser les communications professionnelles sur Internet, ont évolué dans les usages. Conçus à l'origine pour créer des tunnels chiffrés permettant le transfert de données sans recourir à des lignes louées coûteuses, les VPN ont ensuite été popularisés par des technologies telles qu'OpenVPN, qui offrait des solutions sécurisées et open source tant aux entreprises qu'aux particuliers.
Les révélations d'Edward Snowden en 2013, qui ont mis au jour la surveillance de masse exercée par la NSA, ont marqué un tournant, suscitant une inquiétude généralisée du public concernant la confidentialité en ligne. Des enquêtes menées par Pew Research en 2015 et 2016 ont révélé qu'une proportion importante d'Américains a commencé à adopter des comportements visant à protéger leur vie privée, notamment l'utilisation de VPN pour masquer leurs traces numériques. En parallèle, les VPN ont gagné en popularité pour accéder à des contenus soumis à des restrictions géographiques, tels que les services de streaming et le téléchargement de torrents. La donne est susceptible de changer avec le passage à la mode des contrôles d’âge en ligne dont l’efficacité nécessite entre autres le blocage des VPN.
La France a les VPN dans son viseur
L'Assemblée nationale française vient d'adopter une loi interdisant l'accès aux médias sociaux aux moins de 15 ans et l'utilisation des téléphones portables dans les lycées. Dans la continuité de cette démarche, le gouvernement est susceptible d’envisager d’élargir la régulation pour intégrer les VPN. Cette intention est motivée par la crainte que des mineurs ne recourent à ces outils pour contourner les restrictions d’accès géographique ou de vérification d’âge des plateformes sociales. Cette approche réglementaire controversée reflète les politiques restrictives en matière d'Internet des pays autoritaires comme la Chine.
Les députés français ont récemment voté en faveur d'un projet visant à interdire l'utilisation des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Cette mesure s’inscrit dans une dynamique de protection accrue des jeunes contre les risques identifiés des plateformes en ligne, incluant l’exposition à des contenus inappropriés, le cyberharcèlement et les effets potentiels sur la santé mentale. La loi doit encore être examinée par le Sénat avant d’entrer en vigueur.
Si elle est adoptée, cela signifie que les mineurs français ne pourront pas utiliser des applications de médias sociaux comme Snapchat, Instagram et TikTok. Toutes les plateformes seront tenues de vérifier l'âge de tous leurs utilisateurs, y compris les adultes, avant la fin de l'année. Mais le gouvernement pourrait aller plus loin encore, en restreignant l’usage des VPN afin d'empêcher les adolescents de contourner l’interdiction d’accès aux réseaux sociaux.
La France envisage d’obliger les fournisseurs d'accès à Internet à bloquer ou à surveiller le trafic VPN
La mise en œuvre pratique de l'interdiction des réseaux sociaux en France présente d'énormes obstacles techniques, ce qui explique pourquoi les autorités envisagent de restreindre l'accès aux VPN. Les plateformes de réseaux sociaux s'appuient principalement sur les informations d'âge fournies par les utilisateurs, qui peuvent être facilement falsifiées. Les critiques affirment que « ces mesures créent souvent plus de problèmes qu'ils n'en résolvent ».
Des systèmes de vérification de l'âge plus robustes, tels que la reconnaissance faciale ou la vérification des pièces d'identité officielles, soulèvent leurs propres problèmes de confidentialité et se heurtent à la résistance des groupes de défense des libertés civiles. Les VPN compliquent davantage l'application de la loi en permettant aux internautes de donner l'impression qu'ils accèdent à des services depuis des pays qui ne sont pas soumis à cette interdiction.
L'approche de la France diffère nettement de celle d'autres pays qui tentent d'imposer des restrictions similaires. L'Australie a récemment adopté une loi obligeant les plateformes de réseaux sociaux à vérifier l'âge des utilisateurs, mais sans cibler l'utilisation des VPN. La loi britannique sur la sécurité en ligne (Online Safety Act) impose également des responsabilités aux plateformes plutôt que de restreindre les outils utilisés par les utilisateurs.
La volonté de la France d'envisager une réglementation des VPN suggère un cadre réglementaire plus complet, et potentiellement plus intrusif, qui pourrait obliger les fournisseurs d'accès à Internet à bloquer ou à surveiller le trafic VPN, une proposition techniquement complexe et controversée.
Le commentaire d'un seul membre du gouvernement français ne signifie pas que la France va effectivement interdire les VPN pour toute la population. Il indique toutefois la direction que certains dirigeants du pays souhaitent prendre. Les détracteurs ont réagi aux déclarations de la ministre Anne Le Hénanff en exprimant leur inquiétude quant au fait que ces tentatives de mesures protectrices s'orientaient vers une direction autoritaire.
Grosso modo, les responsables français et européens ont pour objectif d’instaurer une surveillance de masse comme l’illustre le projet ChatControl
En effet, les conséquences de l’entrée en vigueur de ce projet de loi sont :
- toutes les conversations en ligne et tous les courriels seront automatiquement fouillés pour détecter tout contenu suspect. Rien ne reste confidentiel ou secret. Il ne sera pas nécessaire d'obtenir une ordonnance du tribunal ou d'avoir un soupçon initial pour effectuer une recherche dans les messages ;
- si un algorithme classe le contenu d'un message comme suspect, les photos privées ou intimes pourront être consultées par le personnel et les sous-traitants de sociétés internationales et les autorités policières. Ces mêmes contenus pourront être consultés par des personnes inconnues ou se retrouver entre les mains d’individus mal intentionnés ;
- les conversations intimes pourront être lues par le personnel et les sous-traitants de sociétés internationales et les autorités policières, car les filtres de reconnaissance de texte qui ciblent la "sollicitation d'enfants" signalent souvent à tort les conversations intimes ;
- des tiers pourront être faussement signalés et faire l'objet d'enquêtes pour diffusion présumée de matériel d'exploitation sexuelle d'enfants. Les algorithmes de contrôle des messages et des chats sont connus pour signaler des photos de vacances tout à fait légales d'enfants sur une plage, par exemple. Selon les autorités de la police fédérale suisse, 86 % de tous les signalements générés par des machines s'avèrent sans fondement ;
- lors d’un voyage à l'étranger, l’on peut se retrouver face à de gros problèmes. Les rapports générés par les machines sur les communications pourront être transmis à d'autres pays, comme les États-Unis, où la confidentialité des données demeure très mal encadrée, ce, avec des résultats incalculables ;
- ce serait la porte ouverte pour les services de renseignement et les pirates sur les conversations et courriels.
Et vous ?
Que pensez-vous de cette multiplication de projets de loi qui menacent les libertés individuelles en Europe ? Vers un espace européen totalitaire ?Voir aussi :
Le bitcoin vaut moins que le coût d'extraction, selon JPMorgan, le coût de revient moyen pondéré d'un bitcoin étant estimé à environ 4060 $
La cryptomonnaie de Facebook, une opportunité de 19 milliards de dollars de revenus, et une nouvelle affaire autre que la publicité, selon Barclays
La majorité du marché de bitcoin est une tromperie, 95 % du volume des échanges de cette monnaie étant truqué, selon une nouvelle étude
Cryptomonnaie : le crash du marché laisse des entreprises en faillite dans son sillage, des développeurs étant privés de financement supplémentaire
Vous avez lu gratuitement 217 articles depuis plus d'un an.
Soutenez le club developpez.com en souscrivant un abonnement pour que nous puissions continuer à vous proposer des publications.
Soutenez le club developpez.com en souscrivant un abonnement pour que nous puissions continuer à vous proposer des publications.

pas dans ces cas la.